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2 submergé par le travail

5 façons de ne pas te laisser submerger par tes tâches

Ghislaine prend sa retraite!

Pour l’occasion, tous les collègues se sont cotisés pour lui acheter un shortcake aux fraises, une carte-cadeau du Costco et décorer le bureau pour le petit 5 à 7 entre collègues organisé pour souligner son départ.

“Tu vas nous manquer Ghislaine! Profite bien de ta retraite!”

Le lundi matin suivant au bureau, ça fait un peu vide sans l’énergie et les jokes louches de Ghislaine, mais tout le monde retourne à sa routine de travail.

Une pensée te vient soudainement à l’esprit. “Ghislaine avait pas mal de dossiers en cours, est-ce que le boss va bientôt engager quelqu’un pour la remplacer?”

Une réunion d’équipe est prévue en fin d’après-midi, alors tu te laisses une note pour ne pas oublier de lui demander et tu retournes à tes tâches.

Une fois tout le monde à la table de conférence pour la réunion, le patron commence à distribuer un document de quelques pages à chacun. Il enchaîne en disant: “Étant donné que Ghislaine avait beaucoup de dossiers en cours, je vous ai attribué chacun une partie de ses tâches pour qu’on ne prenne pas de retard sur notre échéancier.”

Bon… ça répond à ta question alors…

“Il va falloir redoubler d’ardeur, mais vous êtes une équipe géniale et je sais que vous en êtes capables!” Ajoute-t-il en vous faisant un “thumbs up accompagné d’un grand sourire à moitié sincère.

C’est le genre de scénario qui est fréquent sur le marché du travail. Dans le but d’économiser sur le coût en main d’oeuvre, les postes sont restructurés pour englober plus de tâches et demandent d’être plus polyvalents et ultra efficaces. “Toutes autres tâches connexes” est devenue la formulation la mieux connue pour traduire ce phénomène dans une description de tâches.

Peut-être que tu as récemment vu ta charge de travail augmenter ou que ton poste est déjà bien fourni en “tâches connexes”, mais les probabilités sont que tu en as sûrement plein les bras et que tu n’as pas le temps de t’ennuyer!

Dans ce contexte, c’est très facile de sentir submergé par la quantité de travail à accomplir et d’avoir l’impression qu’on n’arrivera jamais à tout faire.

Résultat: on devient vite stressés, anxieux, on accumule les heures supplémentaires et on coupe dans le sommeil et les loisirs.

Je ne vois pas de meilleure façon pour se pourrir soi-même la vie. Le pire dans tout ça, c’est que ce n’est absolument pas nécessaire pour bien faire ton travail!

Pour ne pas brûler la chandelle par les deux bouts, voilà 5 trucs concrets que tu peux commencer à appliquer dès maintenant et qui vont t’aider à accomplir plus de choses en moins de temps:

1-Assiste à moins de réunions

Les réunions sont souvent la perte de temps la plus sous-estimée.

Bien sûr, certaines rencontres sont difficiles à éviter, comme les meetings d’information ou qui répondent à une procédure établie. Par contre, ce n’est pas le cas des réunions qui concernent la communication d’équipe et qui ont pour but de faire un suivi du travail, de brainstormer ou de discuter d’un projet.

Je ne dis pas qu’elles sont toujours inutiles, mais généralement elles ne sont que des façons de procrastiner et d’éviter la responsabilité individuelle des employés/employeurs de prendre des décisions.

On y passe des heures à discuter du travail qui devrait être fait sans concrètement accomplir aucun travail.

Combien de fois est-ce que c’est arrivé que tu assistes à une réunion qui dure des heures, en prenant des notes sans dire un mot, pour finalement ne jamais te servir de ces notes parce qu’elles résument des choses que tu savais déjà de toute façon ou qui ne te concernent pas?

Levez la main ceux qui sont déjà passés par là!

D’abord, une réunion ne devrait pas être tenue si elle n’aborde pas assez de contenu pertinent pour être planifiée avec un ordre du jour. Dans ce cas, le sujet devrait être brièvement discuté entre les personnes concernées, en personne, au téléphone ou bien par messagerie interne (au pire par courriel si ce n’est pas trop urgent, mais il existe maintenant tellement d’outils plus efficaces que ce n’est plus la meilleure alternative).

Les plateformes de communication/gestion de tâches comme Slack, Hipchat, Bitrix24, Asana ou encore Skype et Google Hangout pour ceux qui veulent garder ça très simple, permettent d’améliorer la communication et le suivi du travail, ce qui réduit la nécessité de tenir autant de réunions inutiles.

Alors la prochaine fois qu’une réunion sera planifiée, pose-toi les questions suivantes:

  • Sur quel(s) sujet(s) portera la réunion, est-ce que ça concerne directement mon travail?
  • Est-ce qu’une réunion est vraiment nécessaire pour atteindre le but visé, ou est-ce qu’un autre moyen de communication plus rapide pourrait être utilisé?

Tu as été embauché pour apporter de la valeur à l’entreprise par tes compétences. Des réunions qui ne sont pas pertinentes pour toi et qui monopolisent ton temps t’empêchent de bien réaliser ton travail et, en bout de ligne, c’est ton rendement qui est pénalisé.

Alors, si tu sens que ta présence à une réunion serait inutile, n’hésite pas à en parler à la personne qui l’a planifiée pour lui expliquer ton point de vue avec ces arguments et lui proposer des alternatives plus efficaces au besoin. De cette façon, tu pourras profiter des heures libérées pour avancer le travail qui apporte réellement des bénéfices à l’entreprise.

2-Ne répond pas en temps réel

À moins de travailler au service client d’une entreprise, tu n’as pas à répondre à tes courriels ou tes messages (peu importe la plateforme) au fur et à mesure que tu les reçois.

S’il y a urgence, c’est généralement le téléphone qui va sonner.

Prendre ses messages est une tâche qui donne l’impression d’être urgente parce qu’une icône, une notification ou un signal sonore nous alerte qu’on a un message et notre réflexe est d’aller voir immédiatement.

Résiste!

C’est beaucoup plus efficace de décider d’un moment dans la journée, idéalement quand on est le moins productif (généralement les 2-3 dernières heures de travail) et de prendre/répondre à tous les messages à ce moment-là. Une fois fait, il ne faut pas retourner prendre ses messages avant la prochaine période prévue à cet effet, le lendemain.   

De cette façon, tu vas pouvoir te concentrer sur ton travail sans être constamment interrompu, ce qui va te permettre d’accomplir plus de choses en moins de temps.

3-Ne vise pas la perfection, mais la simplicité

“Je suis tellement fier et satisfait de mon travail. Je n’ai eu à le réviser qu’une seule fois et ça me semble tout à fait convenable!” est la phrase qu’on n’a jamais entendu sortir de la bouche d’un perfectionniste. Jamais.

