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Tu détestes ton travail? Voilà comment prendre ta carrière en main

6:29 a.m.: Tu dors à poings fermés, paisible, sans te soucier de tes obligations et des problèmes du quotidien.

6:30 a.m.: L’alarme de ton réveille-matin retentit soudainement. Tu te réveilles juste assez pour appuyer sur snooze et te rendors aussitôt.

6:35 a.m.: Ton alarme sonne de nouveau. Comme un zombie sur le pilote automatique, tu appuies de nouveau sur snooze.

6:55 a.m.: Ton alarme se fait entendre pour la sixième fois. Ton cerveau commence à se réveiller et prendre conscience de ce qui se passe. “Pourquoi est-ce que mon cadran sonne? On est quel jour aujourd’hui?”

Et puis, la triste réalité te frappe en plein visage: c’est déjà lundi. Tu lâches un soupir si intense qu’il suffirait à rendre un clown dépressif. Comme chaque lundi matin, tu te dis avec amertume “deux jours, c’est beaucoup trop court comme weekend…”

Tu te prépares pour aller travailler avec ton “air de boeuf” traditionnel du lundi matin. “Maudite vie plate!” Tu sors de ta voiture avec la moitié de ta toast entre les lèvres, ton cartable dans une main et ton thermos de café dans l’autre. Tu te précipites vers la porte d’entrée pour ne pas arriver en retard (tu es toujours à la dernière minute, surtout le lundi) et puis tu figes en cours de route, devant la porte en regardant le nom de l’entreprise qui s’y trouve. Tu réalises soudainement quelque chose de crucial:

Ce n’est pas ta vie que tu n’aimes pas. C’est ta job.

Ce genre de révélation est à ne pas prendre à la légère. On passe une très grande partie de notre vie au travail et se fier seulement sur nos weekends pour apprécier la vie serait comme se fier sur les cornichons dans un McDouble pour satisfaire notre appétit, ce n’est simplement pas suffisant!

Malheureusement, c’est quelque chose de très commun. On passe tous au moins une fois par là dans notre vie (sauf peut-être une infime minorité de gens qui ont trippé sur leur job étudiante et décroché l’emploi de leurs rêves après leurs études).

Selon un sondage réalisé par Hays Canada, 47 % des Canadiens ne sont pas heureux dans leur emploi, ce qui est énorme.

Personnellement, la première fois que j’ai réalisé que je détestais mon travail, j’avais 17 ans. J’ai eu cette révélation quand, un matin en rentrant au travail, j’ai dû retenir mes larmes en apercevant le gros “M” jaune de l’entreprise pour laquelle je travaillais. Deux semaines plus tard, je remettais ma démission. À l’époque, c’était un choix facile. Après tout, ce n’était qu’une job étudiante qui frôlait le salaire minimum et ce n’était vraiment pas une entreprise dans laquelle je me voyais passer ma vie.

Par contre, quand on n’est pas heureux à faire son métier ou dans un emploi bien rémunéré avec de bonnes conditions de travail, c’est une autre paire de manches! On ne peut pas tout quitter du jour au lendemain. On a des obligations financières et, souvent, on n’a aucune idée de ce qu’on pourrait bien faire d’autre dans la vie. Ou bien si on en a une petite idée, peut-être qu’on n’a pas l’expérience ou les compétences requises pour changer d’emploi.

Quelles que soient les raisons de notre mal-être au travail, il faut tout tenter pour améliorer la situation. Si on ne fait rien, c’est non seulement notre santé mentale qui est à risque, mais aussi notre avenir professionnel. Un employé malheureux n’est pas un employé productif, ce qui le rend plus à risque de stagner dans son avancement, ou pire encore, d’être licencié et de se retrouver avec la réputation d’être un employé peu motivé qui traîne de la patte.  

Que faire?

D’abord, il faut identifier le “pourquoi”, les raisons exactes pour lesquelles tu es malheureux au travail. Ensuite, il faut déterminer quel serait ton emploi de rêve et identifier les changements que tu pourrais apporter à ton travail pour qu’il s’en rapproche. Tu peux même négocier certains de ces changements avec ton patron. Finalement, tu peux perfectionner ou acquérir les compétences nécessaires pour te rapprocher un peu plus chaque jour de l’emploi qui te rendrait véritablement heureux.

Alors, avant de rédiger ta lettre de démission, lis ce qui suit pour ramener un peu de bonheur au travail!

Quel est le problème exactement?

Avant toute chose, il faut déterminer quelles sont les causes de ton malheur au travail.

Est-ce que:

  • tu es dans un domaine qui te déplaît?
  • la culture d’entreprise te rend malheureux?
  • tu as un mauvais patron?
  • tes tâches entrent en conflit avec tes valeurs?
  • l’équipe et l’ambiance de travail sont désagréables?
  • le travail sous pression ou les attentes irréalistes de la direction te rendent anxieux?
  • tes tâches te déplaisent, te dégoûtent ou te frustrent?
  • ton travail nuit à ta condition physique ou ta santé?
  • tes tâches sont routinières, monotones et t’ennuient?
  • ton environnement de travail est démoralisant?
  • tu as l’impression de ne pas être apprécié à ta juste valeur?
  • tu a l’impression que tes compétences ne sont pas assez sollicitées et mises à contribution?
  • tu aimerais avoir un meilleur salaire ou de meilleurs avantages sociaux?
  • tu te trouve dans un environnement de travail hostile où tu es victime de harcèlement?

Cette liste n’est pas exhaustive et pourrait continuer ainsi très longtemps, mais les points qu’elle soulève résument les principales causes qui peuvent causer ton malheur au travail.

Les solutions

Une fois que tu as identifié tous les points qui causent ton malheur, c’est le moment de penser aux différentes façons dont tu pourrais prendre la situation en main pour améliorer ton sort.

Quel serait l’emploi de tes rêves?

Prends un moment pour réfléchir à l’emploi de tes rêves. Qu’est-ce qui est primordial pour toi? Est-ce que ce serait un emploi qui te permettrait d’avoir un horaire flexible? Ou bien qui te permettrait d’utiliser pleinement certaines de tes compétences? Ou encore, d’avoir une plus grande latitude sur la façon dont tu exécutes tes tâches et organises ton emploi du temps?

Dresse la liste de tous les critères qui définissent l’emploi de tes rêves.

Ensuite, détermine ceux qui sont absolument nécessaires à ton bonheur et sur lesquels il est hors de question de faire des compromis.

À partir de là, tu as deux choix: 1-élaborer un plan pour que ton emploi actuel se rapproche le plus possible de l’emploi de tes rêves, ou si ce n’est pas possible 2-élaborer un plan pour que ton emploi actuel t’aide à décrocher l’emploi de tes rêves.

Apporter des changements

La première chose que tu peux faire pour apprécier davantage ton travail est de tenter d’y apporter quelques changements. Certaines améliorations peuvent se faire sans nécessairement demander d’autorisation à un supérieur, par exemple organiser un 5 à 7 informel pour apprendre à mieux connaître tes collègues et stimuler l’esprit d’équipe, ou encore apporter une paire d’écouteurs pour écouter de la musique en travaillant et briser la monotonie des tâches routinières.

Lire aussi: Comment se doper à la musique pour améliorer ses performances

Toutefois, d’autres changements, particulièrement ceux qui concernent la nature des tâches liées à ton travail, ton horaire ou ton salaire, doivent être négociés avec ton patron.  

Négocier certains changements

D’abord et avant tout, assure-toi d’être bien préparé. On n’entame pas une négociation sur un coup de tête dans les corridors du bureau pendant la pause; la négociation est un art dont l’exécution doit être savamment planifiée. C’est comme une partie d’échecs à laquelle on peut ajouter des pions à l’avance.

Avant de te lancer dans la partie, détermine exactement ce que tu aimerais obtenir de ces négociations et des compromis que tu es prêt à faire. Essaie le plus possible de trouver une façon de présenter ces demandes en mettant de l’avant les avantages pour l’employeur et l’entreprise.

