Comment mieux travailler en changeant ses habitudes

Comment mieux travailler en changeant ses habitudes

Extrait du ebook Double ta valeur

How you do anything is how you do everything…

La première fois que j’ai entendu la phrase, je dois avouer que j’étais un peu perplexe. Je me suis dit: “tiens, un autre plouc analphabète qui essaie de se rendre intéressant en publiant des aphorismes ésotériques sur sa page Facebook.”

How you do anything is how you do everything se traduit en bon français par “tu fais tout de la même façon que tu fais n’importe quoi”. Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que ça sonne bizarre, alors on va garder ça en anglais pour le reste du chapitre.

De retour devant mon ordinateur à procrastiner en défilant mon fil d’actualité Facebook, je relis la citation plusieurs fois dans l’espoir d’être frappé d’une profonde épiphanie… J’essaie vraiment fort, mais rien ne vient. Je défile encore. Tiens, un vidéo de chat! *J’aime*

Ça m’aura pris un an, une relation de couple et 5 000 $ pour que cette épiphanie m’atteigne enfin.

Un étranger face à soi-même

Rares sont les gens qui disent “à l’instant même, ma vie est parfaite et je veux que rien ne change”. On a tous une idée, un idéal, de ce qu’on aimerait devenir comme personne ou du style de vie qu’on souhaiterait atteindre. Qu’il s’agisse de perdre un peu de poids, d’arrêter de fumer, de lire un livre, d’acheter une maison, de quitter son emploi ou même de gagner à la loterie…

On a tous une image, une vision de ce à quoi la vie parfaite pourrait ressembler. Si tu lis ce livre, alors probablement que ta vision du futur inclut un bureau vitré en coin, un salaire dans les six chiffres et une Tesla S (il faut bien sauver la planète!). Peut-être que je me trompe aussi, mais là n’est pas la question. Le “toi futur” que tu imagines est une version 2.0 de toi. Une formule améliorée et complètement redessinée.

C’est tout à fait normal, on appelle ça “être optimiste”. Le problème, c’est que lorsque tu imagines cette version de toi-même, tu ne crois pas “vraiment” qu’il s’agit de toi. Du moins, c’est ce qu’a découvert Hal Hershfield, un sociopsychologue de l’Université de Californie à Los-Angeles (UCLA), alors qu’il mesurait les ondes cérébrales des gens après leur avoir demandé de s’imaginer dans 10 ans. Selon ses recherches, on pense à notre “futur moi” de la même façon que l’on pense à un étranger.

Résultat? Notre “moi présent” ne fait absolument rien pour n’avoir ne serait-ce qu’une infime chance de ressembler à notre vision ambitieuse du boss qu’on fantasme si ardemment devenir. On s’imagine qu’on va magiquement se transformer en dieu soleil tout en se disculpant de tout effort en trouvant des barrières hors de notre contrôle nous empêchant d’être cette personne dans l’immédiat.

En d’autres mots, tu pourrais bien gagner 300 000 $ par an, mais ton boss est tellement épais que ça ne risque pas d’arriver de sitôt! Puisque ce n’est pas de ton ressort, alors tu n’as pas vraiment à de te sentir mal si tu n’agis pas tout de suite. Et puisqu’on pense à notre futur nous comme étant un bad-ass parfait, c’est certain que LUI va être capable de trouver la solution!

Et pas besoin de se projeter 10 ans dans le futur pour constater les effets ravageurs de ce phénomène. On se dit tous des trucs comme “cet été j’aurai moins de travail, je pourrai me remettre en forme”, “après ce dernier projet, je vais me concentrer plus sur ma famille”, “on est dans le rush de Noël, mais après je vais avoir le temps de lire”. La formule va comme suit: “après X contraintes, je pourrai atteindre Y résultats”.