Il aurait beau réviser et modifier 10 fois son travail, il le trouverait à peine acceptable et ne passerait à autre chose que par obligation.

Si tu te reconnais dans cette description, j’ai une révélation à te faire: ton travail n’a pas besoin d’être parfait.

Si tu rénoves ta salle de bain et que tu veux que tes tuiles de céramiques soient installées parfaitement à l’équerre, au niveau et parallèles à l’angle de levé du soleil au solstice d’été, c’est un peu intense, mais c’est correct parce que le but de rénover ta salle de bain est qu’elle te plaise et qu’elle soit à ton goût.

Dans le cadre de ton emploi, ton but est de créer de la valeur dans le marché, pas que le fruit de ton travail corresponde à tes idéaux de perfection.

Toujours essayer d’atteindre la perfection dans ce qu’on fait demande un investissement en temps considérable. On a toujours l’impression que ça ne sera pas long, qu’on a juste “un petit changement de plus” à faire, mais on sous-estime toujours l’ampleur de ces changements et on se retrouve bien vite seul au bureau à partir le soir trois heures après tout le monde.  

Sois conscient des objectifs que tu dois atteindre avec tes tâches quotidiennes et conditionne-toi à les accomplir de la façon la plus simple possible et à passer à la tâche suivante dès que c’est fait.

Tu dois terminer un dossier de présentation: est-ce qu’il paraît bien et professionnel? Est-ce que les fautes ont été corrigées? Est-ce que les sections sont en ordre et paginées? Oui? Alors, passe au projet suivant et ne gaspille pas une heure à choisir la police d’écriture, la photo de couverture ou l’en-tête parfait.

Concentre ton attention et tes efforts sur ce qui rapporte des bénéfices concrets, pas sur ce qui est le plus fancy.    

4-Planifie tes journées

Personnellement, je termine toujours mes journées de travail en planifiant celle du lendemain. Certaines personnes préfèrent planifier leur journée le matin même, mais j’aime le feeling de commencer ma journée en sachant où je m’en vais et quels sont mes objectifs et mes priorités.

Peu importe le moment que tu choisis, l’important est de planifier ton travail. La pire chose que tu peux faire et qui va te condamner à ne plus savoir où donner de la tête est de choisir les tâches que tu réalises de façon aléatoire ou te laisser dérailler de ta trajectoire par des tâches urgentes mais pas vraiment importantes.

Planifier tes journées va te permettre de faire un suivi du travail plus efficacement et de savoir où réellement concentrer tes efforts pour obtenir le maximum de résultats. Pas besoin de passer une heure à faire de la planification, un dix/quinze minutes suffit.

Par exemple, concentre-toi chaque jour sur le dossier le plus important et détermine quelles sont les trois tâches que tu peux accomplir dans ta journée et qui vont avoir un réel impact sur l’avancement de ce dossier.

Tu peux utiliser un agenda papier ou une application comme Todoist (Windows, Mac, Android et iOS), AnyDo (Android, iOS) ou Microsoft To-do (Windows 10) ou Things 3 (pour Mac et iOS).  

Les applications permettent de planifier rapidement les tâches, de les devancer/reporter au besoin, de les trier par priorité et proposent une foule d’autres options et d’intégrations pratiques qui rendent la tâche plus simple. C’est presque comme avoir un/une assistant(e) personnel(le) que tu peux traîner dans ta poche!

5-Fixe-toi des échéanciers

C’est bien connu, un travail va prendre le temps qu’on lui accorde pour être réalisé (loi de Parkinson).

Si on se laisse une semaine pour un projet qui pourrait être réalisé en deux jours, on va planifier nos tâches sur cinq jours et prendre beaucoup plus de temps que nécessaire.

Un des meilleurs exemples: les travaux de session à l’Université. Quand un travail était donné deux mois à l’avance, est-ce qu’on travaillait vraiment d’arrache-pied pour le terminer le plus tôt possible? Ou est-ce qu’on commençait plutôt tranquillement la recherche et qu’on l’étirait sur un mois et demi pour finir par abattre 90 % du travail dans les deux dernières semaines?

L’échéancier crée un état d’urgence qui nous force à être très productifs pour pouvoir terminer dans les temps. Le problème, c’est que les tâches quotidiennes au travail n’ont pas forcément d’échéancier, alors on les réalise de la même façon qu’un étudiant ferait un travail de session s’il n’avait pas de date de remise: on les avance tranquillement sans trop se stresser avec ça.

Alors, avant de commencer chaque tâche, demande-toi ce que tu pourrais faire pour la compléter le plus rapidement possible (sans la bâcler bien entendu) et prends l’habitude de minuter ton travail en essayant de respecter l’échéancier que tu t’es fixé. Si tu te laisses quatre heures pour une tâche, fais tout ton possible pour l’avoir terminée après ces temps.    

Si on résume…

On se sent rapidement étouffé sous le poids de notre charge de travail quand nos tâches s’empilent sans fin les unes sur les autres.

Heureusement, il existe plusieurs trucs pour pouvoir accomplir plus de choses en moins de temps. Alors, si tu as l’impression que tu n’auras jamais assez de temps pour réaliser toutes tes tâches, essaie d’assister à moins de réunions, de ne pas répondre à tes messages en temps réel, de ne pas viser la perfection mais plutôt la simplicité, de bien planifier tes journées et de te fixer des échéanciers serrés.

Malheureusement, on ne peut pas se procurer plus de temps pour pouvoir tout faire dans la même journée, on doit se contenter de nos 24h/jour. Alors pour terminer, j’aimerais insister sur l’importance de bien réfléchir avant d’accorder de ton temps à une tâche et de t’assurer qu’elle est réellement importante.

Chaque fois que tu dis “oui” à une tâche peu importante, tu dis “non” à autre chose qui serait plus important, comme tes temps libres ou d’autres projets qui seraient plus avantageux. Bref, il ne s’agit pas de trouver l’équilibre entre nos tâches, mais d’assumer nos choix. Ce qu’on décide de ne pas faire est tout aussi important que ce qu’on décide de faire.

Extrait du ebook Double ta valeur

Comment mieux travailler en changeant ses habitudes

How you do anything is how you do everything…

La première fois que j’ai entendu la phrase, je dois avouer que j’étais un peu perplexe. Je me suis dit: “tiens, un autre plouc analphabète qui essaie de se rendre intéressant en publiant des aphorismes ésotériques sur sa page Facebook.”

How you do anything is how you do everything se traduit en bon français par “tu fais tout de la même façon que tu fais n’importe quoi”. Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que ça sonne bizarre, alors on va garder ça en anglais pour le reste du chapitre.