Par exemple, si tu veux négocier la possibilité de faire du télétravail une ou deux journées par semaine, propose de consacrer ce temps à une tâche spécifique qui nécessite généralement le nombre d’heures hebdomadaires que tu voudrais effectuer en télétravail. De cette façon, l’employeur aura une façon plus concrète d’évaluer la quantité de travail effectué à la maison plutôt que de se fier à ta bonne volonté de travailler un nombre d’heures précis sans supervision, ce qui peut faire pencher la balance en ta faveur. Insiste sur l’aspect distrayant du bureau, des interruptions des collègues, du téléphone, du bruit, et argumente que le télétravail te permettrait de te concentrer pleinement sur cette tâche et d’être plus productif. Le télétravail permet également de réduire la facture d’électricité et de consommation internet. Cet argument n’a pas beaucoup de poids dans une grande entreprise, mais peut être très pertinent auprès d’un petit organisme.

Voilà quelques exemples d’éléments que tu pourrais négocier pour apprécier davantage ton travail:

  • revoir ta définition de tâches
  • négocier le temps accordé à certaines tâches
  • demander différentes tâches/responsabilités
  • négocier un horaire flexible ou la possibilité d’accumuler des heures en banque
  • négocier ton salaire, des congés maladie ou certains avantages sociaux

Voir aussi: 17 types de mauvais patrons qui gâchent ta job

Aussi, je te conseille fortement de te procurer et de lire le livre Double ta valeur, accomplis plus travaille moins, qui explique plus en détail l’art de la négociation avec son employeur et propose des trucs pour réussir à obtenir un meilleur salaire.  

Deviens intrapreneur

In-tra-pre-neur. n.

Une personne au sein d’une grande corporation qui assume la responsabilité de transformer une idée en produit fini et profitable à travers la prise de risque assertif et l’innovation. (Définition du Heritage Dictionary)

Même si, dans sa définition officielle, le terme intrapreneuriat concerne plus spécifiquement les grandes entreprises, ce modèle peut s’appliquer à n’importe quel type d’entreprise.

Un projet d’intrapreneuriat peut être une façon particulièrement intéressante d’apprécier davantage ton travail, et même de te propulser rapidement vers un nouvel emploi qui serait plus intéressant.  

Par exemple, si tu travailles pour une entreprise qui vend des produits physiques ou numériques, mais qui n’a pas de présence sur internet, ouvrir une boutique en ligne accompagnée d’un blogue pourrait être un projet intrapreneurial très prometteur.

Voir aussi: Intrapreneur: serait-ce le meilleur des deux mondes?

Développer tes compétences pour changer d’emploi

Peut-être que c’est tout simplement impossible que tu sois véritablement heureux dans l’emploi que tu as présentement. Dans ce cas, la seule solution est de changer d’emploi. Mais attention!

Ne rédige pas ta lettre de démission tout de suite, car si tu précipites les choses tu risques de te retrouver avec un nouvel emploi dans lequel tu ne seras pas plus heureux.

On a déjà établi quels sont les critères qui définissent l’emploi de tes rêves. Maintenant, dresse une liste des compétences nécessaires et des atouts qui seraient utiles pour parvenir à décrocher un tel emploi.

Ensuite, prends conscience des compétences que tu possèdes déjà et de celles que tu vas devoir acquérir. Si, par exemple, tu dois développer tes connaissances en marketing web, tu pourrais suivre une formation en ligne sur la publicité Facebook. Ou encore, si tu dois apprendre à mieux maîtriser la suite Adobe, tu peux visionner des tutoriels sur YouTube pour t’aider à te pratiquer.

Bien sûr, certains métiers nécessitent d’obtenir un diplôme, alors il se peut que tu doives retourner aux études pour atteindre l’emploi de tes rêves. Mais devine quoi: il n’est jamais trop tard pour ça, ou pour apprendre de nouvelles compétences.  

Pourquoi pas un blogue?

Dans la plupart des domaines, démarrer un blogue peut être une idée profitable, tant financièrement qu’au niveau de ta crédibilité quand vient le temps de passer en entrevue pour un nouveau poste.

Par exemple, si ton rêve est de devenir chroniqueur pour un journal ou rédacteur pour un magazine, un blogue sur un sujet pertinent peut en dire beaucoup plus long sur tes compétences et ton professionnalisme que ce qu’un simple C.V. peut révéler.

Ou encore, si ton rêve est de décrocher un poste de designer graphique dans une grande firme, ouvrir un blogue sur le design serait une très bonne idée. Il peut inclure, par exemple, des articles explicatifs sur des sujets comme la composition d’une image, l’harmonisation des couleurs, le matériel recommandé ou même des tutoriels montrant les bases de certains logiciels et des techniques de design.

Bref, un blogue démontre ton expertise dans ton domaine, tes compétences en informatique, ton sens de l’initiative et ta passion. Il peut être un outil concret qui va te démarquer des autres candidats sur le chemin vers l’emploi de tes rêves.

Pour savoir comment monétiser un blogue, je te suggère de lire le livre: Confessions d’un blogueur: la vérité sur les “experts” et comment en devenir un.

Et il n’y a pas que les blogues! Démarrer un podcast ou une chaîne YouTube, selon la pertinence dans ton domaine, peut aussi être une bonne façon d’acquérir de l’expérience et de la crédibilité.  

Pour garder le moral

Que tu veuilles garder ton emploi et tenter de négocier certains changements ou bien que tu préfères littéralement changer d’emploi, tu peux aussi utiliser certains trucs pour être plus heureux au travail en cours de route. Au fil du temps, ils peuvent faire une grande différence.

Personnalise ton espace de travail

Si ton environnement de travail est visuellement démoralisant, pourquoi ne pas essayer de le personnaliser un peu en le décorant selon ton goût si c’est possible? Un cadre à photo par-ci, une jolie lampe de bureau par-là, et te voilà dans un espace de travail réconfortant qui correspond à tes goûts.

Voir aussi: 8 trucs simples pour être plus productif

Concentre-toi sur le positif

Même si tu n’aimes pas ton travail, il y a probablement certains aspects que tu apprécies. Que ce soit l’heure du dîner avec les collègues à la cafétéria, le 15 minutes de lecture dans un fauteuil moelleux pendant la pause ou tout simplement le sourire d’un client satisfait. Utilise ces éléments comme un phare qui te guide et te motive au quotidien.

Récompense-toi

Pour passer plus facilement au travers d’une dure journée ou semaine de travail, n’hésite pas à te promettre une récompense. Que ce soit planifier ton activité favorite ou un souper au restaurant, prends le temps de te gâter et de te féliciter pour tes efforts. De cette façon, tu pourras concentrer ton attention sur un élément positif lorsque as envie de tout envoyer valser quand tu es au travail.  

Confie-toi

Ne pas aimer son travail peut mener à une bonne accumulation de frustrations. Pour éviter d’exploser, n’hésite pas à te confier à un proche et à discuter de ce qui te déplaît de ton emploi et de ce à quoi tu aspires. Tenir un journal quotidien peut aussi être une bonne façon d’évacuer ses frustrations.

Finalement

Si tu n’es pas heureux au travail, tu as deux choix: soit tu négocies certains changements à ton emploi, soit tu mets tout en oeuvre pour occuper le genre de poste qui te rendrait réellement heureux.

Tu dois d’abord déterminer quelles sont les causes exactes de ton malheur au travail, pour ensuite identifier quels critères correspondent à ton emploi idéal.

À partir de là, tu peux tenter de négocier avec ton patron afin d’éliminer ou de réduire les éléments qui te rendent misérable au travail. Il ne faut pas prendre cette négociation à la légère et être bien préparé avant d’aborder le sujet. Proposer un projet d’intrapreneuriat peut également être une très bonne façon de se sentir plus impliqué au travail et de développer des compétences qui te permettront possiblement d’occuper un poste plus intéressant par la suite.

Si tu ne vois pas de quelle façon ton emploi actuel pourrait véritablement te rendre heureux, alors détermine quelles compétences tu pourrais acquérir pour t’aider à décrocher l’emploi de tes rêves. Certains métiers nécessitent un diplôme, donc un retour aux études, mais une grande quantité de compétences peuvent être acquises à l’aide de formations en ligne, de lectures, d’écoute de podcasts ou de visionnements de tutoriels.

