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Se prendre pour un autre, changer d’histoire et être heureux.

Aujourd’hui, on peut tout changer. La façon dont on communique avec les autres, notre couleur de cheveux, la manière dont on construit une maison… On peut même changer le sexe d’une personne si celui qu’elle a ne fait pas son affaire. Mais pour de multiples raisons (peut-être parce que le changement et l’inconnu déstabilisent la plupart des gens), on a une sacrée tendance à dénigrer ceux qui osent changer d’histoire pour améliorer leur existence.

« Pour qui tu te prends coudonc? » Je suis certaine que tu as déjà entendu ou utilisé toi-même cette drôle d’expression limitante.

C’est fou quand même, on sait et répète tout bonnement que si on veut un résultat différent, il faut changer la façon dont on fait les choses. Alors pourquoi, et surtout comment, on pense qu’on peut changer ce qu’on fait sans changer ce qu’on est?

Il faut aussi prendre conscience des croyances et des réflexes qu’on entretient. La plupart du temps, ce sont des repères qu’on s’est donnés il y a 3, 4 ou 10 ans pour passer au travers d’une situation qui n’est plus du tout la même aujourd’hui.

On agit et réagit selon nos expériences, nos apprentissages et la façon dont on est socialement conditionné à suivre des lignes directrices parfois (souvent) douteuses.

Mais si on voyait les choses autrement? Et si on cessait de penser de façon absolue?

À quoi ressemblerait ta réalité quotidienne, si tu faisais abstraction de tout ce que tu sais déjà? Demain matin, si tu changeais l’histoire que tu racontes, tu serais alors quelqu’un d’autre, aussi simplement.

Don Miguel Ruiz, auteur des 4 accords toltèques, dit que 95% des croyances que nous entretenons sont purs mensonges et nous souffrons parce que nous y accordons foi.

Autrement dit : chacun se prend pour ce qu’il décide de croire, point.

Et si tu t’prenais pour un autre, dis-moi ça ferait du mal à qui, dans quelle mesure et pourquoi? À moins, bien sûr, que tes intentions soient malsaines, est-ce réellement mauvais de croire et de raconter une histoire différente?

Au contraire, je pense que bien des situations et des gens seraient gagnants qu’on change nos définitions limitatives de nous-mêmes dans notre réalité actuelle.

Le pouvoir des mots

Le plus grand blocage auquel tu fais forcément face à chaque étape de ton parcours, c’est toi.

En fait, plus précisément, c’est l’histoire que tu te racontes et que tu racontes aux autres: les raisons que tu donnes pour justifier le fait que t’es pas rendu là où tu le voudrais, les excuses que tu trouves pour alléger ta conscience qui te culpabilise de ne pas être ou faire ce qui est en ton pouvoir, bref, les chansons monotones aux paroles redondantes qui jouent en boucle dans ta tête et qui font en sorte que tu fais trop souvent un pas en avant pour dix en arrière.

Si tu crois et répètes que t’es quelqu’un de trop timide, par exemple, bien tu as forcément raison. Est-ce que ça t’aide dans tes relations, dans ton estime personnelle et dans l’accomplissement de tes projets? Ça, c’est une autre histoire.

Si les mots ont le pouvoir de détruire, ils ont aussi le pouvoir d’édifier. Ton discours, que ce soit dans ta tête ou les paroles qui sortent de ta bouche, a un impact majeur sur le cours de tes activités et le résultat.

Penses-y : qu’est-ce que ton langage reflète ou transmet?

Il est peut-être temps de sacrer le vieux CD grafigné dans les vidanges et de le remplacer par un qui t’énergise et t’aide à avancer.

Ce sur quoi tu places ton attention prend de l’ampleur et ça commence par les mots que tu choisis d’utiliser.

Tu peux aussi continuer de tenir un discours déprimant en compagnie de gens déprimés. Tu finiras toi-même par constater les effets sur l’atteinte ou plutôt l’attente de l’atteinte de tes objectifs.

Le go que tu attends

Le jour où tu as appris à faire du vélo, il y avait des petites roues de chaque côté de la roue arrière. Probablement aussi qu’un de tes parents te donnait une petite poussée pour partir. Ensuite, il t’encourageait en courant à côté de toi pour essayer d’éviter que tu finisses la face effoirée sur l’asphalte si tu tombes.

Est-ce que ça t’a empêché de tomber et de t’arracher un genou? Fortes chances que non. Malgré toutes les précautions, l’assistance et la pratique, il y a quand même eu une fois (ou plusieurs) où tu t’es planté solide.

Morale de l’histoire : peu importe ce après quoi tu attends, ça ne sera jamais suffisant pour te garantir le succès ou pour te réconforter dans ta peur paralysante de l’échec.

Arrête d’attendre que ce soit suffisamment beau, que ton mentor te dise quoi faire ou que le prochain article de blogue te guide sur la méthode magique à utiliser.

C’est dans ton intérêt d’apprendre à te donner ton propre go, selon tes standards : tes valeurs et ton éthique de travail. Y’a juste toi qui connais l’intention derrière ce que tu entreprends. Alors, soit tu décides d’attendre un signe, soit tu décides d’être proactif et de te mettre en mouvement pour que ça devienne une réalisation du présent.

Après tout, t’as pas décidé d’entreprendre pour attendre qu’on te dirige, mais plutôt pour diriger librement. C’est toi qui commande!

La norme de ton illusion

On veut tous se sentir important et être apprécié pour ce qu’on tente si bien que mal d’apporter au monde. En regardant autour, on se compare aux autres pour déterminer si on est normal ou pas.

On s’invente des normes à respecter pour éviter de recevoir des tomates par la tête. Pour être différent, mais pareil à la fois, on s’impose un paquet d’affaires sans réfléchir si ça s’applique ou non à ce qu’on veut vraiment.

C’est exactement le genre de pratique qui fait en sorte que tu te réveilles 3 mois ou 2 ans plus tard à procrastiner sans arrêt parce que tes journées sont remplies de choses que tu n’aimes pas faire, finalement.

Ce que tu t’imposes, c’est l’illusion que si tu racontes assez longtemps la même chose, que tu fais comme les autres ou que tu attends le bon moment, tu vas t’accomplir et faire prospérer tes projets.

Je pense à George qui est graphiste et qui n’aime pas faire de logos, mais qui offre ce service quand même pour éviter d’être anormal.

Résultat : George récolte plein de contrats de logos et pas de contrat de mise en page (ce qu’il préfère). Il est continuellement dans un état rabougri et il fait du déni en essayant d’endormir son hamster mental sur Facebook.

Parce qu’on veut plaire et être utile, notre tête nous joue constamment des tours. C’est intéressant d’y porter attention pour apprendre à détecter quand c’est le cas et ne pas se laisser guider par des illusions.

Inconsciemment, on a tendance à penser que ça va être rapide et relativement facile. On cherche la meilleure manière avant même de commencer. On se crée ainsi l’illusion qu’on est normal et que la réussite est assurée. Mais attention, tu peux réussir tout ce que tu entreprends.

La question est donc : que veux-tu vraiment réussir, dans quelle mesure et pourquoi? Qu’est-ce que ça va t’apporter à toi et aux autres?

Tu peux sûrement avoir la même réussite que Simone ta voisine.

Est-ce réellement ce qui correspond à ta définition du succès, au mode de vie que tu désires et à ce que tu veux offrir aux autres?

C’est dans ta tête que ça s’passe

Tout ça, c’est dans ta tête que ça se passe, là où ton p’tit diable, M. Ego, manigance pour diriger ton existence. C’est à toi d’être attentif à ce qui se passe là-haut. C’est ta responsabilité de dominer ce p’tit faiseur de trouble qui cherche à dicter comment tu te comportes.

La seule différence entre l’histoire que tu racontes et celle que tu voudrais raconter, c’est celle que tu choisis et ce que tu fais avec ensuite.

