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Comment éviter les distractions et vaincre la procrastination

John Smith — explorateur anglais, soldat et écrivain — est mieux connu pour son rôle dans la mégaproduction de Disney: Pocahontas.

Selon le film, John (un grand et courageux explorateur) et Pocahontas (une native américaine; également fille du grand chef Powhatan) forment une relation improbable qui déclenche une guerre entre les Anglais et les natifs. Pris de rage, le père de Pocahontas tente d’exécuter John Smith, mais cette dernière le sauve in extremis en se jetant courageusement devant lui, arrêtant l’arme de son père.

Le principal antagoniste, John Ratcliffe, leader de l’expédition et gouverneur de la colonie, profite de la capture de John Smith comme excuse pour attaquer et détruire sauvagement le village de la tribu de Powhatan dans l’espoir de voler leur or (qui n’existe même pas). Pocahontas et John Smith doivent tragiquement se séparer alors que John doit retourner en Angleterre, mais lui promet de revenir.

J’aurais beaucoup de sympathie pour John, si ce n’était que les historiens nous présentent une version drastiquement différente des faits.

La vraie histoire de John Smith n’est pas celle d’un drame romantique, mais bien celle d’un égomaniaque mythomane aux idées de grandeur. George Percy, un des leaders de l’expédition et éventuellement gouverneur de la Virginie, décrivait John comme “Un homme ambitieux et sans mérite qui ne cherche que la gloire.”

Dans les faits, John et Pocahontas (alors âgée de 11 ans) n’ont jamais développé de relation. John a inventé l’histoire après que Pocahontas soit devenue célèbre puisque son mari (John Rolfe) l’a présentée en Angleterre comme étant la “première sauvage réformée”.

En réalité, John a conspiré avec deux autres conseillers pour déposer le président et nommer Ratcliffe à sa place. Pour le remercier, ce dernier le nomme en charge du commerce avec les “Indiens”.

En décembre 1607, le groupe de Smith se fait attaquer lors d’une expédition par les guerriers du clan Powhatan. Les natifs ne laissent qu’un seul survivant: John Smith. Le reste de l’histoire est incertain, mais la version la plus connue est celle du film: les natifs étaient prêts à exécuter John, mais Pocahontas lui sauva la vie en défiant son père. Cette version a été écrite par John lui-même en 1624 (17 ans plus tard). Pocahontas n’a pas pu donner sa version des faits puisqu’elle est morte en 1617, lors de son voyage en Angleterre, d’une cause inconnue.

Au retour de John, les colons profitent de l’opportunité pour s’en débarrasser (ils le détestaient tous) en le blâmant pour la mort de son groupe. La sentence devait être exécutée le lendemain matin, mais la chance en a voulu autrement. Le soir même, le camp, alors pris par la famine, a été surpris par l’arrivée de 100 nouveaux colons apportant nourriture et équipement.

Ils ont donc fêté toute la nuit… oubliant complètement l’exécution qui devait avoir lieu le lendemain matin. Sa mise à mort a donc été reportée à plus tard, puis à plus tard, puis oubliée.

Tu as bien lu… John Smith a été sauvé par la procrastination.

L’ennemi en soi

Selon la troisième loi de Newton, chaque action entraîne une réaction équivalente opposée.

Cette force agit autant sur le plan physique, social que psychologique.

Le penchant psychologique de cette loi est expliqué en détail dans l’excellent livre: The War of Art, par Steven Pressfield.

“Il existe un secret qui différencie les écrivains des amateurs: écrire est facile. Ce qui est dur, c’est de s’asseoir pour écrire. La force qui nous empêche de nous asseoir se nomme la résistance.”

La résistance est une force interne qui a pour seul objectif de saboter notre productivité. Elle est son ennemi naturel.

Plus la tâche est importante, plus la résistance est grande.

C’est un agent insidieux, il se dissimule en attirant l’attention sur autre chose que lui-même. “C’est de la faute de ton patron, ta femme, tes enfants, tes collègues”. Il chuchote subtilement à notre oreille, faisant passer ses idées pour les nôtres.

La résistance est sournoise , elle va TOUT faire pour t’empêcher d’accomplir ton travail: te cajoler, t’intimider, te séduire, te mentir… Elle va argumenter comme un avocat, flatter ton égo comme une prostituée et te pointer un 9mm en plein visage comme un bandit.

La résistance n’a pas de fierté, elle va te donner quelque chose d’une main et se servir dans tes poches de l’autre.

Vaincre la résistance est simple: on doit se réveiller, s’asseoir et travailler jusqu’à ce qu’on ait tout donné. C’est un combat quotidien, une guerre qui ne prendra jamais fin.

Dans ce chapitre, je vais te donner les meilleures armes et munitions que j’ai trouvées pour combattre cet ennemi vicieux et infatigable.

S’enchaîner à son travail

Herman Melville était incapable de terminer son roman: Moby-Dick. Sa solution? Il demandait à sa femme de l’enchaîner chaque jour à son bureau jusqu’à ce qu’il termine.

Victor Hugo avait une méthode similaire. Pour l’aider à écrire “Les Misérables” et “Le bossu de Notre Dame”, il s’enfermait nu dans son bureau et ordonnait à sa servante de lui rendre ses vêtements uniquement à la fin de la journée.

La réponse à la procrastination est simple: on s’enferme dans son bureau en se laissant deux options — travailler ou fixer le mur.

La résistance va se manifester sous forme de distractions, d’ennui, de rêverie, de fatigue… Mais si on tient notre bout, l’inspiration va éventuellement apparaître et la résistance aura été vaincue.

Malheureusement pour nous, la résistance possède maintenant une arme qui n’existait pas à l’époque d’Herman Melville ou de Victor Hugo — ton téléphone.

Ferme ta sonnerie, désactive toutes tes notifications, mets tes écouteurs et travaille. Ton objectif quotidien est simple: trouver le flow.

Le secret des maçons

Il y a deux choses que j’aime chez Will Smith: son film “I, Robot” et son entrevue avec Charlie Rose.

Ma citation favorite de cette entrevue est la suivante:

“On ne commence pas sa journée en voulant construire un mur. On ne se dit pas: “Je vais construire le plus gros, le plus impressionnant et le plus grand mur jamais construit”. On ne commence pas là, on dit: “Je vais poser cette brique aussi parfaitement que cette brique peut être placée.” Fais ça chaque jour et bientôt tu vas avoir un mur.”

Lorsqu’on s’enchaîne à son bureau, qu’on est sous le siège de la résistance, la première chose à faire est d’appliquer le même principe qu’avec le just in time learning — morceler une tâche complexe en petites tâches simples — diviser le mur en briques.

Aussitôt qu’on pose la première brique, on génère un momentum qui rend la deuxième plus facile à poser.

Lorsqu’on essaie de pousser une voiture, on doit dépenser plus d’énergie lorsqu’elle est immobile que lorsqu’elle est déjà sur sa lancée. Le même principe s’applique à notre travail.

Le pseudo-travail

Ce n’est pas parce qu’on s’enchaîne à notre bureau que le combat contre la résistance est gagné. Lorsque tu affrontes ton travail, la résistance va attirer ton attention vers du pseudo-travail: meetings, recherche, planification…

Elle va te dire “Hey, tu as un nouvel e-mail, vas l’ouvrir! C’est peut-être important”, “Je me demande combien de gens ont visité ton site web aujourd’hui?”, “Qui est cette personne qui a commenté sur notre page LinkedIn?”

Chacune de ces activités nous donne l’impression d’être du travail — ce sont des distractions.

La plus grande de ces distractions est: la préparation.

C’est plus agréable de réfléchir à un projet que de l’exécuter. Rêvasser, anticiper, définir ou planifier nous donne l’impression de progresser. C’est une illusion.

Bruce Lee disait: “Si tu investis trop de temps à réfléchir à tes objectifs, tu ne les atteindras jamais.”

Ceci étant dit, la sagesse se trouve au milieu. Lire ses e-mails, animer ses médias sociaux, planifier un projet… Une partie de ton pseudo-travail doit quand même être effectuée — un mal nécessaire.

La solution pour éviter de perdre trop de temps avec ça est donc simple: il faut le prévoir et lui donner sa place respective dans notre horaire.

Commencer sa journée avec du pseudo-travail revient à attribuer tes meilleures ressources cognitives aux tâches les moins importantes. Chaque jour, travaille sur ce qui est important en premier et réserve ta dernière heure pour le non essentiel.

Lorsque la résistance te chuchote: “Je me demande on a fait combien de ventes aujourd’hui”, réponds-lui: “On ira voir à 16 h”. Garde tes heures les plus productives pour ton aire d’impact.

La loi de Parkinson

Imagine que tu es en voyage d’affaires et que l’entreprise pour laquelle tu travailles (une grosse multinationale) te rembourse tes repas (120 $ par jour) et dépenses d’hébergement (400 $ par jour).

Vas-tu manger des McValeurs toute la journée? Ou, comme la plupart des gens, vas-tu en profiter pour manger dans de bons restaurants et dépenser le maximum possible chaque jour? Vas-tu te louer une chambre dans un motel crasseux, ou une suite dans un Hilton?

Est-il plus probable que tu dépenses moins que la limite? Ou que tu dépasses le montant alloué et payes la différence de ta poche?

La loi de Parkinson veut que la gestion du temps fonctionne exactement comme un fonctionnaire en voyage d’affaires. Accomplir une tâche prend au moins 100 % du temps qu’on lui attribue.

La raison est simple: si on te donne cinq jours pour accomplir une tâche de deux heures, tu vas complexifier la tâche jusqu’à ce qu’elle occupe toute ta semaine. Le temps supplémentaire n’est pas nécessairement investi à travailler, mais bien souvent à planifier, stresser et faire plus de pseudo-travail.

Par exemple, si on te donne deux mois pour accomplir un travail qui prend trois semaines, tu vas “planifier”, “méditer” et procrastiner pendant sept semaines pour finalement n’avoir d’autre choix que de travailler 12 h par jour la dernière semaine.

La résistance te fait sortir faire la fête ou prioriser du faux travail sous prétexte que “Tu es bon! Ça ne va te prendre que quelques jours.” Il te fait sous-estimer la quantité réelle de travail pour ensuite déléguer le tout à ton “futur toi”, chose que l’on fait avec plaisir puisqu’on pense à notre futur soi comme étant un étranger tout puissant.

Cette loi sabote non seulement les travaux de session des étudiants, mais s’en prend également aux tâches simples présentes dans n’importe quelle organisation.

Répondre à ses courriels, publier sur les médias sociaux, écrire un article de blogue…

Est-ce que ça prend vraiment 30 minutes écrire un courriel qui dit essentiellement “non, on n’est pas intéressés”? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une heure pour faire l’image parfaite à publier sur sa page Facebook? Doit-on vraiment passer quatre jours sur un article de blogue à formuler, reformuler, effacer et recommencer?

La résistance nous convainc que tout ce qu’on publie doit représenter fidèlement ce que nous sommes: parfaits. Par conséquent, on accorde une importance démesurée à des choses anodines.

Comme le gestionnaire de médias sociaux qui insiste qu’on doit publier exactement 2,43 fois par jour, soit à 7 h 13, 11 h 43 et 3 h 10. Comme le graphiste qui s’énerve lorsque tu écris en Times 12 pt alors que la charte graphique dit très spécifiquement qu’on doit utiliser Times 11 pt. Comme le chef cuisinier qui tient absolument à ce que tu saupoudres les épices dans le sens antihoraire.

La résistance nous fait nous accrocher dans les fleurs du tapis en nous convainquant que ces fleurs sont bien tangibles et importantes.

La raison pour laquelle on la laisse nous manipuler est simple: puisqu’on croit en notre propre importance, alors les tâches qu’on fait doivent conséquemment être importantes.

Elle nous force à créer des critères d’excellence qui n’existent pas (le sens dans lequel on doit saupoudrer les épices) et on juge les autres qui effectuent cette même tâche sans regard pour ces critères (je suis donc meilleur qu’eux).

Lorsque j’ai débuté mon entreprise (La Tranchée), une des tâches à faire était la création d’un logo.

Créer un logo peut être un processus excessivement long et complexe (faire des focus groups, brainstorms, sondages, etc.) ou excessivement simple.

Dans mon cas, j’ai décidé d’utiliser la deuxième approche. J’ai pris ma tablette électronique et j’ai écrit à l’aide de mon crayon: La Tranchée.

J’ai reculé d’un pas, tourné la tête au 45°, repris mon crayon pour ajouter de petites barres autour:

Le processus aura pris, à peu près, cinq minutes.

J’aurais pu me donner une semaine pour créer un logo différent, mais est-ce que ça aurait vraiment été un “meilleur” logo? Et si c’était le cas, aurait-il été suffisamment meilleur pour justifier une semaine de plus pour lancer mon projet?

Abraham Lincoln disait: “Si on me donne six heures pour abattre un arbre, je vais passer les quatre premières à aiguiser ma hache”. Si Lincoln avait connu la loi de Parkinson, il aurait plutôt passé 15 minutes à affûter sa hache, 2 h à abattre l’arbre et le temps restant à faire autre chose de plus productif (ou abattre d’autres arbres).

Il ne faut pas se dire “j’ai cinq jours pour accomplir cette tâche”, mais bien “comment est-ce que je peux compléter cette tâche le plus rapidement possible pour ensuite investir la balance de temps dans autre chose?”

Si tu manges ce biscuit, les terroristes gagnent.

Ça fait une semaine que tu as commencé un nouveau régime et tu as déjà perdu 2 lbs! Tout fier, tu décides de te laisser tenter lorsque ta mère vient te visiter avec des biscuits maison. “Juste un!”

Peu importe qu’on veuille perdre du poids, gagner du muscle ou travailler plus fort, il faut s’attendre à affronter la résistance. Elle nous teste, nous tente, nous réconforte. Chaque fois qu’on cède, qu’on la laisse gagner, elle devient plus forte.

Dès qu’on cède une fois, on tombe dans le piège du “Ah pis d’la marde”. (Appelé “What the hell effect”. Cliquer ici pour en savoir plus)

Le premier cookie était si bon… qu’on veut en prendre un deuxième! Et puisqu’on a déjà triché aujourd’hui, quel mal ça peut faire d’en prendre un autre?

“En veux-tu encore Olivier?” me demande ma mère. “Ah pis d’la marde, amène-moi la boîte!”

Pour éviter ce piège, il faut comprendre que si on dit oui au biscuit, les terroristes gagnent.

On se laisse convaincre qu’il s’agit d’une exception, qu’on va se reprendre le lendemain, excepté qu’il y a toujours une autre exception qui nous attend au détour.

Pour trouver le courage de dire non, il faut assumer que tricher une fois revient à tricher chaque fois. Après tout, how you do anything is how you do everything…

Comment gagner la guerre

“On doit commencer à écrire, même quand on ne sait pas quoi dire” – Dany Laferrière

Il est 9 h, tu es bien installé à ton bureau, prêt à créer.

9 h 15, tes yeux sont rivés sur le clignotement de ton curseur, ta page est complètement blanche.

Tu commences à angoisser… Est-ce que les mots vont finir par arriver? Combien de temps vas-tu passer à fixer ton écran en recherche d’inspiration?

Cinq autres minutes passent, tu ne fais aucun progrès. C’est là qu’il cogne à ta porte: “tu devrais vider ta boîte courriel, peut-être que ça va aller mieux après”.