Ensuite, pour établir ta crédibilité et détenir un avantage sur les autres candidats pour les postes que tu convoites, tu pourrais démarrer ton propre blogue, podcast ou chaine YouTube (selon ce qui est le plus pertinent dans ton domaine).

Finalement, pour être plus heureux au travail entre temps, tu peux aussi personnaliser ton espace de travail, trouver et te concentrer sur les aspects positifs de ton emploi, prendre soin de te récompenser après de longues journées ou semaines et te confier à un proche ou dans un journal quotidien pour libérer tes frustrations.

Alors, ne gâche pas ton potentiel à stagner dans un emploi qui ne te rend pas heureux!

Un intrapreneur à l'oeuvre

Intrapreneur: serait-ce le meilleur des deux mondes?

On va se le dire, l’entrepreneuriat est à la mode!

On n’a qu’à penser aux “dragons”, aux centres d’entrepreneuriat ou aux projets qui décollent grâce au sociofinancement pour réaliser à quel point c’est un sujet omniprésent sur la scène économique…

L’entrepreneur moderne, c’est la version remastérisée du self-made-man à l’ère du numérique: Jobs, Gates, Zuckerber, Musk… On pense à ces grands noms qui ont défié les normes établies pour démarrer leurs entreprises et qui ont littéralement créé des empires, et ça nous fait rêver.  

Mais même si on en rêve, ce n’est pas un chemin à emprunter à la légère. Il faut être réaliste, avoir les moyens de ses ambitions et être en état de pouvoir assumer les montagnes russes d’incertitude financière, d’imprévus et de contorsions d’horaires qui guettent les entreprises en démarrage.

L’entrepreneuriat, ça fait rêver, mais ça fait aussi très peur et c’est suffisant pour refroidir les ardeurs de la majorité d’entre nous!

Alors on soupire un grand coup en rangeant notre rêve entrepreneurial dans un coin de notre esprit en espérant que la vie nous offre l’opportunité de le revisiter un jour…

Après tout, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre comme dirait ma grand-mère…

N’est-ce pas?

Les options

Si tu es un employé qui est habité d’un rêve entrepreneurial, tu peux suivre le chemin de l’un de ces trois scénarios:  

Scénario 1

Tu quittes ton emploi pour lancer ton entreprise. Si tu fais partie des 33,7 % qui ont projet réellement porteur, qui savent mettre les priorités aux bons endroits et qui ont les compétences et qualités nécessaires à la réussite de leur projet, ton entreprise survivra au moins cinq ans et tu seras sur le chemin du succès. Sinon, tu devras t’acquitter des dettes engendrées par l’échec de ton entreprise et retourner travailler pour quelqu’un d’autre en rêvant nostalgiquement au passé en te disant “si seulement…”

Scénario 2

Tu ne changes absolument rien. Tu conserves ton emploi actuel en travaillant de ton mieux, les doigts croisés en espérant être le prochain en liste pour avoir une promotion ou une augmentation de salaire.

Scénario 3

Tu conserves ton emploi, mais décides de changer ton approche et ta façon de travailler afin de devenir un intrapreneur.

Avoir le beurre et l’argent du beurre

Et si je te disais que devenir intrapreneur pourrait te permettre d’obtenir le meilleur des deux mondes? Que c’est une avenue qui te donnerait la possibilité de:

  • tirer profit de ta mentalité d’entrepreneur et de tes idées de grandeur sans risque financier,
  • t’épargner le poids bureaucratique du démarrage d’une entreprise,
  • conserver un horaire stable,
  • contribuer à une entreprise à ton plein potentiel,
  • acquérir de l’expérience dans le domaine de l’entrepreneuriat,
  • développer de nouvelles compétences,
  • prouver ta valeur et augmenter ton salaire,
  • et tellement plus…

C’est quoi un intrapreneur ?

L’une des premières utilisations du terme “intrapreneur” remonte en 1976 avec la publication d’un ouvrage par Gifford Pinchot III: Intrapreneuring. Why you don’t have to leave the corporation to become an entrepreneur.

Dans les années qui suivent, l’appellation a été reprise à quelques occasions, entre autres par Steve Jobs dans un article de NewsWeek en 1985. Le American Heritage Dictionary a officialisé le terme “Intrapreneur” en 1992:

In-tra-pre-neur. n.

A person within a large corporation who takes direct responsibility for turning an idea into a profitable finished product through assertive risk taking and innovation.

Traduction libre:

Une personne au sein d’une grande corporation qui assume la responsabilité de transformer une idée en produit fini et profitable à travers la prise de risque assertif et l’innovation.

Autrement dit, l’intrapreneur est un entrepreneur salarié qui dirige un projet d’entreprise au coeur d’une entreprise. Comme une poupée russe de business. On pourrait le voir aussi comme un entrepreneur “en résidence”.

La principale différence entre un intrapreneur et un entrepreneur est que, bien entendu, l’intrapreneur n’est pas propriétaire de l’entreprise. L’entrepreneur est donc un créateur d’entreprises, tandis que l’intrapreneur est plutôt un développeur d’entreprises.

Une histoire de Post it

Tu sais très probablement ce qu’est un Post it. Il n’y a pas beaucoup d’objets devenus aussi iconiques du travail de bureau! L’invention est d’une simplicité déroutante pour la popularité phénoménale qu’elle a connue.

Le Post it a été inventé en deux temps par des employés de l’entreprise 3M. En 1968, Spencer Silver, chimiste, invente par accident un polymère adhésif réutilisable qui peut être collé et décollé. Il tente de le commercialiser sans succès, mais réussit à faire breveter son invention avec l’aide de son directeur de département.

Quelques années plus tard, en 1974, un autre employé de 3M, Arthur Fry, a l’idée d’essayer d’utiliser cet adhésif pour pouvoir coller les bouts de papier qu’il utilise comme signets sur ses partitions de musique sans risquer de les abimer. L’idée est bonne en théorie, mais en pratique l’adhésif ne reste pas bien collé sur les signets. Finalement, deux autres membres de l’équipe de Silver réussissent à l’étendre pour qu’il reste en place sur du papier par un procédé industriel.

Et c’est ainsi que le Post it est né!

D’abord utilisé à l’interne par les employés de 3M pour se laisser des notes, servir de signets ou lors de brainstorms, l’entreprise réalise le potentiel de cette invention et tente de la commercialiser en 1977 sous le nom de « Press’n Peel ». Ce fut un échec, car les fournisseurs de fournitures de bureau ne savaient pas trop comment décrire l’utilisation de cette invention aux clients potentiels.

L’année suivante, un nouveau directeur marketing a alors l’idée d’en faire la promotion en distribuant massivement des échantillons gratuits. 90 % des gens qui ont eu l’occasion de les essayer ont démontré leur intérêt pour en acheter.

Trois ans plus tard, le “Post it” avait littéralement conquis le marché américain, canadien et européen!

Cette histoire à succès démontre tout le potentiel de l’intrapreneuriat. Le Post it n’est pas un produit qui a été développé à la demande de l’entreprise 3M, mais bien à l’initiative d’employés qui ont su tirer profit des erreurs (l’invention accidentelle de la colle) et mettre de l’avant une idée novatrice.    

Depuis, un grand nombre d’inventions ou d’innovations sont nées de l’intrapreneuriat: Gmail et Adsense dans l’entreprise Google, la console PlayStation dans l’entreprise Sony et le iPod/iPhone chez Apple ne sont que quelques exemples.

Est-ce que j’ai l’âme d’un intrapreneur?

Les principales différences entre un employé traditionnel et un aspirant intrapreneur sont le besoin d’accomplissement et l’envie d’innovation de ce dernier. L’intrapreneur a le désir profond d’avoir un réel impact dans un domaine ou une entreprise et l’envie irrésistible de suivre son flair entrepreneurial.

Un bon candidat pour l’intrapreneuriat possède les qualités suivantes:

  • proactif,
  • créatif,
  • diplomate,
  • visionnaire,
  • pragmatique

et les compétences suivantes:

  • sait faire preuve de discernement,
  • est bien informé sur l’actualité des marchés pertinents,
  • comprend le public cible de l’entreprise, ses besoins et ses désirs,
  • connaît bien  l’offre de l’entreprise,
  • fait preuve d’autonomie et d’indépendance,
  • a l’esprit d’initiative.

