Le mensonge du travail d'équipe

Le mensonge du travail d’équipe

Le travail d'équipe

Voici ce que je viens de trouver en lisant une offre d’emploi: “Vous savez travailler en équipe tout en étant autonome dans vos réalisations”.

Sérieux?! Qui va avouer en entrevue être un sociopathe ayant besoin de supervision constante?

Pour une raison qui m’échappe, 90 % des offres d’emplois possèdent la mention “travail d’équipe”. Dans les RH, on dirait que la notion de travail d’équipe est un genre de panacée miracle.

Dans les faits, la plupart des recherches effectuées sur les dynamiques de travail indiquent que le travail d’équipe nuit à la productivité des gens. C’est surtout le cas lorsqu’il s’agit de tâches additives où il n’y a pas vraiment d’interdépendance entre les membres.

Les études menées sur le sujet proposent trois explications:

  1. Les membres du groupe s’attendent à ce que les autres se traînent les pieds, ce qui leur donne le droit de le faire.
  2. Dans un groupe large, l’individu se sent anonyme & invisible.
  3. Rares sont les groupes qui ont des standards / quotas de production / attentes bien définis de chacun des membres.

En d’autres mots, personne ne veut être le “sucker” qui travaille plus fort que tout le monde tout en ayant le même maudit salaire.

Non seulement ça, mais d’autres études ont également démontré que le fait de travailler en équipe inhibe l’innovation et la créativité. Par exemple, le sens commun suggère que le brainstorm est plus efficace en groupe. Après tout, les idées des uns alimentent la créativité des autres! Non? Eh bien, dans les faits, les brainstorms en équipe génèrent beaucoup moins d’idées que lorsque les gens réfléchissent chacun de leur côté.

Notre culture nous laisse croire que c’est une bonne chose d’accomplir systématiquement chaque tâche en groupe alors que c’est loin de toujours être le cas. De façon générale, les projets individuels sont beaucoup plus rentables pour les entreprises que les travaux d’équipe. Ceci étant dit, certains projets requièrent la coopération de plusieurs experts. Alors dans ce cas, que doit-on savoir pour être un bon “joueur d’équipe”?

Comment gagner plus souvent à League of Legends?

Plus de 100 millions d’individus jouent à League of Legends chaque mois. Et si un jeu peut être utilisé pour expliquer les dynamiques d’équipe, c’est bien celui-là!

Dans ce jeu, deux équipes de cinq joueurs s’affrontent pour détruire la base ennemie. Pour ce faire, ils doivent avancer à travers trois couloirs qui lient les deux bases ensemble. Traditionnellement, les cinq joueurs jouent cinq rôles bien différents pour maximiser leurs chances de gagner. Il y a un bruiser en haut, un mage au milieu, un attaquant avec un rôle de support en bas et une personne qui se promène à travers le terrain pour aider ceux qui ont besoin d’assistance.

L’important à retenir dans tout ça, c’est que chaque mort donne un avantage important à l’autre équipe.  Donc, si un de tes coéquipiers meurt deux ou trois fois au début d’un match, ça crée un effet boule de neige difficile à arrêter. C’est une expérience particulièrement frustrante qui, tu devineras, mène à beaucoup d’insultes lancées à droite et à gauche entre les membres du groupe.

Le parallèle que je veux effectuer ici est que toutes les équipes interdépendantes possèdent leurs sources de discorde. Quelqu’un, quelque part, va mal faire sa job. Ça va entraîner une réaction (probablement négative) de la part du reste de l’équipe.

La raison pour laquelle j’ai parlé de William James et de League of Legends est simple: c’est tentant de croire qu’on n’est qu’un pion ou engrenage dans un système complexe et que nos actions/décisions n’ont que peu ou pas d’impact sur le résultat final.

Cependant, la réalité est tout autre. Oncle Ben a dit à Peter Parker avant de mourir “Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités”. D’accord, mais il a oublié de dire le plus important: le contraire est également vrai. Avec de grandes responsabilités viennent de grands pouvoirs.

Ce n’est que lorsqu’on prend la responsabilité de sa propre vie en cessant de faire la victime qui joue au jeu du blâme (c’est de la faute au joueur qui n’arrête pas de mourir/ Janie qui fait pas sa job) qu’on peut commencer à exercer une influence positive sur son environnement.

En d’autres mots, assumer qu’on est responsables à 100 % de ce qui nous arrive dans la vie nous aide non seulement à exceller en tant qu’individu, mais également à gagner plus de matchs à League of Legends (lire: mieux performer en équipe)!

Selon les statistiques de Riot Game (la compagnie derrière le jeu), une équipe n’ayant aucun joueur négatif a 54 % de chances de gagner. Ce pourcentage baisse à 46 % lorsque trois des cinq joueurs ont une mauvaise attitude.

