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La procrastination

La procrastination, s’en débarrasser ou l’apprécier?

Dans mon dernier sondage, 50,5% des personnes interrogées souhaitaient découvrir une meilleure solution contre la procrastination. Sur tous les blogues y compris le mien, la procrastination semble être l’ennemi numéro 1. Mais je n’en suis finalement pas si sûr. Évidemment, perdre 2h par jour parce qu’on procrastine est néfaste, nous verrons d’ailleurs quelques outils pour réduire ce temps. Mais au bout d’un moment, quand on a bien réduit la procrastination et qu’elle est de moins en moins présente, je pense qu’elle devient une amie. C’est l’objet de la deuxième partie de cet article.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le mot, procrastination signifie simplement la tendance à remettre à plus tard. Il faut faire la vaisselle, non, je le ferai ce soir. Il faut travailler, non, je ne voudrais pas manquer mon dernier épisode Netflix. C’est un problème très commun et la plupart des gens culpabilisent dans cette situation. Ça a l’avantage de nous faire réaliser qu’on procrastine, mais ça ne nous fait pas avancer. En plus, si vous lisez « Double ta valeur » depuis longtemps ou que vous êtes devenu un expert de la gestion de la procrastination par un autre moyen, enlever vos œillères qui vous font culpabiliser de la procrastination vous fera le plus grand bien.

Voyons maintenant mon plan en deux parties pour transformer la procrastination en amie.

Les meilleurs outils contre la procrastination

Mettre en place de bonnes habitudes

Dès que je parle d’habitude, on me regarde avec des grands yeux plaintifs : « mais ça à l’air chiant, long et difficile ça non? ». Il y a surement une partie de vérité parce que je ne suis pas là pour vous donner des solutions miracles (parce que je n’en ai pas) et que les méthodes qui marchent demandent une certaine quantité d’effort. Mais les habitudes sont comme un investissement.

Quand vous achetez un appartement pour le louer, vous faites un effort au début : donner de l’argent au vendeur. Ça dure en général plusieurs années parce que vous avez souscrit un emprunt à la banque. Et puis au bout d’un moment, vous commencez à avoir un retour sur investissement, vos loyers vous créent un complément de revenu. À partir de ce moment, votre dose d’effort est minimale. Certes, vous devez rénover le lieu occasionnellement, mais une fois que vos locataires sont dedans, vous n’avez pas d’effort à faire pour avoir ce revenu supplémentaire. On peut même imaginer que vous répétiez suffisamment l’opération jusqu’à ce que vos loyers remplacent votre salaire. De cette manière, plus besoin de travailler (c’est-à-dire faire un effort).

Revenons-en à l’efficacité qui fonctionne exactement de la même manière. Votre investissement est la création d’une habitude. C’est difficile, il faut être rigoureux pendant quelque temps. Mais une fois que tout est en place, plus besoin d’effort ou de volonté pour agir, c’est automatique. Et, plus vous investissez dans la création d’habitudes, moins vous avez besoin de volonté pour éviter de procrastiner.  

Maintenant, comment mettre en place de meilleures habitudes ? C’est un thème majeur sur mon blogue sur lequel j’ai écrit plusieurs articles et même un guide complet. Je vais vous donner un raccourci pour commencer à mettre en place de nouvelles habitudes dès que vous aurez fini de lire cet article.

1-Précisez vos objectifs

Lutter contre la procrastination, c’est bien, mais pour quoi faire ? Si vous n’avez pas une idée claire des bénéfices que vous apportera l’arrêt de la procrastination, vous avez très peu de chances d’y arriver. Peut être que vous souhaitez réaliser certains rêves ou alors donner plus de temps à votre famille, ou encore progresser dans votre carrière, etc. Donner un sens à vos actions vous aidera grandement. Ça vous permettra aussi de choisir de nouvelles habitudes bénéfiques pour vous à long terme. Pour trouver votre pourquoi, cette raison qui va vous pousser à l’action, une question m’a beaucoup aidé. Par contre, elle est extrêmement difficile. Quand je l’ai lue pour la première fois, je me suis dit: « Bonjour le cadeau, je vais bien cogiter, mais je ne trouverai jamais de réponse… ».

Alors accrochez-vous : quelles sont les choses que vous regretteriez de ne pas avoir faites au cours de votre vie quand vous serez sur votre lit de mort ? Prenez vraiment votre temps pour répondre. Tout sera plus clair et vous aurez un angle d’attaque précis pour améliorer votre vie une fois la réponse trouvée.

2-Allez-y en douceur.

L’erreur que tout le monde fait est de commencer trop fort. Je reçois plein de mails super fiers qui m’expliquent leur plan pour changer leur vie d’un coup. Bien sûr, je commence par les féliciter pour leur ambition, c’est très important pour réussir. Mais directement après, je leur rappelle la méthode des petits pas. Elle consiste à créer des changements progressifs pour leur permettre de durer et de vous impacter en profondeur. Au départ d’un projet, on est tout excité, c’est nouveau, on a de l’énergie en surplus. Ça nous pousse à vouloir en faire trop parce que ce qu’on ne voit pas, c’est que dans deux semaines, quand cette motivation du débutant aura disparu, on ne pourra plus en faire autant. Et devant la montagne de tâches qu’ils ne parviendront pas à accomplir, la plupart des débutants abandonneront complètement. Je veux vous éviter ça à tout prix !

Ma recommandation pour cela est de vous limiter au début. Si vous voulez vous lancer dans la méditation et que vous vous sentez capable de méditer 10 minutes, commencez par 5 minutes seulement. Le but est que ce soit trop facile. Vous pourrez ensuite accroitre la difficulté.

3-Choisissez une habitude

Maintenant que vous savez ce que vous voulez grâce à la première question et que vous n’allez pas choisir une habitude impossible à tenir sur la durée, vous pouvez choisir avec les bons outils en main. L’idéal pour une habitude est qu’elle commence à heure fixe ou suite à un événement précis. C’est l’exemple de la douche. Vous avez l’habitude de vous doucher le matin avant ou après le petit déjeuner (à heure fixe) et vous prenez une douche après le sport (suite à un événement).

Une fois que vous l’aurez tenue suffisamment longtemps, il sera plus difficile pour vous de ne pas respecter votre habitude que de procrastiner !

Vous l’avez compris dans la partie sur les petits pas, je ne vous conseille pas de transformer 15 habitudes d’un coup, mais à long terme, vous pouvez imaginer une journée rythmée par un bon nombre d’habitudes qui permettent de ne pas procrastiner.

Supprimer le cancer de votre productivité

Comment rentabiliser l’heure que vous avez devant vous pour travailler ? C’est une question essentielle que bien peu de personnes se posent, ce qui mène à des absurdités.

La plupart des gens mesurent leur travail en temps passé à la tâche. On est fier de travailler 10h par jour. Cependant, j’aimerais connaitre votre degré d’efficacité pendant ces 10 heures. Parce que pour moi : Travail accompli = temps*concentration. Le temps est facile à mesurer, c’est pour ça que c’est ce qu’on choisit la plupart du temps. Mais si votre concentration est à 50% seulement, ça veut dire que vous pourriez travailler deux fois moins avec les mêmes résultats.

Pour avoir une concentration optimale, il faut absolument se limiter à une seule tâche à la fois et supprimer les distractions. Travailler avec Facebook ouvert, vos SMS, ou une série en arrière-plan est une illusion.

Pour me permettre de respecter ce conseil, j’ai une habitude qui se déclenche dès que je commence à m’éparpiller. J’ai comme une sorte d’alerte dans mon cerveau qui me dit de choisir. En plus quand je fais plusieurs choses en même temps, j’ai tendance à me perdre très rapidement ce qui m’avantage parce que ça facilite la détection de ces moments.

De votre côté, commencez par une action simple (un petit pas) : le téléphone en silencieux.

Avaler le crapaud

Cette expression vient d’un livre que je n’ai pas trouvé extraordinaire, mais qui donne un conseil anti procrastination très puissant. Le vrai problème de la procrastination, c’est quand on repousse des tâches importantes. Le but est donc de commencer par ces tâches pour s’en débarrasser dès le début de la journée. De cette manière, si vous procrastinez au cours de la journée, vous ne repousserez que des tâches assez peu importantes au lendemain. Autrement dit, vous enlevez du pouvoir à la procrastination en réduisant son impact.

Écrire un journal

« Ah ça y est, jusque-là, je trouvais les conseils plutôt bons, mais ça commence à partir en vrille… »

C’est ce que je me dis souvent quand je vois des conseils présentés comme magiques, comme la visualisation, la loi de l’attraction, etc. Et écrire un journal est souvent plébiscité par ces mouvements dont je n’apprécie pas toujours les réflexions, en particulier quand elles vont à l’encontre d’éléments scientifiques solides sans justification.

Autant dire que je m’étais presque promis de ne pas tester leurs méthodes. Mais mon point de vue a changé sur l’écriture d’un journal depuis que je m’informe sur la philosophie stoïque qui recommande cette pratique. Écrire un journal, c’est simplement passer sa journée en revue, mettre ses réflexions sur papier pour mieux les appréhender.

Je dois dire qu’après plus d’un mois de journal chaque soir, je ressens des bénéfices importants.

  1. Ça me pousse à approfondir certaines réflexions que j’éviterais sinon, comme la recherche de sens dans mes actions. Ce sont toujours des questions difficiles qui nécessitent du temps de réflexion, raison pour laquelle on les évite la plupart du temps. Le fait de réserver un moment à l’écriture me permet de prendre ce temps pour mon plus grand bien.
  2. L’écriture d’un journal aide à faire le point sur la journée et à se rendre compte de certaines choses. Quand on a procrastiné, on se demande pourquoi, comment on aurait pu l’éviter, quel est le positif qu’on peut en retirer, etc. C’est une vraie démarche d’introspection qui permet de s’améliorer.

Pour parler en langage plus concret, c’est se donner un feedback.

Une fois que toutes ces méthodes seront en place dans votre vie et que vous procrastinerez beaucoup moins, il sera temps de se demander s’il est possible et souhaitable d’aller encore plus loin dans la réduction de la procrastination.

Arrêter de culpabiliser et utiliser la procrastination

On peut toujours plus optimiser, mais au bout d’un moment, ce n’est plus rentable, trop d’efforts sont nécessaires pour des gains ridicules. Il faut alors se poser la question de l’utilité de la procrastination. J’en vois plusieurs.

  • Réaliser une tâche répétitive. Quand je procrastine, je suis souvent assez peu énergique ce qui me pousse à éviter les tâches intellectuelles. Je m’en sers parfois pour réaliser des tâches pénibles et répétitives. Ça permet d’éviter l’improductivité totale et donne l’occasion de travailler sur ce qui nécessite le moins de réflexion au moment où notre cerveau est le moins efficace.
  • C’est un indicateur qu’il faut souffler. Quand on a l’habitude de longues plages de travail sans pause et qu’on ne se laisse pas distraire facilement, il reste finalement assez peu de moyens à notre corps pour nous rappeler qu’il faut prendre une pause. Les moments où la procrastination frappe à ma porte sont des occasions pour faire du sport ou simplement me détendre.
  • La procrastination révèle vos envies. Ça, c’est la partie la plus géniale. Quand on procrastine, ça veut dire que quelque chose nous retient de passer à l’action. C’est un excellent moment pour se poser la question de ce qui nous freine.