Mensonge!

Écris quelque chose, n’importe quoi, mais écris quelque chose. Commence par un mot, une phrase, un paragraphe.

Fixe-toi un objectif facile à atteindre, comme 500 mots, et écris tout ce qui te passe par la tête jusqu’à ce que tu l’aies atteint!

Chris Guillebeau explique dans son article — “comment écrire 300 000 mots en une année” —  qu’il écrit 1 000 mots par jour, six jours par semaine. C’est d’ailleurs cette habitude qui lui a permis de publier cinq livres (~300 pages chacun) en sept ans (ainsi que des centaines d’articles de blogue!).

Fais comme lui. Fixe-toi une quantité minimale de travail que tu dois absolument accomplir chaque jour. Pas nécessaire que ce soit un nombre de mots (nous ne sommes pas tous des auteurs comme Chris), mais trouve-toi un équivalent pertinent à ta situation.

Ta liste de tâches en cache sans doute une qui, une fois complétée, fait de ta journée une réussite et t’avance d’un pas vers ton but. Aie comme objectif de faire au moins une de ces tâches par jour.

N’attends pas, pose une brique. Ferme ton téléphone et procrastine ton pseudo-travail. Fais le travail important en premier, garde le mal nécessaire pour la fin. Reste dans ton aire d’impact le plus longtemps possible, reste en flow le plus longtemps possible.

Fais ça chaque jour, chaque semaine et n’arrête pas. Bien vite, tu vas te retourner et être étonné par l’impact phénoménal de ton propre travail.

Certes, tu ne pourras jamais gagner la guerre, mais crois-moi, la vie est plus belle lorsqu’on gagne nos batailles.

Fin de l’extrait

Nous sommes prisonniers de nos croyances limitantes.

5 étapes pour se libérer de ses croyances limitantes

Ce que l’on est, notre façon de penser et d’agir, tout comme ce qu’on a le potentiel d’accomplir, dépend grandement de nos croyances.

Croyancenom féminin: Fait de croire à l’existence de quelqu’un ou de quelque chose, à la vérité d’une doctrine, d’une thèse. (Larousse)”

Autrement dit:

  • Si on croit que la terre est plate, on n’essaie pas d’en faire le tour en bateau.
  • Si on croit qu’une sécheresse est une punition divine, on fait la danse de la pluie plutôt que de mettre au point des techniques d’irrigation efficaces.
  • Si on croit qu’on n’est pas capable d’apprendre à utiliser WordPress ou Photoshop parce qu’on est nul en informatique, alors on ne se donne pas vraiment la peine de l’essayer.

Tu commences sans doute à voir où je veux en venir…

Quand ce qu’on croit nous empêche d’avancer, que ce soit à l’échelle d’une société ou d’un individu, c’est un réel problème. On appelle les croyances en nos limites ou incapacités les croyances limitantes.

On n’est pas faits en verre…

En Europe vers la fin du Moyen âge, une forme de croyance limitante assez particulière a marqué une véritable vague de désordres psychiatriques: les gens atteints étaient convaincus qu’ils étaient faits en verre.

Ils avaient si peur de casser en mille morceaux qu’ils s’empêchaient de sortir, de s’asseoir, s’emmitouflaient dans des couvertures ou des coussins pour protéger leurs corps des bris accidentels et évitaient tout contact physique. Ce délire aurait même atteint le roi Charles VI de France qui, paraît-il, portait des vêtements renforcés et refusait que quiconque le touche.

On n’entrera pas dans les détails des causes de la popularité de cette croyance particulière à ce moment précis de l’histoire. Disons simplement que, même si c’est un exemple assez extrême, il démontre à quel point une croyance bien ancrée peut nous paralyser, nous empêcher d’agir et nous servir à justifier des comportements autrement irrationnels!

Les croyances limitantes: un frein à la carrière

Au travail, les croyances limitantes sont souvent le principal obstacle qui se dresse sur le chemin de l’atteinte de notre objectif professionnel.

C’est la petite voix dans notre esprit qui nous dit qu’une tâche est trop difficile, qu’on n’est pas  assez bon ou qu’on n’a pas les compétences pour la mener à bien. C’est une façon inconsciente de justifier l’inaction qui nous permet de rester en terrain connu et d’éviter de se sentir vulnérable.

Pour atteindre notre plein potentiel et vivre une carrière véritablement enrichissante et gratifiante, il est donc primordial d’apprendre à reconnaître et neutraliser les croyances limitantes.

Pour ce faire, il faut d’abord prendre conscience des croyances limitantes qui nous habitent, utiliser la méthode “Coué” et la visualisation pour les neutraliser, sortir de sa zone de confort et adopter des comportements qui vont nous permettre de nous en débarrasser.  

1-Prendre conscience

La première étape pour neutraliser les croyances limitantes est de prendre conscience de leur existence.

Conscience, nom féminin: En psychologie, il s’agit de la “fonction de synthèse qui permet à un sujet d’analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l’avenir.” (Larousse)

Nos croyances prennent toutes racine quelque part et sont assimilées par notre cerveau d’une façon semblable à nos souvenirs. Elles proviennent généralement de notre expérience personnelle et de notre exposition à différents stéréotypes au fil du temps.

Dans une situation où on fait face, par exemple, à l’échec ou l’humiliation, notre cerveau peut intégrer de nouvelles croyances limitantes qui vont tenter d’empêcher que la situation ne se reproduise dans l’avenir.  

C’est pourquoi de l’anxiété et un sentiment de peur vont souvent se manifester par la suite à la simple pensée de faire quelque chose qui va à l’encontre de ce que l’on croit.

C’est à ce moment précis qu’on tombe dans le piège!

Les croyances limitantes peuvent généralement être regroupées en trois catégories: le désespoir (ça ne changera rien), l’impuissance (je ne suis pas capable) et l’absence de valeur (je ne mérite pas).

Alors, pour détecter quelles croyances limitantes t’empêchent d’avancer dans ta carrière, considère la liste suivante et demande-toi si certaines de ces pensées te sont familières:

  • Je ne suis pas doué dans “X” domaine et ça ne changera jamais.
  • Je comprends que ça s’applique à certains, mais pour moi ce n’est pas pareil…
  • Je n’ai pas la capacité physique de faire “X”
  • Je suis trop vieux / trop jeune pour faire “X”
  • Je ne mérite pas “X” opportunité
  • Même si j’essaie, ça ne changera rien.

Ensuite, dresse la liste de tes propres croyances limitantes. Remonte à la source de tes frustrations au travail et investigue sur les raisons qui font en sorte que tu n’as pas l’impression d’être sur la bonne voie pour atteindre la carrière ou le salaire dont tu rêves. Il faut envisager l’avenir avec espoir, prendre conscience de tes capacités et assumer la responsabilité de ton succès.

Finalement, tu dois faire la part des choses et réaliser que ce que tu crois ne reflète pas nécessairement la vérité. Tu as deux choix: céder à la mentalité de victime, ou prendre les choses en main pour parvenir à tes fins.  

2-La méthode Coué

La méthode Coué est une pratique de la pensée positive par l’autosuggestion.

Pour utiliser cette méthode dans le combat contre les croyances limitantes, il faut intercepter chaque pensée négative liée à nos croyances et se répéter l’affirmation inverse dans notre tête.

Par exemple, si tu penses: “Je n’arriverai jamais à accomplir cette tâche”, remplace aussitôt cette pensée par “Je suis tout à fait capable d’accomplir cette tâche.”

Le but est de convaincre ton subconscient que ce que tu te répètes est vrai, de “reprogrammer” tes croyances, en quelque sorte.

Cette méthode à elle seule ne sera sans doute pas suffisante pour enrayer tes croyances limitantes, mais sera d’une aide précieuse pour les combattre.  

3-Visualiser

Si tu ne crois pas pouvoir atteindre un objectif, une méthode efficace pour inverser cette croyance est de visualiser le chemin pour t’y rendre.

Décortique étape par étape tout ce qui serait nécessaire pour atteindre ton but et visualise-toi en train de réaliser ces étapes.

Par exemple, si tu dois apprendre de nouvelles compétences, visualise-toi en train d’écouter un cours en ligne, de lire sur le sujet et de pratiquer ce que tu as appris.

En pavant mentalement le chemin vers ton but, tu prendras confiance et auras davantage de facilité à croire qu’il est atteignable, ce qui te permettra de te défaire graduellement de tes croyances limitantes.

4-Sortir de sa zone de confort

Pour véritablement éliminer les croyances limitantes, il faut sortir de sa zone de confort et passer à l’action.

Pour ce faire, il faut trouver le “comment faire” qui répond par une question à la croyance limitante.

Par exemple, si on se dit : “Je suis trop jeune/vieux pour réaliser cette tâche”. Il faut se demander “Comment faire pour réaliser cette tâche avec brio malgré mon âge?”

Évidemment, en sortant de sa zone de confort et en passant à l’action, on risque tout de même de faire face à un échec. Ce n’est pas grave! Comme l’a si bien dit Einstein: “l’échec ne signifie pas que tu es un échec, ça signifie seulement que tu n’as pas encore réussi.”

L’important, c’est de ne pas se complaire dans l’inaction en jouant à la victime. Il faut tenter d’avancer vers notre objectif et être fiers de nos avancées, peu importe le résultat.

5-Faire comme si

Faire comme si, de l’expression “fake it until you make it” du milieu anglophone, consiste à agir comme agirait une personne qui est l’opposée de nos croyances limitantes.

Si tu te dis “Je n’ai pas assez confiance en moi pour présenter une conférence”, demande-toi comment une personne confiante et à l’aise devant public agit au quotidien? Probablement qu’elle a une démarche assurée, qu’elle ne fuit pas les contacts visuels et qu’elle ne se gêne pas pour s’inclure dans une conversation à laquelle elle pense pouvoir ajouter de la valeur (entre autres).  

En agissant avec le comportement d’une personne à qui l’étiquette de nos croyances négatives ne colle pas, on envoie le signal à notre cerveau que ses croyances sont fausses, ce qui facilite la transition vers de nouvelles croyances plus optimistes. 

“Si tu mets des limites à tout ce que tu fais, elles vont se répandre dans ton travail et dans ta vie. Il n’y a pas de limite. Il y a seulement des niveaux, et tu ne dois pas en rester là, il faut aller au-delà. Un homme doit toujours dépasser son niveau.” Bruce Lee 

Conclusion

Les croyances limitantes sont un réel obstacle à notre accomplissement personnel et professionnel. Pour les empêcher de nuire, il faut apprendre à les neutraliser et les combattre.

La première étape est de prendre conscience des croyances qui nous freinent et d’en dresser la liste. Elles peuvent généralement être regroupées en trois catégories: le désespoir (ça ne changera rien), l’impuissance (je ne suis pas capable) et l’absence de valeur (je ne mérite pas).

Deuxièmement, on peut utiliser la méthode Coué, qui consiste à intercepter nos croyances limitantes et à se répéter mentalement l’affirmation inverse afin de remplacer graduellement les réflexes de notre subconscient.

Ensuite, la visualisation des étapes nécessaires pour la réalisation de nos objectifs rationalise nos peurs et fait en sorte que nos buts semblent beaucoup plus réalistes et accessibles que nos croyances limitantes nous laissaient croire.

Et puis, il faut sortir de sa zone de confort, trouver comment faire pour accomplir ce qu’on pensait impossible et agir comme si nos croyances étaient fausses en adoptant le comportement d’une personne qui ne correspond pas à ces croyances limitantes.

Finalement, il faut demeurer ouverts à l’avis des autres, rester optimistes et considérer l’échec comme une méthode d’apprentissage pour mieux avancer plutôt que comme la preuve d’une incapacité ou d’une limite.

Chaque petite action en direction de ton but va t’aider à l’atteindre et éradiquer tes croyances limitantes. Tes limites sont probablement beaucoup plus loin que ce que tu crois, alors mets-toi à l’épreuve et tu seras agréablement surpris!   

 

L'importance de bien gérer son énergie

Tu perds ton temps si tu ne sais pas gérer ton énergie.

Quels sont les mots qui te viennent spontanément en tête quand je te dis “énergie”?

Électricité, solaire, hydraulique, mouvement? Ou peut-être CrossFit, marathon, et shake? Ou encore café, monster, et sucre?

Ce sont toutes des réponses pertinentes. Par contre, ça démontre qu’on associe inconsciemment l’idée “d’énergie” à l’un de ses aspects particuliers, que ce soit au niveau de la source, des effets ou de l’usage.

Maintenant, si je te demande de penser à ton niveau d’énergie personnel, tu vas probablement penser à l’énergie physique.

Grosse journée = fatigue et manque d’énergie. 4 shooters de double espresso = trop d’énergie pour la league.

Toutefois, ton énergie physique n’est qu’un des éléments à considérer pour gérer ton niveau d’énergie global, qui est en réalité puisé à la source de ces quatre états:

  1. physique
  2. émotionnel
  3. mental
  4. spirituel

Autrement dit, ton énergie, c’est ta capacité d’être performant physiquement ET psychiquement.

Si on veut réellement maximiser notre énergie, il ne faut pas faire l’erreur de ne considérer que sa dimension physique.   

Tu connais sûrement l’expression “un esprit sain dans un corps sain.” Hé bien ce n’est pas seulement une belle citation inspirante qui nous vient de l’antiquité romaine, c’est aussi exactement ce qu’il faut viser pour avoir plus d’énergie.

On a déjà abordé la dimension physique dans l’article : “Ta carrière est une série de sprints, voilà comment renouveler ton énergie!”. Dans cet article-ci, on va donc voir de quelles façons maximiser et recharger notre énergie émotionnelle, mentale et spirituelle (je sais, ça sonne un peu mystico-douteux, mais ne t’en fais pas c’est très concret!)

Les notions présentées et stratégies suggérées sont principalement basées sur une étude menée par The Energy Project et tirées des livres Deep Work de Cal Newport et The Power of Full Engagement: Managing Energy, Not Time, is the Key to High Performance and Personal Renewal de Tony Schwartz et Jim Loehr.

Économiser et recharger son énergie

Pour faire simple, on pourrait dire que notre énergie fonctionne un peu comme une batterie de smartphone. Elle est rechargeable, mais il faut faire attention à la façon dont on l’utilise si on ne veut pas que la réserve se vide trop vite. Une fois la source d’énergie épuisée, on n’a plus la capacité de remplir nos fonctions, même si on en a le potentiel, alors on doit recharger!

Certains comportements ont un coût énergétique énorme, alors on va voir quelles habitudes et quels comportements on devrait favoriser ou éviter.  

Énergie émotionnelle = qualité

L’énergie émotionnelle, c’est l’énergie générée par nos émotions positives (joie, reconnaissance, etc.) ou négatives (tristesse, colère, etc.). C’est ce qui influence la qualité de notre énergie globale. Tandis que la fatigue physique se manifeste par l’épuisement, la fatigue émotionnelle se ressent principalement par un sentiment de déprime et nous maintient dans un état de mauvaise humeur.

C’est évident, on sait bien qu’on est plus efficaces quand on est dans un état émotionnel positif et qu’on exhale le bonheur. Mais ce qu’on ne réalise pas toujours, c’est qu’un état négatif n’est pas sans conséquence. Les émotions négatives nous nuisent et nous empêchent de bien travailler et d’être efficaces.