Les avantages de l’intrapreneuriat

L’intrapreneuriat, c’est un “win/win” tant pour les employés que leurs employeurs.

Pour l’employé:

  • possibilité de gérer un projet d’entreprise en utilisant les ressources mobilières, matérielles et humaines mises à disposition par l’employeur,
  • avantages financiers, possibilité de négocier un pourcentage des ventes selon le contexte, le produit proposé et sa mise en marché,
  • meilleures possibilités d’avancement et de reconnaissance de la part de l’employeur,
  • permet d’apprendre les rouages de l’entrepreneuriat tout en étant salarié.

Pour l’employeur:

  • permet à l’entreprise de cultiver des projets novateurs,  
  • donne à l’entreprise un avantage compétitif dans son milieu,
  • les employés sont plus productifs, car davantage motivés par les projets dans lesquels ils peuvent réellement s’impliquer.

Comment devenir intrapreneur?

Dans les faits, l’intrapreneuriat peut prendre plusieurs formes et s’adapter aux différents milieux de travail. De l’ouverture d’une nouvelle filiale à la mise en marché d’un nouveau produit en passant par la mise en place d’une simple boîte à suggestions pour améliorer l’efficacité à l’interne, toutes les avenues sont intéressantes pour adopter une mentalité d’intrapreneur au travail.

Le seul critère de base est de faire preuve d’initiative dans le but d’aider l’entreprise à augmenter ses revenus ou diminuer ses dépenses.

Voilà les cinq principales étapes par lesquelles passer pour donner un virage intrapreneurial à ta carrière.  

Étape 1 – la réflexion

D’abord, tu dois réfléchir aux raisons pour lesquelles tu t’intéresses à l’intrapreneuriat. Est-ce que c’est:

  • Pour mieux aligner tes valeurs à ton travail ?
  • Pour la reconnaissance de tes compétences dans ton milieu?
  • Pour apaiser ton esprit créatif?
  • Pour la possibilité d’avoir un impact sur le monde et le rendre meilleur?
  • Est-ce que c’est purement une question de gains financiers?

Bref, dresse une liste de ce que tu aimerais accomplir et pour quelles raisons.

Ensuite, tu dois te demander en toute honnêteté quelles sont réellement tes forces. Lesquelles de tes compétences se démarquent et quel avantage unique est-ce que ça te permettrait d’apporter à l’entreprise où tu travailles?

Finalement, réfléchis aux façons dont tu pourrais atteindre ton objectif intrapreneurial tout en mettant de l’avant tes meilleures compétences.

Étape 2 – le choix

Les réflexions de la première étape devraient avoir pavé la voie qui te permettra d’accomplir l’étape 2: choisir ton projet intrapreneurial.

Pour ce faire, tu dois prendre en considération la mission et les orientations de l’entreprise. Par exemple, si tu travailles pour un OBNL qui a pour mission de sensibiliser la population envers une cause X, que ton but intrapreneurial serait de permettre à l’organisme de générer plus de revenus pour effectuer sa mission plus efficacement tout en te versant un meilleur salaire, et que ta principale force est la rédaction… Hé bien la mise sur pied et la monétisation d’un blogue serait peut-être un projet intéressant.

L’idée est de détecter une opportunité qui va permettre à l’entreprise de mieux remplir sa mission tout en augmentant ses gains ou en réduisant ses dépenses.

Ça peut être grâce à un nouveau produit, un nouveau service ou une nouvelle façon de faire.

Voilà d’autres exemples:

  • Proposer une méthode de travail plus rapide ou plus efficace (donc moins coûteuse en temps).
  • Établir un nouveau partenariat pour élargir l’offre de l’entreprise.
  • Trouver une façon de rejoindre plus efficacement le public cible (comme en envisageant le marketing web et le ecommerce).
  • Suggérer des améliorations qui seraient bénéfiques à la culture d’entreprise et à la motivation des employés (aménager une bibliothèque d’ouvrages pertinents et un coin lecture dans la salle de break, proposer d’ajouter un abonnement au gym comme avantage aux employés, etc).  

Étape 3 – L’apprentissage

Une fois que tu auras décidé quel projet tu désires intraprendre, renseigne-toi sur les différentes compétences et connaissances qui seront nécessaires pour le mettre en place efficacement.

Par exemple, si ton projet était de mettre sur pied une boutique en ligne, ce serait primordial de connaître les différentes plateformes disponibles, leurs avantages et inconvénients, ainsi que les frais d’utilisation. Ne saute pas à pieds joints dans le bateau de Shoooping parce que tu as entendu un gars en parler au resto-bar jeudi soir; fais-toi ta propre opinion et n’aie pas peur d’explorer, de poser des questions, de tester les plateformes et de lire les commentaires des utilisateurs sur différents forums afin de déterminer quelle solution serait réellement la plus avantageuse pour l’entreprise (Shopify? Woocommerce?).

Ensuite, ce serait également pertinent de connaître la base en ce qui a trait aux hébergements web, à la sécurité transactionnelle en ligne, aux différentes plateformes de paiement qui existent, au web marketing et aux autres domaines connexes.  

Sans maîtriser toutes ces compétences, assure-toi à tout le moins d’être suffisamment renseigné pour pouvoir entretenir une conversation sur le sujet et de savoir quels en sont les enjeux. De cette façon, tu sauras détecter plus facilement avec quelles entreprises faire affaire au besoin et tu pourras exprimer plus efficacement les besoins de ton projet.

Finalement, assure-toi d’être à jour dans tes connaissances du marché de ton industrie/domaine et des perspectives d’avenir. Sois à l’affût de l’actualité économique, technologique et sociale, visite des forums, lis des articles de blogue, consulte les sources et les études réalisées sur les sujets qui sont pertinents pour ton projet.

Tu peux aussi commencer à sonder l’intérêt du marché afin de mieux connaître les implications et les risques associés à ton projet. Plus tu auras d’informations concrètes et valides à présenter, plus ton projet aura des chances de prouver sa valeur.  

Étape 4 – La présentation

Avant de présenter ton projet à ton employeur, assure-toi d’être bien préparé. Si tu veux réellement avoir des chances qu’il soit accepté, tu dois le convaincre du potentiel de ton idée pour le développement de l’entreprise et prouver que tu es la personne tout indiquée pour le mener à bien. L’étape 3 est primordiale pour démontrer ton sérieux et établir ta crédibilité, il reste donc à détailler les étapes de création et de développement du projet.

Tu peux utiliser la méthode que tu veux pour déterminer la structure de ton projet, mais je te suggère d’utiliser la façon mindmap (carte mentale).

Mindmap avec Post its

Écris toutes les étapes de ton projet et ce que ça implique sur des Post its individuels, sans ordre particulier, et colle-les sur un mur ou un grand tableau blanc. Vide ton cerveau de tout ce qui te passe par la tête concernant ton projet et utilise autant de Post its que nécessaire.

Ensuite, tu peux déplacer les Post its pour regrouper tes idées en ordre chronologique et thématique pour commencer à former la structure de ton projet.

Cette façon de faire te permettra de voir plus clair dans l’ordre logique de ton projet, les priorités et les étapes qui ne sont peut-être pas nécessaires à son succès.

Prends ton oeuvre en photo, car il s’agit de ton plan pour structurer ta présentation!   

Mindmap avec application web

Les étapes de cette façon de faire sont exactement les mêmes qu’avec les Post its, mais les idées sont écrites dans les bulles d’une mindmap virtuelle plutôt que sur du papier. Je suggère deux applications pour ce faire: MindMeister et Mindmup . MindMeister est l’application la plus intuitive, conviviale et pratique, mais Mindmup est gratuite, peu importe le nombre de mindmaps qu’on crée, et répond très bien aux besoins de base. Les deux applications peuvent être intégrées dans Google Drive et utilisées en collaboration avec d’autres personnes qu’on peut inviter avec leur adresse courriel.