De retour devant mon ordinateur à procrastiner en défilant mon fil d’actualité Facebook, je relis la citation plusieurs fois dans l’espoir d’être frappé d’une profonde épiphanie… J’essaie vraiment fort, mais rien ne vient. Je défile encore. Tiens, un vidéo de chat! *J’aime*

Ça m’aura pris un an, une relation de couple et 5 000 $ pour que cette épiphanie m’atteigne enfin.

Un étranger face à soi-même

Rares sont les gens qui disent “à l’instant même, ma vie est parfaite et je veux que rien ne change”. On a tous une idée, un idéal, de ce qu’on aimerait devenir comme personne ou du style de vie qu’on souhaiterait atteindre. Qu’il s’agisse de perdre un peu de poids, d’arrêter de fumer, de lire un livre, d’acheter une maison, de quitter son emploi ou même de gagner à la loterie…

On a tous une image, une vision de ce à quoi la vie parfaite pourrait ressembler. Si tu lis ce livre, alors probablement que ta vision du futur inclut un bureau vitré en coin, un salaire dans les six chiffres et une Tesla S (il faut bien sauver la planète!). Peut-être que je me trompe aussi, mais là n’est pas la question. Le “toi futur” que tu imagines est une version 2.0 de toi. Une formule améliorée et complètement redessinée.

C’est tout à fait normal, on appelle ça “être optimiste”. Le problème, c’est que lorsque tu imagines cette version de toi-même, tu ne crois pas “vraiment” qu’il s’agit de toi. Du moins, c’est ce qu’a découvert Hal Hershfield, un sociopsychologue de l’Université de Californie à Los-Angeles (UCLA), alors qu’il mesurait les ondes cérébrales des gens après leur avoir demandé de s’imaginer dans 10 ans. Selon ses recherches, on pense à notre “futur moi” de la même façon que l’on pense à un étranger.

Résultat? Notre “moi présent” ne fait absolument rien pour n’avoir ne serait-ce qu’une infime chance de ressembler à notre vision ambitieuse du boss qu’on fantasme si ardemment devenir. On s’imagine qu’on va magiquement se transformer en dieu soleil tout en se disculpant de tout effort en trouvant des barrières hors de notre contrôle nous empêchant d’être cette personne dans l’immédiat.

En d’autres mots, tu pourrais bien gagner 300 000 $ par an, mais ton boss est tellement épais que ça ne risque pas d’arriver de sitôt! Puisque ce n’est pas de ton ressort, alors tu n’as pas vraiment à de te sentir mal si tu n’agis pas tout de suite. Et puisqu’on pense à notre futur nous comme étant un bad-ass parfait, c’est certain que LUI va être capable de trouver la solution!

Et pas besoin de se projeter 10 ans dans le futur pour constater les effets ravageurs de ce phénomène. On se dit tous des trucs comme “cet été j’aurai moins de travail, je pourrai me remettre en forme”, “après ce dernier projet, je vais me concentrer plus sur ma famille”, “on est dans le rush de Noël, mais après je vais avoir le temps de lire”. La formule va comme suit: “après X contraintes, je pourrai atteindre Y résultats”.

Le pire dans tout ça, c’est qu’on est toujours complètement sincère. On se ment éhontément et on aime ça. La promesse de changement est l’illusion qui nous enchaîne à la version présente de nous-mêmes. Pour se rendre compte qu’il s’agit d’un paquet de conneries, ça prend une conscience de soi légendaire. D’où l’importance de partager ce livre à un ami et d’avoir un complice de développement personnel qui va avoir l’honnêteté de te dire “si tu ne t’inscris pas au gym aujourd’hui, tu ne le feras probablement pas dans 6 mois, alors aussi bien arrêter d’y penser et accepter que tu es une grosse merde fainéante”.

Des amis comme ça, ça vaut de l’or!

Un cerveau sur l’autopilote

Je devrais probablement consulter un psy puisque j’ai la fâcheuse tendance à vouloir “aider” tout le monde, plus particulièrement mes proches. C’est sûrement ce qui explique mon intérêt envers l’éducation et pourquoi je blogue et crée autant de contenu. Bref. J’avais une petite copine qui, à l’époque, travaillait dans un centre d’appel pour un salaire pas très impressionnant.

Elle suivait beaucoup d’entrepreneurs sur le web et rêvait d’avoir une chaîne YouTube prolifique lui permettant de devenir riche et célèbre. Malheureusement, elle gagnait à peine assez d’argent pour s’acheter l’équipement nécessaire et ses cartes de crédit étaient déjà en train de déborder.

Elle était motivée, lisait Napoleon Hill, écoutait Tony Robbins et rêvait de devenir une “Girl Boss”.

Puisque je vis au Québec et que je déteste l’hiver, j’hiverne souvent sur une plage — l’avantage d’avoir une entreprise sur le web.

Janvier arrive et je propose à ma copine d’aller vivre trois mois en Asie du Sud. Naturellement, elle me répond qu’elle n’a pas l’argent pour faire ça. Je la rassure et lui dis que je vais payer pour tout à une condition: elle doit en profiter pour démarrer son entreprise et quitter son emploi à son retour.

Elle est motivée, c’est la chance qu’elle attendait. Elle me dit oui et on book notre vol — ça va être tout un voyage!

C’est à destination que j’ai commencé à comprendre… How you do anything is truly how you do everything.

J’ai dû retirer toutes les embûches du chemin de quelqu’un et lui tenir la main pour la faire avancer vers son objectif pour me rendre compte du sens de cette phrase.

Nous sommes des créatures d’habitudes. Si tu n’as pas l’habitude d’être passionné par ton travail, retirer tes embûches ne va pas magiquement faire de toi une personne passionnée. Si tu coupes les coins ronds dans une job que tu n’aimes pas, tu ne vas pas magiquement être perfectionniste en changeant de travail.

On est nos habitudes de vie. On ne se réveille pas magiquement un bon jour en étant une personne différente. On a un bagage qui nous suit: les mauvais plis (et les bons) qu’on développe et qu’on traîne au fil du temps.

Une habitude de vie, c’est un peu comme un autopilote. Lorsqu’une situation familière se présente, notre cerveau cherche un programme qu’on connaît bien et part la cassette. Faire autrement demande une dose de contrôle personnel difficile à maintenir.

Les habitudes qui nous retiennent dans une chose (comme vouloir perdre du poids) vont souvent être les mêmes habitudes qui vont nous nuire dans les autres sphères de la vie. Ce qui veut dire que d’adresser une habitude problématique dans ta vie professionnelle a des répercussions positives sur ta vie personnelle et vice versa.