Quand il se passe quelque chose qui ne fait pas notre affaire au travail, on sombre très rapidement dans l’énergie négative. On s’impatiente, on devient irritable et notre frustration occupe toutes nos pensées. C’est un état qui est très demandant en énergie émotionnelle et qui nous empêche de penser de façon rationnelle.

Notre émotivité et notre façon de dealer avec nos émotions sont propres à chacun. Ce qui est important pour s’assurer de maximiser notre énergie émotionnelle, c’est de savoir reconnaître et contrôler nos émotions.

Le but: s’engager volontairement dans certains comportements qui favorisent l’énergie positive et se dégager stratégiquement des émotions négatives.  

Habitudes et comportements à entretenir:

  1. Quand on sent les émotions négatives nous envahir, la première chose qu’on peut faire est de pratiquer la respiration profonde. C’est très simple, il suffit d’inspirer lentement et profondément en laissant le ventre se gonfler à chaque inspiration (et pas seulement la cage thoracique) et d’expirer tranquillement pendant cinq ou six secondes. Il existe différentes variantes, comme la “respiration du dragon” par exemple, qui consiste à imaginer qu’on élimine les émotions négatives sous forme de fumée grisâtre pendant l’expiration. Cette technique de respiration a un effet calmant instantané. C’est le même phénomène qui se produit chez les personnes qui ont l’habitude de fumer la cigarette dans les moments stressants. Dans le cadre de l’étude menée par The Energy Project, le président de Sony Europe, Fujio Nishida, a même pu cesser de fumer grâce à cette technique!
  2. Change ta perception de ton rôle dans ton propre succès. Souvent, quand on pense à ce qui s’est mal passé dans notre parcours professionnel (ou notre vie en général), on se voit en tant que victime. On blâme les autres ou les circonstances pour ce qui nous est arrivé. Il est important de réaliser qu’il existe souvent une grande différence entre les faits et notre interprétation des faits. Cette mentalité de victime influence nos émotions négativement en nous reléguant au second plan et en nous donnant l’impression d’être impuissants. Il faut inverser les choses et réaliser qu’on est en contrôle, qu’on l’a toujours été, et se servir de cette révélation pour être optimistes face au futur. Alors peu importe les revers de situation auxquels tu dois faire face, pose-toi ces deux questions: comment peux-tu utiliser cette expérience pour évoluer? Comment est-ce que tu risques toi-même de voir cette expérience dans six mois? On a toujours le choix, ne serait-ce que le choix de l’angle de vue avec lequel on approche une situation, alors ne cède pas à la mentalité de victime!
  3.  Tenir un journal peut être un bon exutoire pour les émotions négatives. Écrire nos frustrations, craintes et peurs permet non seulement d’aider à s’en libérer, mais aussi d’avoir le recul nécessaire pour réévaluer nos émotions et trouver de meilleures solutions aux problèmes qu’on rencontre. Le bon vieux journal papier a fait ses preuves, mais il existe maintenant des applications comme Diaro ou Journey qui sont très efficaces et faciles d’utilisation. Diaro est une application très complète qui permet de classer les entrées par dossiers et d’inclure des étiquettes (pratique si on veut séparer les entrées personnelles de celles concernant le travail) tandis que Journey offre des fonctions sympas comme la possibilité de le déverrouiller avec un code ou une empreinte digitale (pour les smartphones compatibles) et est plus conviviale et simple d’utilisation.
  4. Finalement, il faut toujours voir le bon côté de la médaille. Généralement, chaque mauvaise situation apporte également son lot de positif. Alors, même dans les situations décevantes ou frustrantes, il faut chercher et trouver ce qui peut en ressortir de bien et se concentrer là-dessus.

Bref, chaque action qui nous permet de mieux reconnaître les événements qui provoquent en nous des émotions négatives et de mieux les contrôler est une action qui va nous permettre de conserver une énergie émotionnelle équilibrée.  

Énergie mentale = concentration

L’énergie mentale, c’est la capacité d’être et de rester dans un état concentré. Deux choses vont principalement nuire à l’énergie mentale: le multitâche et les distractions.

Premièrement, le multitâche est un mythe. Le cerveau humain n’est pas fait pour faire plusieurs choses à la fois et ceux qui prétendent faire du multitâche ne font en réalité que jongler d’une tâche à l’autre rapidement. Résultat: à vouloir augmenter la quantité, on sacrifie la qualité.

Les distractions, quant à elles, sont bien réelles, et omniprésentes! Que ce soit les notifications de l’ordinateur et du smartphone, les collègues un peu trop bruyants ou le téléphone qui ne cesse de sonner, il faut impérativement limiter les distractions le plus possible pour maximiser notre énergie mentale. On peut, par exemple, changer de pièce ou mettre des écouteurs qui réduisent le bruit pour effectuer les tâches qui demandent beaucoup de concentration. Ou encore on peut ne pas répondre aux courriels ou au téléphone instantanément et planifier du temps pour les retours de messages une fois que les tâches les plus importantes sont terminées.

Voir aussi: Deux façons de neutraliser les armes de distraction massive

Le cerveau humain n’est pas fait pour faire plusieurs choses à la fois et ceux qui prétendent faire du multitâche ne font en réalité que jongler d’une tâche à l’autre rapidement. Résultat: à vouloir augmenter la quantité, on sacrifie la qualité.

Une des habitudes qui peut grandement aider l’énergie mentale est de prendre prendre des pauses qui respectent notre rythme ultradien, c’est-à-dire toutes les 90 à 120 minutes. De cette façon, on s’assure de toujours être au top de nos capacités mentales.

Énergie spirituelle = mission

Notre mission personnelle, soit l’expression de nos valeurs profondes qui nous motive à travailler, n’est généralement pas considérée comme étant une source d’énergie potentielle.

Pourtant, il n’y a rien de plus énergisant que d’être motivé par son travail parce qu’on croit en son utilité et qu’il s’accorde avec nos valeurs!

Si tu crois vraiment en ce que tu fais, tu auras d’emblée une meilleure énergie et aura plus de facilité à persévérer et à te concentrer sur ton travail.

Alors, quel est ton but dans la vie? Qu’est-ce qui est réellement important pour toi dans ce que tu accomplis au quotidien? Qu’est-ce que tu veux laisser comme marque dans l’entreprise ou dans le domaine pour lequel tu travailles?

Je te propose de faire un petit exercice de réflexion:

D’abord, demande-toi quelles sont tes valeurs profondes. Probablement que tes réponses vont être quelque chose comme “la famille”, “l’entraide”, “la justice” ou des trucs du genre.

Maintenant, je veux que tu te poses la question suivante: qu’est-ce qui, quand tu en es témoin, te met en colère ou te fait verser une larme? Qu’est-ce qui te met hors de toi? Quel genre d’événement te fait le plus réagir? Les réponses à ces questions vont préciser ce que sont réellement tes valeurs profondes.

Quelqu’un qui aurait répondu “la justice” à la première question, par exemple, réaliserait peut-être en répondant à la deuxième question que ses cordes sensibles sont la lutte au racisme et l’accès à l’éducation.   

Suite à cette réflexion, tu peux maintenant essayer de trouver de quelle façon dans ton travail et/ou dans ta vie quotidienne tu peux avoir un impact sur ces enjeux. Par exemple:

  • Au travail, essaie de te concentrer sur tes forces et sur les tâches qui te tiennent le plus à coeur et que tu réalises le mieux. Si possible, essaie de déléguer les tâches qui te rebutent à quelqu’un qui aimerait les faire.
  • Accorde-toi du temps pour ce qui te tient à coeur. Ta famille, tes amis et tes passe-temps sont tout aussi importants pour recharger la batterie de ton énergie spirituelle que le sommeil est important pour recharger ton énergie physique.
  • Peut-être que ton travail n’a absolument rien à voir avec tes valeurs profondes. Dans ce cas, ce serait pertinent de t’impliquer dans une cause qui te rejoint davantage à l’extérieur du travail. Ça peut être en étant actif au sein d’un comité, en participant à des activités de financement, ou en faisant du bénévolat par exemple. Ces aspects vont te permettre de te sentir énergisé et mieux équilibré au travail comme dans les autres aspects de ta vie.

Finalement…

L’énergie émotionnelle, l’énergie mentale et l’énergie spirituelle sont complémentaires à l’énergie physique pour former notre énergie globale. Pour être réellement énergisé et performant au travail, il ne faut négliger aucun de ces aspects.

L’énergie émotionnelle, générée par nos émotions positives, peut être maximisée par l’engagement volontairement dans des comportements qui favorisent les émotions positives et le choix de se dégager stratégiquement des émotions négatives.

L’énergie mentale, qu’on reconnaît généralement comme étant notre capacité de concentration, est facilement perturbée. Il faut donc limiter ce qui lui nuit comme les distractions et la tendance à faire du multitâche.

L’énergie spirituelle est alimentée par nos valeurs profondes et les actions quotidiennes qu’on pose et qui respectent ces valeurs.    

Malheureusement, la plupart des entreprises ne reconnaissent pas la notion de “recharge énergétique” comme moyen d’augmenter la productivité et l’efficacité des employés.

Toutefois, la porte est ouverte. Certaines entreprises, comme Sony par exemple, ont intégré dans leur culture d’entreprise l’importance du bien-être des employés, c’est donc normal pour eux de prendre des pauses régulièrement et d’aller s’entraîner en plein milieu de l’après-midi. D’autres entreprises ont aménagé des salons d’employés qui sont propices à la détente et à la relaxation, ou encore certaines offrent des abonnements au gym à leurs employés.

Il faut donc faire preuve d’ouverture face à l’évolution des façons de travailler et adapter les cultures d’entreprises aux plus récentes découvertes.

Il faut sortir du modèle où employés et employeurs tentent de se plumer mutuellement. Les entreprises ont tout avantage à investir dans leurs employés, non seulement au niveau de leurs connaissances et compétences, mais aussi au niveau de leur énergie. En retour, les employés seront plus performants et se sentiront plus engagés et motivés par leur travail.

2 submergé par le travail

5 façons de ne pas te laisser submerger par tes tâches

Ghislaine prend sa retraite!

Pour l’occasion, tous les collègues se sont cotisés pour lui acheter un shortcake aux fraises, une carte-cadeau du Costco et décorer le bureau pour le petit 5 à 7 entre collègues organisé pour souligner son départ.

“Tu vas nous manquer Ghislaine! Profite bien de ta retraite!”

Le lundi matin suivant au bureau, ça fait un peu vide sans l’énergie et les jokes louches de Ghislaine, mais tout le monde retourne à sa routine de travail.

Une pensée te vient soudainement à l’esprit. “Ghislaine avait pas mal de dossiers en cours, est-ce que le boss va bientôt engager quelqu’un pour la remplacer?”

Une réunion d’équipe est prévue en fin d’après-midi, alors tu te laisses une note pour ne pas oublier de lui demander et tu retournes à tes tâches.

Une fois tout le monde à la table de conférence pour la réunion, le patron commence à distribuer un document de quelques pages à chacun. Il enchaîne en disant: “Étant donné que Ghislaine avait beaucoup de dossiers en cours, je vous ai attribué chacun une partie de ses tâches pour qu’on ne prenne pas de retard sur notre échéancier.”

Bon… ça répond à ta question alors…

“Il va falloir redoubler d’ardeur, mais vous êtes une équipe géniale et je sais que vous en êtes capables!” Ajoute-t-il en vous faisant un “thumbs up accompagné d’un grand sourire à moitié sincère.

C’est le genre de scénario qui est fréquent sur le marché du travail. Dans le but d’économiser sur le coût en main d’oeuvre, les postes sont restructurés pour englober plus de tâches et demandent d’être plus polyvalents et ultra efficaces. “Toutes autres tâches connexes” est devenue la formulation la mieux connue pour traduire ce phénomène dans une description de tâches.

Peut-être que tu as récemment vu ta charge de travail augmenter ou que ton poste est déjà bien fourni en “tâches connexes”, mais les probabilités sont que tu en as sûrement plein les bras et que tu n’as pas le temps de t’ennuyer!

Dans ce contexte, c’est très facile de sentir submergé par la quantité de travail à accomplir et d’avoir l’impression qu’on n’arrivera jamais à tout faire.

Résultat: on devient vite stressés, anxieux, on accumule les heures supplémentaires et on coupe dans le sommeil et les loisirs.

Je ne vois pas de meilleure façon pour se pourrir soi-même la vie. Le pire dans tout ça, c’est que ce n’est absolument pas nécessaire pour bien faire ton travail!

Pour ne pas brûler la chandelle par les deux bouts, voilà 5 trucs concrets que tu peux commencer à appliquer dès maintenant et qui vont t’aider à accomplir plus de choses en moins de temps:

1-Assiste à moins de réunions

Les réunions sont souvent la perte de temps la plus sous-estimée.

Bien sûr, certaines rencontres sont difficiles à éviter, comme les meetings d’information ou qui répondent à une procédure établie. Par contre, ce n’est pas le cas des réunions qui concernent la communication d’équipe et qui ont pour but de faire un suivi du travail, de brainstormer ou de discuter d’un projet.

Je ne dis pas qu’elles sont toujours inutiles, mais généralement elles ne sont que des façons de procrastiner et d’éviter la responsabilité individuelle des employés/employeurs de prendre des décisions.

On y passe des heures à discuter du travail qui devrait être fait sans concrètement accomplir aucun travail.

Combien de fois est-ce que c’est arrivé que tu assistes à une réunion qui dure des heures, en prenant des notes sans dire un mot, pour finalement ne jamais te servir de ces notes parce qu’elles résument des choses que tu savais déjà de toute façon ou qui ne te concernent pas?

Levez la main ceux qui sont déjà passés par là!

D’abord, une réunion ne devrait pas être tenue si elle n’aborde pas assez de contenu pertinent pour être planifiée avec un ordre du jour. Dans ce cas, le sujet devrait être brièvement discuté entre les personnes concernées, en personne, au téléphone ou bien par messagerie interne (au pire par courriel si ce n’est pas trop urgent, mais il existe maintenant tellement d’outils plus efficaces que ce n’est plus la meilleure alternative).

Les plateformes de communication/gestion de tâches comme Slack, Hipchat, Bitrix24, Asana ou encore Skype et Google Hangout pour ceux qui veulent garder ça très simple, permettent d’améliorer la communication et le suivi du travail, ce qui réduit la nécessité de tenir autant de réunions inutiles.

Alors la prochaine fois qu’une réunion sera planifiée, pose-toi les questions suivantes:

  • Sur quel(s) sujet(s) portera la réunion, est-ce que ça concerne directement mon travail?
  • Est-ce qu’une réunion est vraiment nécessaire pour atteindre le but visé, ou est-ce qu’un autre moyen de communication plus rapide pourrait être utilisé?

Tu as été embauché pour apporter de la valeur à l’entreprise par tes compétences. Des réunions qui ne sont pas pertinentes pour toi et qui monopolisent ton temps t’empêchent de bien réaliser ton travail et, en bout de ligne, c’est ton rendement qui est pénalisé.

Alors, si tu sens que ta présence à une réunion serait inutile, n’hésite pas à en parler à la personne qui l’a planifiée pour lui expliquer ton point de vue avec ces arguments et lui proposer des alternatives plus efficaces au besoin. De cette façon, tu pourras profiter des heures libérées pour avancer le travail qui apporte réellement des bénéfices à l’entreprise.