Apprends à reconnaître lorsque tu fais de ton mieux et lorsque tu n’as pas tout donné. Prends conscience que tu peux toujours t’améliorer. C’est un choix qui dépend de ce que tu veux profondément.

Garde à l’esprit que ce que tu penses et dis (racontes) contrôle ce que tu es, fais et deviens.

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Es-tu né pour un petit pain?

Je vais commencer ce texte par un disclaimer pour mettre deux-trois petites choses au clair dès le début. Primo, ceci n’est pas une thèse “scientifique”, mais plutôt un texte d’opinion qui s’appuie sur des faits historiques. Tu peux donc t’attendre à avoir mon avis sur quelques sujets controversés (ne fais pas trop le saut!).

Deuxio, dans ce texte je vais souvent employer le terme “les Québécois”, pour désigner les “Québécois d’origine canadienne-française” puisque ce texte est une réflexion sur une problématique qui était, à l’origine, propre aux “Canadiens français” des deux-cent-quelques dernières années. Ça ne veut en aucun cas dire que je considère que les Québécois de diverses origines ne sont pas de “vrais Québécois”, simplement que l’identité québécoise a beaucoup évolué et que j’utiliserai ce terme plutôt dans son sens historique que moderne.

Ceci étant dit…

Il y a un dicton qui dit que les Québécois sont nés pour un petit pain. D’où provient cette croyance, a-t-elle déjà été vraie et, surtout, s’applique-t-elle de nos jours?

“Être né pour un petit pain”

Fig., fam. pour traduire une attitude de résignation, l’acceptation de sa condition modeste, la fatalité d’un destin sans horizon.

Au Québec, en 2018, je pense qu’on peut s’entendre pour dire que l’expression “les Québécois sont nés pour un petit pain” est arriérée. On a assez de vedettes qui sont passées à l’international, d’entreprises florissantes et de scientifiques novateurs pour savoir que notre citoyenneté n’empêche ni le succès ni la richesse.

Le problème, c’est que même si notre côté rationnel réfute l’idée que les Québécois soient nés pour un petit pain, notre subconscient n’est pas nécessairement de cet avis.

On évolue tous dans une société qui nous transmet un système de croyances, que ce soit au niveau de la spiritualité, de la sexualité, des rôles et responsabilités des citoyens, du bien et du mal ou du possible et de l’impossible. Et tout comme un individu, on pourrait dire que notre mentalité collective a un “conscient”, connu et accepté, et un “subconscient” officieux et tabou.

Ce qui m’amène à aborder l’un des gros problèmes qu’on a au Québec et qui nous empêche trop souvent d’atteindre notre plein potentiel: on n’est pas nés pour un petit pain, mais cette idée subsiste quand même dans notre “subconscient” collectif et nous est donc transmise par notre propre société. Il s’agit d’une croyance limitante à grande échelle, transmise de génération en génération, sans même qu’on s’en rende compte.

La vérité, c’est que le Québec est aussi peuplé de bons vivants incroyablement créatifs, débrouillards, patenteux, travaillants, respectueux, profondément égalitaires et particulièrement fiers. Un vrai peuple de “winners” quoi!

Mais parallèlement, on a un problème avec l’argent et le succès et il est temps qu’on en parle.

Il s’agit d’une croyance limitante à grande échelle, transmise de génération en génération, sans même qu’on s’en rende compte.

Tu te dis sans doute “Ben voyons, je n’ai pas de problème avec l’argent et le succès, au contraire, je ne demande pas mieux!”. N’est-ce pas ce qu’on se dit tous? Mais il est là le noeud du problème, c’est notre “conscient” qui parle.

Voir aussi: 5 étapes pour se libérer de ses croyances limitantes 

En pratique, on est souvent les premiers à se mettre des bâtons dans les roues. Au moment d’accomplir quelque chose qui a réellement le potentiel de nous enligner vers le succès, on procrastine, on se laisse distraire, on “passe tout droit”, on se convainc qu’on n’est pas prêt, qu’on n’a pas ce qu’il faut, qu’il nous manque quelque chose, qu’on est trop occupés, que ce n’est pas le bon moment…

Mais qu’est-ce que notre “subconscient” peut bien nous dire à notre insu pour que, dans les faits, on soit toujours “à cheval entre deux tracks”, indécis, ambivalents, intimidés et hésitants face à ce qu’on veut obtenir et accomplir?

Tu l’auras sans doute compris, cet article sera assez différent des autres qui se retrouvent sur le blogue. Il ne te permettra pas d’être plus efficace avec un ordinateur ou d’apprendre à mieux gérer ton temps. Ce que je te propose, c’est plutôt de zoomer sur l’ADN identitaire du Québécois pour trouver d’où nous provient cet “inconscient collectif” qui influence notre perception de la richesse et du succès. Dans les paragraphes qui suivent, je te propose donc “d’arracher le plaster”, de regarder le “bobo” comme il faut, d’analyser ce qui l’a causé et de le laisser respirer un peu pour qu’il puisse enfin commencer à cicatriser.

« Les Québécois sont nés pour un petit pain »

Mais d’où vient ce dicton fataliste? Et pourquoi est-ce qu’on en parle encore de nos jours?

Pour répondre à cette question, un petit flashback historique est nécessaire. Je vais tenter de simplifier ça au maximum: à partir de 1534, le territoire du Québec actuel fait partie de la colonie française nommée la Nouvelle France (qui regroupera  le Canada, l’Acadie et la Louisiane).

Un peu plus de 200 ans plus tard a lieu la guerre de la Conquête, que nous perdons (ahh cette fameuse bataille des Plaines!) après la prise de Montréal en 1760, ce qui fait en sorte qu’on devient soudainement des sujets de l’Empire britannique à la signature du traité trois ans plus tard. À ce moment, la majorité des habitants du territoire sont catholiques, francophones, ne parlent pas un mot d’anglais et vivent principalement de l’agriculture de subsistance répartis sur les terres des différentes seigneuries.  

Le Château Frontenac et la Citadelle de Québec vers 1890. Source: Musée McCord

Inutile de préciser que ça a créé un clash quand “l’envahisseur” anglo-protestant a pris les rênes du gouvernement et de l’économie. Malgré tout, les premières années de la transition se sont relativement bien passées. Il faut dire que le nouveau gouvernement “feelait doux” à l’égard des Canadiens français et permit, grosso modo, qu’ils continuent à vivre comme ils l’avaient toujours fait, en tant que francophones catholiques. Il faut dire qu’à ce moment la métropole britannique jouait de prudence; c’était une période marquée par les révoltes et seulement trois ans plus tard (1773) ils avaient les bras pleins avec les Treize Colonies (en gros, la côte est des États-Unis qui était à l’époque composée de colonies britanniques) qui se révoltaient contre une nouvelle taxe (révolte qui a mené à l’indépendance et la naissance des États-Unis quelques années plus tard).

Tout ça va bien changer, particulièrement quand il sera question de la langue française.

Fast-Forward une centaine d’années plus tard, en plein coeur de la révolution industrielle. Les anglophones ont le “gros boutte du bâton” dans le milieu des affaires et les décennies qui suivent sont marquées par l’implantation d’industries prospères qui attirent un grand nombre de paysans en quête d’une meilleure situation financière (l’industrialisation met beaucoup de pression sur le milieu agricole).

Intérieur du bureau de l’usine de pâte Laurentide, Grand-Mère, QC, vers 1900. Source: Musée McCord

Parallèlement, la majorité des Canadiens français demeurent isolés dans les villages, conservent leur mentalité paysanne et tentent de préserver leur religion leur culture et leur langue qu’ils défendent farouchement depuis des dizaines d’années. Pour subsister, ils développent donc un très fort esprit de communauté, de partage et d’entraide.