Les supports

Selon la complexité de ton projet et la quantité d’informations à présenter, un diaporama avec Microsoft Powerpoint ou Google Présentations (slides) pourrait être un bon support à utiliser (l’application MindMeister permet également de générer un diaporama à partir d’une mindmap).

N’hésite pas à utiliser des graphiques pour illustrer tes arguments et à citer des études crédibles sur le sujet. Il faut que le potentiel de ton idée soit clair et évident. Tu peux aussi réaliser un court dossier de présentation à partir des informations introduites pour accompagner ta démarche. Remettre ce genre de document à ton employeur lui donnera un outil concret à considérer quand viendra le temps de délibérer sur ton projet.

Étape 5 – La réalisation

Si tout s’est bien passé dans les quatre premières étapes et que ton employeur n’est pas un bocké rébarbatif au changement, ton projet a probablement été accepté. Félicitation!

Ne t’assois pas sur tes lauriers, car c’est à ce moment-là que ça devient vraiment sérieux.

Comme l’a si bien dit l’oncle Ben dans Spiderman, “avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités”.

Tu as entre les mains le pouvoir de contribuer à la prospérité d’une entreprise, mais aussi le pouvoir de propulser ta carrière! Tu as donc la responsabilité de tout mettre en oeuvre pour la réussite de ton projet.

D’abord, assure-toi que la direction est sensibilisée sur le temps et les ressources qui seront nécessaires. De cette façon, tu limiteras les risques que ton projet suscite de l’impatience face à son retour sur investissement.

Ensuite, sois toujours transparent dans ta gestion du projet et offre fréquemment du suivi sur son avancement. Veille à conserver un bon workflow et travaille de façon à maximiser ta productivité. Le tableau Kanban, par exemple, est une méthode de gestion du travail qui pourrait probablement être utile (voir l’article: 7 méthodes pour travailler 48 h par jour).

Finalement, demeure toujours réaliste et ne te laisse pas emporter par un trop grand optimisme. Sois pragmatique!

Conclusion

Pour plusieurs, l’intrapreneuriat est très certainement le meilleur des deux mondes. C’est une façon d’envisager une carrière qui peut nous permettre de mettre à profit notre esprit entrepreneur sans toutefois avoir à assumer les risques financiers et autres casse-têtes liés au démarrage d’une entreprise. C’est également un bon moyen d’acquérir de l’expérience en entrepreneuriat, tout en étant salarié, pour éventuellement lancer sa propre entreprise.

Avoir des employés intrapreneurs est également un grand avantage pour les entreprises qui peuvent ainsi se renouveler plus efficacement et bénéficier d’un personnel réellement engagé et motivé par l’entreprise et sa mission. Selon une étude de l’Université de Phoenix, 61 % des employés satisfaits par leur emploi ont un employeur qui favorise les initiatives intrapreneuriales.

De tels projets peuvent être déployés à petite ou grande échelle, comme en proposant des façons d’augmenter l’efficacité et la productivité des employés par l’ergonomie, la culture d’entreprise et la révision des procédures, ou encore en proposant littéralement la mise en place d’une nouvelle offre ou d’une nouvelle filiale de l’entreprise.

Pour devenir intrapreneur, il faut tout d’abord posséder certaines qualités comme la créativité, la diplomatie, l’autonomie et le pragmatisme ainsi qu’être bien informé sur les besoins du marché, sur le public cible de l’entreprise et les grandes orientations de celle-ci.

Avant de proposer un projet d’intrapreneuriat à son employeur, il faut s’assurer d’être bien préparé. Il faut d’abord réfléchir à ce qu’on désire tirer personnellement de ce projet et trouver une façon d’impliquer nos meilleures compétences dans un projet qui permettra à l’entreprise d’effectuer sa mission plus efficacement, d’augmenter ses revenus ou de diminuer ses dépenses. Une fois le projet accepté, il faut faire preuve de transparence dans sa gestion et assurer à la direction un suivi constant sur son développement.

Les entreprises à contre-courant

Malheureusement, la culture d’entreprise est souvent un frein à l’intrapreunariat. Ce n’est pas encore dans les habitudes de gestion de la majorité des entreprises de laisser la latitude nécessaire aux employés pour qu’ils puissent prendre ce genre d’initiatives. Ce n’est donc pas un choix de carrière qui est évident à faire dans tous les milieux.

C’est pourquoi il est important de parler de l’intrapreneuriat et d’en faire connaître les avantages. Il faut “brasser la cage” des entreprises! L’intrapreneuriat est certainement l’une des façons les plus efficaces de se tourner vers l’avenir et de développer des façons de travailler plus efficaces, plus humaines et garantes de succès.  

7 méthodes pour ne pas laisser un mauvais patron bousiller ta carrière

Il te frustre, il te décourage et il hante tes cauchemars. Il est terrifiant, irrespectueux, insultant ou juste incompétent. Il est un mauvais patron et tu dois dealer avec à chaque jour comme on deal avec une barque trouée en pleine mer: beaucoup d’efforts pour pas grands résultats.  

Tu n’es pas seul, le monde est malheureusement plein à craquer de mauvais patrons. Tu n’as qu’à tendre l’oreille au café du coin un vendredi midi pour entendre tous les scénarios d’horreur qui se racontent entre employés sur l’heure du lunch!

Travailler pour un mauvais patron, ce n’est pas juste une épine dans le pied. Selon une étude danoise, c’est aussi l’une des principales causes de dépressions en milieu de travail et de démissions. Ça peut littéralement te rendre la vie infernale! Une autre étude, réalisée par Gallup, affirme que les patrons sont responsables de jusqu’à 70 % des variations dans la motivation des employés. Généralement, ce serait donc vrai qu’on quitte un employeur et non un emploi…

Une étude de Gallup affirme que les patrons sont responsables de jusqu'à 70% des variations dans l'engagement des employés.

Pourquoi il y a autant de mauvais patrons

Les recherches de Gallup démontrent que les employés sont plus productifs, que les clients sont plus satisfaits et que les profits sont plus importants quand le patron gère la boîte de façon à ce que les employés se sentent heureux, accomplis et développent un sentiment d’appartenance envers l’entreprise.

C’est donc à l’avantage des employeurs d’embaucher des gestionnaires compétents qui savent créer un climat de travail stimulant et qui sont à l’écoute des employés. 

Alors pourquoi autant de mauvais gestionnaires? La plupart du temps, pour l’une de ces raisons:

  1. Même si un patron est un vrai tyran colérique et que les employés tremblent à son passage, tant que les affaires vont bien et que les résultats sont là, personne n’ose confronter ses méthodes. Après tout, ça semble moins risqué pour l’entreprise de le tolérer que de risquer de se retrouver avec un gérant sympathique, mais qui ne livre pas la marchandise.
  2. Parce que les préjugés sont tenaces. On attribue le mauvais rendement des employés à de la paresse et on croit qu’il faut constamment les surveiller pour qu’ils travaillent. On est convaincus que pour qu’un employé performe, il faut lui dire exactement quoi faire, comment le faire et quand le faire et que sa seule motivation est l’argent. On croit aussi qu’à compétences égales, un employé ou l’autre ça ne fait pas réellement de différence. Avec cette mentalité, ça semble logique de ne pas accorder d’importance à l’épanouissement individuel des employés.  
  3. Parce qu’on a peur du changement et qu’on est vieux jeu. Beaucoup d’entreprises roulent encore avec les résidus de la mentalité qui nous vient de la révolution industrielle et des shops du début du 20e siècle où tout roulait au quart de tour et où les seules mesures qui comptaient vraiment étaient la rapidité d’exécution et la quantité de production. Si on ajoute à cela une influence des méthodes militaires où le général dirige ses troupes d’une main de fer sans accepter de remise en question, on se retrouve assez vite avec une job où c’est vraiment légitime de détester les lundis!
  4. Tout simplement parce qu’environ 82% du temps, les postes de gestionnaires ne sont pas attribués aux bonnes personnes. Pour être un bon leader, il faut posséder plusieurs traits de personnalités et habiletés. Seulement 10% de la population aurait ce qu’il faut pour être un excellent gestionnaire. Si on prend en considération qu’en général il y a un gérant pour environ 10 employés, on réalise que le problème n’est pas au niveau de la rareté des bons patrons potentiels, mais au fait qu’ils ne sont pas promus à ces postes. Les critères de sélection pour élever un employé au rang de gestionnaire sont souvent l’ancienneté, l’habileté dans leur domaine ou leurs performances. On prend rarement le temps d’évaluer sérieusement si ces personnes ont réellement ce qu’il faut pour être de bons gestionnaires.