2-Ne répond pas en temps réel

À moins de travailler au service client d’une entreprise, tu n’as pas à répondre à tes courriels ou tes messages (peu importe la plateforme) au fur et à mesure que tu les reçois.

S’il y a urgence, c’est généralement le téléphone qui va sonner.

Prendre ses messages est une tâche qui donne l’impression d’être urgente parce qu’une icône, une notification ou un signal sonore nous alerte qu’on a un message et notre réflexe est d’aller voir immédiatement.

Résiste!

C’est beaucoup plus efficace de décider d’un moment dans la journée, idéalement quand on est le moins productif (généralement les 2-3 dernières heures de travail) et de prendre/répondre à tous les messages à ce moment-là. Une fois fait, il ne faut pas retourner prendre ses messages avant la prochaine période prévue à cet effet, le lendemain.   

De cette façon, tu vas pouvoir te concentrer sur ton travail sans être constamment interrompu, ce qui va te permettre d’accomplir plus de choses en moins de temps.

3-Ne vise pas la perfection, mais la simplicité

“Je suis tellement fier et satisfait de mon travail. Je n’ai eu à le réviser qu’une seule fois et ça me semble tout à fait convenable!” est la phrase qu’on n’a jamais entendu sortir de la bouche d’un perfectionniste. Jamais.

Il aurait beau réviser et modifier 10 fois son travail, il le trouverait à peine acceptable et ne passerait à autre chose que par obligation.

Si tu te reconnais dans cette description, j’ai une révélation à te faire: ton travail n’a pas besoin d’être parfait.

Si tu rénoves ta salle de bain et que tu veux que tes tuiles de céramiques soient installées parfaitement à l’équerre, au niveau et parallèles à l’angle de levé du soleil au solstice d’été, c’est un peu intense, mais c’est correct parce que le but de rénover ta salle de bain est qu’elle te plaise et qu’elle soit à ton goût.

Dans le cadre de ton emploi, ton but est de créer de la valeur dans le marché, pas que le fruit de ton travail corresponde à tes idéaux de perfection.

Toujours essayer d’atteindre la perfection dans ce qu’on fait demande un investissement en temps considérable. On a toujours l’impression que ça ne sera pas long, qu’on a juste “un petit changement de plus” à faire, mais on sous-estime toujours l’ampleur de ces changements et on se retrouve bien vite seul au bureau à partir le soir trois heures après tout le monde.  

Sois conscient des objectifs que tu dois atteindre avec tes tâches quotidiennes et conditionne-toi à les accomplir de la façon la plus simple possible et à passer à la tâche suivante dès que c’est fait.

Tu dois terminer un dossier de présentation: est-ce qu’il paraît bien et professionnel? Est-ce que les fautes ont été corrigées? Est-ce que les sections sont en ordre et paginées? Oui? Alors, passe au projet suivant et ne gaspille pas une heure à choisir la police d’écriture, la photo de couverture ou l’en-tête parfait.

Concentre ton attention et tes efforts sur ce qui rapporte des bénéfices concrets, pas sur ce qui est le plus fancy.    

4-Planifie tes journées

Personnellement, je termine toujours mes journées de travail en planifiant celle du lendemain. Certaines personnes préfèrent planifier leur journée le matin même, mais j’aime le feeling de commencer ma journée en sachant où je m’en vais et quels sont mes objectifs et mes priorités.

Peu importe le moment que tu choisis, l’important est de planifier ton travail. La pire chose que tu peux faire et qui va te condamner à ne plus savoir où donner de la tête est de choisir les tâches que tu réalises de façon aléatoire ou te laisser dérailler de ta trajectoire par des tâches urgentes mais pas vraiment importantes.

Planifier tes journées va te permettre de faire un suivi du travail plus efficacement et de savoir où réellement concentrer tes efforts pour obtenir le maximum de résultats. Pas besoin de passer une heure à faire de la planification, un dix/quinze minutes suffit.

Par exemple, concentre-toi chaque jour sur le dossier le plus important et détermine quelles sont les trois tâches que tu peux accomplir dans ta journée et qui vont avoir un réel impact sur l’avancement de ce dossier.

Tu peux utiliser un agenda papier ou une application comme Todoist (Windows, Mac, Android et iOS), AnyDo (Android, iOS) ou Microsoft To-do (Windows 10) ou Things 3 (pour Mac et iOS).  

Les applications permettent de planifier rapidement les tâches, de les devancer/reporter au besoin, de les trier par priorité et proposent une foule d’autres options et d’intégrations pratiques qui rendent la tâche plus simple. C’est presque comme avoir un/une assistant(e) personnel(le) que tu peux traîner dans ta poche!

5-Fixe-toi des échéanciers

C’est bien connu, un travail va prendre le temps qu’on lui accorde pour être réalisé (loi de Parkinson).

Si on se laisse une semaine pour un projet qui pourrait être réalisé en deux jours, on va planifier nos tâches sur cinq jours et prendre beaucoup plus de temps que nécessaire.

Un des meilleurs exemples: les travaux de session à l’Université. Quand un travail était donné deux mois à l’avance, est-ce qu’on travaillait vraiment d’arrache-pied pour le terminer le plus tôt possible? Ou est-ce qu’on commençait plutôt tranquillement la recherche et qu’on l’étirait sur un mois et demi pour finir par abattre 90 % du travail dans les deux dernières semaines?

L’échéancier crée un état d’urgence qui nous force à être très productifs pour pouvoir terminer dans les temps. Le problème, c’est que les tâches quotidiennes au travail n’ont pas forcément d’échéancier, alors on les réalise de la même façon qu’un étudiant ferait un travail de session s’il n’avait pas de date de remise: on les avance tranquillement sans trop se stresser avec ça.

Alors, avant de commencer chaque tâche, demande-toi ce que tu pourrais faire pour la compléter le plus rapidement possible (sans la bâcler bien entendu) et prends l’habitude de minuter ton travail en essayant de respecter l’échéancier que tu t’es fixé. Si tu te laisses quatre heures pour une tâche, fais tout ton possible pour l’avoir terminée après ces temps.    

Si on résume…

On se sent rapidement étouffé sous le poids de notre charge de travail quand nos tâches s’empilent sans fin les unes sur les autres.

Heureusement, il existe plusieurs trucs pour pouvoir accomplir plus de choses en moins de temps. Alors, si tu as l’impression que tu n’auras jamais assez de temps pour réaliser toutes tes tâches, essaie d’assister à moins de réunions, de ne pas répondre à tes messages en temps réel, de ne pas viser la perfection mais plutôt la simplicité, de bien planifier tes journées et de te fixer des échéanciers serrés.

Malheureusement, on ne peut pas se procurer plus de temps pour pouvoir tout faire dans la même journée, on doit se contenter de nos 24h/jour. Alors pour terminer, j’aimerais insister sur l’importance de bien réfléchir avant d’accorder de ton temps à une tâche et de t’assurer qu’elle est réellement importante.

Chaque fois que tu dis “oui” à une tâche peu importante, tu dis “non” à autre chose qui serait plus important, comme tes temps libres ou d’autres projets qui seraient plus avantageux. Bref, il ne s’agit pas de trouver l’équilibre entre nos tâches, mais d’assumer nos choix. Ce qu’on décide de ne pas faire est tout aussi important que ce qu’on décide de faire.

Le travail d'équipe

Le mensonge du travail d’équipe

Voici ce que je viens de trouver en lisant une offre d’emploi: “Vous savez travailler en équipe tout en étant autonome dans vos réalisations”.

Sérieux?! Qui va avouer en entrevue être un sociopathe ayant besoin de supervision constante?

Pour une raison qui m’échappe, 90 % des offres d’emplois possèdent la mention “travail d’équipe”. Dans les RH, on dirait que la notion de travail d’équipe est un genre de panacée miracle.

Dans les faits, la plupart des recherches effectuées sur les dynamiques de travail indiquent que le travail d’équipe nuit à la productivité des gens. C’est surtout le cas lorsqu’il s’agit de tâches additives où il n’y a pas vraiment d’interdépendance entre les membres.

Les études menées sur le sujet proposent trois explications:

  1. Les membres du groupe s’attendent à ce que les autres se traînent les pieds, ce qui leur donne le droit de le faire.
  2. Dans un groupe large, l’individu se sent anonyme & invisible.
  3. Rares sont les groupes qui ont des standards / quotas de production / attentes bien définis de chacun des membres.

En d’autres mots, personne ne veut être le “sucker” qui travaille plus fort que tout le monde tout en ayant le même maudit salaire.

Non seulement ça, mais d’autres études ont également démontré que le fait de travailler en équipe inhibe l’innovation et la créativité. Par exemple, le sens commun suggère que le brainstorm est plus efficace en groupe. Après tout, les idées des uns alimentent la créativité des autres! Non? Eh bien, dans les faits, les brainstorms en équipe génèrent beaucoup moins d’idées que lorsque les gens réfléchissent chacun de leur côté.

Notre culture nous laisse croire que c’est une bonne chose d’accomplir systématiquement chaque tâche en groupe alors que c’est loin de toujours être le cas. De façon générale, les projets individuels sont beaucoup plus rentables pour les entreprises que les travaux d’équipe. Ceci étant dit, certains projets requièrent la coopération de plusieurs experts. Alors dans ce cas, que doit-on savoir pour être un bon “joueur d’équipe”?

Comment gagner plus souvent à League of Legends?

Plus de 100 millions d’individus jouent à League of Legends chaque mois. Et si un jeu peut être utilisé pour expliquer les dynamiques d’équipe, c’est bien celui-là!

Dans ce jeu, deux équipes de cinq joueurs s’affrontent pour détruire la base ennemie. Pour ce faire, ils doivent avancer à travers trois couloirs qui lient les deux bases ensemble. Traditionnellement, les cinq joueurs jouent cinq rôles bien différents pour maximiser leurs chances de gagner. Il y a un bruiser en haut, un mage au milieu, un attaquant avec un rôle de support en bas et une personne qui se promène à travers le terrain pour aider ceux qui ont besoin d’assistance.

L’important à retenir dans tout ça, c’est que chaque mort donne un avantage important à l’autre équipe.  Donc, si un de tes coéquipiers meurt deux ou trois fois au début d’un match, ça crée un effet boule de neige difficile à arrêter. C’est une expérience particulièrement frustrante qui, tu devineras, mène à beaucoup d’insultes lancées à droite et à gauche entre les membres du groupe.

Le parallèle que je veux effectuer ici est que toutes les équipes interdépendantes possèdent leurs sources de discorde. Quelqu’un, quelque part, va mal faire sa job. Ça va entraîner une réaction (probablement négative) de la part du reste de l’équipe.

La raison pour laquelle j’ai parlé de William James et de League of Legends est simple: c’est tentant de croire qu’on n’est qu’un pion ou engrenage dans un système complexe et que nos actions/décisions n’ont que peu ou pas d’impact sur le résultat final.

Cependant, la réalité est tout autre. Oncle Ben a dit à Peter Parker avant de mourir “Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités”. D’accord, mais il a oublié de dire le plus important: le contraire est également vrai. Avec de grandes responsabilités viennent de grands pouvoirs.

Ce n’est que lorsqu’on prend la responsabilité de sa propre vie en cessant de faire la victime qui joue au jeu du blâme (c’est de la faute au joueur qui n’arrête pas de mourir/ Janie qui fait pas sa job) qu’on peut commencer à exercer une influence positive sur son environnement.

En d’autres mots, assumer qu’on est responsables à 100 % de ce qui nous arrive dans la vie nous aide non seulement à exceller en tant qu’individu, mais également à gagner plus de matchs à League of Legends (lire: mieux performer en équipe)!

Selon les statistiques de Riot Game (la compagnie derrière le jeu), une équipe n’ayant aucun joueur négatif a 54 % de chances de gagner. Ce pourcentage baisse à 46 % lorsque trois des cinq joueurs ont une mauvaise attitude.

Et si tu doutes encore de l’impact que peut avoir un seul joueur sur la performance d’une équipe, considère ceci: les joueurs ayant un historique de comportements positifs gagnent 10 % plus de matchs que la moyenne. En contraste, les joueurs avec des antécédents négatifs gagnent 35 % moins de matchs, un écart de 45 %!

La raison pour laquelle je te dis tout ça est simple: tu dois reconnaître ton influence sur la performance de ton équipe, ne jamais blâmer tes coéquipiers et toujours rester optimiste et positif.

Je sais que ça sonne comme un gros tas d’âneries peace and love, mais fais-moi confiance, tu vas bientôt comprendre que les hippies ont peut-être raison sur un point après tout!

Comment entraîner un pilote de chasse

1960, Israël. Un jeune psychologue du nom de Daniel Kahneman donne une présentation à un groupe de pilotes de l’air. Il expose à tous les bases de la psychologie comportementale dans le but d’améliorer les performances des pilotes. Plus précisément, Daniel voulait souligner le fait que de féliciter un comportement positif fonctionne, mais que de réprimander un comportement négatif n’aide pas et peut même nuire.

Dans la salle, les instructeurs bouillaient d’incrédulité. Un d’entre eux lève la main pour s’exprimer: “J’ai souvent félicité mes pilotes lorsqu’ils ont fait des manoeuvres particulièrement spectaculaires. Par la suite, ils sont toujours moins bons. Et au contraire, lorsque je crie après les gens qui performent mal, ils s’améliorent toujours d’une bonne marge ensuite. Ne me dis pas que les encouragements fonctionnent, mais pas les punitions. Mon expérience prouve le contraire! ”

Kahneman a ruminé sur ce paradoxe pendant de longues nuits jusqu’à ce qu’il trouve la réponse dans un concept qu’il nomme “La régression à la norme”. Lorsqu’un instructeur crie après un étudiant, sa performance s’améliore. On a l’impression que c’est le feedback qui a causé l’amélioration du pilote , mais en fait, c’est plutôt la simple chance.

La régression à la norme veut simplement dire que, dans une séquence d’événements aléatoires, un événement extraordinaire va probablement, dû au hasard, être suivi par un événement ordinaire.

Chaque pilote possède une performance moyenne où on retrouve la plupart de ses vols. Bien sûr, la moyenne du pilote s’améliore au fil du temps, mais c’est un processus graduel qui est impossible à discerner d’une performance à l’autre. On doit plutôt observer la tendance.

Donc, lorsqu’un pilote performe de façon significativement supérieure à sa moyenne, l’instructeur a comme réflexe de le féliciter (ce qui est une bonne chose). Or, à cause du hasard, sa prochaine performance va probablement se trouver dans sa moyenne personnelle, c’est-à-dire qu’elle va être moins bonne.

À l’inverse, si le pilote performe mal et qu’il se fait réprimander, sa prochaine performance va s’améliorer, non pas à cause du feedback, mais à cause que sa performance va se rapprocher de sa moyenne personnelle.

J’explique la régression à la norme pour une simple et bonne raison: si quelqu’un dans ton équipe l’échappe, il s’agit sans doute d’un événement négatif qui sort de la performance moyenne de cet employé. Jouer à chercher un coupable ne va mener à rien de bon. Il faut mettre son égo de côté et retenir les pulsions qui nous poussent à corriger les autres pour avoir raison. Il faut se rappeler que ce genre de comportement fait perdre 45 % plus de matchs à League of Legends et que, même si notre coéquipier l’a échappé, c’est notre responsabilité de tout faire pour minimiser l’impact de l’incident sur l’équipe et/ou l’atteinte des objectifs.