Parfois, c’est simplement la peur et comme dirait Tim Ferriss, « ce dont on a le plus peur indique souvent ce qui est le plus important ». Mais ça peut aussi être un changement dans vos envies. Peut-être que vous avez découvert une nouvelle passion ou que vous avez perdu de vue le sens de ce que vous faites actuellement.

C’est la raison principale pour laquelle je peux dire que la procrastination est mon amie. Elle me donne des indices et me pousse à avoir certaines réflexions qui me permettront de progresser d’autant plus rapidement par la suite.

Comment faire en sorte que votre lecture n’ait pas été une perte de temps ?

Passez à l’action. Voici une liste des conseils à appliquer maintenant :

  • Réfléchissez à ce qui vous motive au fond avec la question : quelles sont les choses que je regretterais de ne pas avoir faites sur mon lit de mort ?
  • Gardez en tête que les changements se font par petits pas !
  • Mettez votre téléphone en silencieux quand vous travaillez
  • Commencez par le plus important pour que la procrastination ne puisse pas vous impacter
  • Écrivez un journal chaque soir pour avoir des réflexions importantes sur vous-même et le sens de vos actions
  • Arrêtez de culpabiliser et apprenez à tourner la procrastination à votre avantage !
  • Répondez à la question en commentaire : Comment pourriez-vous manipuler la procrastination pour la rendre positive dans votre quotidien ?
Comment ne plus être en retard

Quatre habitudes à prendre pour ne plus être en retard

Est-ce que tu as le syndrome du lapin blanc, toujours “en retard, en retard” à courir à gauche et à droite en regardant l’heure nerveusement?

“En r’tard! En r’tard! J’ai rendez-vous quequ’part! Je n’ai pas l’temps de dire au revoir, je suis en r’tard, en r’tard!”

Si tu es un retardataire chronique, tu n’es pas sans savoir que les inconvénients sont nombreux! Non seulement ton entourage risque de percevoir ton retard comme un manque de respect, mais quand cette mauvaise habitude s’invite au travail, c’est littéralement ta carrière qui est en jeu.

Heureusement, même si c’est un comportement profondément ancré en nous, on peut arriver à le changer en appliquant certains trucs.

D’abord, il faut savoir qu’on n’est pas tous en retard ou à la dernière minute pour les mêmes raisons. Certains sont des procrastinateurs délibérés qui choisissent de tout faire à la dernière minute parce qu’ils aiment le boost d’adrénaline que ça procure. D’autres ont tout bonnement “les yeux plus gros que le ventre” et se planifient trop de choses à faire dans un laps de temps trop court. Ou encore, certains ont simplement un déficit d’attention, sont facilement déconcentrés et perdent la notion du temps.  

Dans tous les cas, des trucs et des habitudes simples à mettre en place peuvent aider à éviter les retards. On peut, entre autres, organiser nos tâches de façon à commencer par le pire et garder le meilleur pour la fin,  apprendre à mieux gérer son temps, voir plus petit pour voir plus grand et apprendre à prioriser et travailler plus efficacement en facilitant l’état de flow.  

Commencer par le pire

L’une des raisons qui font souvent en sorte qu’on est en retard est la procrastination des tâches qui nous intimident ou nous déplaisent. On a tendance à toujours les repousser à plus tard, ce qui fait en sorte qu’on se retrouve à devoir les accomplir à la dernière minute et qu’on risque ultimement de manquer de temps.

Voir aussi: Comment vaincre la procrastination selon son profil type

La solution? Renverser la vapeur. Commencer chaque journée avec les tâches les plus difficiles et déplaisantes nous permet de les accomplir plus efficacement et plus rapidement, car on profite du moment de la journée où nos niveaux d’énergie et de volonté sont à leurs plus hauts. Du coup, le reste de la journée paraît beaucoup plus agréable et le sentiment de fierté qu’on éprouve est très motivant!

Éliminer les distractions

C’est très difficile d’éviter les distractions, mais c’est primordial si on veut minimiser les risques d’être en retard. Souvent, on succombe à une distraction sans même s’en apercevoir et on en prend conscience un long moment plus tard quand le mal est déjà fait.

La meilleure technique pour ne pas succomber aux distractions est tout simplement de tout faire pour en éliminer les sources.

Voilà quelques trucs qui vont aider:

  • Dans un environnement de travail bruyant, mettre des écouteurs à réduction/suppression du bruit (sans nécessairement mettre de musique) pour couper les sons dérangeants et favoriser la concentration.
  • Ranger son smartphone hors de vue et de portée. Si ce n’est pas possible parce qu’il est un outil de travail, désactiver les notifications ou utiliser une application comme AppBlock pour les bloquer momentanément.
  • Prendre conscience des distractions auxquelles on succombe le plus facilement et développer l’habitude de se ramener à l’ordre dès qu’on réalise qu’on a été distrait.

Voir aussi: Deux façons de neutraliser les armes de distraction massive

Planifier son temps

Il faut faire attention avec la planification, parce que “trop, c’est comme pas assez.” En voulant absolument tout planifier à la seconde près, on arrive rarement à accomplir tout ce qu’on a prévu (parce qu’il y a toujours des imprévus!), ce qui mène immanquablement à des retards dans nos échéanciers.

De l’autre côté, si on se planifie trop de temps pour les imprévus, on devient la proie du principe de Parkinson qui veut qu’une tâche s’allonge jusqu’à prendre la totalité du temps qui lui est accordé.

Le truc: voir petit et prioriser.

Voir petit à court terme pour voir grand à long terme

Pour planifier efficacement son temps, il faut déconstruire nos tâches le plus possible.

Je m’explique:

Une tâche qu’on planifie doit être constituée d’un seul élément, pas d’une suite de choses à faire. Prenons en exemple quelque chose de concret et de visuel, comme construire une maison. À quoi ressemblerait la liste de tâches d’un tel projet? Spontanément, on se dit: couler les fondations, monter la charpente, passer la plomberie et l’électricité, etc. Le problème, c’est que “monter la charpente” ce n’est pas une tâche, c’est une multitude de petites tâches. Couper un madrier est une tâche. Clouer un clou est une tâche. Poser une brique est une tâche. Tu vois où je veux en venir?

On envisage généralement nos tâches sous forme de trop gros morceaux. C’est entre autres pourquoi c’est si difficile de planifier de façon réaliste le temps requis pour les accomplir.  

Pour voir grand à long terme (construire une maison), il faut planifier notre temps et nos tâches en voyant petit à court terme (un clou à la fois).

Voir aussi: 7 méthodes pour travailler 48 h par jour

Ça peut donner l’impression qu’il y a encore plus de choses à faire, j’en conviens. Mais en priorisant efficacement et en ne se concentrant que sur la tâche qu’il y a immédiatement devant nous, on arrive à atteindre un rythme de travail plus efficace.

Apprendre à prioriser

Quand on est souvent en retard, c’est possible que ce soit aussi parce qu’on a tendance à passer beaucoup de trop de temps sur des tâches qui ne sont pas réellement importantes. Par exemple, si on passe des heures à chercher la police d’écriture parfaite au lieu de rédiger le texte, ce n’est pas étonnant que le document soit remis en retard!

C’est pourquoi il est primordial d’apprendre à prioriser.

Avant de planifier tes journées, prends le temps de te demander à quel point tes tâches à faire sont nécessaires pour atteindre tes objectifs, et assure-toi de toujours travailler en priorité sur ce qu’il y a de véritablement important.

Voir aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Atteindre son flow

Le flow, c’est ce qui se produit quand on est complètement absorbé par son travail. Quand on atteint cet état, c’est comme si le monde extérieur n’existait plus. Il n’y a rien pour nous distraire et on ne voit plus le temps passer. Quand on est en flow, on est particulièrement productifs et on arrive à accomplir une charge de travail impressionnante.

C’est un état qui se manifeste fréquemment pendant les tâches qui font appel à la créativité et qui demandent de la concentration, comme la création artistique ou visuelle, la rédaction, et même le codage.

Travailler en flow le plus souvent possible permet d’accomplir plus de choses dans un laps de temps plus court, ce qui limite les risques d’avoir du retard dans nos échéanciers.

La question qui s’impose est donc: que faire pour favoriser cet état?

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées (le sujet est abordé en détail dans le ebook de Double ta valeur!), mais l’élément essentiel est de pouvoir se concentrer sur son travail sans distraction suffisamment longtemps. Pour certaines personnes, 15 minutes sont suffisantes, tandis que d’autres ont besoin d’une heure. Notre niveau d’énergie va aussi influencer la facilité avec laquelle on entre en flow.

Voir aussi: Ta carrière est une série de sprints, voilà comment renouveler ton énergie!

Il n’y a pas de raccourci ou de passe-droit, mais une fois qu’on a atteint notre flow, le jeu en vaut la chandelle!

En résumé

Le retard peut être considéré non seulement comme un manque de respect, mais il peut aussi être perçu comme une incapacité à gérer efficacement son temps et ses tâches. Être toujours en retard ou à la dernière minute peut donc être très dommageable à une carrière en plus de ralentir la productivité en général.

Parmi les retardataires chroniques, trois profils se distinguent: celui qui procrastine volontairement parce qu’il croit travailler mieux sous pression, celui qui sous-estime l’ampleur des tâches qu’il se planifie et celui qui est trop facilement distrait.

Dans tous les cas, intégrer ces habitudes de travail peut limiter les risques de retard:

  • Commencer chaque journée en réalisant les tâches qui nous déplaisent ou nous intimident évitera de procrastiner jusqu’à la dernière minute.
  • Éliminer les distractions permettra de rester concentré sur son objectif et d’avancer le travail plus efficacement.
  • Segmenter ses tâches en plus petites sous-tâches rendra leur planification plus efficace. Remettre en question chacune de ces petites sous-tâches quant à leur niveau de pertinence permettra de mieux prioriser et de toujours travailler sur ce qui est réellement important.
  • Favoriser l’état de flow au travail permettra d’augmenter la productivité, ce qui facilite l’atteinte des objectifs et le respect des échéanciers.

Voilà donc ce qui conclut cet article. Si tu as des questions ou des commentaires, ou encore si tu veux nous partager tes trucs pour ne plus être en retard, laisse-nous un commentaire ci-dessous!

Comment vaincre la procrastination

Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type

Un combat perpétuel a lieu en nous. Du côté gauche, on a la voix de la raison. Du côté droit, on a la voix de l’instinct primitif.

Chaque jour, elles se livrent une bataille sans merci dans le but de se faire élire planificateur en chef de nos journées.

Leur arène: notre esprit.

Leurs armes: une suite d’arguments tous plus convaincants les uns que les autres.

La voix de la raison est organisée, rationnelle et pertinente. Elle nous propose de dédier une grande partie de nos journées à des tâches qui ne sont pas nécessairement agréables, mais qui nous permettraient, à moyen et long terme, de réaliser nos souhaits les plus chers et d’atteindre efficacement nos objectifs, que ce soit réussir à avoir un salaire dans les six chiffres, rénover une maison, écrire un roman ou s’impliquer à notre plein potentiel pour avoir un réel impact sur une cause qui nous tient à coeur.