Malheureusement, ces façons de faire et de penser finissent par freiner le développement des entreprises.

Toi+ta job =?

Alors, comment dealer avec un mauvais patron sans faire un incident diplomatique dans l’entreprise? Il n’y a pas de secret ou de mode d’emploi universel qui s’applique à toutes les situations, mais il y a des démarches que tu peux entreprendre et qui peuvent aider.

Avant tout, réfléchis à ta situation en te posant ces questions:

  • Est-ce que tu aimes ton travail?
  • Est-ce que tu as développé un sentiment d’appartenance envers l’entreprise?
  • Est-ce que tu travailles dans un domaine où tu te vois encore pour plusieurs années?
  • Est-ce que c’est très important pour toi de conserver cet emploi ou tu crois que tu serais aussi bien ailleurs?
  • Est-ce que ton emploi te challenge et te permet de continuer à développer tes compétences chaque jour?

Garde en tête les réponses à ces questions pour déterminer ce qui te convient parmi les solutions possibles. 

Les démarches à entreprendre

Premièrement, tu dois t’assurer que tes attentes envers ton patron sont réalistes et les ajuster si nécessaire. Ensuite, tu pourras mettre en place certaines stratégies pour contourner ses mauvaises habitudes ou ses comportements contreproductifs. Pour y parvenir, tu devras apprendre à mieux le connaître pour comprendre ses agissements et appliquer la technique de la gestion inversée. Si ce n’est pas suffisant pour améliorer la situation, tu as aussi la possibilité de planifier une rencontre avec ton boss pour discuter des problèmes que tu as constatés et proposer des solutions. Finalement, si rien ne change, tu auras à choisir entre trois issues: ne pas aller plus loin et trouver des façons de mieux supporter ton patron, porter plainte contre lui ou démissionner.   

1-Revois tes attentes

Les probabilités sont minces que ton patron se lève chaque matin avec l’envie irrésistible de te pourrir la vie. Dans beaucoup de cas, les managers font réellement de leur mieux et ne sont même pas au courant que leur attitude fait d’eux de mauvais patrons. Ton boss est humain et personne n’est parfait, alors laisse-lui le bénéfice du doute.

Jette un coup d’oeil honnête et objectif à tes attentes et demande-toi si elles sont raisonnables. Ce n’est pas parce qu’un aspect du travail te tient particulièrement à coeur que c’est le cas pour ton patron.

Tu es peut-être du genre à toujours vouloir apprendre de nouvelles compétences, te perfectionner et être à l’affût des nouvelles technologies et ce n’est pas le cas de tout le monde. Même si ses connaissances ne sont pas à jour dans certains domaines, ce n’est peut-être pas pertinent dans sa vision du futur de l’entreprise et ce n’est pas forcément de la mauvaise volonté.

Les probabilités sont minces que ton patron se lève chaque matin avec l’envie irrésistible de te pourrir la vie. Laisse-lui le bénéfice du doute.

Il se peut aussi que vous n’ayez pas les mêmes valeurs. Par exemple, si ton boss est du genre à prendre une semaine de congés aux quatre ans parce qu’il a la H1N1, une pneumonie et deux côtes cassées, il ne comprendra pas et percevra possiblement comme de la lâcheté le fait que tu veuilles trois semaines de vacances par année et un horaire flexible.

C’est peut-être un bourreau de travail qui s’attend à la même chose de la part de ses employés simplement parce qu’il ne comprend pas que le travail n’a pas le même niveau de priorité dans la vie de chacun.  

Enfin, affirmer que quelqu’un est un mauvais patron est souvent une question de contexte. Tout dépend des besoins de l’entreprise et des employés.

La même personne peut être très habile pour gérer le bureau d’une entreprise et se planter royalement dans une autre. Tout dépend de ses forces et de ses faiblesses et c’est exactement ce qu’il faut identifier pour tenter d’améliorer les choses. 

2-Apprend à mieux le connaître

La première action concrète que tu peux poser est apprendre à mieux le connaître pour élaborer des solutions sur mesure.

Qu’est-ce qui le motive?

Essaie de comprendre ce qui le motive et de voir l’entreprise selon son point de vue. Sois attentif à ce qu’il dit et à sa façon de le dire, ça va t’apporter beaucoup d’indices. En l’observant et en discutant avec lui ou des collègues, tente de trouver des réponses aux questions suivantes:   

  • Est-ce qu’il est particulièrement enthousiasmé par certains sujets ou projets?
  • À ses yeux, qu’est-ce qui semble être la mission la plus importante de l’entreprise?
  • Qu’est-ce qui lui tient à coeur?
  • Est-ce qu’il y a des tâches qu’il apprécie davantage ou, au contraire, qu’il déteste?
  • Quelles sont ses craintes en lien avec le travail?
  • Qu’est-ce qu’il considère comme une réussite ou un échec?

Bref, tu veux entrer dans sa tête (façon de parler) pour savoir ce qui le drive et hante ses pensées.

Il est quel genre de patron?

Tu dois aussi considérer ses traits de personnalité. À quel profil est-ce qu’il correspond: est-ce qu’il est du type colérique? Narcissique? Désorganisé?

Voir aussi l’article: 17 types de mauvais patrons qui gâchent ta job

Selon ce que tu lui reproches, vois si c’est possible d’identifier un élément déclencheur. Par exemple, peut-être que les projets réalisés pour certains clients le rendent plus enclin à microgérer comme un control freak. Ou encore, c’est possible que l’approche d’un deadline le transforme en girouette insécure qui change d’idée aux deux secondes. Si tu réalises qu’il a un pattern, tu arriveras peut-être à prévenir ses mauvais comportements, à les contourner ou au moins t’y préparer pour essayer d’en les amortir les conséquences.    

3-La gestion inversée

Il ne faut pas s’attendre à pouvoir changer ton boss et le guérir de ses mauvaises habitudes, ça n’arrivera pas. Par contre, tu peux l’aider à s’améliorer en inversant ta façon de voir le problème.

Adapte-toi à lui

Imagine que ton patron n’est pas ton patron, mais un client. Le genre difficile, qui t’énerve un peu et que tu préfères ne pas avoir trop souvent, mais que tu finis toujours par satisfaire quand même parce que tu as trouvé une façon de t’adapter à ses caprices sans nuire à ton travail. 

En utilisant cette approche, c’est toi qui a le contrôle et qui deal avec ses caprices et défauts. En connaissant ses priorités et en sachant exactement ce qu’il attend de toi, tu peux t’adapter à son style, sa personnalité et travailler pour atteindre des performances qui lui conviennent tout en contournant ses défauts.

Disons, par exemple, que ton patron est complètement désorganisé et qu’il a une mémoire horrible pour les dates. Maintenant, pense à ce que tu ferais si c’était un client de longue date. Une des choses que tu pourrais faire pour éviter que ce client nuise à ton travail serait de t’assurer de toujours lui envoyer des rappels par courriel ou téléphone une ou deux journées avant une rencontre.

Imagine que ton patron n’est pas ton patron, mais un client. En utilisant cette approche, c’est toi qui a le contrôle et qui deal avec ses caprices et défauts.

Ou encore, peut-être que ton patron est un éternel insatisfait. Peu importe à quel point tu t’es impliqué sur une tâche, il va toujours trouver quelque chose à redire et te demander de recommencer. Avant de débuter une tâche qu’il t’a assignée, assure-toi de comprendre ses attentes à 100 %. Valide ce que tu as compris en lui répétant dans tes mots pour confirmer et note toutes ses consignes avec la date, l’heure et le contexte où il l’a dit. Dans l’éventualité où il ne serait toujours pas satisfait, ça te fait une preuve concrète que le blâme n’est peut-être pas à porter sur tes épaules… (Mais évite de lui dire de cette façon!)