Fin de l’extrait.

1

Peur d’être démasqué? Voilà comment vaincre le syndrome de l’imposteur.

Ça nous est tous déjà arrivé dans notre vie d’avoir des doutes sur nos compétences. De se dire: “My god, pourquoi est-ce qu’ils m’ont choisi pour ce poste, je n’ai aucune idée de ce que je fais”, ou bien: “C’est la première fois que je fais ce genre de tâche, j’ai tellement peur que tout ce que j’ai appris jusqu’à présent soit de la bullshit et d’échouer lamentablement!”

Ce sont des réactions tout à fait normales quand on est novice dans un domaine et qu’on forge ses premières armes. Nos réalisations, nos réussites, et même nos échecs au fil du temps nous permettent d’être à l’aise avec notre emploi et de prendre la confiance nécessaire pour vaincre le doute qui nous habite quand on débute.

Ou pas…

Si la peur constante de ne pas être à la hauteur te hante encore après 5, 10 ou même 20 ans dans le domaine, on ne parle plus de l’insécurité du débutant. Il s’agit plutôt du syndrome de l’imposteur. En fait, c’est techniquement plutôt un phénomène qu’un syndrome, mais, puisque l’expression a été popularisée ainsi, on va continuer à utiliser le terme “syndrome” dans ce texte.

Il a d’abord été observé par les psychothérapeutes Clance et Imes dans les années 1970. Leurs recherches ont démontré qu’un très grand nombre de femmes ambitieuses et compétentes avaient l’impression d’être des impostrices et de ne pas être assez intelligentes pour mériter les tâches, postes ou avantages qui leur étaient accordés. Elles croyaient que la chance ou d’autres facteurs externes leur avaient permis de connaître leur succès.

Les études réalisées au fil des ans ont mis de l’avant que ce phénomène touche également les hommes, parfois même davantage que les femmes. Clance et Imes suggèrent que l’environnement familial et les stéréotypes des rôles associés aux sexes masculins et féminins dans la société contribuent grandement au développement du phénomène de l’imposteur, ce qui expliquerait en partie les variations dans l’association de ce phénomène à un genre distinct.

Comment le détecter

Le phénomène de l’imposteur se manifeste par ces symptômes:

  • Le sentiment d’être intellectuellement un imposteur;
  • La croyance que son succès est dû à la chance plutôt qu’à ses habiletés;
  • Le manque de confiance en ses capacités à reproduire ses succès passés;
  • La peur du jugement des autres;
  • La peur de l’échec;
  • La peur d’être démasqué;
  • L’incapacité à apprécier ses accomplissements.

C’est un peu comme avoir l’impression que tu es un acteur qui incarne une personne compétente qui a du succès, de faker un rôle qu’en réalité tu ne crois pas pouvoir réellement accomplir.

Ça te semble familier? C’est probable parce qu’on estime qu’environ 70 % des gens ont déjà vécu le phénomène de l’imposteur à un moment ou l’autre de leur vie.

Des répercussions sur ta carrière

Les gens qui vivent ce phénomène sont souvent des high achievers, des gens qui visent haut et qui ont l’habitude d’atteindre d’excellentes performances. Puisqu’ils n’ont jamais l’impression d’être assez compétents pour mériter leur succès, ce sont d’éternels insatisfaits qui visent toujours plus haut et qui se retrouvent pris au piège dans le cercle vicieux du perfectionnisme.

Ils sont aussi convaincus que les autres les perçoivent comme étant meilleurs que ce qu’ils sont réellement et ils vivent donc avec la peur d’être démasqués à tout moment et exposés comme des imposteurs qui ne sont pas à leur place (même si, en réalité, ce sont des professionnels tout à fait compétents et performants qui méritent leur succès et toutes les opportunités qui leur ont été présentées).

Bref, le syndrome de l’imposteur, c’est un frein pour ta carrière. C’est comme si tu te promenais dans une voiture de l’année, une belle Tesla Model S, mais que tu gardais la pédale de frein toujours à moitié enfoncée parce que tu es convaincu qu’en réalité c’est une poubelle bonne pour la scrap et que tu as peur que les autres le réalisent. C’est pourtant une voiture performante qui a fait ses preuves… En lâchant le break et en tenant le gaz au fond, tu pourrais en mettre plein la vue!

Tu passes surement à côté de plusieurs opportunités de peur de ne pas être à la hauteur. Peut-être que tu n’as pas osé aller porter ton c.v. pour un poste qui t’intéresse, que tu n’as pas appliqué pour une promotion, ou que tu as refusé de participer à un événement où tu aurais pu faire valoir tes compétences.

En remettant en question ta légitimité professionnelle, tu te prives d’atteindre ton plein potentiel.

Pour remédier à la situation, il faut d’abord apprendre à reconnaître et accepter le syndrome de l’imposteur, trouver quelqu’un avec qui en parler, ne pas te laisser démoraliser par les gens dans ton environnement de travail, cesser de te comparer aux autres, accepter tes imperfections, arrêter de glorifier les diplômes, apprendre à t’approprier ton succès et te laisser une chance sans te mettre des bâtons dans les roues.

Voyons donc tous ces points en détail.

Prendre conscience du phénomène

La première étape pour empêcher le syndrome de l’imposteur de nuire à ta carrière est de savoir l’identifier.

Chaque fois que te sens envahi par l’anxiété de ne pas pouvoir bien accomplir une tâche qui t’est pourtant familière, que tu te sens mal à l’aise de recevoir des félicitations pour un travail que tu crois qui n’a été bien fait que par chance ou bien qu’une petite voix hautaine te chuchote à l’oreille de ne pas trop te mettre de l’avant parce que d’autres que toi méritent davantage ton poste, prend un peu de recul et shoot toi une bonne dose de réalité.  

Demande-toi pourquoi tu te sens de cette façon et ce qui justifierait ces pensées négatives.

Une fois ces raisons identifiées, pose-toi les questions:

-Est-ce que ça change quoi que ce soit à tes compétences et ton expérience? “Non”.

-Est-ce que tu as réalisé des choses dont tu peux être fier et qui prouvent que tu es compétent? “Oui”.

Maintenant, demande-toi si ces pensées ou sentiments t’ont déjà freiné dans ta vie professionnelle. Tu n’arriveras peut-être pas à éliminer complètement ce phénomène de ta vie mais, en le reconnaissant et en identifiant les façons qu’il a de te nuire, tu pourras plus aisément le bloquer et apprendre à mettre la “switch à off”.

Parles-en

Comme bien des problèmes, avoir quelqu’un à qui en parler aide à y voir plus clair. Que ce soit un ami, un mentor ou encore un thérapeute, peu importe; tant qu’il s’agit d’une personne de confiance.

Avoir un autre point de vue sur le sujet te permettra de prendre conscience que le phénomène de l’imposteur est très commun. Peut-être même que la personne avec qui tu vas aborder le sujet subit aussi ce phénomène fréquemment et que vous pourrez avoir des discussions révélatrices à ce sujet!

En partageant son expérience du phénomène de l’imposteur avec quelqu’un d’autre, il devient rapidement moins imposant et ça devient plus facile de ne pas lui accorder autant d’importance et de le laisser nous contrôler.

Ne te laisse pas ton environnement te démoraliser

Malheureusement, il arrive que des collègues ou même le patron y soient pour quelque chose dans l’apparition du phénomène de l’imposteur en nous donnant l’impression de ne pas être à la hauteur. C’est le cas quand:

  • Le patron est un control freak qui ne te laisse pas travailler cinq minutes sans repasser derrière ce que tu fais;
  • Le patron ne prend jamais en considération tes idées et les balaie du revers de la main aussitôt exprimées;
  • Un collègue narcissique prend un malin plaisir à te mettre sous le nez la moindre de tes erreurs pour faire briller davantage ses propres performances;
  • Un collègue qui a le même poste que toi te regarde de haut parce qu’il a plus de diplômes;
  • etc.

Lire aussi: 17 types de mauvais patrons qui gâchent ta job

Malheureusement, ce sont des situations fréquentes qui peuvent être très démotivantes et nous donner l’impression de ne pas être assez compétents pour le poste qu’on occupe.  

Prends conscience de la façon dont les gens avec qui tu travailles affectent ta confiance en tes capacités. Ce faisant, tu réaliseras sans doute que tes compétences ne sont pas à blâmer.

Ne te compare pas aux autres

“Quand on se compare aux autres, on est rarement objectif et la comparaison est souvent relative.

On n’essaie pas de trouver nos points forts pour les mettre en comparaison avec les points forts des autres; on compare plutôt ce qu’on admire chez quelqu’un d’autre avec ce qui ne nous satisfait pas de nous-mêmes.

Si tu es introverti, tu te dis: “J’aimerais tellement avoir l’aisance de Johny dans un 5 à 7!”, si tu es lent au clavier tu te dis: “Si seulement j’étais capable de taper autant de mots/minute que Julie!” et pendant ce temps, Johny et Julie envient probablement tes habiletés en informatique et en design visuel.

On se connaît soi-même de l’intérieur (nos pensées, nos doutes, nos peurs), mais on ne connaît les autres que de l’extérieur (l’apparente confiance, la mise de l’avant des qualités).

C’est impossible de ne pas se comparer de façon biaisée, alors ne te compare à personne d’autre qu’à la personne que tu étais hier!

Ne vise pas la perfection

Le syndrome de l’imposteur est souvent amplifié par le perfectionnisme. On a l’impression qu’il faut être parfait dans tous les aspects de notre domaine pour mériter notre succès. Pour vaincre le syndrome de l’imposteur, il faut donc aussi apprendre à contrôler ses tendances perfectionnistes et accepter ses imperfections.

Lire aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes  

Au lieu de concentrer ton attention sur la perfection que tu aimerais atteindre, concentre-toi plutôt sur la valeur que tu crées par ton travail.

Même si tu ne sais pas tout et que tu n’es pas parfait, la perfection n’est pas un prérequis pour pouvoir partager tes connaissances. Tu en connais probablement beaucoup plus que bien des gens dans ton domaine et ce que tu peux leur apporter a une grande valeur.

Tu n’as pas à tout maîtriser pour mériter ton succès. Je ne dis pas que tu doives te complaire dans la médiocrité, mais descends la barre que tu vises pour qu’elle soit au moins humainement atteignable.

Nous sommes tous des imposteurs!

Si, selon toi, pour ne pas être un imposteur il faut être parfait et tout connaître dans son domaine, alors dis-toi que nous sommes tous des imposteurs. Personne n’est parfait dans son travail et, plus souvent qu’autrement, les gens savent à moitié ce qu’ils font et apprennent le reste “sur le tas”!

Alors, prends un moment de recul quand tu te mets à obséder sur des détails et demande-toi à partir de quel moment ce que tu fais est suffisant pour atteindre les objectifs, sans être parfait.

Ne te laisse pas intimider par les diplômes

Ne surestime pas les diplômes. En fin de compte, ça te donne un beau bout de papier à encadrer. Ça dit au monde que tu as versé des milliers de dollars à une institution pour avoir des connaissances dans un domaine et que tu as assisté à assez de cours pour avoir la note de passage. Ni plus, ni moins.

Alors, ne sois pas intimidé par quelqu’un qui a plus de diplômes que toi, ce n’est pas forcément un gage de compétence.

Ça veut seulement dire que la personne a une longueur d’avance sur les bases d’un domaine précis (et quelques sujets complètement inutiles au poste qu’elle occupe). Mais dans la réalité du marché, avec toutes les ressources à notre disposition de nos jours, les chances sont qu’une personne autodidacte qui sait où chercher de l’information pertinente va être plus compétente qu’un diplômé qui a la curiosité intellectuelle d’une roche.

Approprie-toi ton succès

Tu ne t’es pas rendu où tu es simplement par chance, ni à cause de tes beaux yeux, ni même à cause de ton réseau de contacts. Ce sont tous des facteurs qui peuvent influencer un parcours professionnel mais, si tu étais un plouc sans talent, tu n’aurais pas pu réaliser les accomplissements qui t’ont permis de te rendre où tu es présentement.

Ne te concentre pas sur ce que tu ne peux pas faire ou n’as pas encore fait, concentre toi plutôt sur la valeur que tu as pu apporter dans ton emploi au fil du temps.

Un geste concret que tu peux poser pour t’aider à t’approprier ton succès est de dresser une liste (ça peut être dans un petit carnet ou un fichier à l’ordinateur) de tes bons coups des dernières années et de la tenir à jour avec les succès que tu connais au fil du temps. Tu peux conserver dans cette liste de “wins” les commentaires de clients satisfaits, les statistiques de vente, la production que tu as réussi à atteindre, bref, tout ce qui te prouve que tu fais du bon travail.

Dans les moments de doute où le syndrome de l’imposteur s’invite dans ton esprit, ouvre ton fichier ou ton carnet pour te rappeler que tu es à ta place et que tu l’as bien méritée.  

On nous apprend dans la vie qu’il faut assumer la responsabilité de nos échecs; il en va de même pour nos succès!

Laisse-toi une chance

Même si tu as l’impression de ne pas être à la hauteur de ton travail, ce n’est pas à toi d’en décider, c’est à ton employeur.

Alors, que ce soit pour décrocher une promotion ou obtenir un nouvel emploi, ose viser haut et laisse tes accomplissements et ton travail parler d’eux-mêmes. Ne te mets pas des bâtons dans les roues en ne tentant pas ta chance parce que tu ne crois pas être à la hauteur.

Ne te prive pas d’atteindre ton plein potentiel et ne prive pas le monde de tes talents!

Conclusion

Le syndrome de l’imposteur peut mettre un frein sur ta carrière si tu le laisses te contrôler. Pour l’empêcher de nuire, il faut d’abord prendre conscience du phénomène, en identifier les causes et les façons dont ça te nuit au travail.

Parler de ton expérience avec le syndrome de l’imposteur avec une personne de confiance, soit un ami, un mentor ou même un thérapeute, peut être très bénéfique pour mettre les choses en perspective et réaliser que tu n’es pas seul à vivre ce phénomène.

Ensuite, c’est important de prendre conscience de la façon dont ton environnement de travail, tes collègues ou ton patron, affectent ta confiance en tes capacités. C’est possible que ce soit un élément déclencheur pour le phénomène de l’imposteur et que tes compétences ne soient pas à blâmer.

Tu dois aussi cesser de te comparer aux autres. C’est impossible de ne pas se comparer de façon biaisée puisqu’on ne connaît réellement les autres que selon ce qu’ils laissent paraître. Alors, ne te compare à personne d’autre qu’à toi-même.

Les tendances perfectionnistes ont aussi souvent un rôle de premier plan à jouer dans le phénomène de l’imposteur. On a trop souvent l’impression qu’il faut maîtriser son domaine avant que notre travail ait une réelle valeur. Ce n’est pas le cas, car personne n’est absolument parfait dans son travail et les gens apprennent souvent “sur le tas” en tirant profit de leurs erreurs.

Une trop grande importance accordée aux diplômes des autres par rapport aux siens peut aussi déclencher ce phénomène. Il ne faut pas perdre de vue qu’une personne autodidacte qui sait comment bien faire ses recherches est souvent plus compétente qu’une personne surdiplômée, mais sans curiosité intellectuelle.  