La voix de l’instinct primitif, quant à elle, est égocentrique et manipulatrice. Elle n’en a rien à faire du passé ou du futur, elle ne se sent concernée que par l’instant présent. YOLO. On ne vit qu’une seule fois, alors autant s’amuser et en profiter. Si cet argument n’est pas suffisant à nous convaincre, elle sort son complet-cravate et nous embobine avec l’éloquence et la crédibilité de l’un des meilleurs avocats dans Suits (devine lequel).

C’est elle qui nous dit: “Tu es trop fatigué pour travailler efficacement. Va donc faire une petite sieste et tu seras en pleine forme pour terminer tes tâches plus tard.” ou bien “Tu devrais prendre une pause pour vérifier si tu as des messages textes, ou des courriels, ou des messages sur Facebook… On ne sait jamais peut-être que quelqu’un essaie de te rejoindre pour te dire quelque chose d’important!” ou encore “Tu n’auras pas le temps de t’entraîner aujourd’hui, tu as beaucoup trop de choses à faire dans ta journée, et puis tu seras sûrement trop épuisé de toute façon”.

Ça te dit quelque chose?

Une fois que cette petite voix a réussi à détourner notre attention de nos tâches les plus importantes, elle nous tient dans ses filets et trouve toujours de nouveaux arguments pour nous en tenir éloignés le plus longtemps possible. Elle nous emprisonne dans un cercle vicieux de plaisirs coupables.  

Elle a gagné ce round haut la main.

Malgré le fait que la voix de la raison est clairement celle qui a réellement notre intérêt à coeur et propose le meilleur plan de match pour maximiser nos bénéfices à long terme, on choisit de l’ignorer. On préfère un petit bonheur tout de suite plutôt qu’un plus grand bonheur un peu plus tard.  

Cette petite voix, que certains nomment la “résistance”, est la cause de notre procrastination et de notre tendance à l’autosabotage.

Le coût de la procrastination

La procrastination est un problème avec lequel on se retrouve tous confrontés un jour ou l’autre. Selon une étude américaine, on perd en moyenne 55 jours par année à procrastiner, soit environ 218 minutes par jour à faire ce qu’on a spontanément envie de faire dans le but d’éviter ce qu’on devrait faire. De ce chiffre, 43 minutes par jour sont passées à procrastiner au travail.

Encore pire, environ 20 % d’entre nous seraient des procrastinateurs chroniques qui choisissent invariablement d’ignorer la voix de la raison le plus souvent possible.

Résultat: on connaît les dialogues de Game of Thrones par coeur, on a passé des heures à rire de fails de Russes sur YouTube et on est devenus pas mal bons à StarCraft. En contrepartie, on stagne dans notre emploi, dans notre vie sociale et le garage est devenu un cimetière de projets abandonnés.

Par-dessus tout ça, le travail qu’on a réussi à accomplir malgré notre procrastination est généralement de qualité médiocre, pour ne pas dire “botché”, puisqu’il a principalement été réalisé à la toute dernière minute.

Imagine si, dans l’année qui vient de passer, tu avais consacré 3 heures de plus chaque jour aux projets qui te tiennent à coeur. Où en seraient ces projets aujourd’hui?

La réponse: exactement au même endroit qu’ils seraient en ce moment si tu n’avais pas procrastiné. Ça fait réfléchir, n’est-ce pas?

Avant de poursuivre, on va clarifier un point: il n’est pas question ici de mettre une croix sur nos divertissements pour pouvoir travailler davantage. Il est important de bien saisir la différence entre divertissement et distractions. S’accorder du temps pour nos loisirs est primordial. Toutefois, procrastiner, ce n’est pas un loisir. C’est une tentative souvent inconsciente de “changer le mal de place”, une tactique d’évitement élaborée par notre cerveau limbique, du vent drapé dans un costume d’amusement. La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.

Ceci étant dit, on doit également réaliser que notre temps est extrêmement limité et non renouvelable, ce qui en fait une ressource très précieuse. Chaque minute qu’on passe à procrastiner est une opportunité qu’on a laissée filer et qui ne reviendra jamais. Donc, pour arriver à être plus productif dans le temps qui nous est accordé, c’est primordial d’apprendre à éviter ce comportement.

Vaincre la procrastination: plus facile à dire qu’à faire!

Le problème, c’est que la procrastination est un comportement instinctif très difficile à maîtriser. On ne peut pas se fier à notre simple volonté pour y remédier (à moins d’avoir une volonté vraiment surhumaine). Il faut généralement creuser un peu plus pour atteindre le noeud du problème et modifier nos comportements en conséquence.

La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.”

Dans les paragraphes qui suivent, on va donc voir ce qui caractérise six des principaux profils de procrastinateurs (le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré et le débordé) et mettre de l’avant quelques trucs à appliquer nous nous aider à vaincre cette mauvaise habitude pour de bon. 

Les profils de procrastinateurs

Le planificateur

Le procrastinateur planificateur est hautement intolérant à l’incertitude. Il a tendance à mettre son travail sur pause dès qu’il a un doute sur un élément. Il a souvent l’impression d’avoir travaillé pendant des heures, quand tout ce qu’il a réellement fait est de planifier minutieusement toutes les étapes d’un projet ainsi qu’un plan B au cas où les choses ne tournent pas comme prévu, puis un plan C, et pourquoi pas un plan pour chaque lettre de l’alphabet, juste au cas. Il est passé maître dans l’art du pseudo-travail.

Il aime se sentir en contrôle et prêt à toute éventualité avant de s’embarquer dans un projet. Il a aussi tendance à en prendre trop sur ses épaules, car il préfère s’occuper du plus grand nombre de tâches possible lui-même plutôt que de céder le contrôle et déléguer.

Le problème, c’est qu’il rend littéralement les choses trop compliquées pour rien. Sa crainte de l’inconnu génère de l’anxiété qui le pousse inconsciemment à créer des tâches superflues pour éviter d’avoir à avancer son travail et risquer d’être pris au dépourvu. L’impression de ne pas être à la hauteur et la peur d’être démasqué, typique du syndrome de l’imposteur, peuvent aussi provoquer ce besoin de contrôle. Dans ce cas, donner l’impression d’être organisé et d’avoir la situation bien en main devient, à ses yeux, encore plus important que son rendement.    

Pour rompre avec ce type de procrastination, il est primordial d’apprendre à lâcher prise. Il faut accepter que, souvent, les choses sont hors de notre contrôle et ne se déroulent pas comme prévu. Apprendre à déléguer efficacement est un bon point de départ pour ce faire.

Il faut également comprendre qu’il ne sert à rien de tout savoir sur tout avant même d’avoir commencé le travail. L’important est d’en savoir assez pour avancer le travail efficacement, et ce qu’on ne sait pas, on peut toujours l’apprendre en cours de route. C’est ce qu’on appelle le just in time learning (littéralement “apprentissage juste à temps”).

Il ne faut pas que la crainte de ne pas savoir courir un marathon nous empêche de réaliser nos premiers pas, alors faisons confiance à notre formidable capacité d’adaptation!  

Perfectionniste

Avec le procrastinateur perfectionniste, c’est tout ou rien. S’il entreprend la moindre tâche, il ne vise rien d’autre que la perfection et est obsédé par chaque petit détail sans réelle importance. Les standards de qualité qu’il s’impose sont pratiquement impossibles à atteindre et les tâches colossales qui en résultent sont une importante source de stress et d’anxiété.

En conséquence, il tarde souvent à commencer le travail parce qu’il angoisse à l’idée de tout ce qu’il y aura à faire pour que tout soit parfait.

Ce type de procrastinateur doit d’abord apprendre à ne pas laisser ses idéaux perfectionnistes dicter les cibles qu’il doit atteindre.

Voir aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Il faut toujours garder en tête notre objectif, la raison pour laquelle on travaille. Tout n’a pas besoin d’être parfait et il ne sert à rien de perdre son temps à travailler sur des choses qui, au final, ne nous aident en rien à nous rapprocher de nos objectifs.

Un bon truc pour éviter de perdre son temps à procrastiner à cause d’un tourbillon de futilités perfectionnistes est de minuter ses tâches. En estimant de façon réaliste le temps nécessaire pour réaliser une tâche et en se minutant pendant qu’on la réalise, on se laisse suffisamment de temps pour la réaliser efficacement tout en limitant les risques de repasser sur des détails inutilement.  

Rêveur

Le procrastinateur rêveur est très créatif et il éprouve une grande satisfaction à se projeter dans le futur pour visualiser les résultats potentiels de son travail. Il se laisse facilement emporter par l’enthousiasme d’un nouveau projet, mais a de la difficulté à le mener à terme une fois la frénésie initiale passée.

Malgré son authentique intention de terminer les projets qu’il a entrepris, il procrastine sans fin leur avancement, préférant sauter tout de suite à un nouveau projet plus enthousiasmant.   

Pour éviter de procrastiner et arriver à achever ce qu’il entreprend, il doit se limiter à UN projet à la fois et garder les pieds sur terre, bien ancrés dans le présent. Visualiser le projet dans sa finalité ne l’aide en rien à le réaliser. Il doit plutôt planifier étape par étape tout ce qu’il faut faire pour arriver à son but et répartir ces étapes, selon leur urgence et leur importance, parmi ses tâches quotidiennes.

Pour ne pas perdre sa motivation, il peut aussi tenir un journal de progrès. De cette façon, il aura une meilleure conscience du travail abattu et sera enthousiasmé de voir son objectif se concrétiser. Il aura également une meilleure idée du temps passé sur le projet et pourra mieux évaluer les délais nécessaires pour le compléter.

Le pessimiste

Le procrastinateur pessimiste est convaincu que tous ses efforts sont inutiles, que le projet sera trop difficile à réaliser et qu’il échouera. Il croit que la partie est jouée avant même d’avoir lancé les dés, alors il procrastine par évitement.  

Il redoute le moment où il devra faire face à ses prédictions négatives, alors il repousse ses tâches dans l’espoir d’éviter de confronter l’échec qu’il prévoit. Il préfère avoir l’air paresseux plutôt que de risquer de paraître incompétent. Tout comme pour le perfectionniste planificateur, le syndrome de l’imposteur peut avoir un rôle à jouer parmi les raisons qui le poussent à procrastiner.

Pour arriver à vaincre ce type de procrastination, il faut être réaliste et considérer tous les scénarios possibles. Qu’est-ce qui pourrait arriver de pire? Quel serait le meilleur dénouement? Considérant cela, qu’est-ce qui serait vraiment le plus réaliste?

Ensuite, il faut mettre toutes les chances de son côté en attaquant les tâches les plus difficiles et angoissantes dès que possible en début de journée. C’est à ce moment qu’on a le plus de volonté et de motivation et où on est généralement plus productifs. Après avoir constaté tout le travail qu’on peut accomplir quand on se botte un peu les fesses le matin, l’optimisme se met rapidement de la partie!

Le délibéré

Le procrastinateur délibéré est celui qui clame haut et fort “Je ne commencerai pas tout de suite, je travaille mieux sous pression!” Il est le seul type de procrastinateur qui adopte ce comportement de façon totalement consciente et volontaire.

Il utilise à son avantage l’adrénaline que procure un deadline qui approche dangereusement. Il aime jouer avec le feu.  