Le pire dans tout ça, c’est qu’on est toujours complètement sincère. On se ment éhontément et on aime ça. La promesse de changement est l’illusion qui nous enchaîne à la version présente de nous-mêmes. Pour se rendre compte qu’il s’agit d’un paquet de conneries, ça prend une conscience de soi légendaire. D’où l’importance de partager ce livre à un ami et d’avoir un complice de développement personnel qui va avoir l’honnêteté de te dire “si tu ne t’inscris pas au gym aujourd’hui, tu ne le feras probablement pas dans 6 mois, alors aussi bien arrêter d’y penser et accepter que tu es une grosse merde fainéante”.

Des amis comme ça, ça vaut de l’or!

Un cerveau sur l’autopilote

Je devrais probablement consulter un psy puisque j’ai la fâcheuse tendance à vouloir “aider” tout le monde, plus particulièrement mes proches. C’est sûrement ce qui explique mon intérêt envers l’éducation et pourquoi je blogue et crée autant de contenu. Bref. J’avais une petite copine qui, à l’époque, travaillait dans un centre d’appel pour un salaire pas très impressionnant.

Elle suivait beaucoup d’entrepreneurs sur le web et rêvait d’avoir une chaîne YouTube prolifique lui permettant de devenir riche et célèbre. Malheureusement, elle gagnait à peine assez d’argent pour s’acheter l’équipement nécessaire et ses cartes de crédit étaient déjà en train de déborder.

Elle était motivée, lisait Napoleon Hill, écoutait Tony Robbins et rêvait de devenir une “Girl Boss”.

Puisque je vis au Québec et que je déteste l’hiver, j’hiverne souvent sur une plage — l’avantage d’avoir une entreprise sur le web.

Janvier arrive et je propose à ma copine d’aller vivre trois mois en Asie du Sud. Naturellement, elle me répond qu’elle n’a pas l’argent pour faire ça. Je la rassure et lui dis que je vais payer pour tout à une condition: elle doit en profiter pour démarrer son entreprise et quitter son emploi à son retour.

Elle est motivée, c’est la chance qu’elle attendait. Elle me dit oui et on book notre vol — ça va être tout un voyage!

C’est à destination que j’ai commencé à comprendre… How you do anything is truly how you do everything.

J’ai dû retirer toutes les embûches du chemin de quelqu’un et lui tenir la main pour la faire avancer vers son objectif pour me rendre compte du sens de cette phrase.

Nous sommes des créatures d’habitudes. Si tu n’as pas l’habitude d’être passionné par ton travail, retirer tes embûches ne va pas magiquement faire de toi une personne passionnée. Si tu coupes les coins ronds dans une job que tu n’aimes pas, tu ne vas pas magiquement être perfectionniste en changeant de travail.

On est nos habitudes de vie. On ne se réveille pas magiquement un bon jour en étant une personne différente. On a un bagage qui nous suit: les mauvais plis (et les bons) qu’on développe et qu’on traîne au fil du temps.

Une habitude de vie, c’est un peu comme un autopilote. Lorsqu’une situation familière se présente, notre cerveau cherche un programme qu’on connaît bien et part la cassette. Faire autrement demande une dose de contrôle personnel difficile à maintenir.

Les habitudes qui nous retiennent dans une chose (comme vouloir perdre du poids) vont souvent être les mêmes habitudes qui vont nous nuire dans les autres sphères de la vie. Ce qui veut dire que d’adresser une habitude problématique dans ta vie professionnelle a des répercussions positives sur ta vie personnelle et vice versa.

C’est pourquoi il faut faire attention pour ne pas se retrouver trop longtemps dans des situations si désagréables qu’elles nous transforment — comme une relation de couple qui nous rend malheureux ou un travail qui nous ne motive pas. Lentement mais sûrement, ces situations vont changer nos habitudes de vie pour faire de nous de moins bonnes personnes. Tout ça à notre insu.

Comme un cancer qui se développe sournoisement, on s’en rend souvent compte lorsque les symptômes commencent à se présenter: problèmes financiers, chicanes de couple, difficultés professionnelles, isolement…

La solution face à ce genre de situation n’est pas nécessairement de s’en détacher — ça peut aider, mais le mal est déjà fait. Il faut plutôt avoir de l’empathie envers soi-même, réaliser qu’on a du travail à faire et investir quelques mois à repasser nos mauvais plis. En théorie, les situations désagréables vont progressivement se transformer pour le mieux. Si elles ne se résolvent pas naturellement, alors elles vont devenir instables et se terminer d’elles-mêmes (renvoi, rupture, etc.).