Pour apprendre à t’approprier tes succès, tu peux dresser une liste de tes bons coups passés que tu peux mettre à jour au fil du temps. Dans les moments de doute, cette liste peut devenir un outil pour te rappeler que tu es compétent et mérite ton succès.

Finalement, ne te prive pas d’opportunités de peur de ne pas être à la hauteur. Ce n’est pas à toi d’en juger, mais à ton employeur. Si tu veux qu’il te donne ta chance, tu dois d’abord t’en laisser une.

Le bon côté

Le syndrome de l’imposteur est un phénomène normal que la plupart des gens ont ressenti ou ressentiront au cours de leur vie.

Si quelqu’un te répond qu’il n’a jamais ressenti ça, malheureusement pour cette personne c’est peut-être parce qu’elle atteinte de l’inverse du syndrome de l’imposteur: l’effet Dunning-Kruger, qui est la tendance de certaines personnes trop confiantes à se considérer beaucoup plus compétentes qu’elles ne le sont en réalité.

Alors, ne t’en fais pas, le bon côté du syndrome de l’imposteur est que ceux qui en souffrent et qui ont peur de ne pas être assez compétents sont généralement ceux qui le sont réellement!

Sommes-nous victimes des circonstances et du hasard?

Sommes-nous toujours victimes des circonstances?

New York, 11 janvier 1842. Un bébé du nom de William James voit le jour.

L’expression “voir le jour” est incroyablement ironique puisque le petit William est né temporairement aveugle pour ensuite conserver de sévères troubles de vision tout au long de sa vie.

Même s’il est né dans une famille influente, riche et respectée par l’élite new-yorkaise, William est loin d’être chanceux. Il a des problèmes de peau, un trouble d’estomac qui le fait constamment vomir, des problèmes d’ouïe et des spasmes de dos si intenses que ça lui arrive de ne pas pouvoir s’asseoir ou se tenir droit pendant des jours.

À cause de sa santé fragile, le petit William passe la majorité de son temps à la maison. Il n’a pas beaucoup d’amis et n’est pas particulièrement bon à l’école. Il meuble plutôt ses journées à peindre, la seule chose qu’il aime faire. Malheureusement pour lui, personne ne le trouve vraiment talentueux et, une fois adulte, personne n’achète ses oeuvres.

Pendant ce temps, son petit frère (Henry James) et sa soeur (Alice James) sont occupés à devenir des écrivains reconnus à travers le monde. Incroyablement déçu de William, son père l’intimide constamment en le traitant de lâche ou de bon à rien. Il est le mouton noir, l’échec de la famille.

Dans un dernier espoir de rédemption, son père utilise ses connexions pour faire admettre son fils à Harvard Medical School. Malheureusement pour celui-ci, la médecine n’est vraiment pas quelque chose qui l’intéresse. Sur le campus et dans ses cours, entouré de l’élite, William se sent inadéquat — comme un imposteur.

Après seulement un an, William quitte Harvard. Pour éviter d’avoir à dealer avec la rage de son père, il s’enrôle dans une expédition anthropologique à travers la forêt amazonienne.

Il faut dire qu’en 1860, les voyages intercontinentaux étaient excessivement périlleux — rien à voir avec la mode des jeunes qui partent découvrir le monde en back pack, armés d’un selfie stick et d’un compte Instagram.

Après 6 mois et un intense mal de mer, William réussit à se rendre jusqu’au coeur de la forêt amazonienne. Une fois sur place, la balade en forêt tourne au cauchemar. Non seulement il contracte la petite vérole, mais ses spasmes de dos ressurgissent, le rendant incapable de marcher.

William se retrouve seul au beau milieu de l’Amérique du Sud, abandonné par son groupe d’expédition. Pour revenir à la maison, il doit entreprendre un voyage qui va prendre plusieurs mois et très probablement le tuer.

Contre ses propres attentes, il réussit à retourner en Angleterre, où il est accueilli par un père encore plus découragé. William, maintenant âgé de 30 ans, est un échec lamentable — il a échoué littéralement tout ce qu’il a entrepris jusqu’à ce point. Tout ça malgré le fait qu’il est né dans une des meilleures familles du pays. Les seules constantes dans sa vie sont la souffrance et l’échec.

Un soir, alors qu’il lisait les écrits de Charles Peirce, il décide de débuter une petite expérience… Pendant un an, il allait assumer et croire de toutes ses forces que tout ce qui lui est arrivé dans sa vie était de sa faute — qu’il est le seul responsable de son triste sort. Pendant un an, il allait tout faire pour améliorer ou changer ses circonstances pour le mieux. S’il en venait à échouer, cela voudrait donc dire qu’il était réellement une victime impuissante du mauvais hasard et que rien qu’il puisse faire n’allait changer quoi que ce soit. Si tel était le cas, la seule option logique serait de s’enlever la vie, chose qu’il s’est engagé à faire.

Ce qui est drôle dans cette triste histoire, c’est que William James est aujourd’hui reconnu comme étant le père de la psychologie américaine moderne. Son travail a été traduit dans des centaines de langues et il est un des auteurs les plus cités dans ce domaine. Ce raté total est devenu un des intellectuels/psychologue/philosophe les plus influents de notre temps. William nous confie dans son journal qu’il s’est senti renaître à travers sa “petite expérience” et lui attribue TOUT ce qu’il a accompli plus tard dans sa vie.

On ne contrôle pas toujours ce qui nous arrive, mais on contrôle TOUJOURS comment on y réagit. Qu’on le réalise ou pas, on est tous responsables de notre expérience de vie.

Fin de l’extrait. 

Extrait du ebook Double ta valeur

Comment mieux travailler en changeant ses habitudes

How you do anything is how you do everything…

La première fois que j’ai entendu la phrase, je dois avouer que j’étais un peu perplexe. Je me suis dit: “tiens, un autre plouc analphabète qui essaie de se rendre intéressant en publiant des aphorismes ésotériques sur sa page Facebook.”

How you do anything is how you do everything se traduit en bon français par “tu fais tout de la même façon que tu fais n’importe quoi”. Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que ça sonne bizarre, alors on va garder ça en anglais pour le reste du chapitre.

De retour devant mon ordinateur à procrastiner en défilant mon fil d’actualité Facebook, je relis la citation plusieurs fois dans l’espoir d’être frappé d’une profonde épiphanie… J’essaie vraiment fort, mais rien ne vient. Je défile encore. Tiens, un vidéo de chat! *J’aime*

Ça m’aura pris un an, une relation de couple et 5 000 $ pour que cette épiphanie m’atteigne enfin.

Un étranger face à soi-même

Rares sont les gens qui disent “à l’instant même, ma vie est parfaite et je veux que rien ne change”. On a tous une idée, un idéal, de ce qu’on aimerait devenir comme personne ou du style de vie qu’on souhaiterait atteindre. Qu’il s’agisse de perdre un peu de poids, d’arrêter de fumer, de lire un livre, d’acheter une maison, de quitter son emploi ou même de gagner à la loterie…

On a tous une image, une vision de ce à quoi la vie parfaite pourrait ressembler. Si tu lis ce livre, alors probablement que ta vision du futur inclut un bureau vitré en coin, un salaire dans les six chiffres et une Tesla S (il faut bien sauver la planète!). Peut-être que je me trompe aussi, mais là n’est pas la question. Le “toi futur” que tu imagines est une version 2.0 de toi. Une formule améliorée et complètement redessinée.

C’est tout à fait normal, on appelle ça “être optimiste”. Le problème, c’est que lorsque tu imagines cette version de toi-même, tu ne crois pas “vraiment” qu’il s’agit de toi. Du moins, c’est ce qu’a découvert Hal Hershfield, un sociopsychologue de l’Université de Californie à Los-Angeles (UCLA), alors qu’il mesurait les ondes cérébrales des gens après leur avoir demandé de s’imaginer dans 10 ans. Selon ses recherches, on pense à notre “futur moi” de la même façon que l’on pense à un étranger.

Résultat? Notre “moi présent” ne fait absolument rien pour n’avoir ne serait-ce qu’une infime chance de ressembler à notre vision ambitieuse du boss qu’on fantasme si ardemment devenir. On s’imagine qu’on va magiquement se transformer en dieu soleil tout en se disculpant de tout effort en trouvant des barrières hors de notre contrôle nous empêchant d’être cette personne dans l’immédiat.

En d’autres mots, tu pourrais bien gagner 300 000 $ par an, mais ton boss est tellement épais que ça ne risque pas d’arriver de sitôt! Puisque ce n’est pas de ton ressort, alors tu n’as pas vraiment à de te sentir mal si tu n’agis pas tout de suite. Et puisqu’on pense à notre futur nous comme étant un bad-ass parfait, c’est certain que LUI va être capable de trouver la solution!

Et pas besoin de se projeter 10 ans dans le futur pour constater les effets ravageurs de ce phénomène. On se dit tous des trucs comme “cet été j’aurai moins de travail, je pourrai me remettre en forme”, “après ce dernier projet, je vais me concentrer plus sur ma famille”, “on est dans le rush de Noël, mais après je vais avoir le temps de lire”. La formule va comme suit: “après X contraintes, je pourrai atteindre Y résultats”.

Le pire dans tout ça, c’est qu’on est toujours complètement sincère. On se ment éhontément et on aime ça. La promesse de changement est l’illusion qui nous enchaîne à la version présente de nous-mêmes. Pour se rendre compte qu’il s’agit d’un paquet de conneries, ça prend une conscience de soi légendaire. D’où l’importance de partager ce livre à un ami et d’avoir un complice de développement personnel qui va avoir l’honnêteté de te dire “si tu ne t’inscris pas au gym aujourd’hui, tu ne le feras probablement pas dans 6 mois, alors aussi bien arrêter d’y penser et accepter que tu es une grosse merde fainéante”.

Des amis comme ça, ça vaut de l’or!

Un cerveau sur l’autopilote

Je devrais probablement consulter un psy puisque j’ai la fâcheuse tendance à vouloir “aider” tout le monde, plus particulièrement mes proches. C’est sûrement ce qui explique mon intérêt envers l’éducation et pourquoi je blogue et crée autant de contenu. Bref. J’avais une petite copine qui, à l’époque, travaillait dans un centre d’appel pour un salaire pas très impressionnant.

Elle suivait beaucoup d’entrepreneurs sur le web et rêvait d’avoir une chaîne YouTube prolifique lui permettant de devenir riche et célèbre. Malheureusement, elle gagnait à peine assez d’argent pour s’acheter l’équipement nécessaire et ses cartes de crédit étaient déjà en train de déborder.

Elle était motivée, lisait Napoleon Hill, écoutait Tony Robbins et rêvait de devenir une “Girl Boss”.

Puisque je vis au Québec et que je déteste l’hiver, j’hiverne souvent sur une plage — l’avantage d’avoir une entreprise sur le web.

Janvier arrive et je propose à ma copine d’aller vivre trois mois en Asie du Sud. Naturellement, elle me répond qu’elle n’a pas l’argent pour faire ça. Je la rassure et lui dis que je vais payer pour tout à une condition: elle doit en profiter pour démarrer son entreprise et quitter son emploi à son retour.

Elle est motivée, c’est la chance qu’elle attendait. Elle me dit oui et on book notre vol — ça va être tout un voyage!

C’est à destination que j’ai commencé à comprendre… How you do anything is truly how you do everything.

J’ai dû retirer toutes les embûches du chemin de quelqu’un et lui tenir la main pour la faire avancer vers son objectif pour me rendre compte du sens de cette phrase.

Nous sommes des créatures d’habitudes. Si tu n’as pas l’habitude d’être passionné par ton travail, retirer tes embûches ne va pas magiquement faire de toi une personne passionnée. Si tu coupes les coins ronds dans une job que tu n’aimes pas, tu ne vas pas magiquement être perfectionniste en changeant de travail.

On est nos habitudes de vie. On ne se réveille pas magiquement un bon jour en étant une personne différente. On a un bagage qui nous suit: les mauvais plis (et les bons) qu’on développe et qu’on traîne au fil du temps.

Une habitude de vie, c’est un peu comme un autopilote. Lorsqu’une situation familière se présente, notre cerveau cherche un programme qu’on connaît bien et part la cassette. Faire autrement demande une dose de contrôle personnel difficile à maintenir.

Les habitudes qui nous retiennent dans une chose (comme vouloir perdre du poids) vont souvent être les mêmes habitudes qui vont nous nuire dans les autres sphères de la vie. Ce qui veut dire que d’adresser une habitude problématique dans ta vie professionnelle a des répercussions positives sur ta vie personnelle et vice versa.

C’est pourquoi il faut faire attention pour ne pas se retrouver trop longtemps dans des situations si désagréables qu’elles nous transforment — comme une relation de couple qui nous rend malheureux ou un travail qui nous ne motive pas. Lentement mais sûrement, ces situations vont changer nos habitudes de vie pour faire de nous de moins bonnes personnes. Tout ça à notre insu.

Comme un cancer qui se développe sournoisement, on s’en rend souvent compte lorsque les symptômes commencent à se présenter: problèmes financiers, chicanes de couple, difficultés professionnelles, isolement…

La solution face à ce genre de situation n’est pas nécessairement de s’en détacher — ça peut aider, mais le mal est déjà fait. Il faut plutôt avoir de l’empathie envers soi-même, réaliser qu’on a du travail à faire et investir quelques mois à repasser nos mauvais plis. En théorie, les situations désagréables vont progressivement se transformer pour le mieux. Si elles ne se résolvent pas naturellement, alors elles vont devenir instables et se terminer d’elles-mêmes (renvoi, rupture, etc.).

Si tu es dans ce genre de situation et que tu ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer, alors je te recommande (pour le bien-être de ta santé mentale) de prendre la responsabilité d’y mettre fin. Au moins, tu auras la fierté d’avoir terminé ça en tes propres termes et ça va t’éviter de tomber dans une mentalité de victime.

Bref, peu importe ta situation, c’est important de comprendre que la loi du 80/20 s’applique également à nos habitudes de vie. Une poignée d’entre elles est responsable de la majorité des gains possibles en productivité. Puisque productivité est synonyme de production de valeur, alors ces habitudes sont universelles et s’appliquent à toutes les sphères de ta vie.

Dans le reste de ce chapitre, je vais pointer du doigt trois habitudes de vie de marde. Je vais non seulement t’expliquer comment t’en débarrasser, mais également par quoi les remplacer.

Ces habitudes de vies sont sournoises puisqu’elles proviennent de croyances populaires (malheureusement fausses). Probablement que la lecture des pages qui suivent va réveiller un sentiment de scepticisme en toi. Ton esprit va être particulièrement distrait et tu vas ressentir l’urgence de regarder tes notifications sur ton téléphone. C’est normal. C’est la résistance à l’oeuvre. Ne t’inquiète pas, on va en parler plus en détail dans le prochain chapitre. Mais pour contrer cet effet, je t’invite à prendre deux minutes pour regarder ton téléphone et ensuite mettre ta sonnerie à silencieux. Dans la vie, rares sont les choses qui ne peuvent attendre que tu finisses ta lecture de quelques pages.