Le problème, c’est que même s’il a plus de facilité à rester concentré sur ses tâches quand il les réalise à la dernière minute, ça ne donne pas nécessairement un résultat de très bonne qualité. En plus de ne pas avoir le temps nécessaire pour réviser son travail et apporter les modifications nécessaires, les probabilités sont élevées que des erreurs non détectées s’y soient glissées. En agissant de la sorte, il ne peut jamais réellement atteindre son plein potentiel.

Puisque c’est le sentiment d’urgence provoqué par l’échéancier qui motive le procrastinateur délibéré, il aurait avantage à cesser de procrastiner et s’imposer ses propres deadlines au quotidien. La technique Pomodoro peut être très efficace en ce sens. De cette façon, il peut déterminer lui-même les limites de temps accordées pour chaque tâche, ce qui lui permettra de travailler avec un sentiment d’urgence sans pour autant procrastiner jusqu’à la dernière minute.  

Le débordé

Le procrastinateur débordé en a plein les bras. Sa liste de tâches à faire est interminable et en constante évolution. Il se sent dépassé par tout ce qu’il a à faire, ce qui lui provoque un stress insoutenable. La procrastination est pour lui un mécanisme d’autodéfense causant un blocage mental lui permettant de ne plus avoir à penser à toutes ces tâches qui l’angoissent.  

Pour cesser de procrastiner, il faut donc qu’il établisse un système lui permettant de ne pas avoir à penser à ses tâches avant de devoir les réaliser. Pour ce faire, David Allen propose une idée très simple dans son livre à succès Getting things done:

  1. Dans le tiroir d’un classeur ou une boîte-classeur, insérer 31 chemises à numéroter de 1 à 31. Chaque chemise correspond à une journée dans le mois en cours.
  2. Chaque fois qu’on pense à une tâche qu’il faudra réaliser, il faut l’écrire sur un papier et glisser ce dernier dans la chemise correspondant à la journée du mois où on devra y repenser.
  3. Chaque jour, on commence la journée en sortant la chemise de la journée et on se concentre uniquement sur les tâches qui s’y trouvent.

Bien sûr, le même principe peut être appliqué avec différentes méthodes. On peut, par exemple, utiliser un carnet de notes ou un agenda, ou encore une application de tâches à faire comme Todoist.

L’important est de ne pas se laisser submerger par l’ampleur du travail à abattre, de morceler les tâches en petites sous-tâches plus faciles à gérer et de bien établir ses priorités.

La méthode Eisenhower peut également être d’un grand secours pour déterminer quelles tâches doivent être réalisées maintenant, plus tard, ou encore être complètement éliminées.

En résumé

La lutte contre la procrastination est un combat quotidien. Elle oppose deux zones de notre cerveau qui entrent en conflit au moment de choisir entre la gratification instantanée et les bénéfices à long terme.  

La procrastination est l’un des symptômes qui se manifestent quand on choisit la gratification instantanée. En conséquence, on perd un temps précieux qui pourrait être investi dans les projets qui nous tiennent à coeur, ce qui nous permettrait d’atteindre notre plein potentiel et de décupler notre productivité.  

Dans la grande majorité des cas, on choisit la gratification instantanée parce que le chemin menant aux bénéfices à long terme est parsemé de stress et d’anxiété. La procrastination devient donc un mécanisme d’évitement et d’autodéfense contre la peur engendrée par ces émotions négatives.

La première étape pour vaincre la procrastination est de déterminer quelle est la source de ces peurs, de cette résistance, et de mettre en place des stratégies pour les empêcher de se manifester sous forme de procrastination.

Selon le profil de procrastinateur qui nous correspond, soit le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré ou le débordé (il est possible de pouvoir s’identifier à plus d’un profil), on peut apprendre à ne plus procrastiner en utilisant des techniques comme la méthode Eisenhower et la méthode Pomodoro, ou encore apprendre à déléguer, contrôler ses tendances perfectionnistes, se libérer du syndrome de l’imposteur, tenir un journal de progrès, ou apprendre à planifier son temps et ses tâches plus efficacement.

Bref, c’est en réalisant des actions concrètes au quotidien qu’on peut vaincre la procrastination. Dans tous les cas, il faut commencer aujourd’hui. Pas demain, et pas la semaine prochaine. Pas quand le petit dernier aura commencé l’école ou qu’on aura terminé les rénovations. Il faut cesser de procrastiner dès aujourd’hui!

1 Les causes de la procrastination

Qu’est-ce qui cause la procrastination?

La procrastination, cette tendance pathologique à différer, à remettre l’action au lendemain, est l’un des plus grands ennemis de la productivité.

Si personne n’avait procrastiné depuis le début de l’histoire de l’humanité, je n’ose même pas imaginer tout ce qui aurait été accompli et où en serait le monde!

Individuellement, on aurait probablement terminé plusieurs projets qu’on a fini par abandonner, passé pas mal moins de nuits blanches au cégep et à l’université, sans parler du niveau de productivité qu’on aurait pu atteindre au travail.  

Mais bon, comme on dit, avec des “si” on pourrait refaire le monde! On ne peut pas changer le passé, mais on peut en tirer des leçons pour le futur.

“La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent” Albert Einstein.

On a généralement nos premières expériences avec la procrastination dès qu’on a un peu de liberté sur notre emploi du temps. Je ne sais pas pour toi, mais pour moi c’était à l’école secondaire quand j’ai réalisé que c’était beaucoup plus intéressant de passer mes soirs et weekends à tout photographier avec mon nouvel appareil photo numérique 2.1 mégapixels (que j’ai nommé Georgette) plutôt que d’étudier. À ce moment-là, on ne réalise pas qu’il y a un mot pour décrire ce phénomène, encore moins qu’il nous hantera toute notre vie!

Cette manie ne s’améliore pas vraiment d’elle-même avec le temps. Une fois qu’on a pris ces mauvais plis, ils deviennent franchement tenaces et c’est très difficile de s’en débarrasser.

Le problème, c’est qu’en remettant toujours nos tâches à plus tard et en exécutant la majorité de notre travail à la dernière minute, on finit par ne pas accomplir la moitié de ce qu’on aurait le potentiel de faire, et ce qu’on arrive à faire n’est pas d’une qualité qui rend justice à nos talents.

Faisons un petit exercice de visualisation. Projette-toi dans un futur pas trop lointain, disons dans deux à cinq ans. Quels sont les projets que tu aimerais avoir réalisés d’ici là? Maintenant, imagine tout ce que tu pourrais accomplir et les possibilités d’avancement professionnel que ça t’ouvrirait si tu pouvais réaliser tes projets sans JAMAIS procrastiner!

Ne plus procrastiner est excessivement difficile, mais tout à fait réalisable. La première étape pour y parvenir est de comprendre pourquoi on procrastine, quelle est la cause de ce comportement irrésistible qui en fait une manie aussi tenace.

Même si la procrastination, à sa source, se manifeste pour différentes raisons, la cause est toujours la même: la résistance.

On va donc élaborer un peu sur ce qu’est exactement la résistance et pourquoi elle nous pousse à la procrastination. Pour ce faire, on va d’abord définir le concept à l’aide des écrits de Steven Pressfield et de son livre “The war of art”, qui est rapidement devenu une référence sur le sujet de la résistance.

Ensuite, on va élaborer sur ses effets et manifestations à l’aide de la métaphore complètement hilarante, mais très appropriée, proposée par Tim Urban au cours de sa conférence présentée par TED sur le sujet de la procrastination.  

La résistance

La résistance est toujours la cause de la procrastination, peu importe les raisons qui se cachent derrière elle.

Mais qu’est-ce que c’est, plus précisément, la résistance?

Hé bien il s’agit de la force en nous qui cherche à tout prix à nous distraire, à nous convaincre qu’on est trop fatigués pour faire ceci, qu’on ne peut pas commencer à faire nos tâches sans avoir d’abord fait cela, ou bien que c’est impossible de travailler dans telle ou telle condition. “La procrastination est la manifestation la plus commune de la résistance parce que c’est la plus facile à rationaliser.” Autrement dit, c’est la petite voix dans notre tête qui nous donne mille et une excuses, qui semblent souvent très légitimes, pour ne pas avancer notre travail. C’est elle qui est à l’origine de tous nos “oui, mais…”

La résistance se tient à pieds fermes entre la vie qu’on vit et celle qu’on sait qu’on pourrait et qu’on aimerait vivre. Pourquoi est-ce qu’on n’arrive jamais à tenir nos résolutions du Nouvel An bien longtemps? BAM! La résistance. C’est généralement la procrastination causée par notre résistance qui fait en sorte que toutes nos bonnes intentions “prennent le bord”.  

C’est complètement tragique, parce que ça nous empêche d’atteindre notre plein potentiel! “Es-tu un écrivain qui n’écrit pas? Un artiste peintre qui ne peint pas, un entrepreneur qui ne démarre jamais son entreprise?”

Chaque jour, on perd de petits combats contre la résistance, sans même comprendre ce qui s’est passé. On entame la journée avec assez d’ambition pour déplacer une montagne et un objectif en tête tout à fait réaliste, mais on la termine en se demandant où sont passées les 8 dernières heures et comment est-ce que c’est possible d’avoir accompli si peu pendant ce temps. C’est parce que “le plus difficile, ce n’est pas le travail, c’est de s’asseoir et de travailler.”

Bref, la résistance est un ennemi à confronter au quotidien si on veut enrayer la procrastination de notre vie. 

Un singe fou!

Si la résistance avait une forme physique, elle serait probablement incarnée par un singe fou hyperactif. En fait, c’est l’image avec laquelle Tim Urban a réalisé sa conférence sur la procrastination pour Ted Talks. Selon lui, voilà à quoi ressemble le cerveau d’une personne qui ne procrastine pas:

Cause de la procrastination

Le cerveau et les actions de cette personne sont gouvernés par une personne rationnelle qui agit dans son meilleur intérêt à long terme.

Voilà maintenant à quoi ressemblerait le cerveau d’un procrastinateur:

Cause de la procrastination

Dans cette image, on voit que c’est quand même la personne rationnelle qui tient le gouvernail, mais elle est accompagnée d’un petit singe dont l’intérêt est la gratification instantanée.

Le problème, c’est que le personnage n’a aucune idée de comment contrôler le singe s’il décide de s’emparer du gouvernail… voilà donc ce qui se passe:

Cause de la procrastination

Cause de la procrastination

Quand le personnage veut s’asseoir pour travailler, le singe fou décide de s’emparer du gouvernail et de regarder des vidéos de créatures des fonds marins sur YouTube, ce qui l’entraîne dans une spirale d’écoute de vidéos YouTube qui se termine par une entrevue avec la mère de Justin Bieber.

Cause de la procrastination

Ensuite, il gambade littéralement sur le gouvernail faisant complètement perdre le contrôle à la personne rationnelle! Il décide de réorganiser sa liste de tâches à faire, de regarder un peu le prix des bas sur Amazon et de subdiviser ses iPhotos dans des albums plus spécifiques.

Cause de la procrastination

Après tout ça, il est au moins 2 heures de l’après-midi et puisqu’il a un rendez-vous à  4 h 30, il est trop tard pour entreprendre quoi que ce soit.

Pseudo-travail et culpabilité

Le pire dans tout ça, c’est que quand on procrastine, toutes ces choses qu’on fait au lieu de travailler ne sont pas vraiment des moments qu’on apprécie. C’est ce que Tim Urban appelle le “Dark playground”

Les causes de la procrastination

C’est un endroit où les activités proposées ont lieu à un moment qui ne devrait pas être consacré à ces activités. C’est un lieu où chaque plaisir provoque son lot d’anxiété, de stress et de culpabilité.