En gros, suite à la conquête les opportunités d’affaires se sont amenuisées rapidement pour les Canadiens français. Les “Anglais”  avaient accès plus facilement à du capital et bénéficiaient d’avantages commerciaux grâce à la mère patrie, et les Canadiens français se retrouvaient plus souvent qu’autrement à travailler pour un “boss” anglophone ou tentaient tant bien que mal de joindre les deux bouts en cultivant leurs terres et en variant leurs activités économiques (en faisant de l’artisanat par exemple).

Le Père Ladébauche

C’est de ce contexte, de cette mentalité de résignation, de ce sentiment d’être condamné à vivre sa vie en situation de désavantage économique que l’expression “être né pour un petit pain” est apparue.

L’une des premières mentions de cette expression se trouve dans l’édition du 5 octobre 1912 de La Presse, dans un texte humoristique: la causette hebdomadaire du Père Ladébauche à son cousin, un Canayen des States, Monsieur Goldenpolished Catbedcrazy (Polydore Chalifoux, en français).

La causette hebdomadaire du Père Ladébauche

“Il y a un vieux proverbe latin qu’on nous enseignait quand j’étais jeune et qui inocule ceci: “Quand on est né pour un p’tit pain, on n’est pas né pour un gros.” Je crois ma foi de gueux, que la ville de Montréal est née pour un simple biscuit à la mélasse, pas plus. (…)

Mais vous autres, dans les États qui êtes nés pour un gros pain, vous pouvez vous offrir des tunnels, des fils souterrains, des bibliothèques et une foule d’améliorations modernes. Nous autres, à Montréal, tout ce qu’on a pu se payer pour améliorer notre sort, c’est une Commission Royale pour rire, avec un Bureau de Contrôle pas pour rire.”

La Presse, 5 octobre 1912. Source: BAnQ

Au fil des décennies qui suivent, l’expression est souvent reprise pour décrire la condition des Canadien français, qu’on croit destinés à une vie modeste.

Plus ça change, plus c’est pareil?

Il faut dire aussi que le Québec qu’on connaît aujourd’hui est très différent de celui de nos grands-parents et arrière grands-parents.

En 1901, (c’est pas si loin que ça, c’est il y a à peine un peu plus de cent ans) il ne comptait que 1,65 million d’habitants. Pour te donner une idée, en 2016 la Ville de Montréal en comptait 1,7 million.

À cette époque, environ deux Québécois sur trois habitait toujours à la campagne et vivait de l’agriculture de subsistance, de l’exploitation forestière, de la pêche, de l’artisanat ou de la petite industrie.

Bref, jusqu’à tout récemment, les Québécois étaient principalement des villageois, même à Montréal qu’on appelait “la ville aux cent clochers” et dont chaque paroisse constituait un petit village en soi.

Aujourd’hui, on est environ 8,3 millions d’individus au Québec et près de la moitié de la population habite dans la Région métropolitaine de Montréal.

Notre population a donc beaucoup augmenté et est plus urbaine que jamais. Mais qu’est-ce que ça signifie pour notre mentalité?

Les irréductibles villageois

Une chose est sûre, l’esprit de village, le sentiment d’appartenance à une communauté et la fierté qui s’en dégage ont modelé la culture québécoise et est typique de ses habitants, d’hier comme d’aujourd’hui.

Même si les populations se sont beaucoup déplacées et que les modes de vie ont changé, les Québécois d’origine Canadienne française ont toujours l’âme de villageois. L’entraide et la solidarité font partie de leurs valeurs profondes et ils sont très attachés à leur milieu.

C’est cet “esprit de clocher” qui fait en sorte que nous sommes tous convaincus que la meilleure poutine du Québec se trouve dans notre quartier…

Toutefois, malgré cet esprit villageois qui persiste, les Québécois ne sont plus isolés dans leurs villages. Ils se déplacent davantage, sont plus éduqués et ont développé une ouverture sur le monde.  

Notre culture et notre mentalité sont donc imprégnées des valeurs de solidarité propres aux communautés villageoises, sans nous limiter géographiquement et nous priver des opportunités qui dépassent les limites de notre patelin.  

L’union fait la force

L’esprit villageois, couplé à la situation de minorité et d’impuissance des Canadiens-français suite à la conquête, a donné naissance à un instinct de survie culturelle particulièrement tenace.

Pour conserver le droit de parler leur langue, de pratiquer leur religion et de cesser d’être considéré comme des citoyens de second ordre, il a fallu revendiquer, manifester et argumenter. Et pour parvenir à se faire entendre, ils ne pouvaient pas se permettre d’argumenter différents discours. Il fallait à tout prix éviter la division, s’entendre, atteindre un consensus et parler d’une seule voix.  

L’héritage de cette mentalité se traduit dans le milieu des affaires par la mise sur pied d’un grand nombre d’entreprises de type coopératives (comme Desjardins) et de regroupements de marchands (IGA par exemple).

C’est un élément qui a énormément contribué à faire valoir nos droits et rejeter l’idée qu’on est “nés pour un petit pain”, mais ironiquement c’est souvent ce qui freine la croissance de nos entreprises en ce moment. Cette obsession du consensus nous emprisonne dans la lenteur administrative, et même l’immobilisme, jusqu’à ce que tous les joueurs parviennent à un commun accord. Ça rend tout à fait impossible la prise de décision rapide et nous fait manquer le train de plusieurs opportunités.  

Raconteux, violoneux et patenteux

Il y a un proverbe qui dit qu’on a les qualités de nos défauts. C’est particulièrement vrai dans le cas de l’identité du Canadien français.

L’isolement dans les villages et le repli social a eu pour effet de stimuler l’imaginaire et la créativité des habitants qui ont créé et entretenu leur propre culture.

Chemin rural vers 1925. Source: Musée McCord

Dans un premier temps, pour pallier la faiblesse économique il fallait être débrouillard et créer les solutions aux problèmes du quotidien. C’est ce qui donna naissance au typique “patenteux”, celui qui arrive à créer à peu près n’importe quoi avec de la broche à poules, des roues de bicycles, des vieux bidons et deux-trois clous.

Puis, pour se divertir et affirmer leur identité, ils transmettaient leur folklore sous forme de contes et légendes, de musique et de danse. Une gigue, un p’tit set carré, une soirée de musique et puis “changez de côté, on s’est trompés, c’est pas mêlant on s’trompe tout l’temps”!  

Les raconteux, violoneux et patenteux étaient omniprésents dans les villages québécois d’antan. La créativité, pour un Québécois d’origine canadienne-française, ce n’est pas simplement une qualité, c’est littéralement un trait culturel.

De nos jours, cette prédisposition à être créatif et ingénieux fait toujours partie de notre mentalité. Mais, à l’origine une conséquence de l’isolement, elle est devenue la source d’une industrie culturelle et créative florissante. On n’a qu’à penser au Cirque du Soleil, par exemple, ou aux chanteurs, musiciens, acteurs et artistes en tous genres qui rayonnent sur la scène québécoise et internationale.   

L’esprit de collaboration développé dans les villages et la volonté à atteindre un consensus font en sorte que les Québécois sont très forts pour échanger leurs idées, discuter et mettre leurs esprits en commun de façon très créative.

Nés pour un petit pain, vous avez dit?

L’argent c’est mal

Malgré le fait qu’on soit culturellement très créatifs et débrouillards, on n’est pas particulièrement doués pour vendre nos idées et nos produits. La vente et le marketing sont des domaines où nous sommes un peu boiteux.

Pourquoi?

Principalement parce qu’au Québec, on a une drôle de relation avec l’argent. On méprise les “gosses de riches” qui sont “nés avec une cuillère d’argent dans la bouche” et font leur “show-off”, tout en étant exaspérés par les “gens gratteux”, par les “séraphins” qui s’accrochent à leurs cennes. On ramasse les coupons du publi-sac et on fait des “économies de bouts de chandelles” mais on ne peut pas s’empêcher de faire nos “voisins gonflables”. On s’enrage contre l’évasion fiscale, mais on saute sur l’occasion de travailler au noir pour sauver un peu d’impôt. On se dit ouverts et avant-gardistes, mais on se bat constamment pour maintenir le statu quo.