C’est pourquoi il faut faire attention pour ne pas se retrouver trop longtemps dans des situations si désagréables qu’elles nous transforment — comme une relation de couple qui nous rend malheureux ou un travail qui nous ne motive pas. Lentement mais sûrement, ces situations vont changer nos habitudes de vie pour faire de nous de moins bonnes personnes. Tout ça à notre insu.

Comme un cancer qui se développe sournoisement, on s’en rend souvent compte lorsque les symptômes commencent à se présenter: problèmes financiers, chicanes de couple, difficultés professionnelles, isolement…

La solution face à ce genre de situation n’est pas nécessairement de s’en détacher — ça peut aider, mais le mal est déjà fait. Il faut plutôt avoir de l’empathie envers soi-même, réaliser qu’on a du travail à faire et investir quelques mois à repasser nos mauvais plis. En théorie, les situations désagréables vont progressivement se transformer pour le mieux. Si elles ne se résolvent pas naturellement, alors elles vont devenir instables et se terminer d’elles-mêmes (renvoi, rupture, etc.).

Si tu es dans ce genre de situation et que tu ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer, alors je te recommande (pour le bien-être de ta santé mentale) de prendre la responsabilité d’y mettre fin. Au moins, tu auras la fierté d’avoir terminé ça en tes propres termes et ça va t’éviter de tomber dans une mentalité de victime.

Bref, peu importe ta situation, c’est important de comprendre que la loi du 80/20 s’applique également à nos habitudes de vie. Une poignée d’entre elles est responsable de la majorité des gains possibles en productivité. Puisque productivité est synonyme de production de valeur, alors ces habitudes sont universelles et s’appliquent à toutes les sphères de ta vie.

Dans le reste de ce chapitre, je vais pointer du doigt trois habitudes de vie de marde. Je vais non seulement t’expliquer comment t’en débarrasser, mais également par quoi les remplacer.

Ces habitudes de vies sont sournoises puisqu’elles proviennent de croyances populaires (malheureusement fausses). Probablement que la lecture des pages qui suivent va réveiller un sentiment de scepticisme en toi. Ton esprit va être particulièrement distrait et tu vas ressentir l’urgence de regarder tes notifications sur ton téléphone. C’est normal. C’est la résistance à l’oeuvre. Ne t’inquiète pas, on va en parler plus en détail dans le prochain chapitre. Mais pour contrer cet effet, je t’invite à prendre deux minutes pour regarder ton téléphone et ensuite mettre ta sonnerie à silencieux. Dans la vie, rares sont les choses qui ne peuvent attendre que tu finisses ta lecture de quelques pages.

Je t’invite aussi à faire un effort additionnel pour chercher la présence et l’impact de ces habitudes, autant dans ta vie que celle des autres. On est tous imparfaits, il n’y a aucune honte à être humain. La seule honte se trouve à être un humain imparfait qui refuse d’évoluer car il est convaincu d’être parfait!

Pour une lecture plus approfondie sur les habitudes de vie, je te recommande fortement le best-seller “The Power of Habits” par Charles Duhigg.

Le mensonge de la visualisation

L’histoire d’un mégalomane saoul

“2.5 millions, c’est moins cher qu’on pense!”

Guillaume (mon cousin/meilleur ami) me regarde et peine à retenir son fou rire. “Ah ben oui! Juste 2.5 millions, à ce prix-là t’en prends deux!” Jean-François (mon autre cousin) arrive au même moment. “De quoi vous parlez? — Ah ben… Olivier est en train de me montrer l’île qu’il veut acheter quand il va être riche!”

Je prends une autre sip de scotch, reprends mon sérieux et continue. “Attends, c’est pas ça le plan. Je commence par acheter l’immeuble où j’habite pour faire 2-3 petits changements… Imagine que je fais une terrasse sur le toit et que je mets un spa. Faque là, on est là, dans le spa, avec 2 ou 3 top modèles (évidemment) et, alors que tu te retournes la tête pour remplir ton verre de champagne, tu te fais accueillir par la vue de mon héliport avec mon hélicoptère. BAM!”

J-F me regarde avec ses yeux de “Eille, come on dude” et me lance d’une voix hésitante “Ouain, pas certain que tu aies le droit de faire atterrir un hélicoptère au centre-ville comme ça”.

Il a raison, j’ai fait mes devoirs. Je dois avouer mon hyperbole. “Tu as raison… Ça me fait vraiment chier. MAIS, j’ai trouvé la solution. On reste sur le bord du port, alors j’ai juste à m’acheter un yacht avec un helipad!”

Guillaume part à rire, J-F se met la main sur les yeux.

“C’est là que l’île entre en jeux! Comme ça, je pourrais rentabiliser mon yacht ET mon hélicoptère!”

Pour mes deux amis, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je les comprends, j’avoue moi-même que mon plan est (un peu) ridicule. Le plus drôle, c’est qu’ils savent que, malgré tout, une petite partie de moi pense sérieusement à tout ça… Du moins, assez pour regarder les prix et m’informer pour obtenir un permis de pilotage.

En quoi est-ce que ma mégalomanie a à voir avec les mauvaises habitudes de vie? Bonne question. J’y reviens…

Optimiste ou réaliste?

En 1999, deux chercheurs ont fait une découverte fascinante en suivant trois groupes d’étudiants pendant une semaine avant leurs examens de mi-session. L’expérience se déroulait comme suit… Le premier groupe devait faire un exercice de visualisation avant chaque session d’étude. Lors de cette session de visualisation, les étudiants devaient imaginer la sensation et l’expérience de recevoir une note parfaite. Les participants du deuxième groupe, quant à eux, devaient faire les mêmes exercices de visualisation, mais cette fois-ci en imaginant le processus, c’est-à-dire le travail nécessaire pour atteindre une note parfaite. Finalement, le troisième groupe était un groupe contrôle et n’avait rien de particulier à faire.

Les résultats ont pris nos deux chercheurs par surprise. Non seulement le groupe B (visualisation du processus) a surpassé les groupes A et C, mais le groupe A (visualisation du résultat) a performé moins bien que le groupe contrôle! D’autres études ont par la suite confirmé ce phénomène.

Il semblerait que l’action d’imaginer le résultat anticipé trompe notre cerveau à penser qu’on ait déjà atteint ce dit objectif, réduisant ainsi notre motivation à agir dans l’immédiat.

Au contraire, visualiser le processus nous aide à planifier l’atteinte de l’objectif. Ce plan nous rassure sur la faisabilité de notre projet, ce qui réduit notre anxiété et augmente notre confiance.

Même un rêve fou se planifie.