Si tu es dans ce genre de situation et que tu ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer, alors je te recommande (pour le bien-être de ta santé mentale) de prendre la responsabilité d’y mettre fin. Au moins, tu auras la fierté d’avoir terminé ça en tes propres termes et ça va t’éviter de tomber dans une mentalité de victime.

Bref, peu importe ta situation, c’est important de comprendre que la loi du 80/20 s’applique également à nos habitudes de vie. Une poignée d’entre elles est responsable de la majorité des gains possibles en productivité. Puisque productivité est synonyme de production de valeur, alors ces habitudes sont universelles et s’appliquent à toutes les sphères de ta vie.

Dans le reste de ce chapitre, je vais pointer du doigt trois habitudes de vie de marde. Je vais non seulement t’expliquer comment t’en débarrasser, mais également par quoi les remplacer.

Ces habitudes de vies sont sournoises puisqu’elles proviennent de croyances populaires (malheureusement fausses). Probablement que la lecture des pages qui suivent va réveiller un sentiment de scepticisme en toi. Ton esprit va être particulièrement distrait et tu vas ressentir l’urgence de regarder tes notifications sur ton téléphone. C’est normal. C’est la résistance à l’oeuvre. Ne t’inquiète pas, on va en parler plus en détail dans le prochain chapitre. Mais pour contrer cet effet, je t’invite à prendre deux minutes pour regarder ton téléphone et ensuite mettre ta sonnerie à silencieux. Dans la vie, rares sont les choses qui ne peuvent attendre que tu finisses ta lecture de quelques pages.

Je t’invite aussi à faire un effort additionnel pour chercher la présence et l’impact de ces habitudes, autant dans ta vie que celle des autres. On est tous imparfaits, il n’y a aucune honte à être humain. La seule honte se trouve à être un humain imparfait qui refuse d’évoluer car il est convaincu d’être parfait!

Pour une lecture plus approfondie sur les habitudes de vie, je te recommande fortement le best-seller “The Power of Habits” par Charles Duhigg.

Le mensonge de la visualisation

L’histoire d’un mégalomane saoul

“2.5 millions, c’est moins cher qu’on pense!”

Guillaume (mon cousin/meilleur ami) me regarde et peine à retenir son fou rire. “Ah ben oui! Juste 2.5 millions, à ce prix-là t’en prends deux!” Jean-François (mon autre cousin) arrive au même moment. “De quoi vous parlez? — Ah ben… Olivier est en train de me montrer l’île qu’il veut acheter quand il va être riche!”

Je prends une autre sip de scotch, reprends mon sérieux et continue. “Attends, c’est pas ça le plan. Je commence par acheter l’immeuble où j’habite pour faire 2-3 petits changements… Imagine que je fais une terrasse sur le toit et que je mets un spa. Faque là, on est là, dans le spa, avec 2 ou 3 top modèles (évidemment) et, alors que tu te retournes la tête pour remplir ton verre de champagne, tu te fais accueillir par la vue de mon héliport avec mon hélicoptère. BAM!”

J-F me regarde avec ses yeux de “Eille, come on dude” et me lance d’une voix hésitante “Ouain, pas certain que tu aies le droit de faire atterrir un hélicoptère au centre-ville comme ça”.

Il a raison, j’ai fait mes devoirs. Je dois avouer mon hyperbole. “Tu as raison… Ça me fait vraiment chier. MAIS, j’ai trouvé la solution. On reste sur le bord du port, alors j’ai juste à m’acheter un yacht avec un helipad!”

Guillaume part à rire, J-F se met la main sur les yeux.

“C’est là que l’île entre en jeux! Comme ça, je pourrais rentabiliser mon yacht ET mon hélicoptère!”

Pour mes deux amis, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je les comprends, j’avoue moi-même que mon plan est (un peu) ridicule. Le plus drôle, c’est qu’ils savent que, malgré tout, une petite partie de moi pense sérieusement à tout ça… Du moins, assez pour regarder les prix et m’informer pour obtenir un permis de pilotage.