Toutefois, il arrive que notre côté rationnel arrive à reprendre un peu le contrôle des commandes, sans vraiment pouvoir empêcher le singe fou de nous pousser à procrastiner. C’est ce qui donne lieu à un “purgatoire d’activités bizarres où tout le monde perd”, comme regarder trente fois si on a des courriels ou des notifications en une demi-heure, ou bien se prendre à rêvasser sur ce qu’on aimerait avancer dans notre travail sans vraiment le faire. Autrement dit, c’est ce qui mène à du pseudo-travail qui nous donne un semblant d’impression qu’on a travaillé, sans toutefois avoir fait quoi que ce soit qui aura un impact concret.

Bref, le singe fou (la résistance) détourne notre attention vers des choses futiles qui nous apportent de la satisfaction instantanée ou nous pousse à accomplir des choses pas trop exigeantes qui nous donnent l’impression de travailler un peu.

Le singe ne voit pas plus loin que le moment présent. Après tout, s’il mange quand il a faim, qu’il dort quand il est fatigué et qu’il joue quand il en a envie, sa vie de singe sera bien réussie!

Le problème, c’est qu’un singe fou n’en a rien à faire du sentiment d’accomplissement et de la productivité. Un humain, oui, s’il compte accomplir quoi que ce soit dans sa vie.

Le monstre de la panique

On peut donc procrastiner notre travail de cette façon quasiment à l’infini…. Sauf dans les cas où on a un deadline pour le réaliser. Quand la date butoir approche dangereusement, le monstre de la panique fait son apparition.

Les causes de la procrastination

Les causes de la procrastination

Les causes de la procrastination

Le monstre de la panique est la seule chose que craint le singe fou, alors à son apparition il prend la poudre d’escampette pour laisser le gouvernail à la personne rationnelle.  

Les causes de la procrastination

C’est ce qui explique la soudaine productivité, par exemple, d’un étudiant qui n’a pas été capable de rédiger plus de trois lignes en un mois et qui soudain peut rédiger une dissertation de 12 pages en une nuit blanche.

Malheureusement, il arrive que la personne rationnelle soit également apeurée par le monstre de la panique et fige complètement, incapable de réaliser quoi que ce soit. Inutile de spécifier qu’il s’agit de la cause d’un grand nombre d’échecs, tant au niveau scolaire que professionnel.

Subconscient VS Raison

Concrètement, la résistance et le singe fou sont des métaphores qui illustrent et expliquent le combat interne qui a lieu entre la partie limbique de notre cerveau (grosso modo notre subconscient) et notre cortex préfrontal (notre raisonnement).

Le système limbique est responsable des comportements qui se font automatiquement, comme respirer par exemple, et des comportements instinctifs comme éviter les situations douloureuses ou compliquées. C’est la partie “homme des cavernes” qui te dit “Moi veux jouer. Moi veux bière.”

Le cortex préfrontal, quant à lui, nous permet de considérer l’information à notre disposition, de raisonner et de prendre des décisions rationnelles. Il régit également le langage et la mémoire de travail. Il s’agit de la partie la plus évoluée de notre cerveau, mais elle est beaucoup plus récente dans l’évolution humaine que la partie limbique.

Alors, lorsqu’on doit faire une tâche qui, après analyse par notre cortex préfrontal, nous paraît être bénéfique sur le long terme, le cerveau limbique se met de la partie. Dès qu’il prend conscience de la complexité de la tâche VS l’absence de gratification instantanée, elle tente de nous empêcher de la réaliser!

Finalement

La procrastination, c’est sacrifier ce qu’on veut vraiment pour avoir ce qu’on veut maintenant. C’est accorder, parfois inconsciemment, la priorité à des futilités au détriment de nos ambitions.

Peu importe par quelle(s) raison(s) elle est provoquée, la procrastination est causée par la résistance; cette force interne qui cherche à tout prix à détourner notre attention des tâches qu’on doit accomplir.

Un singe fou qui prend le contrôle du gouvernail de notre cerveau est une très bonne façon d’illustrer les effets de la résistance qui nous pousse à procrastiner.  

Cette illustration permet de dépeindre le combat qui a lieu chaque jour dans notre cerveau entre le système limbique et le cortex préfrontal et nous permet de mieux comprendre pourquoi on procrastine autant.

Remettre notre travail à plus tard est une mauvaise habitude qui peut être très dommageable dans nos vies, car elle nous empêche d’atteindre notre plein potentiel et fait en sorte que le fruit de nos efforts n’est pas à la hauteur de notre talent.  

C’est pourquoi il faut impérativement apprendre à déjouer la résistance et cesser de procrastiner. Pour connaître les meilleurs trucs, je te suggère donc de poursuivre ta lecture avec cet article: Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type.

Si tu as aimé cet article, ou si tu as des commentaires ou des suggestions, n’hésite pas à utiliser la section “commentaires” ci-dessous!

Comment éviter les distractions et vaincre la procrastination

John Smith — explorateur anglais, soldat et écrivain — est mieux connu pour son rôle dans la mégaproduction de Disney: Pocahontas.

Selon le film, John (un grand et courageux explorateur) et Pocahontas (une native américaine; également fille du grand chef Powhatan) forment une relation improbable qui déclenche une guerre entre les Anglais et les natifs. Pris de rage, le père de Pocahontas tente d’exécuter John Smith, mais cette dernière le sauve in extremis en se jetant courageusement devant lui, arrêtant l’arme de son père.

Le principal antagoniste, John Ratcliffe, leader de l’expédition et gouverneur de la colonie, profite de la capture de John Smith comme excuse pour attaquer et détruire sauvagement le village de la tribu de Powhatan dans l’espoir de voler leur or (qui n’existe même pas). Pocahontas et John Smith doivent tragiquement se séparer alors que John doit retourner en Angleterre, mais lui promet de revenir.

J’aurais beaucoup de sympathie pour John, si ce n’était que les historiens nous présentent une version drastiquement différente des faits.

La vraie histoire de John Smith n’est pas celle d’un drame romantique, mais bien celle d’un égomaniaque mythomane aux idées de grandeur. George Percy, un des leaders de l’expédition et éventuellement gouverneur de la Virginie, décrivait John comme “Un homme ambitieux et sans mérite qui ne cherche que la gloire.”

Dans les faits, John et Pocahontas (alors âgée de 11 ans) n’ont jamais développé de relation. John a inventé l’histoire après que Pocahontas soit devenue célèbre puisque son mari (John Rolfe) l’a présentée en Angleterre comme étant la “première sauvage réformée”.

En réalité, John a conspiré avec deux autres conseillers pour déposer le président et nommer Ratcliffe à sa place. Pour le remercier, ce dernier le nomme en charge du commerce avec les “Indiens”.

En décembre 1607, le groupe de Smith se fait attaquer lors d’une expédition par les guerriers du clan Powhatan. Les natifs ne laissent qu’un seul survivant: John Smith. Le reste de l’histoire est incertain, mais la version la plus connue est celle du film: les natifs étaient prêts à exécuter John, mais Pocahontas lui sauva la vie en défiant son père. Cette version a été écrite par John lui-même en 1624 (17 ans plus tard). Pocahontas n’a pas pu donner sa version des faits puisqu’elle est morte en 1617, lors de son voyage en Angleterre, d’une cause inconnue.

Au retour de John, les colons profitent de l’opportunité pour s’en débarrasser (ils le détestaient tous) en le blâmant pour la mort de son groupe. La sentence devait être exécutée le lendemain matin, mais la chance en a voulu autrement. Le soir même, le camp, alors pris par la famine, a été surpris par l’arrivée de 100 nouveaux colons apportant nourriture et équipement.

Ils ont donc fêté toute la nuit… oubliant complètement l’exécution qui devait avoir lieu le lendemain matin. Sa mise à mort a donc été reportée à plus tard, puis à plus tard, puis oubliée.

Tu as bien lu… John Smith a été sauvé par la procrastination.

L’ennemi en soi

Selon la troisième loi de Newton, chaque action entraîne une réaction équivalente opposée.

Cette force agit autant sur le plan physique, social que psychologique.

Le penchant psychologique de cette loi est expliqué en détail dans l’excellent livre: The War of Art, par Steven Pressfield.

“Il existe un secret qui différencie les écrivains des amateurs: écrire est facile. Ce qui est dur, c’est de s’asseoir pour écrire. La force qui nous empêche de nous asseoir se nomme la résistance.”

La résistance est une force interne qui a pour seul objectif de saboter notre productivité. Elle est son ennemi naturel.

Plus la tâche est importante, plus la résistance est grande.

C’est un agent insidieux, il se dissimule en attirant l’attention sur autre chose que lui-même. “C’est de la faute de ton patron, ta femme, tes enfants, tes collègues”. Il chuchote subtilement à notre oreille, faisant passer ses idées pour les nôtres.

La résistance est sournoise , elle va TOUT faire pour t’empêcher d’accomplir ton travail: te cajoler, t’intimider, te séduire, te mentir… Elle va argumenter comme un avocat, flatter ton égo comme une prostituée et te pointer un 9mm en plein visage comme un bandit.

La résistance n’a pas de fierté, elle va te donner quelque chose d’une main et se servir dans tes poches de l’autre.

Vaincre la résistance est simple: on doit se réveiller, s’asseoir et travailler jusqu’à ce qu’on ait tout donné. C’est un combat quotidien, une guerre qui ne prendra jamais fin.

Dans ce chapitre, je vais te donner les meilleures armes et munitions que j’ai trouvées pour combattre cet ennemi vicieux et infatigable.

S’enchaîner à son travail

Herman Melville était incapable de terminer son roman: Moby-Dick. Sa solution? Il demandait à sa femme de l’enchaîner chaque jour à son bureau jusqu’à ce qu’il termine.

Victor Hugo avait une méthode similaire. Pour l’aider à écrire “Les Misérables” et “Le bossu de Notre Dame”, il s’enfermait nu dans son bureau et ordonnait à sa servante de lui rendre ses vêtements uniquement à la fin de la journée.

La réponse à la procrastination est simple: on s’enferme dans son bureau en se laissant deux options — travailler ou fixer le mur.

La résistance va se manifester sous forme de distractions, d’ennui, de rêverie, de fatigue… Mais si on tient notre bout, l’inspiration va éventuellement apparaître et la résistance aura été vaincue.

Malheureusement pour nous, la résistance possède maintenant une arme qui n’existait pas à l’époque d’Herman Melville ou de Victor Hugo — ton téléphone.

Ferme ta sonnerie, désactive toutes tes notifications, mets tes écouteurs et travaille. Ton objectif quotidien est simple: trouver le flow.

Le secret des maçons

Il y a deux choses que j’aime chez Will Smith: son film “I, Robot” et son entrevue avec Charlie Rose.

Ma citation favorite de cette entrevue est la suivante:

“On ne commence pas sa journée en voulant construire un mur. On ne se dit pas: “Je vais construire le plus gros, le plus impressionnant et le plus grand mur jamais construit”. On ne commence pas là, on dit: “Je vais poser cette brique aussi parfaitement que cette brique peut être placée.” Fais ça chaque jour et bientôt tu vas avoir un mur.”