Gary Vaynerchuk est présentement l’un des entrepreneurs les plus influents dans le monde des médias aux États-Unis. Son parcours est, disons… intéressant! Né en Union soviétique, sa famille a immigré aux États-Unis alors qu’il n’était qu’un bébé. À 24 ans, il reprend la business de son père (un magasin de vin) et amène l’entreprise de 1 à 50 millions de chiffre d’affaires annuel en cinq ans. Il a écrit quatre New York Times Best Sellers et a fondé une agence numérique qui gère la présence web de compagnies dans les Fortune 500 telles que GE et PepsiCo. Il a également fait partie des premiers investisseurs dans Facebook, Twitter, Tumblr & Uber.

Bref, Gary est un gars intense. Par exemple, il dit souvent que son rêve est d’acheter les New York Jets, une équipe de football évalué à 1,23 milliards.

Tout ça semble bien, mais maintenant que tu sais que la visualisation d’un objectif ambitieux n’aide pas vraiment, c’est à se demander ce qu’il y a de spécial avec Gary.

Lors de sa première entrevue avec Larry King, il explique la raison derrière son rêve fou: “Je vais sans doute mourir sans avoir atteint cet objectif et ça ne me dérange pas. Acheter les jets n’est pas le point. Ce qui importe, c’est le processus qui va m’amener à acheter les jets.”

Se fixer un objectif précis et ambitieux (comme acheter un yacht, perdre du poids ou même arrêter de fumer) n’est que la première étape — c’est comme se fixer une destination. La deuxième étape est de se faire un plan qui va nous permettre d’atteindre cette destination.

Planifier, c’est amener le futur dans le présent pour qu’on soit en mesure d’y avoir un impact maintenant. — Alan Lakein

Lorsque Gary s’imagine acheter les Jets, il s’imagine aussi se lever à 5 h tous les matins et travailler 13 h par jour.

Au moment où j’écris ces lignes, on est le 24 décembre et il est 8 h du soir. Je ne suis pas obligé d’écrire et je n’ai pas besoin de ce livre pour vivre. Cependant, il joue un rôle bien précis dans un plan machiavélique de domination mondiale. Lorsque je visualise mon île, je visualise également les sacrifices qui viennent avec.

Et pas juste les sacrifices, mais aussi mes propres manques personnels. Je visualise les matins où je n’aurai pas le goût de me lever, les soirs où j’aurai à dire non à mes amis pour travailler, les moments où j’aurai à dire non alors que j’aurais le goût de dire oui.

Il faut prévoir les événements négatifs qui vont se trouver sur notre chemin, les planifier et les anticiper. C’est le seul moyen de s’en prémunir et d’être prêts lorsque l’inévitable va arriver.

La culture et sa pseudo science à 2 cents.

“S’il t’arrive un accident de voiture, c’est parce que tu l’as attiré avec ta pensée. Les pensées possèdent leur propre plan d’existence qui est régi par la loi de l’attraction. Les pensées similaires s’attirent et influencent le monde physique.”

Personnellement, je pense qu’il faut être complètement taré pour croire un tel ramassis de bullshit. Malheureusement pour moi, il semblerait que les 19 millions de personnes ayant acheté “Le Secret” par Rhonda Byrne ne partagent pas mon opinion.

Ce livre est probablement la figure la plus proéminente d’un nouveau courant de pensée populaire sur le positivisme. Selon eux, la visualisation joue un rôle hyper important dans l’accomplissement de soi. Si on visualise ce qu’on désire, notre vie va magiquement se transformer pour concrétiser notre vision.

Le point que j’ai voulu faire dans les dernières pages est: laisse ces âneries aux hippies. La visualisation d’un monde idéal et parfait n’est pas une promesse de changement, mais plutôt un moyen de défense inconscient que notre corps utilise (avec beaucoup d’efficacité) pour combattre l’anxiété générée par une situation (et non pour changer ladite situation).

Voici un extrait de Willpower Instinct par Kelly McGonigal. Elle y explique le “syndrome des faux espoirs”. Je trouve ça pertinent à notre réflexion:

D’un point de vue “bonheur généré”, on peut difficilement comparer l’effort de changer à l’excitation générée par l’action d’imaginer qu’on va changer. C’est non seulement plus facile, mais beaucoup plus agréable de contempler la promesse de changement, sans avoir à gérer le trouble que ça implique. C’est pourquoi plusieurs personnes vont abandonner très rapidement, seulement pour réessayer quelques semaines plus tard. Elles préfèrent recommencer encore et encore plutôt que de trouver un moyen permanent pour changer. Le high qu’on reçoit lorsqu’on imagine son propre makeover est une drogue difficile à quitter. (P.152)

Plus tard, on peut également lire:

Le suroptimisme mène à l’échec, ce qui entraîne un sentiment de culpabilité et d’anxiété. En réponse, notre cerveau déclenche des habitudes pour atténuer ces émotions négatives (comme procrastiner, manger, consommer, etc.).

C’est normal, voire très sain d’avoir des rêves ambitieux. Cependant, il existe une distinction importante entre réalisme et optimisme. Le premier va t’amener du changement (et beaucoup de travail) tandis que l’autre ne sert qu’à te faire oublier ton mécontentement face à ta propre situation.

Le premier réflexe à avoir lorsqu’on se prend en train de rêvasser à un monde parfait est de déconstruire cette réalité et de calculer exactement tout ce qu’il faut faire pour la concrétiser.

Calcule tout! Le temps que ça va prendre, l’argent dont tu vas avoir besoin, les contacts que tu vas devoir faire.

J’ai souvent fait de la consultation avec des entrepreneurs qui veulent plus de résultats et je dois avouer que ça me sidère à quel point peu de personnes ont cette habitude.

On va me dire quelque chose comme “j’aimerais faire 10 ventes par jour”. Sur quoi je réponds “Quel est ton coût par prospect (coût publicitaire pour avoir un contact intéressé à acheter) et quel est ton taux de conversion (pourcentage des prospects qui finissent par devenir client)?”

On me répond souvent quelque chose qui tourne autour de 3 $ et 5 %.

Avec ces chiffres, on peut dire que ça coûte en moyenne 60 $ faire une vente et que, pour en faire 10 par jour, il va falloir investir 600 $ par jour en publicité. Lorsque je dis ça, la personne me regarde, la bouche ouverte, et répète mes derniers mots avec hésitation: “600 $… par jour?!

— Yep, 220 000 $ en publicité par année. Et probablement plus autour de 440 000 $ parce que le coût double souvent lorsqu’on met une campagne publicitaire à l’échelle comme ça! Donc 1 200 $ par jour.”

Leur regard pétillant d’ambition devient flat comme un rhum & coke trop fort… Ils aiment fantasmer à l’idée de faire 10 ventes par jour (ce qui équivaut à plusieurs milliers en profits), mais chignent lorsque j’explique qu’ils vont devoir risquer une bonne partie de leur argent pour atteindre cet objectif.

Pour réussir, il faut dire oui à UN rêve, le déconstruire et s’engager à le prioriser sur tout le reste.