Bref, on est un vrai paradoxe sur deux pattes!

Tout cela cache un malaise de société assez flagrant vis-à-vis l’argent. C’est un sujet tabou dont on évite de parler pour ne pas faire de “chicane”.

On a hérité d’une perception très négative de ceux qui font beaucoup d’argent. Sans même s’en apercevoir, on juge souvent de la qualité d’un individu selon son portefeuille. On catégorise souvent les personnes qui ont beaucoup d’argent, qui sont “riches”, dans l’un de ces deux clichés, soit:

  1. ils sont nés (ou se sont mariés) dans une famille riche, n’ont jamais travaillé une minute de leur vie et n’ont aucune éthique de travail, ou bien
  2. ils sont parvenus à s’enrichir en étant malhonnêtes et sans scrupules!

Les affaires sont les affaires, et en affaires il n’y a pas d’amis. N’est-ce pas?

Les individus qui font beaucoup d’argent préfèrent donc souvent éviter ce sujet pour ne pas être lynchés sur la place publique. Après tout, c’est ce qui se produit immanquablement chaque fois qu’on dévoile dans les médias le salaire des hauts dirigeants, chefs d’entreprises ou des PDG de nos Sociétés d’État.

Cette relation particulière avec la richesse, c’est l’envers de la médaille de notre société.

L’inconvénient d’évoluer dans une société très égalitaire est qu’on n’aime pas que les autres se distinguent trop de nous. On rêve tous d’être riches, tout en commérant dans le dos de ceux qui le sont devenus. On méprise ceux qui s’élèvent au-dessus de nous, mais on justifie ce mépris en se disant que ce sont des “crosseurs” qui “pètent plus haut que le trou”.

Mais d’où nous vient donc cette relation amour/haine avec l’argent et le succès?

Faut pas être plus catholiques que le pape!

On ne peut pas parler de cette croyance que les Canadiens français sont “nés pour un petit pain” sans parler un brin de l’Église catholique qui était aux commandes jusqu’à la seconde moitié du 20e siècle.

Groupe d’élèves, couvent Sault-au-Récollet, QC, 1866. Source: Musée McCord

Pendant ce temps, elle a donc littéralement dicté aux Québécois comment il fallait agir, ce qui était bien et ce qui était mal. Quand on considère ces extraits de la Bible, on comprend un peu mieux d’où vient ce malaise face à l’argent:

 Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous! (Luc 6:20) 

(…) vends tout ce que tu as, distribue- le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. (…) Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Car il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. (Luc 18:25)

Clairement, la religion catholique a quelque chose contre l’argent et le succès (ironiquement)!

Cette idée qu’il est nécessaire de ne pas accumuler de richesses et de vivre modestement pour “gagner son ciel” tombait à pic dans le contexte socioéconomique d’après conquête. C’était une façon efficace de faire d’une pierre deux coups: encourager la modestie, récolter une dîme généreuse et rassembler ses ouailles autour d’un discours qui renforce l’identité canadienne-française en les dissociant davantage des protestants anglophones (il y avait une dynamique particulière avec les catholiques anglophones, principalement des immigrants écossais et irlandais, mais on n’entrera pas dans les détails.) .

En cas de difficultés économiques, la solution mise de l’avant par le clergé pour subsister et parvenir à nourrir la famille n’était pas de faire plus d’argent, mais plutôt d’économiser, de vivre modestement et de s’entraider entre paroissiens. C’est d’ailleurs dans cet esprit d’économie et de coopération et en répondant aux besoins financiers particuliers des Canadiens ruraux que Desjardins a implanté les premières caisses populaires sur le territoire.   

Bref, vouloir faire beaucoup d’argent et s’enrichir, ce n’est tout simplement pas catholique. Le monde des affaires, ce n’est pas leur monde. Cette mentalité a très certainement contribué à limiter la réussite économique des Canadiens français et alimenté le mythe que les Québécois sont nés pour un petit pain.

Après tout, pour réussir en affaires, il faut d’abord en avoir l’ambition et savoir reconnaître sa valeur et son mérite.

Les affaires, c’est l’affaire des autres

Montréal vers 1875- Intérieur du magasin de bijoux et d’orfèvrerie de Messieurs Savage, Lyman & Co, rue Saint-Jacques. Source: Musée McCord

Si on résume, on disait des Canadiens français qu’ils étaient nés pour un petit pain parce qu’ils ont été longtemps maintenus dans une situation de désavantage économique et étaient peu nombreux à occuper des postes influents.

Par contre, c’est un peu simpliste d’affirmer simplement que “c’est la faute aux anglais”. En effet, les nouveaux arrivants britanniques ont eu droit à des avantages commerciaux et économiques, mais ça n’a pas empêché un bon nombre de Canadiens français de se tailler une place parmi eux, par exemple, dans le gouvernement civil du Bas-Canada (source).

Toutefois, le repli dans les villages de la majorité des Canadiens français fait en sorte qu’on croit qu’ils sont prédisposés à une mentalité économique différente, ce qui servira souvent d’argument pour légitimer des politiques économiques distinctes pour ces “deux peuples” du Canada.

Si tu ne peux les vaincre, joins-toi à eux… ou pas.

Tout porte à croire qu’en réalité, le fait que les villageois se soient repliés sur eux-mêmes et n’apprenaient pas à parler anglais leur a permis de sauvegarder leur culture, mais les ont coupé du monde des affaires et de ses opportunités.

Je ne dis pas que c’est une bonne chose, et je ne dis pas que ça en est une mauvaise. Je crois que tout est relatif à l’angle avec lequel on considère l’histoire et la situation actuelle.

Les Canadiens français se sont retrouvés devant un choix: accepter qu’ils ont été vaincus et qu’ils ne sont plus une colonie française, apprendre l’anglais et l’enseigner à leurs enfants pour devenir des sujets britanniques en bonne et due forme ayant les mêmes droits et opportunités que les autres, ou défendre leur langue qui, malgré l’immigration britannique, était parlée par la majorité de la population et était un pilier de leur identité culturelle.

Pour la majorité des Canadiens, la question ne se posait même pas. Il s’agissait d’abord d’une question de fierté et de respect. Que la métropole britannique refuse de reconnaître le statut du français comme langue officielle était un affront au peuple.  

Étant donné que la société québécoise était largement menée par le clergé catholique francophone (y compris le domaine de l’éducation) et que les valeurs de l’Église prônaient la modestie, le choix était d’autant plus simple à faire.

Apprendre l’anglais allait donc à contresens. Et puisque le peuple ne parlait pas cette langue, le gouvernement britannique n’avait d’autre choix que de s’adresser à ses nouveaux sujets britanniques dans la langue qu’ils comprennent (du moins dans les débuts).

Le problème, c’est que la langue du commerce et des affaires, c’était l’anglais, non seulement avec les Québécois anglophones, mais aussi avec notre voisin, les États-Unis, qui développait rapidement son économie.

Mais bon, comme on dit, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre et la poursuite du succès et de la richesse n’était tout simplement pas compatible avec nos valeurs catholiques.

Bref, c’est l’une des raisons pour lesquelles les Québécois se sont retrouvés dans une économie de subsistance fondée sur l’esprit d’entraide et de partage et qu’ils variaient leurs activités économiques pour tenter malgré tout d’améliorer leur sort.

Les temps ont changé

C’est devenu anachronique de dire, en 2018, que les Québécois sont nés pour un petit pain.

Mais notre histoire, avec hauts et ses bas, a laissé une grosse trace de Sharpie très dure à effacer sur notre mentalité collective et notre perception de l’argent et du monde des affaires.

Cette perception négative, on l’a aussi vis-à-vis la langue anglaise.

In french ou en anglais?

