Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type

Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type

Comment vaincre la procrastination

Un combat perpétuel a lieu en nous. Du côté gauche, on a la voix de la raison. Du côté droit, on a la voix de l’instinct primitif.

Chaque jour, elles se livrent une bataille sans merci dans le but de se faire élire planificateur en chef de nos journées.

Leur arène: notre esprit.

Leurs armes: une suite d’arguments tous plus convaincants les uns que les autres.

La voix de la raison est organisée, rationnelle et pertinente. Elle nous propose de dédier une grande partie de nos journées à des tâches qui ne sont pas nécessairement agréables, mais qui nous permettraient, à moyen et long terme, de réaliser nos souhaits les plus chers et d’atteindre efficacement nos objectifs, que ce soit réussir à avoir un salaire dans les six chiffres, rénover une maison, écrire un roman ou s’impliquer à notre plein potentiel pour avoir un réel impact sur une cause qui nous tient à coeur.

La voix de l’instinct primitif, quant à elle, est égocentrique et manipulatrice. Elle n’en a rien à faire du passé ou du futur, elle ne se sent concernée que par l’instant présent. YOLO. On ne vit qu’une seule fois, alors autant s’amuser et en profiter. Si cet argument n’est pas suffisant à nous convaincre, elle sort son complet-cravate et nous embobine avec l’éloquence et la crédibilité de l’un des meilleurs avocats dans Suits (devine lequel).

C’est elle qui nous dit: “Tu es trop fatigué pour travailler efficacement. Va donc faire une petite sieste et tu seras en pleine forme pour terminer tes tâches plus tard.” ou bien “Tu devrais prendre une pause pour vérifier si tu as des messages textes, ou des courriels, ou des messages sur Facebook… On ne sait jamais peut-être que quelqu’un essaie de te rejoindre pour te dire quelque chose d’important!” ou encore “Tu n’auras pas le temps de t’entraîner aujourd’hui, tu as beaucoup trop de choses à faire dans ta journée, et puis tu seras sûrement trop épuisé de toute façon”.

Ça te dit quelque chose?

Une fois que cette petite voix a réussi à détourner notre attention de nos tâches les plus importantes, elle nous tient dans ses filets et trouve toujours de nouveaux arguments pour nous en tenir éloignés le plus longtemps possible. Elle nous emprisonne dans un cercle vicieux de plaisirs coupables.  

Elle a gagné ce round haut la main.

Malgré le fait que la voix de la raison est clairement celle qui a réellement notre intérêt à coeur et propose le meilleur plan de match pour maximiser nos bénéfices à long terme, on choisit de l’ignorer. On préfère un petit bonheur tout de suite plutôt qu’un plus grand bonheur un peu plus tard.  

Cette petite voix, que certains nomment la “résistance”, est la cause de notre procrastination et de notre tendance à l’autosabotage.

Le coût de la procrastination

La procrastination est un problème avec lequel on se retrouve tous confrontés un jour ou l’autre. Selon une étude américaine, on perd en moyenne 55 jours par année à procrastiner, soit environ 218 minutes par jour à faire ce qu’on a spontanément envie de faire dans le but d’éviter ce qu’on devrait faire. De ce chiffre, 43 minutes par jour sont passées à procrastiner au travail.

Encore pire, environ 20 % d’entre nous seraient des procrastinateurs chroniques qui choisissent invariablement d’ignorer la voix de la raison le plus souvent possible.

Résultat: on connaît les dialogues de Game of Thrones par coeur, on a passé des heures à rire de fails de Russes sur YouTube et on est devenus pas mal bons à StarCraft. En contrepartie, on stagne dans notre emploi, dans notre vie sociale et le garage est devenu un cimetière de projets abandonnés.

Par-dessus tout ça, le travail qu’on a réussi à accomplir malgré notre procrastination est généralement de qualité médiocre, pour ne pas dire “botché”, puisqu’il a principalement été réalisé à la toute dernière minute.

Imagine si, dans l’année qui vient de passer, tu avais consacré 3 heures de plus chaque jour aux projets qui te tiennent à coeur. Où en seraient ces projets aujourd’hui?

La réponse: exactement au même endroit qu’ils seraient en ce moment si tu n’avais pas procrastiné. Ça fait réfléchir, n’est-ce pas?