En quoi est-ce que ma mégalomanie a à voir avec les mauvaises habitudes de vie? Bonne question. J’y reviens…

Optimiste ou réaliste?

En 1999, deux chercheurs ont fait une découverte fascinante en suivant trois groupes d’étudiants pendant une semaine avant leurs examens de mi-session. L’expérience se déroulait comme suit… Le premier groupe devait faire un exercice de visualisation avant chaque session d’étude. Lors de cette session de visualisation, les étudiants devaient imaginer la sensation et l’expérience de recevoir une note parfaite. Les participants du deuxième groupe, quant à eux, devaient faire les mêmes exercices de visualisation, mais cette fois-ci en imaginant le processus, c’est-à-dire le travail nécessaire pour atteindre une note parfaite. Finalement, le troisième groupe était un groupe contrôle et n’avait rien de particulier à faire.

Les résultats ont pris nos deux chercheurs par surprise. Non seulement le groupe B (visualisation du processus) a surpassé les groupes A et C, mais le groupe A (visualisation du résultat) a performé moins bien que le groupe contrôle! D’autres études ont par la suite confirmé ce phénomène.

Il semblerait que l’action d’imaginer le résultat anticipé trompe notre cerveau à penser qu’on ait déjà atteint ce dit objectif, réduisant ainsi notre motivation à agir dans l’immédiat.

Au contraire, visualiser le processus nous aide à planifier l’atteinte de l’objectif. Ce plan nous rassure sur la faisabilité de notre projet, ce qui réduit notre anxiété et augmente notre confiance.

Même un rêve fou se planifie.

Gary Vaynerchuk est présentement l’un des entrepreneurs les plus influents dans le monde des médias aux États-Unis. Son parcours est, disons… intéressant! Né en Union soviétique, sa famille a immigré aux États-Unis alors qu’il n’était qu’un bébé. À 24 ans, il reprend la business de son père (un magasin de vin) et amène l’entreprise de 1 à 50 millions de chiffre d’affaires annuel en cinq ans. Il a écrit quatre New York Times Best Sellers et a fondé une agence numérique qui gère la présence web de compagnies dans les Fortune 500 telles que GE et PepsiCo. Il a également fait partie des premiers investisseurs dans Facebook, Twitter, Tumblr & Uber.

Bref, Gary est un gars intense. Par exemple, il dit souvent que son rêve est d’acheter les New York Jets, une équipe de football évalué à 1,23 milliards.

Tout ça semble bien, mais maintenant que tu sais que la visualisation d’un objectif ambitieux n’aide pas vraiment, c’est à se demander ce qu’il y a de spécial avec Gary.

Lors de sa première entrevue avec Larry King, il explique la raison derrière son rêve fou: “Je vais sans doute mourir sans avoir atteint cet objectif et ça ne me dérange pas. Acheter les jets n’est pas le point. Ce qui importe, c’est le processus qui va m’amener à acheter les jets.”

Se fixer un objectif précis et ambitieux (comme acheter un yacht, perdre du poids ou même arrêter de fumer) n’est que la première étape — c’est comme se fixer une destination. La deuxième étape est de se faire un plan qui va nous permettre d’atteindre cette destination.

Planifier, c’est amener le futur dans le présent pour qu’on soit en mesure d’y avoir un impact maintenant. — Alan Lakein

Lorsque Gary s’imagine acheter les Jets, il s’imagine aussi se lever à 5 h tous les matins et travailler 13 h par jour.

Au moment où j’écris ces lignes, on est le 24 décembre et il est 8 h du soir. Je ne suis pas obligé d’écrire et je n’ai pas besoin de ce livre pour vivre. Cependant, il joue un rôle bien précis dans un plan machiavélique de domination mondiale. Lorsque je visualise mon île, je visualise également les sacrifices qui viennent avec.

Et pas juste les sacrifices, mais aussi mes propres manques personnels. Je visualise les matins où je n’aurai pas le goût de me lever, les soirs où j’aurai à dire non à mes amis pour travailler, les moments où j’aurai à dire non alors que j’aurais le goût de dire oui.