Je t’invite aussi à faire un effort additionnel pour chercher la présence et l’impact de ces habitudes, autant dans ta vie que celle des autres. On est tous imparfaits, il n’y a aucune honte à être humain. La seule honte se trouve à être un humain imparfait qui refuse d’évoluer car il est convaincu d’être parfait!

Pour une lecture plus approfondie sur les habitudes de vie, je te recommande fortement le best-seller “The Power of Habits” par Charles Duhigg.

Le mensonge de la visualisation

L’histoire d’un mégalomane saoul

“2.5 millions, c’est moins cher qu’on pense!”

Guillaume (mon cousin/meilleur ami) me regarde et peine à retenir son fou rire. “Ah ben oui! Juste 2.5 millions, à ce prix-là t’en prends deux!” Jean-François (mon autre cousin) arrive au même moment. “De quoi vous parlez? — Ah ben… Olivier est en train de me montrer l’île qu’il veut acheter quand il va être riche!”

Je prends une autre sip de scotch, reprends mon sérieux et continue. “Attends, c’est pas ça le plan. Je commence par acheter l’immeuble où j’habite pour faire 2-3 petits changements… Imagine que je fais une terrasse sur le toit et que je mets un spa. Faque là, on est là, dans le spa, avec 2 ou 3 top modèles (évidemment) et, alors que tu te retournes la tête pour remplir ton verre de champagne, tu te fais accueillir par la vue de mon héliport avec mon hélicoptère. BAM!”

J-F me regarde avec ses yeux de “Eille, come on dude” et me lance d’une voix hésitante “Ouain, pas certain que tu aies le droit de faire atterrir un hélicoptère au centre-ville comme ça”.

Il a raison, j’ai fait mes devoirs. Je dois avouer mon hyperbole. “Tu as raison… Ça me fait vraiment chier. MAIS, j’ai trouvé la solution. On reste sur le bord du port, alors j’ai juste à m’acheter un yacht avec un helipad!”

Guillaume part à rire, J-F se met la main sur les yeux.

“C’est là que l’île entre en jeux! Comme ça, je pourrais rentabiliser mon yacht ET mon hélicoptère!”

Pour mes deux amis, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je les comprends, j’avoue moi-même que mon plan est (un peu) ridicule. Le plus drôle, c’est qu’ils savent que, malgré tout, une petite partie de moi pense sérieusement à tout ça… Du moins, assez pour regarder les prix et m’informer pour obtenir un permis de pilotage.

En quoi est-ce que ma mégalomanie a à voir avec les mauvaises habitudes de vie? Bonne question. J’y reviens…

Optimiste ou réaliste?

En 1999, deux chercheurs ont fait une découverte fascinante en suivant trois groupes d’étudiants pendant une semaine avant leurs examens de mi-session. L’expérience se déroulait comme suit… Le premier groupe devait faire un exercice de visualisation avant chaque session d’étude. Lors de cette session de visualisation, les étudiants devaient imaginer la sensation et l’expérience de recevoir une note parfaite. Les participants du deuxième groupe, quant à eux, devaient faire les mêmes exercices de visualisation, mais cette fois-ci en imaginant le processus, c’est-à-dire le travail nécessaire pour atteindre une note parfaite. Finalement, le troisième groupe était un groupe contrôle et n’avait rien de particulier à faire.

Les résultats ont pris nos deux chercheurs par surprise. Non seulement le groupe B (visualisation du processus) a surpassé les groupes A et C, mais le groupe A (visualisation du résultat) a performé moins bien que le groupe contrôle! D’autres études ont par la suite confirmé ce phénomène.

Il semblerait que l’action d’imaginer le résultat anticipé trompe notre cerveau à penser qu’on ait déjà atteint ce dit objectif, réduisant ainsi notre motivation à agir dans l’immédiat.

Au contraire, visualiser le processus nous aide à planifier l’atteinte de l’objectif. Ce plan nous rassure sur la faisabilité de notre projet, ce qui réduit notre anxiété et augmente notre confiance.

Même un rêve fou se planifie.

Gary Vaynerchuk est présentement l’un des entrepreneurs les plus influents dans le monde des médias aux États-Unis. Son parcours est, disons… intéressant! Né en Union soviétique, sa famille a immigré aux États-Unis alors qu’il n’était qu’un bébé. À 24 ans, il reprend la business de son père (un magasin de vin) et amène l’entreprise de 1 à 50 millions de chiffre d’affaires annuel en cinq ans. Il a écrit quatre New York Times Best Sellers et a fondé une agence numérique qui gère la présence web de compagnies dans les Fortune 500 telles que GE et PepsiCo. Il a également fait partie des premiers investisseurs dans Facebook, Twitter, Tumblr & Uber.

Bref, Gary est un gars intense. Par exemple, il dit souvent que son rêve est d’acheter les New York Jets, une équipe de football évalué à 1,23 milliards.

Tout ça semble bien, mais maintenant que tu sais que la visualisation d’un objectif ambitieux n’aide pas vraiment, c’est à se demander ce qu’il y a de spécial avec Gary.

Lors de sa première entrevue avec Larry King, il explique la raison derrière son rêve fou: “Je vais sans doute mourir sans avoir atteint cet objectif et ça ne me dérange pas. Acheter les jets n’est pas le point. Ce qui importe, c’est le processus qui va m’amener à acheter les jets.”

Se fixer un objectif précis et ambitieux (comme acheter un yacht, perdre du poids ou même arrêter de fumer) n’est que la première étape — c’est comme se fixer une destination. La deuxième étape est de se faire un plan qui va nous permettre d’atteindre cette destination.

Planifier, c’est amener le futur dans le présent pour qu’on soit en mesure d’y avoir un impact maintenant. — Alan Lakein

Lorsque Gary s’imagine acheter les Jets, il s’imagine aussi se lever à 5 h tous les matins et travailler 13 h par jour.

Au moment où j’écris ces lignes, on est le 24 décembre et il est 8 h du soir. Je ne suis pas obligé d’écrire et je n’ai pas besoin de ce livre pour vivre. Cependant, il joue un rôle bien précis dans un plan machiavélique de domination mondiale. Lorsque je visualise mon île, je visualise également les sacrifices qui viennent avec.

Et pas juste les sacrifices, mais aussi mes propres manques personnels. Je visualise les matins où je n’aurai pas le goût de me lever, les soirs où j’aurai à dire non à mes amis pour travailler, les moments où j’aurai à dire non alors que j’aurais le goût de dire oui.

Il faut prévoir les événements négatifs qui vont se trouver sur notre chemin, les planifier et les anticiper. C’est le seul moyen de s’en prémunir et d’être prêts lorsque l’inévitable va arriver.

La culture et sa pseudo science à 2 cents.

“S’il t’arrive un accident de voiture, c’est parce que tu l’as attiré avec ta pensée. Les pensées possèdent leur propre plan d’existence qui est régi par la loi de l’attraction. Les pensées similaires s’attirent et influencent le monde physique.”

Personnellement, je pense qu’il faut être complètement taré pour croire un tel ramassis de bullshit. Malheureusement pour moi, il semblerait que les 19 millions de personnes ayant acheté “Le Secret” par Rhonda Byrne ne partagent pas mon opinion.

Ce livre est probablement la figure la plus proéminente d’un nouveau courant de pensée populaire sur le positivisme. Selon eux, la visualisation joue un rôle hyper important dans l’accomplissement de soi. Si on visualise ce qu’on désire, notre vie va magiquement se transformer pour concrétiser notre vision.

Le point que j’ai voulu faire dans les dernières pages est: laisse ces âneries aux hippies. La visualisation d’un monde idéal et parfait n’est pas une promesse de changement, mais plutôt un moyen de défense inconscient que notre corps utilise (avec beaucoup d’efficacité) pour combattre l’anxiété générée par une situation (et non pour changer ladite situation).

Voici un extrait de Willpower Instinct par Kelly McGonigal. Elle y explique le “syndrome des faux espoirs”. Je trouve ça pertinent à notre réflexion:

D’un point de vue “bonheur généré”, on peut difficilement comparer l’effort de changer à l’excitation générée par l’action d’imaginer qu’on va changer. C’est non seulement plus facile, mais beaucoup plus agréable de contempler la promesse de changement, sans avoir à gérer le trouble que ça implique. C’est pourquoi plusieurs personnes vont abandonner très rapidement, seulement pour réessayer quelques semaines plus tard. Elles préfèrent recommencer encore et encore plutôt que de trouver un moyen permanent pour changer. Le high qu’on reçoit lorsqu’on imagine son propre makeover est une drogue difficile à quitter. (P.152)

Plus tard, on peut également lire:

Le suroptimisme mène à l’échec, ce qui entraîne un sentiment de culpabilité et d’anxiété. En réponse, notre cerveau déclenche des habitudes pour atténuer ces émotions négatives (comme procrastiner, manger, consommer, etc.).

C’est normal, voire très sain d’avoir des rêves ambitieux. Cependant, il existe une distinction importante entre réalisme et optimisme. Le premier va t’amener du changement (et beaucoup de travail) tandis que l’autre ne sert qu’à te faire oublier ton mécontentement face à ta propre situation.

Le premier réflexe à avoir lorsqu’on se prend en train de rêvasser à un monde parfait est de déconstruire cette réalité et de calculer exactement tout ce qu’il faut faire pour la concrétiser.

Calcule tout! Le temps que ça va prendre, l’argent dont tu vas avoir besoin, les contacts que tu vas devoir faire.

J’ai souvent fait de la consultation avec des entrepreneurs qui veulent plus de résultats et je dois avouer que ça me sidère à quel point peu de personnes ont cette habitude.

On va me dire quelque chose comme “j’aimerais faire 10 ventes par jour”. Sur quoi je réponds “Quel est ton coût par prospect (coût publicitaire pour avoir un contact intéressé à acheter) et quel est ton taux de conversion (pourcentage des prospects qui finissent par devenir client)?”

On me répond souvent quelque chose qui tourne autour de 3 $ et 5 %.

Avec ces chiffres, on peut dire que ça coûte en moyenne 60 $ faire une vente et que, pour en faire 10 par jour, il va falloir investir 600 $ par jour en publicité. Lorsque je dis ça, la personne me regarde, la bouche ouverte, et répète mes derniers mots avec hésitation: “600 $… par jour?!

— Yep, 220 000 $ en publicité par année. Et probablement plus autour de 440 000 $ parce que le coût double souvent lorsqu’on met une campagne publicitaire à l’échelle comme ça! Donc 1 200 $ par jour.”

Leur regard pétillant d’ambition devient flat comme un rhum & coke trop fort… Ils aiment fantasmer à l’idée de faire 10 ventes par jour (ce qui équivaut à plusieurs milliers en profits), mais chignent lorsque j’explique qu’ils vont devoir risquer une bonne partie de leur argent pour atteindre cet objectif.

Pour réussir, il faut dire oui à UN rêve, le déconstruire et s’engager à le prioriser sur tout le reste.

Lorsque tu vas manquer de motivation (parce que ça va arriver), passe 5 minutes à rêvasser à ton objectif avant de te rappeler que cette réalité future n’est possible que si tu exécutes ton plan à la perfection dans le présent.

Pour te motiver encore plus, imagine que tu te regardes à travers les yeux de ton “futur moi”, le boss qui a tout ce que tu as toujours rêvé. Mets-toi à sa place et observe-toi, là sur le divan,  à manger des Cheetos en écoutant “Célibataires et nus”. Regarde-toi bien et juge-toi.

Il est possible que tu te sentes coupable. Il faut donc anticiper que ton corps veuille atténuer ce sentiment à travers une routine (ex.: accompagner tes Cheetos d’une coupe de vin). Résiste à cette tentation, rappelle-toi du plan et passe à l’action.

Et si ce n’est pas assez, fais-toi peur en imaginant le pire scénario possible qui te guette. Imagine-toi finir ta vie dans une job qui te donne le goût de te pendre, vivre chaque jour avec un/une partenaire que tu n’aimes pas, et devoir te réconforter à travers l’alcool cheap, la bouffe grasse et Netflix.

Analyse la trajectoire de ta vie. Regarde bien tes deux ou trois dernières années, car elles sont une bonne indication d’où elle se dirige.

Demande-toi: si chaque journée de ma vie est exactement comme aujourd’hui, est-ce que je vais atteindre mes objectifs dans le temps souhaité? Si oui, alors tu peux écouter ton émission niaiseuse sans remords. T’as fait une belle job, tu peux même te verser un scotch avec ça! Mais si la réponse est non, demande-toi ce que tu devrais changer à ta routine quotidienne pour corriger la trajectoire de ta vie.

Jim Rohn disait quelque chose comme “Manger du fast food, c’est une mauvaise habitude. Manger du fast food chaque jour pendant 10 ans, c’est un désastre”.

C’est facile de sous-estimer l’importance des petites choses, mais il faut réaliser que ce sont nos habitudes — ce qu’on fait tous les jours — qui déterminent qui nous sommes et quel genre de vie on mène.

Puisqu’on surestime notre “futur-moi” tout en se dissociant de lui, c’est facile de dire “demain”. Mais demain arrive, et le “moi” présent n’a pas plus la force ou la motivation de faire ce qu’il doit faire. Il faut être pessimiste. Se dire que si on ne le fait pas aujourd’hui, on ne le fera pas plus demain.

Le secret n’est pas la pensée magique. Le vrai secret, c’est une dose démesurée d’ambition mélangée à une douche froide de réalisme.

Fin de l’extrait. 

1 Les obsessions du perfectionniste

Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Comment reconnaître que c’est un problème et surmonter sa phobie de l’imperfection en 8 étapes

Il y a un truc qui ne tourne pas rond dans notre société: l’idée qu’on se fait de la perfection.

C’est un état qu’on passe notre vie à rechercher: le corps parfait, la maison parfaite, l’alimentation parfaite, le métier parfait…

On glorifie l’idée de la perfection comme étant une finalité à atteindre pour être heureux. Pourtant, on vit dans un monde où il y a une énorme différence entre ce qui “est” et ce qui “paraît être”. Pensons simplement à Facebook. On choisit rarement de mettre en photo de profil notre look le plus authentique du samedi matin au réveil ou de publier des vidéos de nos chicanes de couple… On choisit plutôt notre plus belle photo, celle qui nous avantage le mieux même si elle commence à dater de quelques années, et on ne publie que les photos de couple où tout est rose et parfait avec des coeurs qui flottent dans l’air et des anges joufflus qui jouent de la harpe.

L’envie d’être parfait nous suit même au travail. Ironiquement, le perfectionnisme peut également nous empêcher d’être productifs et nuire énormément à notre rendement.  

Personne n’est parfait

C’est une très bonne chose d’être rigoureux, minutieux et de s’appliquer dans son travail. Le problème, ce n’est pas de viser l’excellence, c’est la panoplie d’émotions et de conséquences négatives qui se produisent quand la perfection devient une obsession.

Premièrement, c’est contre-productif et ça nous complique la vie. Ça fait en sorte qu’on perd énormément de notre temps sur des détails qui, finalement, n’ont pas vraiment d’importance.

Deuxièmement, ça complique la vie et éprouve la patience des gens qui nous entourent et ne partagent pas nos idéaux.