Avant de poursuivre, on va clarifier un point: il n’est pas question ici de mettre une croix sur nos divertissements pour pouvoir travailler davantage. Il est important de bien saisir la différence entre divertissement et distractions. S’accorder du temps pour nos loisirs est primordial. Toutefois, procrastiner, ce n’est pas un loisir. C’est une tentative souvent inconsciente de “changer le mal de place”, une tactique d’évitement élaborée par notre cerveau limbique, du vent drapé dans un costume d’amusement. La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.

Ceci étant dit, on doit également réaliser que notre temps est extrêmement limité et non renouvelable, ce qui en fait une ressource très précieuse. Chaque minute qu’on passe à procrastiner est une opportunité qu’on a laissée filer et qui ne reviendra jamais. Donc, pour arriver à être plus productif dans le temps qui nous est accordé, c’est primordial d’apprendre à éviter ce comportement.

Vaincre la procrastination: plus facile à dire qu’à faire!

Le problème, c’est que la procrastination est un comportement instinctif très difficile à maîtriser. On ne peut pas se fier à notre simple volonté pour y remédier (à moins d’avoir une volonté vraiment surhumaine). Il faut généralement creuser un peu plus pour atteindre le noeud du problème et modifier nos comportements en conséquence.

La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.”

Dans les paragraphes qui suivent, on va donc voir ce qui caractérise six des principaux profils de procrastinateurs (le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré et le débordé) et mettre de l’avant quelques trucs à appliquer nous nous aider à vaincre cette mauvaise habitude pour de bon. 

Les profils de procrastinateurs

Le planificateur

Le procrastinateur planificateur est hautement intolérant à l’incertitude. Il a tendance à mettre son travail sur pause dès qu’il a un doute sur un élément. Il a souvent l’impression d’avoir travaillé pendant des heures, quand tout ce qu’il a réellement fait est de planifier minutieusement toutes les étapes d’un projet ainsi qu’un plan B au cas où les choses ne tournent pas comme prévu, puis un plan C, et pourquoi pas un plan pour chaque lettre de l’alphabet, juste au cas. Il est passé maître dans l’art du pseudo-travail.

Il aime se sentir en contrôle et prêt à toute éventualité avant de s’embarquer dans un projet. Il a aussi tendance à en prendre trop sur ses épaules, car il préfère s’occuper du plus grand nombre de tâches possible lui-même plutôt que de céder le contrôle et déléguer.

Le problème, c’est qu’il rend littéralement les choses trop compliquées pour rien. Sa crainte de l’inconnu génère de l’anxiété qui le pousse inconsciemment à créer des tâches superflues pour éviter d’avoir à avancer son travail et risquer d’être pris au dépourvu. L’impression de ne pas être à la hauteur et la peur d’être démasqué, typique du syndrome de l’imposteur, peuvent aussi provoquer ce besoin de contrôle. Dans ce cas, donner l’impression d’être organisé et d’avoir la situation bien en main devient, à ses yeux, encore plus important que son rendement.    

Pour rompre avec ce type de procrastination, il est primordial d’apprendre à lâcher prise. Il faut accepter que, souvent, les choses sont hors de notre contrôle et ne se déroulent pas comme prévu. Apprendre à déléguer efficacement est un bon point de départ pour ce faire.

Il faut également comprendre qu’il ne sert à rien de tout savoir sur tout avant même d’avoir commencé le travail. L’important est d’en savoir assez pour avancer le travail efficacement, et ce qu’on ne sait pas, on peut toujours l’apprendre en cours de route. C’est ce qu’on appelle le just in time learning (littéralement “apprentissage juste à temps”).

Il ne faut pas que la crainte de ne pas savoir courir un marathon nous empêche de réaliser nos premiers pas, alors faisons confiance à notre formidable capacité d’adaptation!  

Perfectionniste

Avec le procrastinateur perfectionniste, c’est tout ou rien. S’il entreprend la moindre tâche, il ne vise rien d’autre que la perfection et est obsédé par chaque petit détail sans réelle importance. Les standards de qualité qu’il s’impose sont pratiquement impossibles à atteindre et les tâches colossales qui en résultent sont une importante source de stress et d’anxiété.

En conséquence, il tarde souvent à commencer le travail parce qu’il angoisse à l’idée de tout ce qu’il y aura à faire pour que tout soit parfait.

Ce type de procrastinateur doit d’abord apprendre à ne pas laisser ses idéaux perfectionnistes dicter les cibles qu’il doit atteindre.