Caricature d’Anthony Delatri

On est conscients que le bilinguisme est un atout social et professionnel important, pourtant, il n’y a que 44,5% de la population québécoise qui était considérée comme étant bilingue (capable de soutenir une conversation en français et en anglais) en 2016.

“Ouais mais le reste du Canada sont juste bilingues à 9,8%! Pourquoi c’est nous autres qui devrait apprendre l’anglais pis pas le contraire?” 

Parce que, si on sort du Québec, 91,2% des Canadiens parlent anglais à la maison et que nos voisins Américains ne sont pas moins de 237,8 millions d’habitants à parler exclusivement anglais, soit 80% du pays (est-ce qu’il faut que je répète qu’on est 8,2 millions de population totale au Québec?).   

Outre nos voisins géographiques, il faut aussi préciser que, selon les différentes études sur le sujet, le contenu anglophone sur internet représente de 32% à 51,9% de la totalité du web, contre 4,1% à 6,5% pour le contenu francophone.

Alors, qu’on le veuille ou non, on est entourés par la langue anglaise, et ne pas l’apprendre c’est se priver d’une énorme, énooooorme part du marché continental et d’un grand nombre de ressources disponibles (par exemple, les logiciels ou sites web qui ne sont pas traduits en français).  

Si je te disais que 55,5% de la population du Québec était analphabète, tu trouverais ça alarmant, n’est-ce pas? Hé bien c’est dans cette proportion que nous sommes analphabètes de la langue des affaires. Je ne veux pas dire qu’on n’a aucune chance de réussir en affaires si on ne parle pas anglais, mais je pense que c’est se tirer dans le pied et s’arranger pour boiter “pendant un maudit boutte.”

Et non, ce n’est pas parce qu’on apprend à parler anglais qu’on oublie comment parler français. Plus que jamais, on a accès aux ressources pour apprendre à bien parler notre langue maternelle et en maîtriser une autre. Ou deux. Ou pourquoi pas cinq, c’est la beauté de notre cerveau, il n’a pas “quota” linguistique!

Bref, il ne faut pas tenir notre langue maternelle et culturelle, le français, pour acquis, mais il faut cesser de vilipender l’anglais. Il est temps qu’on arrête de se servir de notre rancune historique pour blâmer l’anglophone (ou l’allophone) du déclin de la langue française, alors qu’on n’a même pas assez de motivation pour se donner la peine d’apprendre notre propre langue “comme du monde”. 

Le problème, c’est que même si on éliminait l’anglais de notre vue , ça ne nous donnerait pas plus le goût de mieux parler français. Ce n’est pas en renommant Best Buy “Meilleur Achat” qu’on va soudainement avoir envie de maîtriser notre grammaire.

À mon avis, restreindre l’anglais ça ne développe pas le français et ça ne sert en rien la cause de la francisation au Québec. On n’est pas nés pour un petit pain, mais si on veut aller se chercher un gros pain il faut qu’on puisse s’adresser au baker qui le pétrit, que ça nous plaise ou non.

Habitudes et préjugés

D’abord, il faut dire qu’il y a proportionnellement très peu de gens “riches” au Québec. En 2009, seulement 4,1% de la population aurait déclaré gagner plus de 100 000 $ dans l’année (contre environ 16% pour l’ensemble du Canada). C’est très peu, et ça fait en sorte qu’on voit les gens qui ont de l’argent un peu comme des exceptions, des anomalies auxquelles on a du mal à s’identifier.

On a également une sorte de mépris pour les fortunes familiales. Contrairement aux États-Unis où les empires familiaux sont nombreux et en sont souvent aux cinquièmes ou sixièmes générations, ici quand on entend les noms de Desmarais, Molson ou Péladeau, on grince des dents parce qu’on a l’impression qu’ils n’ont pas mérité leur argent. C’est là qu’on constate à quel point notre culture entrepreneuriale est jeune et n’a pas encore fait son chemin dans notre mentalité collective.

De grands rêveurs

On est particulièrement doués pour rêver éveillés. On est créatifs, on aime se fier à notre instinct et on apprécie la poésie des termes comme “liberté” et “destin”.

C’est ce qui nous attire le plus de l’entrepreneuriat, ça fait appel à notre côté rêveur. Mais quand vient le moment de mettre notre vision à exécution, on perd vite notre entrain, car on se retrouve à l’extérieur de notre zone de confort. 

Louis-Adolphe Paquet, 100 ans après la Conquête et quelques années après la défaite des Patriotes

« Notre mission est moins de manier des capitaux que de remuer des idées ; elle consiste moins à allumer le feu des usines qu’à entretenir et faire rayonner au loin le foyer lumineux de la religion et de la pensée… » Voilà une mission – et une consolation – porteuse d’espérance d’une vie céleste éternelle. (source)

Notre penchant pour la pensée et la réflexion fait donc aussi partie de notre culture. C’est pourquoi nous sommes aussi créatifs. Le problème, c’est qu’ “une invention ne deviendra célèbre que si elle est appuyée par une bonne stratégie marketing. Avoir une idée est une chose; la rentabiliser est une autre.” (Source p.187.)

On a des croûtes à manger

Les Québécois ne sont définitivement pas nés pour un petit pain, mais ils ont des croûtes à manger.

Il y a un travail d’introspection à faire pour apprendre à reconnaître nos faiblesses et trouver des façons de les surpasser.

La recherche du consensus à tout prix, par exemple, nous est très nuisible en affaires. Au cours d’une entrevue réalisée lorsqu’elle était à la tête de l’organisme de prospection économique Montreal International, Dominique Anglade avouait que “Malheureusement, nous avons créé des systèmes lourds et complexes. Nous avons mis trop d’importance sur les moyens et moins sur les résultats. A-t-on réellement besoin de consulter tout le monde avant de prendre une décision?” (Source, p.76).

Sur un autre ordre d’idée, on a aussi tendance à banaliser l’ambition et à ne pas prendre ceux qui en ont au sérieux.

On entend souvent des trucs du genre “Comme ça mon p’tit gars, tu veux devenir entrepreneur? C’est cute. Mais si tu veux faire vivre ta famille, ça va te prendre une vraie job. Pourquoi tu ne vas pas porter ton nom dans une shop?”

Bref, sortir des sentiers battus pour prendre le chemin de l’entrepreneuriat est immédiatement découragé parce qu’on a l’impression que c’est une voie sans avenir. L’ambition, c’est bien, tant que ça te mène à l’université pour avoir une job “stable”.

Une nouvelle vision

La bonne nouvelle, dans tout ça, c’est que la société québécoise a énormément évolué au cours des dernières décennies. De plus en plus, notre société accepte l’idée que l’argent, ce n’est pas “le démon”, que c’est un outil, ni plus ni moins. Ce qui fait la différence, c’est la façon dont on dépense cet argent. L’argent ne fait pas le bonheur, mais ça peut nous permettre de:

  • Étudier n’importe où, avoir accès au niveau d’éducation désiré, n’importe où dans le monde.
  • Bénéficier des meilleurs soins de santé et plus rapidement, pour nous et nos proches.
  • Se consacrer à ses passions et loisirs sans avoir à se limiter financièrement.
  • Donner généreusement aux causes qui nous tiennent à coeur, soutenir la recherche et le développement.
  • Avoir une maison et élever une famille sans se soucier des finances.
  • Etc.

L’histoire a fini par jouer en notre faveur en ce qui concerne notre identité et les forces qui s’en dégagent. À partir du moment où on a su s’ouvrir aux cultures qui nous entouraient, on a pu apprendre d’elles. Tranquillement mais sûrement, on a adopté et intégré à notre propre culture la productivité et l’efficacité à l’américaine et l’esprit d’équipe britannique qui, combinés à notre créativité et notre esprit de “villageois moderne”, nous ont permis de nous démarquer rapidement dans le monde des affaires.