Il faut prévoir les événements négatifs qui vont se trouver sur notre chemin, les planifier et les anticiper. C’est le seul moyen de s’en prémunir et d’être prêts lorsque l’inévitable va arriver.

La culture et sa pseudo science à 2 cents.

“S’il t’arrive un accident de voiture, c’est parce que tu l’as attiré avec ta pensée. Les pensées possèdent leur propre plan d’existence qui est régi par la loi de l’attraction. Les pensées similaires s’attirent et influencent le monde physique.”

Personnellement, je pense qu’il faut être complètement taré pour croire un tel ramassis de bullshit. Malheureusement pour moi, il semblerait que les 19 millions de personnes ayant acheté “Le Secret” par Rhonda Byrne ne partagent pas mon opinion.

Ce livre est probablement la figure la plus proéminente d’un nouveau courant de pensée populaire sur le positivisme. Selon eux, la visualisation joue un rôle hyper important dans l’accomplissement de soi. Si on visualise ce qu’on désire, notre vie va magiquement se transformer pour concrétiser notre vision.

Le point que j’ai voulu faire dans les dernières pages est: laisse ces âneries aux hippies. La visualisation d’un monde idéal et parfait n’est pas une promesse de changement, mais plutôt un moyen de défense inconscient que notre corps utilise (avec beaucoup d’efficacité) pour combattre l’anxiété générée par une situation (et non pour changer ladite situation).

Voici un extrait de Willpower Instinct par Kelly McGonigal. Elle y explique le “syndrome des faux espoirs”. Je trouve ça pertinent à notre réflexion:

D’un point de vue “bonheur généré”, on peut difficilement comparer l’effort de changer à l’excitation générée par l’action d’imaginer qu’on va changer. C’est non seulement plus facile, mais beaucoup plus agréable de contempler la promesse de changement, sans avoir à gérer le trouble que ça implique. C’est pourquoi plusieurs personnes vont abandonner très rapidement, seulement pour réessayer quelques semaines plus tard. Elles préfèrent recommencer encore et encore plutôt que de trouver un moyen permanent pour changer. Le high qu’on reçoit lorsqu’on imagine son propre makeover est une drogue difficile à quitter. (P.152)

Plus tard, on peut également lire:

Le suroptimisme mène à l’échec, ce qui entraîne un sentiment de culpabilité et d’anxiété. En réponse, notre cerveau déclenche des habitudes pour atténuer ces émotions négatives (comme procrastiner, manger, consommer, etc.).

C’est normal, voire très sain d’avoir des rêves ambitieux. Cependant, il existe une distinction importante entre réalisme et optimisme. Le premier va t’amener du changement (et beaucoup de travail) tandis que l’autre ne sert qu’à te faire oublier ton mécontentement face à ta propre situation.

Le premier réflexe à avoir lorsqu’on se prend en train de rêvasser à un monde parfait est de déconstruire cette réalité et de calculer exactement tout ce qu’il faut faire pour la concrétiser.

Calcule tout! Le temps que ça va prendre, l’argent dont tu vas avoir besoin, les contacts que tu vas devoir faire.

J’ai souvent fait de la consultation avec des entrepreneurs qui veulent plus de résultats et je dois avouer que ça me sidère à quel point peu de personnes ont cette habitude.

On va me dire quelque chose comme “j’aimerais faire 10 ventes par jour”. Sur quoi je réponds “Quel est ton coût par prospect (coût publicitaire pour avoir un contact intéressé à acheter) et quel est ton taux de conversion (pourcentage des prospects qui finissent par devenir client)?”

On me répond souvent quelque chose qui tourne autour de 3 $ et 5 %.

Avec ces chiffres, on peut dire que ça coûte en moyenne 60 $ faire une vente et que, pour en faire 10 par jour, il va falloir investir 600 $ par jour en publicité. Lorsque je dis ça, la personne me regarde, la bouche ouverte, et répète mes derniers mots avec hésitation: “600 $… par jour?!