Voir aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Il faut toujours garder en tête notre objectif, la raison pour laquelle on travaille. Tout n’a pas besoin d’être parfait et il ne sert à rien de perdre son temps à travailler sur des choses qui, au final, ne nous aident en rien à nous rapprocher de nos objectifs.

Un bon truc pour éviter de perdre son temps à procrastiner à cause d’un tourbillon de futilités perfectionnistes est de minuter ses tâches. En estimant de façon réaliste le temps nécessaire pour réaliser une tâche et en se minutant pendant qu’on la réalise, on se laisse suffisamment de temps pour la réaliser efficacement tout en limitant les risques de repasser sur des détails inutilement.  

Rêveur

Le procrastinateur rêveur est très créatif et il éprouve une grande satisfaction à se projeter dans le futur pour visualiser les résultats potentiels de son travail. Il se laisse facilement emporter par l’enthousiasme d’un nouveau projet, mais a de la difficulté à le mener à terme une fois la frénésie initiale passée.

Malgré son authentique intention de terminer les projets qu’il a entrepris, il procrastine sans fin leur avancement, préférant sauter tout de suite à un nouveau projet plus enthousiasmant.   

Pour éviter de procrastiner et arriver à achever ce qu’il entreprend, il doit se limiter à UN projet à la fois et garder les pieds sur terre, bien ancrés dans le présent. Visualiser le projet dans sa finalité ne l’aide en rien à le réaliser. Il doit plutôt planifier étape par étape tout ce qu’il faut faire pour arriver à son but et répartir ces étapes, selon leur urgence et leur importance, parmi ses tâches quotidiennes.

Pour ne pas perdre sa motivation, il peut aussi tenir un journal de progrès. De cette façon, il aura une meilleure conscience du travail abattu et sera enthousiasmé de voir son objectif se concrétiser. Il aura également une meilleure idée du temps passé sur le projet et pourra mieux évaluer les délais nécessaires pour le compléter.

Le pessimiste

Le procrastinateur pessimiste est convaincu que tous ses efforts sont inutiles, que le projet sera trop difficile à réaliser et qu’il échouera. Il croit que la partie est jouée avant même d’avoir lancé les dés, alors il procrastine par évitement.  

Il redoute le moment où il devra faire face à ses prédictions négatives, alors il repousse ses tâches dans l’espoir d’éviter de confronter l’échec qu’il prévoit. Il préfère avoir l’air paresseux plutôt que de risquer de paraître incompétent. Tout comme pour le perfectionniste planificateur, le syndrome de l’imposteur peut avoir un rôle à jouer parmi les raisons qui le poussent à procrastiner.

Pour arriver à vaincre ce type de procrastination, il faut être réaliste et considérer tous les scénarios possibles. Qu’est-ce qui pourrait arriver de pire? Quel serait le meilleur dénouement? Considérant cela, qu’est-ce qui serait vraiment le plus réaliste?

Ensuite, il faut mettre toutes les chances de son côté en attaquant les tâches les plus difficiles et angoissantes dès que possible en début de journée. C’est à ce moment qu’on a le plus de volonté et de motivation et où on est généralement plus productifs. Après avoir constaté tout le travail qu’on peut accomplir quand on se botte un peu les fesses le matin, l’optimisme se met rapidement de la partie!

Le délibéré

Le procrastinateur délibéré est celui qui clame haut et fort “Je ne commencerai pas tout de suite, je travaille mieux sous pression!” Il est le seul type de procrastinateur qui adopte ce comportement de façon totalement consciente et volontaire.

Il utilise à son avantage l’adrénaline que procure un deadline qui approche dangereusement. Il aime jouer avec le feu.  

Le problème, c’est que même s’il a plus de facilité à rester concentré sur ses tâches quand il les réalise à la dernière minute, ça ne donne pas nécessairement un résultat de très bonne qualité. En plus de ne pas avoir le temps nécessaire pour réviser son travail et apporter les modifications nécessaires, les probabilités sont élevées que des erreurs non détectées s’y soient glissées. En agissant de la sorte, il ne peut jamais réellement atteindre son plein potentiel.

Puisque c’est le sentiment d’urgence provoqué par l’échéancier qui motive le procrastinateur délibéré, il aurait avantage à cesser de procrastiner et s’imposer ses propres deadlines au quotidien. La technique Pomodoro peut être très efficace en ce sens. De cette façon, il peut déterminer lui-même les limites de temps accordées pour chaque tâche, ce qui lui permettra de travailler avec un sentiment d’urgence sans pour autant procrastiner jusqu’à la dernière minute.  