Dans ce cas-là, demande-lui ce qui ne lui a pas plu dans ton travail et en quoi ce que tu as fait diffère de ce qu’il t’avait demandé. Rappelle-lui ses propres mots et, s’il n’est pas du genre trop susceptible, souligne poliment que la consigne manquait peut-être un peu de clarté.

Bref, quel que soit le type de patron que tu as à gérer, sois proactif pour limiter les dégâts. En faisant de la gestion inversée, tu peux l’aider à devenir un meilleur boss à son insu. En réalisant que tu as toujours un pas d’avance sur lui et que tu es bien organisé, il sera probablement plus enclin à te faire confiance et tu seras bien vite en tête de liste pour la promotion que tous tes collègues espèrent avoir! 

Les actions plus drastiques

Tu as appris à connaître ses forces et ses faiblesses, tu as une bonne idée de ses ambitions et de ses craintes, tu as développé des stratégies pour contourner ses défauts et tu essaies de l’aider à être un meilleur boss comme tu le peux avec la gestion inversée, mais rien ne semble vraiment faire une différence.  

Alors quelles sont tes options?

Tout dépend de la gravité de la situation et du genre de mauvais patron auquel tu as affaire. Tu peux commencer par planifier une rencontre avec lui pour discuter des problèmes que tu as constatés.

Si ça ne change rien, tu peux: 1-trouver des façons d’accepter la situation et d’endurer sa mauvaise gestion, 2-envisager des solutions plus radicales comme porter plainte aux ressources humaines et/ou aux normes du travail ou encore 3-démissionner.

4-Rencontre seul à seul

Avant de monter sur tes grands chevaux pour galoper jusqu’aux normes du travail, commence par essayer d’avoir un entretien seul à seul avec ton patron. C’est une question de respect et, si les choses dégénèrent, c’est une preuve que tu as d’abord tenté de résoudre le problème à l’interne.

Préparation

Commence par faire une liste de tout ce qui ne tourne pas rond dans ton milieu de travail et ce que tu reproches à ton boss. Note absolument tout, des petites manies aux gestes plus graves. Non seulement c’est un exercice thérapeutique qui va te défouler, mais ça va aussi te permettre d’y voir plus clair. Prends au moins une semaine pour la rédiger et ajoute les points qui te viennent en tête au fur et à mesure.

Une fois la liste complète, classe les éléments du plus important au plus banal. Demande ensuite à quelqu’un en qui tu as confiance et qui est neutre face à la situation de la lire et de te donner son honnête opinion sur ce que tu as noté.

Puis, élimine les points les moins importants jusqu’à ce qu’il ne reste que les 3-4 plus importants. Si tu abordes trop de sujets pendant la rencontre, ton patron pourrait avoir l’impression que c’est une attaque à la mitraillette plutôt qu’un exercice de bonne volonté et ce ne sera pas efficace. 

Ensuite, écrit tout ce que tu veux lui dire concernant ces points pour être certain de ne rien oublier et d’être le plus clair possible. Mets l’emphase sur le lien entre tes préoccupations et ta productivité, celle des autres employés et les conséquences que ça peut avoir sur les revenus et performances de l’entreprise.

Finalement, essaie de trouver des moyens simples et concrets à lui proposer pour régler ces problèmes. Se plaindre ne mène souvent à rien si on n’a pas de solutions à mettre sur la table.

La rencontre

Courage! Au moment de la rencontre, tu vas peut-être shaker par en-dedans comme une feuille et c’est normal, mais comme on dit “qui ne tente rien n’a rien”.  

 Conserve une attitude calme et n’arrive pas à la rencontre sur l’offensive. Tu ne veux pas avoir l’air de vouloir faire un procès à ton boss. Tu n’es pas là pour te défouler, mais bien pour faire avancer les choses et il faut que ça paraisse.

Lors de la rencontre, mets l’emphase sur le lien entre tes préoccupations et ta productivité, celle des autres employés et les conséquences que ça peut avoir sur les revenus et performances de l’entreprise.

Tout au long de la rencontre, n’hésite pas à lui demander son opinion sur les points que tu apportes et son avis sur les solutions que tu proposes. Demande-lui comment tu peux l’aider à atteindre ses buts et ceux de l’entreprise tout en prenant en considération tes préoccupations. Chaque fois que c’est possible, encadre tes critiques et suggestions dans un portrait qui est à son avantage et coïncide avec ses ambitions. 

Finalement, assure-toi que ton approche est respectueuse et fais-lui comprendre que tu abordes ces sujets avec lui non seulement pour toi, mais parce que tu as l’entreprise à cœur.

Peut-être que cette conversation ne mènera finalement à aucun changement, que ton boss est bucké et ne te prend pas au sérieux, mais au moins ce ne sera pas faute d’avoir essayé. Dans tous les cas, sois confiant. Tu as l’opportunité de possiblement faire une différence pour toi, pour les autres employés et même pour ton employeur. Le jeu en vaut la chandelle.

Cas particulier: le boss intimidateur et colérique

Si ton patron est du genre à intimider et hausser le ton, ne t’en laisse pas imposer. Si tu fais ton travail au meilleur de tes compétences et que tu n’as rien à te reprocher, garde la tête haute.

Par contre, il faut y penser à deux fois avant de planifier une rencontre pour critiquer la gestion d’un patron explosif. Si tu veux le confronter sur son attitude agressive, sache que tu vas probablement avoir droit à une réponse doublement agressive. Sois prêt à l’éventualité que ça puisse mal se terminer.

Évalue les risques avant de le rencontrer. Quel serait le pire dénouement, te faire rétrograder ou même licensier? Est-ce que ce serait facile pour lui de nuire à tes chances de te trouver un autre emploi dans ce domaine? Est-ce que tu as un plan B si les choses tournent au vinaigre? Il ne faut pas te laisser intimider, mais il ne faut pas te jeter dans la gueule du loup non plus!

Si tu décides d’aller de l’avant, garde ton sang-froid pendant la rencontre et sois réceptif à ce qu’il a à te répondre. Ais l’attitude la plus calme et amicale possible et évite de te laisser emporter par les émotions. C’est plus facile à dire qu’à faire et ce n’est définitivement pas agréable, mais c’est nécessaire pour limiter les potentiels contrecoups.

Finalement, essaie d’attendre le moment propice pour planifier une rencontre avec lui. Tu ne veux pas le provoquer pendant des périodes stressantes ou achalandées. Ce serait peut-être une bonne idée d’attendre un moment où il est reposé (après un long week-end ou des vacances peut-être?) et où il semble être particulièrement de bonne humeur.  

5-Porter plainte ou ne pas porter plainte?

Avant de déposer une plainte contre ton patron aux ressources humaines ou aux normes du travail, assure-toi d’avoir tenté de régler le problème autrement d’abord. Une plainte peut rapidement prendre des proportions sous-estimées et ajouter de l’huile sur le feu, mais c’est quand même parfois la seule solution envisageable si le comportement de ton boss est vraiment inacceptable et que tout le reste a échoué.

Avant de déposer la plainte, prends d’abord en note des exemples concrets et des preuves documentées pour appuyer tes dires. Une bonne idée serait de tenir un journal de constats où tu notes tous les comportements répréhensibles dont tu as été témoin et leur date, sur un ton le plus neutre possible, sans jugements ou commentaires personnels. Aussi, essaie de voir si des collègues seraient prêts à te soutenir et t’appuyer dans tes démarches en servant de témoins au besoin.

Si ton patron est rancunier, il ne te pardonnera peut-être jamais cet affront. Dans tous les cas, c’est un geste qui va laisser des marques et il ne te considérera plus de la même façon. Il aura sans doute beaucoup de difficulté à te faire confiance par la suite. Alors, sois vraiment certain que tu n’as pas d’autre alternative avant d’en arriver là, tu ne veux pas régler un problème pour en créer un autre.

6-Je ne veux pas démissionner!