— Yep, 220 000 $ en publicité par année. Et probablement plus autour de 440 000 $ parce que le coût double souvent lorsqu’on met une campagne publicitaire à l’échelle comme ça! Donc 1 200 $ par jour.”

Leur regard pétillant d’ambition devient flat comme un rhum & coke trop fort… Ils aiment fantasmer à l’idée de faire 10 ventes par jour (ce qui équivaut à plusieurs milliers en profits), mais chignent lorsque j’explique qu’ils vont devoir risquer une bonne partie de leur argent pour atteindre cet objectif.

Pour réussir, il faut dire oui à UN rêve, le déconstruire et s’engager à le prioriser sur tout le reste.

Lorsque tu vas manquer de motivation (parce que ça va arriver), passe 5 minutes à rêvasser à ton objectif avant de te rappeler que cette réalité future n’est possible que si tu exécutes ton plan à la perfection dans le présent.

Pour te motiver encore plus, imagine que tu te regardes à travers les yeux de ton “futur moi”, le boss qui a tout ce que tu as toujours rêvé. Mets-toi à sa place et observe-toi, là sur le divan,  à manger des Cheetos en écoutant “Célibataires et nus”. Regarde-toi bien et juge-toi.

Il est possible que tu te sentes coupable. Il faut donc anticiper que ton corps veuille atténuer ce sentiment à travers une routine (ex.: accompagner tes Cheetos d’une coupe de vin). Résiste à cette tentation, rappelle-toi du plan et passe à l’action.

Et si ce n’est pas assez, fais-toi peur en imaginant le pire scénario possible qui te guette. Imagine-toi finir ta vie dans une job qui te donne le goût de te pendre, vivre chaque jour avec un/une partenaire que tu n’aimes pas, et devoir te réconforter à travers l’alcool cheap, la bouffe grasse et Netflix.

Analyse la trajectoire de ta vie. Regarde bien tes deux ou trois dernières années, car elles sont une bonne indication d’où elle se dirige.

Demande-toi: si chaque journée de ma vie est exactement comme aujourd’hui, est-ce que je vais atteindre mes objectifs dans le temps souhaité? Si oui, alors tu peux écouter ton émission niaiseuse sans remords. T’as fait une belle job, tu peux même te verser un scotch avec ça! Mais si la réponse est non, demande-toi ce que tu devrais changer à ta routine quotidienne pour corriger la trajectoire de ta vie.

Jim Rohn disait quelque chose comme “Manger du fast food, c’est une mauvaise habitude. Manger du fast food chaque jour pendant 10 ans, c’est un désastre”.

C’est facile de sous-estimer l’importance des petites choses, mais il faut réaliser que ce sont nos habitudes — ce qu’on fait tous les jours — qui déterminent qui nous sommes et quel genre de vie on mène.

Puisqu’on surestime notre “futur-moi” tout en se dissociant de lui, c’est facile de dire “demain”. Mais demain arrive, et le “moi” présent n’a pas plus la force ou la motivation de faire ce qu’il doit faire. Il faut être pessimiste. Se dire que si on ne le fait pas aujourd’hui, on ne le fera pas plus demain.

Le secret n’est pas la pensée magique. Le vrai secret, c’est une dose démesurée d’ambition mélangée à une douche froide de réalisme.

Fin de l’extrait. 

QUI EST Olivier Lambert?

Olivier est un jeune marketeur et entrepreneur qui a investi dans la publicité Facebook dès le départ. Il a pu tester la plateforme en profondeur chez Voyages à Rabais, où il a généré plus de 50K nouveaux leads qualifiés sur 18 mois, avant de lancer sa propre entreprise de formation en ligne. À son compte, il a transformé un investissement publicitaire de 50K$ en plus de 300K$ de revenu annuel et s’est établi comme la référence québécoise en publicité sur les médias sociaux. Il a ensuite lancé LaTranchee.com, une communauté en ligne dédiée aux entrepreneurs et marketeurs qui désirent maîtriser les nouvelles technologies pour mieux vendre et communiquer. Olivier se distingue par son style dynamique, ambitieux et surtout, divertissant!

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