Lorsqu’on s’enchaîne à son bureau, qu’on est sous le siège de la résistance, la première chose à faire est d’appliquer le même principe qu’avec le just in time learning — morceler une tâche complexe en petites tâches simples — diviser le mur en briques.

Aussitôt qu’on pose la première brique, on génère un momentum qui rend la deuxième plus facile à poser.

Lorsqu’on essaie de pousser une voiture, on doit dépenser plus d’énergie lorsqu’elle est immobile que lorsqu’elle est déjà sur sa lancée. Le même principe s’applique à notre travail.

Le pseudo-travail

Ce n’est pas parce qu’on s’enchaîne à notre bureau que le combat contre la résistance est gagné. Lorsque tu affrontes ton travail, la résistance va attirer ton attention vers du pseudo-travail: meetings, recherche, planification…

Elle va te dire “Hey, tu as un nouvel e-mail, vas l’ouvrir! C’est peut-être important”, “Je me demande combien de gens ont visité ton site web aujourd’hui?”, “Qui est cette personne qui a commenté sur notre page LinkedIn?”

Chacune de ces activités nous donne l’impression d’être du travail — ce sont des distractions.

La plus grande de ces distractions est: la préparation.

C’est plus agréable de réfléchir à un projet que de l’exécuter. Rêvasser, anticiper, définir ou planifier nous donne l’impression de progresser. C’est une illusion.

Bruce Lee disait: “Si tu investis trop de temps à réfléchir à tes objectifs, tu ne les atteindras jamais.”

Ceci étant dit, la sagesse se trouve au milieu. Lire ses e-mails, animer ses médias sociaux, planifier un projet… Une partie de ton pseudo-travail doit quand même être effectuée — un mal nécessaire.

La solution pour éviter de perdre trop de temps avec ça est donc simple: il faut le prévoir et lui donner sa place respective dans notre horaire.

Commencer sa journée avec du pseudo-travail revient à attribuer tes meilleures ressources cognitives aux tâches les moins importantes. Chaque jour, travaille sur ce qui est important en premier et réserve ta dernière heure pour le non essentiel.

Lorsque la résistance te chuchote: “Je me demande on a fait combien de ventes aujourd’hui”, réponds-lui: “On ira voir à 16 h”. Garde tes heures les plus productives pour ton aire d’impact.

La loi de Parkinson

Imagine que tu es en voyage d’affaires et que l’entreprise pour laquelle tu travailles (une grosse multinationale) te rembourse tes repas (120 $ par jour) et dépenses d’hébergement (400 $ par jour).

Vas-tu manger des McValeurs toute la journée? Ou, comme la plupart des gens, vas-tu en profiter pour manger dans de bons restaurants et dépenser le maximum possible chaque jour? Vas-tu te louer une chambre dans un motel crasseux, ou une suite dans un Hilton?

Est-il plus probable que tu dépenses moins que la limite? Ou que tu dépasses le montant alloué et payes la différence de ta poche?

La loi de Parkinson veut que la gestion du temps fonctionne exactement comme un fonctionnaire en voyage d’affaires. Accomplir une tâche prend au moins 100 % du temps qu’on lui attribue.

La raison est simple: si on te donne cinq jours pour accomplir une tâche de deux heures, tu vas complexifier la tâche jusqu’à ce qu’elle occupe toute ta semaine. Le temps supplémentaire n’est pas nécessairement investi à travailler, mais bien souvent à planifier, stresser et faire plus de pseudo-travail.

Par exemple, si on te donne deux mois pour accomplir un travail qui prend trois semaines, tu vas “planifier”, “méditer” et procrastiner pendant sept semaines pour finalement n’avoir d’autre choix que de travailler 12 h par jour la dernière semaine.

La résistance te fait sortir faire la fête ou prioriser du faux travail sous prétexte que “Tu es bon! Ça ne va te prendre que quelques jours.” Il te fait sous-estimer la quantité réelle de travail pour ensuite déléguer le tout à ton “futur toi”, chose que l’on fait avec plaisir puisqu’on pense à notre futur soi comme étant un étranger tout puissant.

Cette loi sabote non seulement les travaux de session des étudiants, mais s’en prend également aux tâches simples présentes dans n’importe quelle organisation.

Répondre à ses courriels, publier sur les médias sociaux, écrire un article de blogue…

Est-ce que ça prend vraiment 30 minutes écrire un courriel qui dit essentiellement “non, on n’est pas intéressés”? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une heure pour faire l’image parfaite à publier sur sa page Facebook? Doit-on vraiment passer quatre jours sur un article de blogue à formuler, reformuler, effacer et recommencer?

La résistance nous convainc que tout ce qu’on publie doit représenter fidèlement ce que nous sommes: parfaits. Par conséquent, on accorde une importance démesurée à des choses anodines.

Comme le gestionnaire de médias sociaux qui insiste qu’on doit publier exactement 2,43 fois par jour, soit à 7 h 13, 11 h 43 et 3 h 10. Comme le graphiste qui s’énerve lorsque tu écris en Times 12 pt alors que la charte graphique dit très spécifiquement qu’on doit utiliser Times 11 pt. Comme le chef cuisinier qui tient absolument à ce que tu saupoudres les épices dans le sens antihoraire.

La résistance nous fait nous accrocher dans les fleurs du tapis en nous convainquant que ces fleurs sont bien tangibles et importantes.

La raison pour laquelle on la laisse nous manipuler est simple: puisqu’on croit en notre propre importance, alors les tâches qu’on fait doivent conséquemment être importantes.

Elle nous force à créer des critères d’excellence qui n’existent pas (le sens dans lequel on doit saupoudrer les épices) et on juge les autres qui effectuent cette même tâche sans regard pour ces critères (je suis donc meilleur qu’eux).

Lorsque j’ai débuté mon entreprise (La Tranchée), une des tâches à faire était la création d’un logo.

Créer un logo peut être un processus excessivement long et complexe (faire des focus groups, brainstorms, sondages, etc.) ou excessivement simple.

Dans mon cas, j’ai décidé d’utiliser la deuxième approche. J’ai pris ma tablette électronique et j’ai écrit à l’aide de mon crayon: La Tranchée.

J’ai reculé d’un pas, tourné la tête au 45°, repris mon crayon pour ajouter de petites barres autour:

Le processus aura pris, à peu près, cinq minutes.

J’aurais pu me donner une semaine pour créer un logo différent, mais est-ce que ça aurait vraiment été un “meilleur” logo? Et si c’était le cas, aurait-il été suffisamment meilleur pour justifier une semaine de plus pour lancer mon projet?

Abraham Lincoln disait: “Si on me donne six heures pour abattre un arbre, je vais passer les quatre premières à aiguiser ma hache”. Si Lincoln avait connu la loi de Parkinson, il aurait plutôt passé 15 minutes à affûter sa hache, 2 h à abattre l’arbre et le temps restant à faire autre chose de plus productif (ou abattre d’autres arbres).

Il ne faut pas se dire “j’ai cinq jours pour accomplir cette tâche”, mais bien “comment est-ce que je peux compléter cette tâche le plus rapidement possible pour ensuite investir la balance de temps dans autre chose?”

Si tu manges ce biscuit, les terroristes gagnent.

Ça fait une semaine que tu as commencé un nouveau régime et tu as déjà perdu 2 lbs! Tout fier, tu décides de te laisser tenter lorsque ta mère vient te visiter avec des biscuits maison. “Juste un!”

Peu importe qu’on veuille perdre du poids, gagner du muscle ou travailler plus fort, il faut s’attendre à affronter la résistance. Elle nous teste, nous tente, nous réconforte. Chaque fois qu’on cède, qu’on la laisse gagner, elle devient plus forte.

Dès qu’on cède une fois, on tombe dans le piège du “Ah pis d’la marde”. (Appelé “What the hell effect”. Cliquer ici pour en savoir plus)

Le premier cookie était si bon… qu’on veut en prendre un deuxième! Et puisqu’on a déjà triché aujourd’hui, quel mal ça peut faire d’en prendre un autre?

“En veux-tu encore Olivier?” me demande ma mère. “Ah pis d’la marde, amène-moi la boîte!”

Pour éviter ce piège, il faut comprendre que si on dit oui au biscuit, les terroristes gagnent.

On se laisse convaincre qu’il s’agit d’une exception, qu’on va se reprendre le lendemain, excepté qu’il y a toujours une autre exception qui nous attend au détour.

Pour trouver le courage de dire non, il faut assumer que tricher une fois revient à tricher chaque fois. Après tout, how you do anything is how you do everything…

Comment gagner la guerre

“On doit commencer à écrire, même quand on ne sait pas quoi dire” – Dany Laferrière

Il est 9 h, tu es bien installé à ton bureau, prêt à créer.

9 h 15, tes yeux sont rivés sur le clignotement de ton curseur, ta page est complètement blanche.

Tu commences à angoisser… Est-ce que les mots vont finir par arriver? Combien de temps vas-tu passer à fixer ton écran en recherche d’inspiration?

Cinq autres minutes passent, tu ne fais aucun progrès. C’est là qu’il cogne à ta porte: “tu devrais vider ta boîte courriel, peut-être que ça va aller mieux après”.

Mensonge!

Écris quelque chose, n’importe quoi, mais écris quelque chose. Commence par un mot, une phrase, un paragraphe.

Fixe-toi un objectif facile à atteindre, comme 500 mots, et écris tout ce qui te passe par la tête jusqu’à ce que tu l’aies atteint!

Chris Guillebeau explique dans son article — “comment écrire 300 000 mots en une année” —  qu’il écrit 1 000 mots par jour, six jours par semaine. C’est d’ailleurs cette habitude qui lui a permis de publier cinq livres (~300 pages chacun) en sept ans (ainsi que des centaines d’articles de blogue!).

Fais comme lui. Fixe-toi une quantité minimale de travail que tu dois absolument accomplir chaque jour. Pas nécessaire que ce soit un nombre de mots (nous ne sommes pas tous des auteurs comme Chris), mais trouve-toi un équivalent pertinent à ta situation.

Ta liste de tâches en cache sans doute une qui, une fois complétée, fait de ta journée une réussite et t’avance d’un pas vers ton but. Aie comme objectif de faire au moins une de ces tâches par jour.

N’attends pas, pose une brique. Ferme ton téléphone et procrastine ton pseudo-travail. Fais le travail important en premier, garde le mal nécessaire pour la fin. Reste dans ton aire d’impact le plus longtemps possible, reste en flow le plus longtemps possible.

Fais ça chaque jour, chaque semaine et n’arrête pas. Bien vite, tu vas te retourner et être étonné par l’impact phénoménal de ton propre travail.

Certes, tu ne pourras jamais gagner la guerre, mais crois-moi, la vie est plus belle lorsqu’on gagne nos batailles.

Fin de l’extrait

Extrait du ebook Double ta valeur

Comment mieux travailler en changeant ses habitudes

How you do anything is how you do everything…

La première fois que j’ai entendu la phrase, je dois avouer que j’étais un peu perplexe. Je me suis dit: “tiens, un autre plouc analphabète qui essaie de se rendre intéressant en publiant des aphorismes ésotériques sur sa page Facebook.”

How you do anything is how you do everything se traduit en bon français par “tu fais tout de la même façon que tu fais n’importe quoi”. Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que ça sonne bizarre, alors on va garder ça en anglais pour le reste du chapitre.