Si rien ne change après avoir entrepris toutes les démarches pertinentes dont on a parlé (que tu ais décidé de porter plainte ou pas) et que tu en as ras le bol de ton patron, mais que tu ne veux pas changer d’emploi, il ne te reste qu’une alternative: vis avec.

Peut-être que ton boss a fait des efforts pour enrayer certains comportements, mais comme on dit, “chassez le naturel et il revient au galop”! C’est très frustrant, et définitivement pas le scénario idéal, mais si l’entreprise te tient vraiment à coeur, que tu aimes ce que tu fais et que tu ne veux pas démissionner, concentre toi sur ce que tu peux faire en tant qu’individu pour améliorer les choses au bureau malgré le mauvais patron.

«Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.» Marc-Aurèle

Si c’est possible, tu peux aussi demander à être transféré de département ou de succursale. Mais attention, le type de gestion que tu reproches à ton boss fait peut-être partie de la culture de l’entreprise et il se peut que ce soit du pareil au même partout. 

C’est facile de se laisser démotiver quand on a un mauvais patron, de s’apitoyer sur son sort et de se plaindre à qui veut bien l’entendre qu’on a un boss de chnoutte. Fais attention à ne pas tomber dans ce piège, ça ne mènerait nulle part et ne ferait que décupler ta frustration au bureau. Plains-toi à ton conjoint ou à tes amis pendant le week-end si tu en ressens le besoin, mais au bureau fais ton possible pour ne pas perdre tes objectifs de vue, rester positif et faire ton travail le mieux possible. Une attitude négative et du commérage mènent à un cercle vicieux qui sape le moral et rend incapable de bien performer.

Tu as sûrement déjà entendu la citation “be the change you wish to see in the world”, hé bien essaie de l’appliquer dans le milieu professionnel. Deviens le genre de professionnel pour lequel tu aimerais travailler, le genre de leader que tu aimerais que ton boss soit. Concentre toi sur tes propres performances pour devenir chaque jour une meilleure version de toi-même.

Si on regarde le bon côté, on se rend compte qu’avoir un mauvais boss peut aussi être très instructif. On peut en apprendre beaucoup grâce au contre-exemple et prendre conscience des qualités qu’il faut nous-mêmes développer en gestion et en leadership.

Et puis, qui sait, peut-être que ton patron ne restera pas encore à ce poste très longtemps!

7-Démission

Quand rien ne va plus, il te reste la solution ultime: quitter ton patron. En d’autres mots, démissionner. Ce n’est pas une décision facile ou qu’il faut prendre à la légère.

Alors, comment décider entre rester et combattre ou déposer les armes et passer à autre chose? Hé bien, ça dépend surtout de ton seuil de tolérance (à un moment donné, assez c’est assez!) et de tes ambitions professionnelles.

Si ton but professionnel ultime est de devenir un dirigeant haut placé dans l’entreprise pour laquelle tu travailles, démissionner n’est peut-être pas la meilleure option. Si, par contre, tu n’as pas vraiment d’attachement à l’entreprise ou que ça ne te dérangerait pas de changer d’emploi ou de domaine, quitter serait peut-être la meilleure solution.  

Ne quitte pas le navire sans bouée de sauvetage.

Avant de rédiger ta lettre de démission, réfléchis à tes options pour t’assurer que tes besoins financiers sont comblés.

Quelles sont tes options?

  • Est-ce que tu es assuré d’avoir un autre emploi rapidement si tu quittes celui que tu occupes présentement?
  • En quittant de ton plein gré, tu n’auras probablement pas droit à l’assurance-emploi (chômage). As-tu assez d’argent de côté pour vivre le temps que tu te “revires de bord” ?
  • Si tu n’as pas assez d’argent, est-ce que ton/ta conjoint(e) ou un proche serait prêt à te backer financièrement le temps que tu te trouves une autre job?

Si tu n’as absolument aucun “plan b” côté financier, ce serait peut-être plus sage de retarder un peu le moment de ta démission si la situation est tolérable.

Ne change pas quatre 30 sous pour une piastre

S’il y a bien une chose que tu ne veux pas, c’est passer par tout le processus de démission, d’entrevue et d’embauche dans un nouvel emploi seulement pour te rendre compte que c’est du pareil au même, ou encore pire qu’à l’emploi que tu viens de quitter. 

Avant de te mettre à envoyer des CVs à gauche et à droite, essaie de te renseigner sur l’environnement de travail, le type de gestion et la culture d’entreprise des employeurs qui t’intéressent.

Vois dans tes contacts si tu connais quelqu’un (qui connait quelqu’un) qui est salarié dans une de ces entreprises. Tu pourrais lui proposer d’aller prendre un café pour discuter de son impression face à l’environnement de travail, te renseigner sur les valeurs de l’entreprise et te donner des conseils pour te préparer à porter ton c.v. et éventuellement passer une entrevue.

Parfois, le désespoir de quitter au plus vite une mauvaise situation peut nous aveugler et nous faire prendre des décisions précipitées. Réfléchis bien au chemin que tu veux emprunter par la suite.

Ne te rends pas malade!

Dans les cas les plus graves, la situation est tellement toxique que ton état mental et/ou physique en est affecté.

Guette les signes de dépression en milieu de travail et n’hésite pas à consulter un professionnel de la santé si ton moral se détériore gravement ou que tu as des symptômes physiques dont tu ne trouves pas la cause (insomnie, perte d’appétit, etc.).

Si tu restes dans une situation nocive parce que tu n’as pas d’autres recours financiers, sache que si l’opinion du spécialiste que tu consultes est que ton état ne te permet pas de travailler, tu aurais possiblement droit à des prestations de maladie de l’assurance emploi.

Alors, ne reste pas les bras croisés dans une situation qui te rend malade, aucun emploi n’en vaut le coup.

Conclusion

Rien de tel qu’un mauvais boss pour te faire détester ta job! Même si tu travailles dans un domaine qui te passionne, que tu t’entends bien avec tous tes collègues et que ton salaire te satisfait, ça ne pèse pas lourd dans la balance si ton patron se contrefiche de ses employés ou qu’il est juste incompétent et sans aucun leadership.   

Pour être efficace, productif et (le plus important) heureux dans ton emploi, c’est important de sentir que tu es respecté, que tes compétences sont reconnues et de te sentir valorisé par ton travail.

Heureusement, tu peux mettre en place plusieurs stratégies pour réduire l’impact négatif qu’un mauvais patron peut avoir sur ta vie professionnelle.

D’abord, tu dois t’assurer que tes attentes envers ton patron sont réalistes. Ensuite, il faut apprendre à le connaître le mieux possible pour tenter de découvrir quelles sont ses qualités et ses défauts, ses craintes et ses ambitions. Ça va te permettre de comprendre son comportement et de pouvoir tenter la technique de la gestion inversée. En considérant ton patron comme un client, tu peux inverser les rôles et développer des techniques pour éviter, contourner, ou minimiser l’effet de ses mauvais comportements au travail. 

Si ce n’est pas suffisant, tu peux aussi planifier une rencontre avec lui pour parler des problématiques que tu as constatées et proposer des solutions qui seraient à l’avantage de tous.

Puis, si le problème est profondément ancré et ne semble pas vouloir évoluer, mais que tu ne veux pas changer d’emploi, tu peux trouver des façons de te concentrer sur ton avancement professionnel et ton développement personnel en devenant une meilleure version de toi-même chaque jour et en faisant de ton mieux pour garder le moral et ne pas te laisser démotiver.

Finalement, si le problème est assez grave et tenace, tu peux également porter plainte aux ressources humaines ou bien aux normes du travail. C’est une solution à ne pas prendre à la légère et à laquelle tu dois être bien préparé. Selon le dénouement, ton cas particulier et les options qui s’offrent à toi, tu peux aussi décider de démissionner.

Il y a de l’espoir!

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que le milieu de l’emploi est en pleine métamorphose. “Innovation” est le mot d’ordre qui guide le développement des entreprises qui s’adaptent aux nouvelles réalités du XXIe siècle. Les anciennes mentalités disparaissent tranquillement pour laisser place à des façons de faire qui mettent les employés et leur bien-être au centre des stratégies de gestion. 

Bref, ça risque de laisser assez peu de place aux mauvais patrons!