Selon le rapport sur l’activité entrepreneuriale au Québec, nous sommes présentement à l’endroit dans tous les pays du G7 où l’entrepreneuriat est le plus valorisé. Un peu plus de 20% des Québécois aimeraient lancer une entreprise dans les trois années qui suivent, et ce chiffre est à la hausse depuis 2013. Toutefois, il y a une différence entre l’intention et l’action.

Tel que mentionné précédemment, notre culture entrepreneuriale est encore jeune et nous n’avons pas tout à fait confiance en nos compétences et notre capacité à réussir en affaires.

Conclusion

Est-ce que les Québécois sont nés pour un petit pain?

La réponse est non, bien entendu. Je ne crois pas, de toute façon, que quiconque soit né pour un petit pain, peu importe le milieu ou l’endroit où il est né.

Mais l’identité québécoise a été malmenée au fil des ans. Notre capacité à entreprendre et notre sens des affaires ont été remis en question. Pour différentes raisons, les Canadiens français ont longtemps été considérés comme des citoyens de second ordre qui étaient destinés à une vie modeste.

La richesse, elle est là, elle est accessible et elle n’est pas réservée à ceux qui sont “nés dans la ouatte”. Peu importe qu’on soit nés dans une famille riche de Montréal ou élevés par une mère monoparentale à Shawinigan, qu’on soit allés au Collège Privé ou qu’on ait eu un parcours sans éclat dans le système public, les opportunités sont là pour tous.

Même si on sait que les Québécois ne sont pas nés pour un petit pain, on a tendance à évaluer nos chances de réussite selon le milieu dans lequel on est nés. C’est une mentalité qu’il faut impérativement changer.

Néanmoins, il serait vrai qu’au Québec, on a moins “l’envie” de réussir en affaires. Selon une étude présentée dans le livre “Le code Québec”, 74% des Québécois francophones préfèrent vivre le moment présent plutôt que préparer l’avenir, et 38% préfèrent faire de l’argent contre 62% avoir plus de temps.

Il semblerait qu’on soit un peuple reconnu pour sa “joie de vivre” et qui a fait le choix de consacrer son temps et son énergie à profiter de la vie (YOLO) au détriment de ses finances.

Et je n’ai absolument rien contre ça!

L’important est que notre mode de vie et nos ambitions nous conviennent et nous rendent heureux, après tout. Il faut seulement s’assurer que, si on préfère ne pas passer trop de temps à préparer notre avenir, ce ne soit pas à cause de la croyance limitante qu’on ne peut pas avoir un avenir prospère et que c’est perdu d’avance.  

Le Québec hétérogène

Finalement, il faut aussi reconnaître qu’on ne peut pas mettre tous les Québécois dans le même panier. Le Québec, c’est beaucoup plus que Montréal et Québec, la ville et la campagne, le français et l’anglais, les catholiques et les protestants.

La mentalité à Montréal est différente de celle de Québec, qui diffère des mentalités qu’on retrouve dans les régions. Le Multiculturalisme, la diversité, le bilinguisme sont autant de critères qui vont largement influencer les mentalités de nos communautés. 

 Montréal, la multiculturelle, la plus britannique des villes québécoise, a toujours eu de la difficulté à comprendre Québec, la républicaine, la plus française des villes québécoises.” Le code Québec, p.156
Bref, le Québec est loin d’être homogène, alors dans cette optique il serait ridicule d’affirmer que “les Québécois sont nés pour un petit pain”!

Un portrait incomplet

Dans ce texte, on a parlé de la Conquête britannique, des enjeux de la langue française, de l’influence de l’Église catholique, de l’esprit de clocher et de l’isolement dans les villages. On a abordé différents points qui expliquent en partie pourquoi on s’est retrouvés dans une situation d’économie de subsistance et pourquoi nous avons été, pendant très longtemps, quasiment absents du monde des affaires.

Je ne prétends pas avoir fait le tour de la question, car retracer tous les éléments historiques qui ont formé la mentalité québécoise telle qu’on la connaît aujourd’hui demande de brosser un portrait beaucoup plus large. On n’a pas parlé de l’influence de la crise économique des années 30, ni des deux guerres mondiales, des différentes vagues d’immigrations, de la révolution tranquille, de la place des femmes en affaires…

Bref, nous avons simplement mis de l’avant quelques-unes des tendances sociales les plus susceptibles d’avoir alimenté notre “inconscient” collectif et le mythe que les Québécois sont nés pour un petit pain.

Quelle est votre opinion sur le sujet? Que vous soyez d’accord ou pas avec ce qui est avancé dans ce texte, ça me ferait très plaisir d’en discuter! N’hésite pas à utiliser la section “commentaires” ci-dessous. J’ai également posé la question sur Quora, par curiosité, vous pouvez également aller y consulter les réponses des autres et y ajouter la vôtre! 

Sources:

Les mémoires québécoises, par Jacques Mathieu et Jacques Lacoursière.

Histoire du Mouvement Desjardins Tome 1 Desjardins et la naissance des caisses populaires 1900-1920. Tome 1, par Pierre Poulinre-Mouvement-Desjardin

Patronage et Pouvoir dans le Bas-Canada, 1794-1812: un essai d’économie historique, par Gilles Paquet et Jean-Pierre Wallot.

Rapport sur l’activité entrepreneuriale au Québec, par Étienne St-Jean et Marc Duhamel

Le Code Québec: Les sept différences qui font de nous un peuple unique au monde, par Jean-Marc Léger, Jacques Nantel et Pierre Duhamel.

4 raisons pour lesquelles on ne tient jamais nos résolutions

Chaque année, c’est la même chose. On prend un petit break du travail pendant le temps des fêtes et on revient en janvier gonflé à bloc, prêt à conquérir le monde!

De retour au bureau, c’est la tournée des becs de bonne année; on se souhaite “amour, santé et succès ($$)” et on a la tête remplie de projets. On se fait déjà des plans en quatre étapes faciles pour se surpasser, révolutionner notre industrie et demander une augmentation de salaire au second trimestre. #NewYearNewMe

Pour y parvenir, on prend toutes sortes de résolutions qui, en théorie, devraient nous permettre d’atteindre nos objectifs, mais en pratique ce n’est qu’un nouveau tracé dans un cercle vicieux qu’on connaît malheureusement trop bien.

Regain de motivation / résolution / échec / déprime, et on recommence!

“La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.” – Albert Einstein

Je ne dis pas que ceux qui prennent des résolutions chaque année au Nouvel An sont fous, mais quand on prend des résolutions à répétition sans jamais parvenir à les tenir, il faut se demander s’il ne serait pas temps changer de méthode pour atteindre nos objectifs.

Chaque fois qu’on échoue, on perd un peu confiance en soi, en nos aptitudes et compétences et on finit par se résigner à la médiocrité jusqu’à la prochaine occasion de prendre une nouvelle résolution. Grave erreur!

Il ne faut pas abandonner nos objectifs et nos projets, mais simplement tirer des leçons de nos échecs pour faire mieux la fois suivante. Et la première étape pour ne pas répéter les mêmes erreurs est de comprendre pourquoi on a échoué.

Voilà donc quatre des principales raisons qui font en sorte qu’on ne tient pas nos résolutions.

1-On ne réfléchit pas assez

Le problème avec les résolutions, c’est qu’on les prend souvent sur un coup de tête pendant un surplus de motivation. On ne prend pas le temps de réfléchir à leur pertinence pour atteindre nos objectifs à long terme.

Avant de prendre une résolution, il est important de se poser les questions suivantes:

  • Quel est mon but en prenant cette résolution? Quel est l’objectif qui se cache derrière?
  • Est-ce que c’est réellement le moyen le plus simple et efficace d’atteindre mon but?
  • Quels sont les résultats concrets que cette résolution apportera à ma vie?