Lorsque tu vas manquer de motivation (parce que ça va arriver), passe 5 minutes à rêvasser à ton objectif avant de te rappeler que cette réalité future n’est possible que si tu exécutes ton plan à la perfection dans le présent.

Pour te motiver encore plus, imagine que tu te regardes à travers les yeux de ton “futur moi”, le boss qui a tout ce que tu as toujours rêvé. Mets-toi à sa place et observe-toi, là sur le divan,  à manger des Cheetos en écoutant “Célibataires et nus”. Regarde-toi bien et juge-toi.

Il est possible que tu te sentes coupable. Il faut donc anticiper que ton corps veuille atténuer ce sentiment à travers une routine (ex.: accompagner tes Cheetos d’une coupe de vin). Résiste à cette tentation, rappelle-toi du plan et passe à l’action.

Et si ce n’est pas assez, fais-toi peur en imaginant le pire scénario possible qui te guette. Imagine-toi finir ta vie dans une job qui te donne le goût de te pendre, vivre chaque jour avec un/une partenaire que tu n’aimes pas, et devoir te réconforter à travers l’alcool cheap, la bouffe grasse et Netflix.

Analyse la trajectoire de ta vie. Regarde bien tes deux ou trois dernières années, car elles sont une bonne indication d’où elle se dirige.

Demande-toi: si chaque journée de ma vie est exactement comme aujourd’hui, est-ce que je vais atteindre mes objectifs dans le temps souhaité? Si oui, alors tu peux écouter ton émission niaiseuse sans remords. T’as fait une belle job, tu peux même te verser un scotch avec ça! Mais si la réponse est non, demande-toi ce que tu devrais changer à ta routine quotidienne pour corriger la trajectoire de ta vie.

Jim Rohn disait quelque chose comme “Manger du fast food, c’est une mauvaise habitude. Manger du fast food chaque jour pendant 10 ans, c’est un désastre”.

C’est facile de sous-estimer l’importance des petites choses, mais il faut réaliser que ce sont nos habitudes — ce qu’on fait tous les jours — qui déterminent qui nous sommes et quel genre de vie on mène.

Puisqu’on surestime notre “futur-moi” tout en se dissociant de lui, c’est facile de dire “demain”. Mais demain arrive, et le “moi” présent n’a pas plus la force ou la motivation de faire ce qu’il doit faire. Il faut être pessimiste. Se dire que si on ne le fait pas aujourd’hui, on ne le fera pas plus demain.

Le secret n’est pas la pensée magique. Le vrai secret, c’est une dose démesurée d’ambition mélangée à une douche froide de réalisme.

Fin de l’extrait. 

1 Les obsessions du perfectionniste

Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Comment reconnaître que c’est un problème et surmonter sa phobie de l’imperfection en 8 étapes

Il y a un truc qui ne tourne pas rond dans notre société: l’idée qu’on se fait de la perfection.

C’est un état qu’on passe notre vie à rechercher: le corps parfait, la maison parfaite, l’alimentation parfaite, le métier parfait…

On glorifie l’idée de la perfection comme étant une finalité à atteindre pour être heureux. Pourtant, on vit dans un monde où il y a une énorme différence entre ce qui “est” et ce qui “paraît être”. Pensons simplement à Facebook. On choisit rarement de mettre en photo de profil notre look le plus authentique du samedi matin au réveil ou de publier des vidéos de nos chicanes de couple… On choisit plutôt notre plus belle photo, celle qui nous avantage le mieux même si elle commence à dater de quelques années, et on ne publie que les photos de couple où tout est rose et parfait avec des coeurs qui flottent dans l’air et des anges joufflus qui jouent de la harpe.

L’envie d’être parfait nous suit même au travail. Ironiquement, le perfectionnisme peut également nous empêcher d’être productifs et nuire énormément à notre rendement.  

Personne n’est parfait

C’est une très bonne chose d’être rigoureux, minutieux et de s’appliquer dans son travail. Le problème, ce n’est pas de viser l’excellence, c’est la panoplie d’émotions et de conséquences négatives qui se produisent quand la perfection devient une obsession.

Premièrement, c’est contre-productif et ça nous complique la vie. Ça fait en sorte qu’on perd énormément de notre temps sur des détails qui, finalement, n’ont pas vraiment d’importance.

Deuxièmement, ça complique la vie et éprouve la patience des gens qui nous entourent et ne partagent pas nos idéaux.

Troisièmement, ça peut mener à des problèmes psychologiques et même physiques : frustration, anxiété, insatisfaction, confusion, épuisement émotionnel, honte, culpabilité, dévalorisation de soi-même, problèmes de sommeil, anxiété, dépression, maux de tête, maux d’estomac, et même de l’hypertension. (source)  

Comment surmonter son perfectionnisme  

Heureusement, même si le perfectionnisme est un trait de personnalité très envahissant et souvent problématique, c’est possible d’apprendre à repérer nos comportements obsessionnels et d’y mettre un terme à l’aide des huit étapes suivantes: 1-Différencier le normal de l’obsessionnel, 2-Identifier les comportements problématiques, 3-Remettre tes objectifs en perspective, 4-T’accorder le droit d’être humain, 5-Affronter tes peurs, 6-Accepter la critique, 7-Lâcher prise, 8-Te comparer à toi-même.

Étape 1: différencier le normal de l’obsessionnel.

C’est normal de viser l’excellence et c’est même une très bonne chose, à condition que tu sois heureux avec tes qualités et compétences actuelles et que tu utilises tes ambitions de perfection comme moyen pour continuer à t’améliorer.

Si, par contre, tu n’es jamais satisfait de ton travail, que tu as l’impression de ne jamais être assez doué et que ton bonheur dépend de l’atteinte de tel ou tel but, c’est une autre paire de manches.

Les différents niveaux de perfectionnisme

Le psychologue américain Robert Hill et ses collègues du département de psychologie de l’Appalachian State University ont présenté un inventaire des principales tendances du perfectionnisme en huit niveaux:  

  1. La peur de faire des erreurs: tendance à ressentir de la détresse ou de l’anxiété à l’idée de faire une erreur.
  2. Attentes élevées envers les autres: tendance à s’attendre des autres qu’ils atteignent nos propres idéaux perfectionnistes.
  3. Le besoin d’approbation: tendance à rechercher la validation des autres et à être sensible à la critique.
  4. L’organisation: tendance à être soigné et ordonné.  
  5. La pression parentale: tendance à ressentir le besoin de performer parfaitement pour obtenir l’approbation parentale.  
  6. La planification: Tendance à planifier d’avance et prendre le temps de délibérer avant de prendre une décision.  
  7. La rumination: tendance à se tourmenter de façon obsessionnelle avec les erreurs passées, les performances imparfaites, ou les erreurs futures.
  8. La recherche de l’excellence: tendance à poursuivre les résultats parfaits et à avoir de hauts standards.