De retour devant mon ordinateur à procrastiner en défilant mon fil d’actualité Facebook, je relis la citation plusieurs fois dans l’espoir d’être frappé d’une profonde épiphanie… J’essaie vraiment fort, mais rien ne vient. Je défile encore. Tiens, un vidéo de chat! *J’aime*

Ça m’aura pris un an, une relation de couple et 5 000 $ pour que cette épiphanie m’atteigne enfin.

Un étranger face à soi-même

Rares sont les gens qui disent “à l’instant même, ma vie est parfaite et je veux que rien ne change”. On a tous une idée, un idéal, de ce qu’on aimerait devenir comme personne ou du style de vie qu’on souhaiterait atteindre. Qu’il s’agisse de perdre un peu de poids, d’arrêter de fumer, de lire un livre, d’acheter une maison, de quitter son emploi ou même de gagner à la loterie…

On a tous une image, une vision de ce à quoi la vie parfaite pourrait ressembler. Si tu lis ce livre, alors probablement que ta vision du futur inclut un bureau vitré en coin, un salaire dans les six chiffres et une Tesla S (il faut bien sauver la planète!). Peut-être que je me trompe aussi, mais là n’est pas la question. Le “toi futur” que tu imagines est une version 2.0 de toi. Une formule améliorée et complètement redessinée.

C’est tout à fait normal, on appelle ça “être optimiste”. Le problème, c’est que lorsque tu imagines cette version de toi-même, tu ne crois pas “vraiment” qu’il s’agit de toi. Du moins, c’est ce qu’a découvert Hal Hershfield, un sociopsychologue de l’Université de Californie à Los-Angeles (UCLA), alors qu’il mesurait les ondes cérébrales des gens après leur avoir demandé de s’imaginer dans 10 ans. Selon ses recherches, on pense à notre “futur moi” de la même façon que l’on pense à un étranger.

Résultat? Notre “moi présent” ne fait absolument rien pour n’avoir ne serait-ce qu’une infime chance de ressembler à notre vision ambitieuse du boss qu’on fantasme si ardemment devenir. On s’imagine qu’on va magiquement se transformer en dieu soleil tout en se disculpant de tout effort en trouvant des barrières hors de notre contrôle nous empêchant d’être cette personne dans l’immédiat.

En d’autres mots, tu pourrais bien gagner 300 000 $ par an, mais ton boss est tellement épais que ça ne risque pas d’arriver de sitôt! Puisque ce n’est pas de ton ressort, alors tu n’as pas vraiment à de te sentir mal si tu n’agis pas tout de suite. Et puisqu’on pense à notre futur nous comme étant un bad-ass parfait, c’est certain que LUI va être capable de trouver la solution!

Et pas besoin de se projeter 10 ans dans le futur pour constater les effets ravageurs de ce phénomène. On se dit tous des trucs comme “cet été j’aurai moins de travail, je pourrai me remettre en forme”, “après ce dernier projet, je vais me concentrer plus sur ma famille”, “on est dans le rush de Noël, mais après je vais avoir le temps de lire”. La formule va comme suit: “après X contraintes, je pourrai atteindre Y résultats”.

Le pire dans tout ça, c’est qu’on est toujours complètement sincère. On se ment éhontément et on aime ça. La promesse de changement est l’illusion qui nous enchaîne à la version présente de nous-mêmes. Pour se rendre compte qu’il s’agit d’un paquet de conneries, ça prend une conscience de soi légendaire. D’où l’importance de partager ce livre à un ami et d’avoir un complice de développement personnel qui va avoir l’honnêteté de te dire “si tu ne t’inscris pas au gym aujourd’hui, tu ne le feras probablement pas dans 6 mois, alors aussi bien arrêter d’y penser et accepter que tu es une grosse merde fainéante”.

Des amis comme ça, ça vaut de l’or!

Un cerveau sur l’autopilote

Je devrais probablement consulter un psy puisque j’ai la fâcheuse tendance à vouloir “aider” tout le monde, plus particulièrement mes proches. C’est sûrement ce qui explique mon intérêt envers l’éducation et pourquoi je blogue et crée autant de contenu. Bref. J’avais une petite copine qui, à l’époque, travaillait dans un centre d’appel pour un salaire pas très impressionnant.

Elle suivait beaucoup d’entrepreneurs sur le web et rêvait d’avoir une chaîne YouTube prolifique lui permettant de devenir riche et célèbre. Malheureusement, elle gagnait à peine assez d’argent pour s’acheter l’équipement nécessaire et ses cartes de crédit étaient déjà en train de déborder.

Elle était motivée, lisait Napoleon Hill, écoutait Tony Robbins et rêvait de devenir une “Girl Boss”.

Puisque je vis au Québec et que je déteste l’hiver, j’hiverne souvent sur une plage — l’avantage d’avoir une entreprise sur le web.

Janvier arrive et je propose à ma copine d’aller vivre trois mois en Asie du Sud. Naturellement, elle me répond qu’elle n’a pas l’argent pour faire ça. Je la rassure et lui dis que je vais payer pour tout à une condition: elle doit en profiter pour démarrer son entreprise et quitter son emploi à son retour.

Elle est motivée, c’est la chance qu’elle attendait. Elle me dit oui et on book notre vol — ça va être tout un voyage!

C’est à destination que j’ai commencé à comprendre… How you do anything is truly how you do everything.

J’ai dû retirer toutes les embûches du chemin de quelqu’un et lui tenir la main pour la faire avancer vers son objectif pour me rendre compte du sens de cette phrase.

Nous sommes des créatures d’habitudes. Si tu n’as pas l’habitude d’être passionné par ton travail, retirer tes embûches ne va pas magiquement faire de toi une personne passionnée. Si tu coupes les coins ronds dans une job que tu n’aimes pas, tu ne vas pas magiquement être perfectionniste en changeant de travail.

On est nos habitudes de vie. On ne se réveille pas magiquement un bon jour en étant une personne différente. On a un bagage qui nous suit: les mauvais plis (et les bons) qu’on développe et qu’on traîne au fil du temps.

Une habitude de vie, c’est un peu comme un autopilote. Lorsqu’une situation familière se présente, notre cerveau cherche un programme qu’on connaît bien et part la cassette. Faire autrement demande une dose de contrôle personnel difficile à maintenir.

Les habitudes qui nous retiennent dans une chose (comme vouloir perdre du poids) vont souvent être les mêmes habitudes qui vont nous nuire dans les autres sphères de la vie. Ce qui veut dire que d’adresser une habitude problématique dans ta vie professionnelle a des répercussions positives sur ta vie personnelle et vice versa.

C’est pourquoi il faut faire attention pour ne pas se retrouver trop longtemps dans des situations si désagréables qu’elles nous transforment — comme une relation de couple qui nous rend malheureux ou un travail qui nous ne motive pas. Lentement mais sûrement, ces situations vont changer nos habitudes de vie pour faire de nous de moins bonnes personnes. Tout ça à notre insu.

Comme un cancer qui se développe sournoisement, on s’en rend souvent compte lorsque les symptômes commencent à se présenter: problèmes financiers, chicanes de couple, difficultés professionnelles, isolement…

La solution face à ce genre de situation n’est pas nécessairement de s’en détacher — ça peut aider, mais le mal est déjà fait. Il faut plutôt avoir de l’empathie envers soi-même, réaliser qu’on a du travail à faire et investir quelques mois à repasser nos mauvais plis. En théorie, les situations désagréables vont progressivement se transformer pour le mieux. Si elles ne se résolvent pas naturellement, alors elles vont devenir instables et se terminer d’elles-mêmes (renvoi, rupture, etc.).

Si tu es dans ce genre de situation et que tu ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer, alors je te recommande (pour le bien-être de ta santé mentale) de prendre la responsabilité d’y mettre fin. Au moins, tu auras la fierté d’avoir terminé ça en tes propres termes et ça va t’éviter de tomber dans une mentalité de victime.

Bref, peu importe ta situation, c’est important de comprendre que la loi du 80/20 s’applique également à nos habitudes de vie. Une poignée d’entre elles est responsable de la majorité des gains possibles en productivité. Puisque productivité est synonyme de production de valeur, alors ces habitudes sont universelles et s’appliquent à toutes les sphères de ta vie.

Dans le reste de ce chapitre, je vais pointer du doigt trois habitudes de vie de marde. Je vais non seulement t’expliquer comment t’en débarrasser, mais également par quoi les remplacer.

Ces habitudes de vies sont sournoises puisqu’elles proviennent de croyances populaires (malheureusement fausses). Probablement que la lecture des pages qui suivent va réveiller un sentiment de scepticisme en toi. Ton esprit va être particulièrement distrait et tu vas ressentir l’urgence de regarder tes notifications sur ton téléphone. C’est normal. C’est la résistance à l’oeuvre. Ne t’inquiète pas, on va en parler plus en détail dans le prochain chapitre. Mais pour contrer cet effet, je t’invite à prendre deux minutes pour regarder ton téléphone et ensuite mettre ta sonnerie à silencieux. Dans la vie, rares sont les choses qui ne peuvent attendre que tu finisses ta lecture de quelques pages.

Je t’invite aussi à faire un effort additionnel pour chercher la présence et l’impact de ces habitudes, autant dans ta vie que celle des autres. On est tous imparfaits, il n’y a aucune honte à être humain. La seule honte se trouve à être un humain imparfait qui refuse d’évoluer car il est convaincu d’être parfait!

Pour une lecture plus approfondie sur les habitudes de vie, je te recommande fortement le best-seller “The Power of Habits” par Charles Duhigg.

Le mensonge de la visualisation

L’histoire d’un mégalomane saoul

“2.5 millions, c’est moins cher qu’on pense!”

Guillaume (mon cousin/meilleur ami) me regarde et peine à retenir son fou rire. “Ah ben oui! Juste 2.5 millions, à ce prix-là t’en prends deux!” Jean-François (mon autre cousin) arrive au même moment. “De quoi vous parlez? — Ah ben… Olivier est en train de me montrer l’île qu’il veut acheter quand il va être riche!”

Je prends une autre sip de scotch, reprends mon sérieux et continue. “Attends, c’est pas ça le plan. Je commence par acheter l’immeuble où j’habite pour faire 2-3 petits changements… Imagine que je fais une terrasse sur le toit et que je mets un spa. Faque là, on est là, dans le spa, avec 2 ou 3 top modèles (évidemment) et, alors que tu te retournes la tête pour remplir ton verre de champagne, tu te fais accueillir par la vue de mon héliport avec mon hélicoptère. BAM!”

J-F me regarde avec ses yeux de “Eille, come on dude” et me lance d’une voix hésitante “Ouain, pas certain que tu aies le droit de faire atterrir un hélicoptère au centre-ville comme ça”.

Il a raison, j’ai fait mes devoirs. Je dois avouer mon hyperbole. “Tu as raison… Ça me fait vraiment chier. MAIS, j’ai trouvé la solution. On reste sur le bord du port, alors j’ai juste à m’acheter un yacht avec un helipad!”

Guillaume part à rire, J-F se met la main sur les yeux.

“C’est là que l’île entre en jeux! Comme ça, je pourrais rentabiliser mon yacht ET mon hélicoptère!”