Si notre résolution a un impact réel et mesurable sur l’atteinte de nos objectifs à long terme, on est beaucoup plus susceptible de s’y tenir. C’est pourquoi il vaut mieux prendre un moment pour réfléchir et définir les façons dont cette résolution va améliorer notre vie et nous rapprocher de nos buts au quotidien.

2-On n’y croit pas vraiment

Une résolution doit nous demander de faire des efforts supplémentaires pour évoluer et changer notre vie pour le mieux. Toutefois, si on prend une résolution si ambitieuse qu’on ne croit pas réellement pouvoir la tenir, qu’on angoisse à la simple idée de ce qu’elle va nous demander au quotidien, qu’elle est déraisonnable et tient davantage de l’idéalisme, hé bien il y a fort à parier que cette résolution sera vite abandonnée.  

L’idée est de demeurer optimiste et de viser le plus haut possible tout en étant honnête avec soi-même. Il faut trouver l’équilibre entre une résolution qui représente un défi suffisamment motivant sans être irréaliste au point où on ne croit pas réellement qu’on peut l’accomplir.

3-On perd sa motivation

La motivation est l’élément le plus important à entretenir pour ne pas abandonner une résolution. Pour être suffisamment motivante, elle doit être:

  • Un défi enthousiasmant

Une résolution ne doit pas être trop banale ou ennuyeuse. Elle doit te permettre de repousser tes limites et t’inspirer, te procurer satisfaction et fierté.

  • En accord avec tes valeurs

On a davantage de chance de tenir une résolution si elle touche un élément en lien avec nos valeurs profondes, nos croyances et nos désirs les plus chers. Avoir la conviction que le jeu en vaut la chandelle va faire en sorte de garder la petite étincelle bien allumée.

  • Un processus sensé

On voit généralement une résolution comme un simple moyen pour accomplir une fin. Il faut donner un sens au chemin qu’on parcourt et y tirer de la satisfaction, sans quoi les progrès que l’on fait perdront vite leur intérêt. Autrement dit, la motivation ne se trouve pas dans la finalité, mais dans le processus. Il est une fin en soit qui doit impérativement être gratifiant et nous apporter de la valeur.

4-Ce n’est pas vraiment ce que l’on veut

Revenons à la base. Prends un moment pour réfléchir à la question suivante:

Qu’est-ce que tu veux?

C’est la “question à 1 000 piastres”! C’est celle qui fait en sorte qu’on gagne le gros lot ou qu’on perd tout si on ne sait pas y répondre correctement.  

Tous les points précédents sont sans importance si on ne sait pas ce que l’on veut ultimement.

Généralement, nos désirs découlent d’autres désirs qui découlent eux-mêmes d’autres plus grands désirs. Alors, demande-toi “pourquoi” tu veux prendre une résolution, et repose-toi cette question jusqu’à ce que tu trouves la raison principale derrière tes désirs et ambitions.

Par exemple, peut-être que ta résolution serait de lire un livre de développement personnel par mois pour l’année en cours.

Mais pourquoi?

  • Parce que tu as envie d’élargir tes horizons et d’apprendre de nouvelles choses. Mais pourquoi?
  • Parce que tu as envie de développer de nouvelles compétences et d’avoir davantage confiance en toi. Mais pourquoi?
  • Parce que tu as envie de te démarquer au travail et d’atteindre ton plein potentiel. Mais pourquoi?
  • Parce que tu convoites un poste plus haut placé et aimerais bien avoir une promotion. Mais pourquoi?

Bref, tu vois où je veux en venir!

Souvent, on se concentre sur ce qu’on veut à court terme, comme arriver dans nos paiements ou s’acheter une nouvelle voiture, et on perd de vue la raison principale pour laquelle on se lève chaque matin pour travailler.

Il faut puiser dans nos désirs les plus chers et transformer nos résolutions en outil pour les atteindre. Elles sont ce qui va nous donner les moyens de nos ambitions.

En conclusion

Une résolution n’est rien d’autre qu’une nouvelle habitude qu’on décide d’intégrer à notre quotidien à partir d’un moment symbolique, comme le Nouvel An, un anniversaire ou encore le début d’une nouvelle étape dans notre vie.

Malheureusement, on abandonne souvent nos résolutions avant même d’avoir pu en faire une réelle habitude. On se retrouve donc sur la case serpent et on glisse jusqu’à ce qu’on soit de retour à la case départ.  

Plusieurs facteurs peuvent causer cette dégringolade. Pour mettre toutes les chances de notre côté, on doit d’abord choisir une résolution à laquelle on a réfléchi et qui n’a pas été prise sur un coup de tête, car la valeur qu’elle nous apporte doit être véritablement pertinente pour atteindre nos objectifs. Elle doit également être ambitieuse et nous permettre de repousser nos limites, mais être suffisamment réaliste pour qu’on croie réellement pouvoir l’accomplir. Il faut aussi qu’elle soit assez motivante pour que l’intérêt qu’on y porte ne s’effrite pas avec le temps. Finalement, elle doit être alignée avec nos intérêts, nos ambitions, nos croyances et nos priorités. Elle doit être le domino de départ qui va nous permettre d’atteindre notre objectif fondamental.

Alors, si tu décides de prendre une résolution, garde à l’esprit les quatre aspects abordés dans ce texte et je te garantis qu’elle sera beaucoup plus facile à suivre.

Pour aller plus loin

Les résolutions sont des objectifs à long terme constitués d’actions à réaliser à répétition sur le court terme. Les différentes méthodes qui existent pour déterminer les “bons” objectifs sont donc aussi très pertinentes pour nous aider à atteindre nos buts plus efficacement. L’une des mieux connues est la méthode S.M.A.R.T. , je vous invite donc à lire l’article Comment viser dans le mille et doubler sa valeur grâce à la méthode smart pour en savoir plus. 

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Adopter un mode de vie minimaliste

Nous vivons dans une société de consommation où l’accumulation de biens peut devenir problématique. En effet, un environnement encombré mène souvent à un esprit encombré.  Le minimalisme est un mode de vie qui peut nous permettre d’y voir plus clair et nous aider à prendre de meilleures décisions, autant dans notre vie personnelle que professionnelle. Si vous lisez cet article, il y a fort à parier que le sujet du minimalisme vous intéresse. Tant mieux, car c’est ce dont nous allons parler dans les lignes qui suivent. Plus particulièrement, nous verrons comment adopter un mode de vie minimaliste et quels en sont les bénéfices.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m’appelle Julien, je suis passionné par le développement personnel et j’aime remettre en question notre mode de vie. Le minimalisme est un sujet que j’affectionne pour plusieurs raisons. Si vous vous questionnez sur ce surplus matériel autour de vous ou que vous souhaitez tendre vers une vie plus simple et plus sereine, cet article est fait pour vous.

Qu’est-ce que le minimalisme ?

Tout d’abord, avant d’aborder les raisons qui font qu’adopter un mode de vie minimaliste est bénéfique et allège l’esprit, je vais rappeler ce qu’on entend par le terme minimalisme.

La simplicité volontaire

Le minimalisme comme mode de vie est aussi appelé simplicité volontaire. Ce terme signifie tout simplement “vivre mieux avec moins” et cela fait directement allusion à la consommation et ses impacts divers. Si ce sujet est en vogue ces temps-ci, ce mouvement est très ancien. En effet, Épicure, le philosophe grec en faisait déjà les louanges. Il nous invitait à discerner le superflu de l’essentiel. Par ailleurs, en occident, des mouvements monastiques chrétiens, sous l’influence de Saint François d’Assise notamment, prônaient une vie simple. De ce fait, l’autosuffisance y était pratiquée. En orient, on retrouve le minimalisme ou la simplicité volontaire dans le bouddhisme et l’hindouisme et la vie de Gandhi est un exemple de simplicité.