Les signes qui ne mentent pas

Pour savoir si le perfectionnisme est problématique pour toi, commence par te poser les questions suivantes:

  • Est-ce que tes objectifs sont souvent très difficiles, voire impossibles à atteindre?
  • Est-ce que tu as du mal à être vraiment satisfait de ton travail, peu importe les efforts que tu y as mis?
  • Est-ce que tu es obsédé par des détails qui, au final, n’ont pas un grand impact sur tes performances et tes objectifs à long terme?
  • Est-ce que tu as du mal à mettre le point final sur une tâche et a toujours “juste un dernier détail” à vérifier?
  • Est-ce que tu vis tes erreurs comme des échecs?

Si tu as répondu “oui” à une ou plusieurs des questions ci-dessus, ton niveau de perfectionnisme est problématique.

Étape 2: identifier les comportements problématiques

Quels sont les niveaux de perfectionnisme auxquels tu t’identifies? Peut-être que dans ton cas, c’est strictement organisationnel (un indice: si tu ne peux pas tolérer de voir une toile qui n’est pas au niveau sur un mur ou si tes livres sont rangés de façon symétrique dans ta bibliothèque) ou encore, tu as peut-être besoin d’approbation et es très sensible à la critique. Quoi qu’il en soit, si tu y réfléchis bien, tu peux probablement déceler des moments particuliers ou des éléments qui vont t’inciter à avoir des comportements perfectionnistes.

Comportements communs

L’un des comportements les plus communs est la tendance à procrastiner et à remettre sans cesse à plus tard le début d’un travail. Quand on a l’impression que chaque tâche doit être réalisée parfaitement, on devient rapidement submergé par l’impression qu’il y  en a trop à faire et la peur de ne pas bien réussir. Le simple fait de penser à commencer le travail peut être suffisant pour causer de l’anxiété et de l’évitement cognitif.  

Un autre trait fréquent du perfectionniste est la difficulté à bien travailler en équipe. Quand on a l’impression que le travail des autres n’est jamais à la hauteur de nos attentes, on préfère généralement faire le plus gros des tâches pour s’assurer de la qualité du résultat. On a ensuite l’envie irrésistible de repasser par-dessus le travail de nos coéquipiers et, si on ne le fait pas, on est presque immanquablement frustrés et déçus du résultat final.

Étape 3: remettre tes objectifs en perspective

Quelles tâches sont réellement importantes?

Est-ce que les tâches dans lesquelles tu es perfectionniste sont si importantes que ça? Si tu fais une chirurgie dans un cerveau ou une opération à coeur ouvert, ok, c’est assez important d’être très, très minutieux. Quand les conséquences d’une simple erreur peuvent être fatales, c’est un comportement normal de vouloir les éviter à tout prix.

Mais ce n’est pas le cas si les conséquences d’un travail qui est juste assez bien versus un travail parfait sont limitées à ta perception des résultats.

Par exemple, si tu passes des heures à choisir la police d’écriture parfaite pour le titre d’un document, les seules conséquences qui seraient arrivées si tu avais plutôt pris 10 minutes à la choisir seraient que tu n’aurais pas trouvé le document assez parfait à ton goût. Les chances sont minces que la personne qui aurait reçu le document ait comme première réaction “Ma foi du Bon Dieu, mais quelle police d’écriture complètement non professionnelle! Je refuse de lire un tel document et de considérer son contenu!”

En fait, l’élément le plus important à considérer pour savoir si le perfectionnisme est justifié est le but que doit atteindre le travail en cours.

Pour t’assurer que tes idéaux de perfection ne nuisent pas à ton travail, tu dois absolument remettre tes buts en perspective et ne pas travailler plus que ce qui est nécessaire pour les atteindre.

Ne perds pas de vue l’objectif final

Selon le principe de Pareto, 80 % des résultats sont obtenus grâce à 20 % de nos efforts. Autrement dit, dans toutes les tâches qu’on accomplit, seulement 20% sont réellement importantes pour obtenir la majorité des résultats.

Le principe de Pareto

Quand on est perfectionniste, c’est très difficile de ne pas s’impliquer à 150% dans toutes les tâches et de faire la différence entre les tâches importantes, celles qui le sont moins et celles qui ne le sont pas vraiment.  

Bref, pour empêcher ton obsession du travail parfait de mettre un frein sur ta productivité, tu dois toujours garder en tête ton objectif final et faire la différence entre ce que tu DOIS atteindre et ce que tu AIMERAIS atteindre comme résultat. Il faut faire des compromis!

Contente-toi de “juste assez bien”  

As-tu déjà entendu l’expression “le meilleur est l’ennemi du bien”? Ça signifie que quand on a quelque chose de très bien, on risque de le gâcher en allant sans cesse à la recherche de mieux.

Alors, à ton travail, avant d’entreprendre une tâche demande-toi ce qui devrait être accompli pour que ce soit “juste assez bien” pour atteindre tes buts. Puis, détermine le temps que ça devrait te prendre à la réaliser et fait tout ton possible pour ne pas dépasser ton échéancier. Les tâches ont la fâcheuse tendance à prendre tout le temps qu’on leur accorde pour être réalisées. C. Northcote Parkingson explore ce phénomène dans un texte désormais célèbre intitulé Les lois de Parkinson.

Individuellement, tes tâches accomplies ne se démarqueront peut-être pas autant, mais ça va te libérer plus de temps que tu pourras consacrer aux tâches plus importantes qui, au final, vont te permettre d’atteindre tes objectifs plus rapidement et plus efficacement.

“Success is about doing the right thing, not about doing everything right.” Gary Keller, The One  Thing.

Étape 4: t’accorder le droit d’être humain

Probablement que si tu étais un cyborg, tu aurais la vie plus facile au travail. Mais ce n’est pas le cas, tu es un modèle humain unique mais standard et tu fais des erreurs, comme tout le monde.

N’oublie jamais que personne n’est parfait et que tes lacunes ou tes erreurs ne font pas de toi un mauvais employé. Tu ne seras pas rejeté ou considéré comme étant moins important parce que ton travail n’est pas toujours couronné d’un halo de perfection.

Tire profit de tes échecs

As-tu déjà entendu parler du FailCon? C’est un événement qui a débuté à San Francisco en 2009 et qui a maintenant lieu annuellement un peu partout dans le monde.  Il s’agit d’une journée de conférences consacrées à mettre de l’avant les échecs des différentes entreprises présentes pour les étudier, y réfléchir et en tirer des leçons qui pourraient aussi être bénéfiques à d’autres. L’échec est donc présenté comme un outil à utiliser pour aller de l’avant et mieux comprendre les mécanismes essentiels au succès.  