Pour mes deux amis, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je les comprends, j’avoue moi-même que mon plan est (un peu) ridicule. Le plus drôle, c’est qu’ils savent que, malgré tout, une petite partie de moi pense sérieusement à tout ça… Du moins, assez pour regarder les prix et m’informer pour obtenir un permis de pilotage.

En quoi est-ce que ma mégalomanie a à voir avec les mauvaises habitudes de vie? Bonne question. J’y reviens…

Optimiste ou réaliste?

En 1999, deux chercheurs ont fait une découverte fascinante en suivant trois groupes d’étudiants pendant une semaine avant leurs examens de mi-session. L’expérience se déroulait comme suit… Le premier groupe devait faire un exercice de visualisation avant chaque session d’étude. Lors de cette session de visualisation, les étudiants devaient imaginer la sensation et l’expérience de recevoir une note parfaite. Les participants du deuxième groupe, quant à eux, devaient faire les mêmes exercices de visualisation, mais cette fois-ci en imaginant le processus, c’est-à-dire le travail nécessaire pour atteindre une note parfaite. Finalement, le troisième groupe était un groupe contrôle et n’avait rien de particulier à faire.

Les résultats ont pris nos deux chercheurs par surprise. Non seulement le groupe B (visualisation du processus) a surpassé les groupes A et C, mais le groupe A (visualisation du résultat) a performé moins bien que le groupe contrôle! D’autres études ont par la suite confirmé ce phénomène.

Il semblerait que l’action d’imaginer le résultat anticipé trompe notre cerveau à penser qu’on ait déjà atteint ce dit objectif, réduisant ainsi notre motivation à agir dans l’immédiat.

Au contraire, visualiser le processus nous aide à planifier l’atteinte de l’objectif. Ce plan nous rassure sur la faisabilité de notre projet, ce qui réduit notre anxiété et augmente notre confiance.

Même un rêve fou se planifie.

Gary Vaynerchuk est présentement l’un des entrepreneurs les plus influents dans le monde des médias aux États-Unis. Son parcours est, disons… intéressant! Né en Union soviétique, sa famille a immigré aux États-Unis alors qu’il n’était qu’un bébé. À 24 ans, il reprend la business de son père (un magasin de vin) et amène l’entreprise de 1 à 50 millions de chiffre d’affaires annuel en cinq ans. Il a écrit quatre New York Times Best Sellers et a fondé une agence numérique qui gère la présence web de compagnies dans les Fortune 500 telles que GE et PepsiCo. Il a également fait partie des premiers investisseurs dans Facebook, Twitter, Tumblr & Uber.

Bref, Gary est un gars intense. Par exemple, il dit souvent que son rêve est d’acheter les New York Jets, une équipe de football évalué à 1,23 milliards.

Tout ça semble bien, mais maintenant que tu sais que la visualisation d’un objectif ambitieux n’aide pas vraiment, c’est à se demander ce qu’il y a de spécial avec Gary.

Lors de sa première entrevue avec Larry King, il explique la raison derrière son rêve fou: “Je vais sans doute mourir sans avoir atteint cet objectif et ça ne me dérange pas. Acheter les jets n’est pas le point. Ce qui importe, c’est le processus qui va m’amener à acheter les jets.”

Se fixer un objectif précis et ambitieux (comme acheter un yacht, perdre du poids ou même arrêter de fumer) n’est que la première étape — c’est comme se fixer une destination. La deuxième étape est de se faire un plan qui va nous permettre d’atteindre cette destination.

Planifier, c’est amener le futur dans le présent pour qu’on soit en mesure d’y avoir un impact maintenant. — Alan Lakein

Lorsque Gary s’imagine acheter les Jets, il s’imagine aussi se lever à 5 h tous les matins et travailler 13 h par jour.

Au moment où j’écris ces lignes, on est le 24 décembre et il est 8 h du soir. Je ne suis pas obligé d’écrire et je n’ai pas besoin de ce livre pour vivre. Cependant, il joue un rôle bien précis dans un plan machiavélique de domination mondiale. Lorsque je visualise mon île, je visualise également les sacrifices qui viennent avec.

Et pas juste les sacrifices, mais aussi mes propres manques personnels. Je visualise les matins où je n’aurai pas le goût de me lever, les soirs où j’aurai à dire non à mes amis pour travailler, les moments où j’aurai à dire non alors que j’aurais le goût de dire oui.

Il faut prévoir les événements négatifs qui vont se trouver sur notre chemin, les planifier et les anticiper. C’est le seul moyen de s’en prémunir et d’être prêts lorsque l’inévitable va arriver.

La culture et sa pseudo science à 2 cents.

“S’il t’arrive un accident de voiture, c’est parce que tu l’as attiré avec ta pensée. Les pensées possèdent leur propre plan d’existence qui est régi par la loi de l’attraction. Les pensées similaires s’attirent et influencent le monde physique.”

Personnellement, je pense qu’il faut être complètement taré pour croire un tel ramassis de bullshit. Malheureusement pour moi, il semblerait que les 19 millions de personnes ayant acheté “Le Secret” par Rhonda Byrne ne partagent pas mon opinion.

Ce livre est probablement la figure la plus proéminente d’un nouveau courant de pensée populaire sur le positivisme. Selon eux, la visualisation joue un rôle hyper important dans l’accomplissement de soi. Si on visualise ce qu’on désire, notre vie va magiquement se transformer pour concrétiser notre vision.

Le point que j’ai voulu faire dans les dernières pages est: laisse ces âneries aux hippies. La visualisation d’un monde idéal et parfait n’est pas une promesse de changement, mais plutôt un moyen de défense inconscient que notre corps utilise (avec beaucoup d’efficacité) pour combattre l’anxiété générée par une situation (et non pour changer ladite situation).

Voici un extrait de Willpower Instinct par Kelly McGonigal. Elle y explique le “syndrome des faux espoirs”. Je trouve ça pertinent à notre réflexion:

D’un point de vue “bonheur généré”, on peut difficilement comparer l’effort de changer à l’excitation générée par l’action d’imaginer qu’on va changer. C’est non seulement plus facile, mais beaucoup plus agréable de contempler la promesse de changement, sans avoir à gérer le trouble que ça implique. C’est pourquoi plusieurs personnes vont abandonner très rapidement, seulement pour réessayer quelques semaines plus tard. Elles préfèrent recommencer encore et encore plutôt que de trouver un moyen permanent pour changer. Le high qu’on reçoit lorsqu’on imagine son propre makeover est une drogue difficile à quitter. (P.152)

Plus tard, on peut également lire:

Le suroptimisme mène à l’échec, ce qui entraîne un sentiment de culpabilité et d’anxiété. En réponse, notre cerveau déclenche des habitudes pour atténuer ces émotions négatives (comme procrastiner, manger, consommer, etc.).

C’est normal, voire très sain d’avoir des rêves ambitieux. Cependant, il existe une distinction importante entre réalisme et optimisme. Le premier va t’amener du changement (et beaucoup de travail) tandis que l’autre ne sert qu’à te faire oublier ton mécontentement face à ta propre situation.

Le premier réflexe à avoir lorsqu’on se prend en train de rêvasser à un monde parfait est de déconstruire cette réalité et de calculer exactement tout ce qu’il faut faire pour la concrétiser.

Calcule tout! Le temps que ça va prendre, l’argent dont tu vas avoir besoin, les contacts que tu vas devoir faire.

J’ai souvent fait de la consultation avec des entrepreneurs qui veulent plus de résultats et je dois avouer que ça me sidère à quel point peu de personnes ont cette habitude.

On va me dire quelque chose comme “j’aimerais faire 10 ventes par jour”. Sur quoi je réponds “Quel est ton coût par prospect (coût publicitaire pour avoir un contact intéressé à acheter) et quel est ton taux de conversion (pourcentage des prospects qui finissent par devenir client)?”

On me répond souvent quelque chose qui tourne autour de 3 $ et 5 %.

Avec ces chiffres, on peut dire que ça coûte en moyenne 60 $ faire une vente et que, pour en faire 10 par jour, il va falloir investir 600 $ par jour en publicité. Lorsque je dis ça, la personne me regarde, la bouche ouverte, et répète mes derniers mots avec hésitation: “600 $… par jour?!

— Yep, 220 000 $ en publicité par année. Et probablement plus autour de 440 000 $ parce que le coût double souvent lorsqu’on met une campagne publicitaire à l’échelle comme ça! Donc 1 200 $ par jour.”

Leur regard pétillant d’ambition devient flat comme un rhum & coke trop fort… Ils aiment fantasmer à l’idée de faire 10 ventes par jour (ce qui équivaut à plusieurs milliers en profits), mais chignent lorsque j’explique qu’ils vont devoir risquer une bonne partie de leur argent pour atteindre cet objectif.

Pour réussir, il faut dire oui à UN rêve, le déconstruire et s’engager à le prioriser sur tout le reste.

Lorsque tu vas manquer de motivation (parce que ça va arriver), passe 5 minutes à rêvasser à ton objectif avant de te rappeler que cette réalité future n’est possible que si tu exécutes ton plan à la perfection dans le présent.

Pour te motiver encore plus, imagine que tu te regardes à travers les yeux de ton “futur moi”, le boss qui a tout ce que tu as toujours rêvé. Mets-toi à sa place et observe-toi, là sur le divan,  à manger des Cheetos en écoutant “Célibataires et nus”. Regarde-toi bien et juge-toi.

Il est possible que tu te sentes coupable. Il faut donc anticiper que ton corps veuille atténuer ce sentiment à travers une routine (ex.: accompagner tes Cheetos d’une coupe de vin). Résiste à cette tentation, rappelle-toi du plan et passe à l’action.

Et si ce n’est pas assez, fais-toi peur en imaginant le pire scénario possible qui te guette. Imagine-toi finir ta vie dans une job qui te donne le goût de te pendre, vivre chaque jour avec un/une partenaire que tu n’aimes pas, et devoir te réconforter à travers l’alcool cheap, la bouffe grasse et Netflix.

Analyse la trajectoire de ta vie. Regarde bien tes deux ou trois dernières années, car elles sont une bonne indication d’où elle se dirige.

Demande-toi: si chaque journée de ma vie est exactement comme aujourd’hui, est-ce que je vais atteindre mes objectifs dans le temps souhaité? Si oui, alors tu peux écouter ton émission niaiseuse sans remords. T’as fait une belle job, tu peux même te verser un scotch avec ça! Mais si la réponse est non, demande-toi ce que tu devrais changer à ta routine quotidienne pour corriger la trajectoire de ta vie.

Jim Rohn disait quelque chose comme “Manger du fast food, c’est une mauvaise habitude. Manger du fast food chaque jour pendant 10 ans, c’est un désastre”.

C’est facile de sous-estimer l’importance des petites choses, mais il faut réaliser que ce sont nos habitudes — ce qu’on fait tous les jours — qui déterminent qui nous sommes et quel genre de vie on mène.

Puisqu’on surestime notre “futur-moi” tout en se dissociant de lui, c’est facile de dire “demain”. Mais demain arrive, et le “moi” présent n’a pas plus la force ou la motivation de faire ce qu’il doit faire. Il faut être pessimiste. Se dire que si on ne le fait pas aujourd’hui, on ne le fera pas plus demain.

Le secret n’est pas la pensée magique. Le vrai secret, c’est une dose démesurée d’ambition mélangée à une douche froide de réalisme.

Fin de l’extrait.