Et si tu doutes encore de l’impact que peut avoir un seul joueur sur la performance d’une équipe, considère ceci: les joueurs ayant un historique de comportements positifs gagnent 10 % plus de matchs que la moyenne. En contraste, les joueurs avec des antécédents négatifs gagnent 35 % moins de matchs, un écart de 45 %!

La raison pour laquelle je te dis tout ça est simple: tu dois reconnaître ton influence sur la performance de ton équipe, ne jamais blâmer tes coéquipiers et toujours rester optimiste et positif.

Je sais que ça sonne comme un gros tas d’âneries peace and love, mais fais-moi confiance, tu vas bientôt comprendre que les hippies ont peut-être raison sur un point après tout!

Comment entraîner un pilote de chasse

1960, Israël. Un jeune psychologue du nom de Daniel Kahneman donne une présentation à un groupe de pilotes de l’air. Il expose à tous les bases de la psychologie comportementale dans le but d’améliorer les performances des pilotes. Plus précisément, Daniel voulait souligner le fait que de féliciter un comportement positif fonctionne, mais que de réprimander un comportement négatif n’aide pas et peut même nuire.

Dans la salle, les instructeurs bouillaient d’incrédulité. Un d’entre eux lève la main pour s’exprimer: “J’ai souvent félicité mes pilotes lorsqu’ils ont fait des manoeuvres particulièrement spectaculaires. Par la suite, ils sont toujours moins bons. Et au contraire, lorsque je crie après les gens qui performent mal, ils s’améliorent toujours d’une bonne marge ensuite. Ne me dis pas que les encouragements fonctionnent, mais pas les punitions. Mon expérience prouve le contraire! ”

Kahneman a ruminé sur ce paradoxe pendant de longues nuits jusqu’à ce qu’il trouve la réponse dans un concept qu’il nomme “La régression à la norme”. Lorsqu’un instructeur crie après un étudiant, sa performance s’améliore. On a l’impression que c’est le feedback qui a causé l’amélioration du pilote , mais en fait, c’est plutôt la simple chance.

La régression à la norme veut simplement dire que, dans une séquence d’événements aléatoires, un événement extraordinaire va probablement, dû au hasard, être suivi par un événement ordinaire.

Chaque pilote possède une performance moyenne où on retrouve la plupart de ses vols. Bien sûr, la moyenne du pilote s’améliore au fil du temps, mais c’est un processus graduel qui est impossible à discerner d’une performance à l’autre. On doit plutôt observer la tendance.

Donc, lorsqu’un pilote performe de façon significativement supérieure à sa moyenne, l’instructeur a comme réflexe de le féliciter (ce qui est une bonne chose). Or, à cause du hasard, sa prochaine performance va probablement se trouver dans sa moyenne personnelle, c’est-à-dire qu’elle va être moins bonne.

À l’inverse, si le pilote performe mal et qu’il se fait réprimander, sa prochaine performance va s’améliorer, non pas à cause du feedback, mais à cause que sa performance va se rapprocher de sa moyenne personnelle.

J’explique la régression à la norme pour une simple et bonne raison: si quelqu’un dans ton équipe l’échappe, il s’agit sans doute d’un événement négatif qui sort de la performance moyenne de cet employé. Jouer à chercher un coupable ne va mener à rien de bon. Il faut mettre son égo de côté et retenir les pulsions qui nous poussent à corriger les autres pour avoir raison. Il faut se rappeler que ce genre de comportement fait perdre 45 % plus de matchs à League of Legends et que, même si notre coéquipier l’a échappé, c’est notre responsabilité de tout faire pour minimiser l’impact de l’incident sur l’équipe et/ou l’atteinte des objectifs.

Fin de l’extrait.

QUI EST Olivier Lambert?

Olivier est un jeune marketeur et entrepreneur qui a investi dans la publicité Facebook dès le départ. Il a pu tester la plateforme en profondeur chez Voyages à Rabais, où il a généré plus de 50K nouveaux leads qualifiés sur 18 mois, avant de lancer sa propre entreprise de formation en ligne. À son compte, il a transformé un investissement publicitaire de 50K$ en plus de 300K$ de revenu annuel et s’est établi comme la référence québécoise en publicité sur les médias sociaux. Il a ensuite lancé LaTranchee.com, une communauté en ligne dédiée aux entrepreneurs et marketeurs qui désirent maîtriser les nouvelles technologies pour mieux vendre et communiquer. Olivier se distingue par son style dynamique, ambitieux et surtout, divertissant!

Laisser un commentaire 0 commentaires