Alors, la prochaine fois que tu vis un échec, inspire-toi du FailCon et ne le considère pas comme quelque chose de négatif, mais comme une opportunité pour mieux comprendre une problématique et t’aider à trouver des solutions.

Étape 5: Affronter tes peurs

Être perfectionnistes, c’est un peu comme avoir une phobie. Sauf qu’au lieu d’être terrifié par les clowns ou les araignées, tu es terrifié à l’idée de ne pas être aussi parfait que tu pourrais l’être.

Ose être imparfait

Quand on est perfectionniste, on est souvent du genre à ne pas essayer des choses ou faire des activités de peur d’avoir l’air ridicule. On s’empêche de participer à un karaoké parce qu’on n’a pas la voix de Céline Dion ou bien on refuse de laisser quiconque constater que notre maison n’est pas toujours étincelante.

Il faut affronter ce genre de situation pour venir à bout du perfectionnisme. Alors, petit à petit, mets-toi volontairement dans des situations où les gens autour de toi pourront constater que tu n’es pas parfait et que tu as des faiblesses. C’est terrifiant, c’est comme une mise à nue mentale, mais c’est la façon la plus efficace de ne pas laisser tes obsessions te contrôler.

Étape 6: accepter la critique

Évidemment, ce n’est jamais agréable de faire critiquer son travail. Mais si tu fais une crise de panique chaque fois que tu es critiqué, tu dois absolument apprendre à te détacher émotionnellement.

C’est très rare que les commentaires sur ton travail soient formulés dans le seul but de détruire ton estime personnelle. Généralement, ils proviennent d’un authentique désir de t’aider à t’améliorer.

Alors met tes peurs de côté, ce n’est pas la fin du monde si tu n’es pas parfait et les critiques sont une bonne opportunité pour t’aider à développer de nouvelles façons de faire et t’améliorer.

Par contre, toutes les critiques ne sont pas nécessairement pertinentes et tu peux aussi les ignorer. Il faut en prendre et il faut en laisser. Pour savoir si tu devrais porter attention à une critique, évalue les points suivants:

  • De qui provient cette critique? Est-ce que son opinion devrait être importante pour toi?
  • Est-ce cette personne sait de quoi elle parle ou elle a lancé un commentaire sans fondement?
  • Quelle leçon peux-tu tirer de cette critique qui pourrait t’aider à t’améliorer?
  • Est-ce que c’est une critique constructive? Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas la peine de t’en préoccuper.

Bref, les critiques ne sont généralement pas des attaques personnelles et si elles le sont elles ne méritent pas d’être considérées. Même si les critiques sont constructives, elles ne déterminent pas ta valeur et ne sont pas représentatives de l’ensemble de ton travail. Ne te sens pas triste et diminué dans tes compétences à cause d’un mauvais commentaire!  

Étape 7: lâcher prise

Tout n’est pas noir ou blanc, comme tout n’est pas parfait ou nul. Il faut apprendre à reconnaître les zones grises et comprendre que c’est tout à fait correct, et même nécessaire, de s’y trouver de temps à autre pour pouvoir mieux équilibrer notre productivité avec nos émotions.

Une des choses les plus difficiles à faire est d’apprendre à reconnaître quand le travail est terminé. En arts visuels par exemple, on apprend qu’on peut retoucher une toile à l’infini, alors c’est important de savoir s’arrêter et reconnaître à partir de quel moment le travail est satisfaisant. Le même principe s’applique dans la grande majorité des domaines. Il faut simplement accepter le fait que rien n’est jamais véritablement terminé et trouver l’équilibre nécessaire pour passer à autre chose et ne pas laisser le perfectionnisme nous retarder.    

Lâcher prise sur son perfectionnisme, c’est accepter nos imperfections et celles qui se retrouvent dans notre travail.

Donc, détermine à partir de quel moment tu considères que le résultat de ton travail est assez bien pour atteindre tes objectifs, sans nécessairement être parfait, et dès que tu atteins ce point passe à autre chose et ne reviens pas en arrière.

Ne perds pas ton temps, ton énergie et ton moral à t’essouffler sur des détails qui n’ont au final que peu ou pas d’impact réel.

Étape 8: te comparer à toi à toi-même

Pour mesurer nos compétences et nos succès, on a tous tendance à se comparer aux autres. Ça nous fait tomber très rapidement dans un cercle vicieux où on n’est jamais satisfait et on finit par penser qu’on ne vaut pas mieux qu’un tas d’ordures.

Le problème, c’est que c’est comme comparer une pomme avec une banane: tu es unique et personne n’a exactement les mêmes compétences, le même vécu et la même expérience que toi. Excepté toi-même.

Alors, ne te compare pas aux autres, mais plutôt à la personne que tu étais hier, le mois passé ou l’an passé. Ce faisant, tu vas réaliser tout le chemin que tu as parcouru et à quel point tu t’es amélioré dans certains domaines ou, au contraire, tu pourras prendre conscience que tu stagnes à certains niveaux. De cette façon tu vas pouvoir te fixer des objectifs réalistes et qui correspondent véritablement à tes habiletés et capacités.  

Vise à devenir chaque jour une meilleure version de toi-même au lieu d’essayer d’être la meilleure version de quelqu’un d’autre!

Conclusion

Être perfectionniste dans un monde qui glorifie la perfection, à première vue, ça ne semble pas être un trop grand problème.

Malheureusement, c’est un trait de personnalité qui peut rapidement prendre des airs de trouble obsessionnel. Dans un contexte professionnel, c’est un ennemi sournois qui peut faire des ravages sur ta productivité.

Heureusement, après avoir pris conscience du problème, tu peux arriver à surmonter ton perfectionnisme et l’empêcher de te nuire en suivant les huit étapes suivantes:

1-en apprenant à différencier les comportements normaux qui découlent de la rigueur et de la minutie de ceux qui proviennent d’un perfectionnisme malsain, 2-en identifiant les comportements qui sont problématiques pour toi, 3-en remettant tes objectifs en perspective pour t’assurer de ne pas perdre ton temps à être obsédé par des détails, 4-en t’accordant le droit d’être humain et de faire des erreurs, 5-en affrontant tes peurs d’être vulnérable à cause de tes imperfections, 6-en acceptant la critique, 7-en lâchant prise et en acceptant pleinement tes défauts et ceux de ton travail et 8-en ne te comparant qu’à toi-même pour te fixer des attentes et objectifs réalistes.

Alors, ne laisse pas le perfectionnisme contrôler ta vie et nuire à ton travail. N’oublie pas, il faut parfois accepter les zones grises, lâcher prise et accepter que les imperfections sont nécessaires pour équilibrer ta productivité, tes émotions et l’usage de ton temps.