Troisièmement, ça peut mener à des problèmes psychologiques et même physiques : frustration, anxiété, insatisfaction, confusion, épuisement émotionnel, honte, culpabilité, dévalorisation de soi-même, problèmes de sommeil, anxiété, dépression, maux de tête, maux d’estomac, et même de l’hypertension. (source)  

Comment surmonter son perfectionnisme  

Heureusement, même si le perfectionnisme est un trait de personnalité très envahissant et souvent problématique, c’est possible d’apprendre à repérer nos comportements obsessionnels et d’y mettre un terme à l’aide des huit étapes suivantes: 1-Différencier le normal de l’obsessionnel, 2-Identifier les comportements problématiques, 3-Remettre tes objectifs en perspective, 4-T’accorder le droit d’être humain, 5-Affronter tes peurs, 6-Accepter la critique, 7-Lâcher prise, 8-Te comparer à toi-même.

Étape 1: différencier le normal de l’obsessionnel.

C’est normal de viser l’excellence et c’est même une très bonne chose, à condition que tu sois heureux avec tes qualités et compétences actuelles et que tu utilises tes ambitions de perfection comme moyen pour continuer à t’améliorer.

Si, par contre, tu n’es jamais satisfait de ton travail, que tu as l’impression de ne jamais être assez doué et que ton bonheur dépend de l’atteinte de tel ou tel but, c’est une autre paire de manches.

Les différents niveaux de perfectionnisme

Le psychologue américain Robert Hill et ses collègues du département de psychologie de l’Appalachian State University ont présenté un inventaire des principales tendances du perfectionnisme en huit niveaux:  

  1. La peur de faire des erreurs: tendance à ressentir de la détresse ou de l’anxiété à l’idée de faire une erreur.
  2. Attentes élevées envers les autres: tendance à s’attendre des autres qu’ils atteignent nos propres idéaux perfectionnistes.
  3. Le besoin d’approbation: tendance à rechercher la validation des autres et à être sensible à la critique.
  4. L’organisation: tendance à être soigné et ordonné.  
  5. La pression parentale: tendance à ressentir le besoin de performer parfaitement pour obtenir l’approbation parentale.  
  6. La planification: Tendance à planifier d’avance et prendre le temps de délibérer avant de prendre une décision.  
  7. La rumination: tendance à se tourmenter de façon obsessionnelle avec les erreurs passées, les performances imparfaites, ou les erreurs futures.
  8. La recherche de l’excellence: tendance à poursuivre les résultats parfaits et à avoir de hauts standards.

Les signes qui ne mentent pas

Pour savoir si le perfectionnisme est problématique pour toi, commence par te poser les questions suivantes:

  • Est-ce que tes objectifs sont souvent très difficiles, voire impossibles à atteindre?
  • Est-ce que tu as du mal à être vraiment satisfait de ton travail, peu importe les efforts que tu y as mis?
  • Est-ce que tu es obsédé par des détails qui, au final, n’ont pas un grand impact sur tes performances et tes objectifs à long terme?
  • Est-ce que tu as du mal à mettre le point final sur une tâche et a toujours “juste un dernier détail” à vérifier?
  • Est-ce que tu vis tes erreurs comme des échecs?

Si tu as répondu “oui” à une ou plusieurs des questions ci-dessus, ton niveau de perfectionnisme est problématique.

Étape 2: identifier les comportements problématiques

Quels sont les niveaux de perfectionnisme auxquels tu t’identifies? Peut-être que dans ton cas, c’est strictement organisationnel (un indice: si tu ne peux pas tolérer de voir une toile qui n’est pas au niveau sur un mur ou si tes livres sont rangés de façon symétrique dans ta bibliothèque) ou encore, tu as peut-être besoin d’approbation et es très sensible à la critique. Quoi qu’il en soit, si tu y réfléchis bien, tu peux probablement déceler des moments particuliers ou des éléments qui vont t’inciter à avoir des comportements perfectionnistes.

Comportements communs

L’un des comportements les plus communs est la tendance à procrastiner et à remettre sans cesse à plus tard le début d’un travail. Quand on a l’impression que chaque tâche doit être réalisée parfaitement, on devient rapidement submergé par l’impression qu’il y  en a trop à faire et la peur de ne pas bien réussir. Le simple fait de penser à commencer le travail peut être suffisant pour causer de l’anxiété et de l’évitement cognitif.  

Un autre trait fréquent du perfectionniste est la difficulté à bien travailler en équipe. Quand on a l’impression que le travail des autres n’est jamais à la hauteur de nos attentes, on préfère généralement faire le plus gros des tâches pour s’assurer de la qualité du résultat. On a ensuite l’envie irrésistible de repasser par-dessus le travail de nos coéquipiers et, si on ne le fait pas, on est presque immanquablement frustrés et déçus du résultat final.

Étape 3: remettre tes objectifs en perspective

Quelles tâches sont réellement importantes?

Est-ce que les tâches dans lesquelles tu es perfectionniste sont si importantes que ça? Si tu fais une chirurgie dans un cerveau ou une opération à coeur ouvert, ok, c’est assez important d’être très, très minutieux. Quand les conséquences d’une simple erreur peuvent être fatales, c’est un comportement normal de vouloir les éviter à tout prix.

Mais ce n’est pas le cas si les conséquences d’un travail qui est juste assez bien versus un travail parfait sont limitées à ta perception des résultats.

Par exemple, si tu passes des heures à choisir la police d’écriture parfaite pour le titre d’un document, les seules conséquences qui seraient arrivées si tu avais plutôt pris 10 minutes à la choisir seraient que tu n’aurais pas trouvé le document assez parfait à ton goût. Les chances sont minces que la personne qui aurait reçu le document ait comme première réaction “Ma foi du Bon Dieu, mais quelle police d’écriture complètement non professionnelle! Je refuse de lire un tel document et de considérer son contenu!”

En fait, l’élément le plus important à considérer pour savoir si le perfectionnisme est justifié est le but que doit atteindre le travail en cours.

Pour t’assurer que tes idéaux de perfection ne nuisent pas à ton travail, tu dois absolument remettre tes buts en perspective et ne pas travailler plus que ce qui est nécessaire pour les atteindre.

Ne perds pas de vue l’objectif final

Selon le principe de Pareto, 80 % des résultats sont obtenus grâce à 20 % de nos efforts. Autrement dit, dans toutes les tâches qu’on accomplit, seulement 20% sont réellement importantes pour obtenir la majorité des résultats.

Le principe de Pareto

Quand on est perfectionniste, c’est très difficile de ne pas s’impliquer à 150% dans toutes les tâches et de faire la différence entre les tâches importantes, celles qui le sont moins et celles qui ne le sont pas vraiment.  

Bref, pour empêcher ton obsession du travail parfait de mettre un frein sur ta productivité, tu dois toujours garder en tête ton objectif final et faire la différence entre ce que tu DOIS atteindre et ce que tu AIMERAIS atteindre comme résultat. Il faut faire des compromis!

Contente-toi de “juste assez bien”  

As-tu déjà entendu l’expression “le meilleur est l’ennemi du bien”? Ça signifie que quand on a quelque chose de très bien, on risque de le gâcher en allant sans cesse à la recherche de mieux.

Alors, à ton travail, avant d’entreprendre une tâche demande-toi ce qui devrait être accompli pour que ce soit “juste assez bien” pour atteindre tes buts. Puis, détermine le temps que ça devrait te prendre à la réaliser et fait tout ton possible pour ne pas dépasser ton échéancier. Les tâches ont la fâcheuse tendance à prendre tout le temps qu’on leur accorde pour être réalisées. C. Northcote Parkingson explore ce phénomène dans un texte désormais célèbre intitulé Les lois de Parkinson.

Individuellement, tes tâches accomplies ne se démarqueront peut-être pas autant, mais ça va te libérer plus de temps que tu pourras consacrer aux tâches plus importantes qui, au final, vont te permettre d’atteindre tes objectifs plus rapidement et plus efficacement.

“Success is about doing the right thing, not about doing everything right.” Gary Keller, The One  Thing.

Étape 4: t’accorder le droit d’être humain

Probablement que si tu étais un cyborg, tu aurais la vie plus facile au travail. Mais ce n’est pas le cas, tu es un modèle humain unique mais standard et tu fais des erreurs, comme tout le monde.

N’oublie jamais que personne n’est parfait et que tes lacunes ou tes erreurs ne font pas de toi un mauvais employé. Tu ne seras pas rejeté ou considéré comme étant moins important parce que ton travail n’est pas toujours couronné d’un halo de perfection.

Tire profit de tes échecs

As-tu déjà entendu parler du FailCon? C’est un événement qui a débuté à San Francisco en 2009 et qui a maintenant lieu annuellement un peu partout dans le monde.  Il s’agit d’une journée de conférences consacrées à mettre de l’avant les échecs des différentes entreprises présentes pour les étudier, y réfléchir et en tirer des leçons qui pourraient aussi être bénéfiques à d’autres. L’échec est donc présenté comme un outil à utiliser pour aller de l’avant et mieux comprendre les mécanismes essentiels au succès.  

Alors, la prochaine fois que tu vis un échec, inspire-toi du FailCon et ne le considère pas comme quelque chose de négatif, mais comme une opportunité pour mieux comprendre une problématique et t’aider à trouver des solutions.

Étape 5: Affronter tes peurs

Être perfectionnistes, c’est un peu comme avoir une phobie. Sauf qu’au lieu d’être terrifié par les clowns ou les araignées, tu es terrifié à l’idée de ne pas être aussi parfait que tu pourrais l’être.

Ose être imparfait

Quand on est perfectionniste, on est souvent du genre à ne pas essayer des choses ou faire des activités de peur d’avoir l’air ridicule. On s’empêche de participer à un karaoké parce qu’on n’a pas la voix de Céline Dion ou bien on refuse de laisser quiconque constater que notre maison n’est pas toujours étincelante.

Il faut affronter ce genre de situation pour venir à bout du perfectionnisme. Alors, petit à petit, mets-toi volontairement dans des situations où les gens autour de toi pourront constater que tu n’es pas parfait et que tu as des faiblesses. C’est terrifiant, c’est comme une mise à nue mentale, mais c’est la façon la plus efficace de ne pas laisser tes obsessions te contrôler.

Étape 6: accepter la critique

Évidemment, ce n’est jamais agréable de faire critiquer son travail. Mais si tu fais une crise de panique chaque fois que tu es critiqué, tu dois absolument apprendre à te détacher émotionnellement.

C’est très rare que les commentaires sur ton travail soient formulés dans le seul but de détruire ton estime personnelle. Généralement, ils proviennent d’un authentique désir de t’aider à t’améliorer.

Alors met tes peurs de côté, ce n’est pas la fin du monde si tu n’es pas parfait et les critiques sont une bonne opportunité pour t’aider à développer de nouvelles façons de faire et t’améliorer.

Par contre, toutes les critiques ne sont pas nécessairement pertinentes et tu peux aussi les ignorer. Il faut en prendre et il faut en laisser. Pour savoir si tu devrais porter attention à une critique, évalue les points suivants:

  • De qui provient cette critique? Est-ce que son opinion devrait être importante pour toi?
  • Est-ce cette personne sait de quoi elle parle ou elle a lancé un commentaire sans fondement?
  • Quelle leçon peux-tu tirer de cette critique qui pourrait t’aider à t’améliorer?
  • Est-ce que c’est une critique constructive? Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas la peine de t’en préoccuper.

Bref, les critiques ne sont généralement pas des attaques personnelles et si elles le sont elles ne méritent pas d’être considérées. Même si les critiques sont constructives, elles ne déterminent pas ta valeur et ne sont pas représentatives de l’ensemble de ton travail. Ne te sens pas triste et diminué dans tes compétences à cause d’un mauvais commentaire!  

Étape 7: lâcher prise

Tout n’est pas noir ou blanc, comme tout n’est pas parfait ou nul. Il faut apprendre à reconnaître les zones grises et comprendre que c’est tout à fait correct, et même nécessaire, de s’y trouver de temps à autre pour pouvoir mieux équilibrer notre productivité avec nos émotions.

Une des choses les plus difficiles à faire est d’apprendre à reconnaître quand le travail est terminé. En arts visuels par exemple, on apprend qu’on peut retoucher une toile à l’infini, alors c’est important de savoir s’arrêter et reconnaître à partir de quel moment le travail est satisfaisant. Le même principe s’applique dans la grande majorité des domaines. Il faut simplement accepter le fait que rien n’est jamais véritablement terminé et trouver l’équilibre nécessaire pour passer à autre chose et ne pas laisser le perfectionnisme nous retarder.    

Lâcher prise sur son perfectionnisme, c’est accepter nos imperfections et celles qui se retrouvent dans notre travail.

Donc, détermine à partir de quel moment tu considères que le résultat de ton travail est assez bien pour atteindre tes objectifs, sans nécessairement être parfait, et dès que tu atteins ce point passe à autre chose et ne reviens pas en arrière.

Ne perds pas ton temps, ton énergie et ton moral à t’essouffler sur des détails qui n’ont au final que peu ou pas d’impact réel.

Étape 8: te comparer à toi à toi-même

Pour mesurer nos compétences et nos succès, on a tous tendance à se comparer aux autres. Ça nous fait tomber très rapidement dans un cercle vicieux où on n’est jamais satisfait et on finit par penser qu’on ne vaut pas mieux qu’un tas d’ordures.

Le problème, c’est que c’est comme comparer une pomme avec une banane: tu es unique et personne n’a exactement les mêmes compétences, le même vécu et la même expérience que toi. Excepté toi-même.

Alors, ne te compare pas aux autres, mais plutôt à la personne que tu étais hier, le mois passé ou l’an passé. Ce faisant, tu vas réaliser tout le chemin que tu as parcouru et à quel point tu t’es amélioré dans certains domaines ou, au contraire, tu pourras prendre conscience que tu stagnes à certains niveaux. De cette façon tu vas pouvoir te fixer des objectifs réalistes et qui correspondent véritablement à tes habiletés et capacités.  

Vise à devenir chaque jour une meilleure version de toi-même au lieu d’essayer d’être la meilleure version de quelqu’un d’autre!

Conclusion

Être perfectionniste dans un monde qui glorifie la perfection, à première vue, ça ne semble pas être un trop grand problème.

Malheureusement, c’est un trait de personnalité qui peut rapidement prendre des airs de trouble obsessionnel. Dans un contexte professionnel, c’est un ennemi sournois qui peut faire des ravages sur ta productivité.

Heureusement, après avoir pris conscience du problème, tu peux arriver à surmonter ton perfectionnisme et l’empêcher de te nuire en suivant les huit étapes suivantes:

1-en apprenant à différencier les comportements normaux qui découlent de la rigueur et de la minutie de ceux qui proviennent d’un perfectionnisme malsain, 2-en identifiant les comportements qui sont problématiques pour toi, 3-en remettant tes objectifs en perspective pour t’assurer de ne pas perdre ton temps à être obsédé par des détails, 4-en t’accordant le droit d’être humain et de faire des erreurs, 5-en affrontant tes peurs d’être vulnérable à cause de tes imperfections, 6-en acceptant la critique, 7-en lâchant prise et en acceptant pleinement tes défauts et ceux de ton travail et 8-en ne te comparant qu’à toi-même pour te fixer des attentes et objectifs réalistes.

Alors, ne laisse pas le perfectionnisme contrôler ta vie et nuire à ton travail. N’oublie pas, il faut parfois accepter les zones grises, lâcher prise et accepter que les imperfections sont nécessaires pour équilibrer ta productivité, tes émotions et l’usage de ton temps.