Le débordé

Le procrastinateur débordé en a plein les bras. Sa liste de tâches à faire est interminable et en constante évolution. Il se sent dépassé par tout ce qu’il a à faire, ce qui lui provoque un stress insoutenable. La procrastination est pour lui un mécanisme d’autodéfense causant un blocage mental lui permettant de ne plus avoir à penser à toutes ces tâches qui l’angoissent.  

Pour cesser de procrastiner, il faut donc qu’il établisse un système lui permettant de ne pas avoir à penser à ses tâches avant de devoir les réaliser. Pour ce faire, David Allen propose une idée très simple dans son livre à succès Getting things done:

  1. Dans le tiroir d’un classeur ou une boîte-classeur, insérer 31 chemises à numéroter de 1 à 31. Chaque chemise correspond à une journée dans le mois en cours.
  2. Chaque fois qu’on pense à une tâche qu’il faudra réaliser, il faut l’écrire sur un papier et glisser ce dernier dans la chemise correspondant à la journée du mois où on devra y repenser.
  3. Chaque jour, on commence la journée en sortant la chemise de la journée et on se concentre uniquement sur les tâches qui s’y trouvent.

Bien sûr, le même principe peut être appliqué avec différentes méthodes. On peut, par exemple, utiliser un carnet de notes ou un agenda, ou encore une application de tâches à faire comme Todoist.

L’important est de ne pas se laisser submerger par l’ampleur du travail à abattre, de morceler les tâches en petites sous-tâches plus faciles à gérer et de bien établir ses priorités.

La méthode Eisenhower peut également être d’un grand secours pour déterminer quelles tâches doivent être réalisées maintenant, plus tard, ou encore être complètement éliminées.

En résumé

La lutte contre la procrastination est un combat quotidien. Elle oppose deux zones de notre cerveau qui entrent en conflit au moment de choisir entre la gratification instantanée et les bénéfices à long terme.  

La procrastination est l’un des symptômes qui se manifestent quand on choisit la gratification instantanée. En conséquence, on perd un temps précieux qui pourrait être investi dans les projets qui nous tiennent à coeur, ce qui nous permettrait d’atteindre notre plein potentiel et de décupler notre productivité.  

Dans la grande majorité des cas, on choisit la gratification instantanée parce que le chemin menant aux bénéfices à long terme est parsemé de stress et d’anxiété. La procrastination devient donc un mécanisme d’évitement et d’autodéfense contre la peur engendrée par ces émotions négatives.

La première étape pour vaincre la procrastination est de déterminer quelle est la source de ces peurs, de cette résistance, et de mettre en place des stratégies pour les empêcher de se manifester sous forme de procrastination.

Selon le profil de procrastinateur qui nous correspond, soit le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré ou le débordé (il est possible de pouvoir s’identifier à plus d’un profil), on peut apprendre à ne plus procrastiner en utilisant des techniques comme la méthode Eisenhower et la méthode Pomodoro, ou encore apprendre à déléguer, contrôler ses tendances perfectionnistes, se libérer du syndrome de l’imposteur, tenir un journal de progrès, ou apprendre à planifier son temps et ses tâches plus efficacement.

Bref, c’est en réalisant des actions concrètes au quotidien qu’on peut vaincre la procrastination. Dans tous les cas, il faut commencer aujourd’hui. Pas demain, et pas la semaine prochaine. Pas quand le petit dernier aura commencé l’école ou qu’on aura terminé les rénovations. Il faut cesser de procrastiner dès aujourd’hui!

QUI EST Mélodie Lambert?

Mes compétences sont issues d’un parcours académique multidisciplinaire et d’un cheminement professionnel qui m’a permis de me diversifier encore davantage. Je sais donc porter plusieurs chapeaux! Formée en arts visuels, en littérature et écriture journalistique, en communications, en conservation archivistique ainsi qu’en histoire, j’ai occupé au fil du temps des fonctions dans les domaines de la photographie, du tourisme, de la recherche et rédaction historique, de l’édition papier et numérique, de la documentation et de l’infographie. Mon attrait pour l’univers numérique et le domaine du commerce m’a poussée à faire mes premiers pas dans le domaine de la vente en ligne et de la création de sites web en 2015. Je développe depuis des aptitudes variées dans le domaine du marketing web, du commerce électronique et des outils numériques.

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