Le mode de vie minimaliste aujourd’hui

Le minimalisme ne date pas d’aujourd’hui, ni d’hier. En revanche, en ce moment nous en entendons beaucoup parler et c’est une tendance qui a le vent en poupe. En effet, hier à peine, lors d’un dîner entre amis, le sujet a été abordé. Mon ami disait se détacher de plus en plus des biens matériels. En fait, le minimalisme aujourd’hui en occident est une réaction normale pour rééquilibrer une société trop portée sur le matériel. En d’autres termes, après avoir connu l’abondance matérielle et ses dérives, les générations actuelles réagissent de manière opposée. Pour ainsi dire, dans une société où la consommation est encouragée en permanence et dont les effets sont néfastes sur bien des points, adopter un mode de vie minimaliste est un acte de rébellion. De ce fait, cette façon de vivre nous invite à repenser notre manière de consommer, et donc également de produire.

Le minimalisme et l’art

Qu’il s’agisse de musique, de peinture ou d’architecture, l’art minimaliste met en jeux des matières et effets simples et épurés. Si l’art aborde le minimalisme, cela n’est pas anodin selon moi. L’art a toujours existé et répond à un besoin de création pour l’homme. De plus, les hommes contemplent et apprécient les œuvres d’art et cela se fait de différentes manières selon l’art en question. En effet, cette appréciation de l’art passe par l’un ou plusieurs de nos 5 sens. Pour faire simple, c’est par le biais de nos sens que nous communiquons avec notre subconscient.

Ainsi, plus vous voyez l’encombrement et plus votre esprit sera encombré. L’art minimaliste apporte souvent un caractère léger, simple et agréable à l’esprit. Ainsi, c’est selon moi un signe pour orienter notre appréciation de ce qui est trop ou pas assez. Adopter un mode de vie minimaliste est un choix et cela demande un dosage et une intelligence certaine pour discerner le vrai du faux, le superficiel de l’essentiel.

Pourquoi adopter un mode de vie minimaliste ?

Je tends moi-même vers un mode de vie minimaliste, ainsi je vais vous partager certaines raisons qui me paraissent pertinentes.

Le minimalisme est un acte de rébellion

Comme les enfants, j’aime me questionner et la question “Pourquoi” est une excellente question pour démarrer une réflexion. Adopter un mode de vie minimaliste, de nos jours, ne se fait pas par hasard. En effet, c’est le fruit d’une réflexion. Pourquoi accumulons-nous des biens matériels ? J’ai réfléchi sur le sujet et j’y ai trouvé des explications. Bien entendu, il peut y en avoir d’autres. Voici selon moi, les 2 principales raisons pour lesquelles nous accumulons des biens de consommation de manière excessive :

  • La peur de manquer

    Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs manquaient de tout et expérimentaient la survie au quotidien. La peur de manquer régnait, car on ne savait pas de quoi demain sera fait. Des milliers d’années après, bien que notre mode de vie ait beaucoup changé, notre ADN a très peu évolué. La génétique ne détermine pas seulement votre physique, mais aussi certains comportements. La peur de manquer peut expliquer le fait de faire des réserves ou de garder des objets que nous n’utilisons pas “au cas où” ils serviraient un jour…

  • Le conditionnement

    La société de consommation souhaite que vous achetiez et que vous consommiez. C’est son moteur. Ainsi, il faut conditionner l’humain et créer en lui des besoins afin de le pousser à acheter. Notre cerveau reçoit des dizaines et des centaines de messages publicitaires chaque jour. En effet, le but d’une publicité et de susciter le besoin chez un individu. De ce fait, des besoins sont créés en nous de manière régulière et nous ne sommes jamais satisfaits. Voilà pourquoi adopter un mode de vie minimaliste s’apparente à un acte de rébellion.

Une fois que j’ai compris comment le cerveau humain fonctionnait d’une part, et comment la société de consommation nous conditionnait d’autre part, le choix d’un mode de vie minimaliste est apparu comme une solution à ce non-sens. Du moins, comme une option à expérimenter.

Le minimaliste permet de simplifier son intérieur

Simplifier son intérieur est à double sens. En effet, je parle aussi bien de son habitat que de son esprit. D’ailleurs, simplifier son habitat permet de simplifier son esprit également. De ce fait, si vous adoptez un mode de vie minimaliste, vous simplifierez votre intérieur, dans les deux sens du terme. Les bénéfices que vous pourrez en tirer sont variés. Tout d’abord, une sensation agréable de légèreté régnera dans votre maison, mais aussi dans votre esprit. Pensez à l’art minimaliste et la décoration minimaliste. Pensez à une maison surchargée ou des affaires y sont accumulées depuis des années. Laquelle de ces visions vous inspire le plus la sérénité ? Adopter un mode de vie minimaliste vous permet ainsi d’y voir plus clair dans votre vie et de prendre de meilleures décisions. Par ailleurs, vous reprenez contrôle sur le temps en ayant une meilleure appréciation de celui-ci.

Le mode de vie minimaliste est économique

Également, un autre avantage que j’ai trouvé au mode de vie minimaliste est qu’il est économique. En effet, bien gérer ses finances est important. Nous travaillons et devons subvenir à nos besoins et à ceux de nos proches. De ce fait, l’argent joue un rôle important dans nos vies. Lorsque vous dépensez de l’argent inutilement, ce sont des heures de travail que vous dépensez. Ainsi, une fois que ces dépenses ne vous rendent plus heureux, dépenser inutilement dans des biens de consommation revient à dépenser son temps. Plutôt que d’accumuler des biens, n’est-il pas mieux d’accumuler les expériences et les bons moments ? Personnellement, en consommant moins ma qualité de vie n’a pas diminué. Au contraire, j’ai plus d’argent et je peux le dépenser dans des choses qui m’importent réellement.

Le mode de vie minimaliste est écologique

Si, comme moi, vous êtes un minimum soucieux de l’environnement, le mode de vie minimaliste devrait vous plaire. En effet, dans un mode de vie où la consommation est sans limites, cela signifie qu’il faut également produire à outrance. Les déchets et la consommation énergétique qui en découlent ont de graves conséquences sur l’environnement. Adopter un mode de vie minimaliste permet de sortir de cette logique linéaire où productivisme et consumérisme se côtoient. De ce fait, le minimalisme tend davantage vers l’économie collaborative, le partage, ou encore l’autosuffisance.

Le mode de vie minimaliste vous rend plus libre

À force de posséder des biens matériels, ceux-ci finissent par nous posséder. Pour certaines personnes, le simple fait de déménager leur paraît impossible tant cela représente un travail énorme d’un point de vue matériel. En fait, moins vous avez, plus vous êtes libre. En revanche, plus vous possédez, plus vous avez l’impression d’être en sécurité. Vous savez, cette opposition liberté et sécurité? Dans notre cas, la sécurité n’est souvent qu’une impression. En d’autres termes, une fois que vous avez l’essentiel pour vivre, votre sécurité est assurée. Ce sont nos vieux réflexes (cf. peur de manquer) qui nous trompent dans notre réflexion.
Par ailleurs, lorsque je voyage, je prends le strict minimum. J’aime prendre l’avion avec un simple sac à dos et pas de bagage en soute. Ainsi, je peux vous assurer que je me sens libre et que je ne manque de rien pour autant. Adopter un mode de vie minimaliste accroît cette sensation de liberté.

Comment vivre plus simplement?

Si vous souhaitez adopter un mode de vie minimaliste, voici quelques recommandations que je peux vous donner. Je me base sur mon expérience et les différents contenus que j’ai pu consommer sur le sujet. Ainsi, voici quelques pistes génériques à explorer pour simplifier votre mode de vie:

  1. Réfléchissez à vos besoins réels
  2. Réfléchissez aux besoins créés artificiellement par un quelconque conditionnement
  3. Faites le tri chez vous
  4. Favorisez la location ou l’emprunt plutôt que l’achat
  5. Essayez de faire sans (peu de choses sont réellement indispensables)
  6. Privilégiez la qualité à la quantité (l’usage comme la satisfaction durent plus longtemps)
  7. Quand un objet entre chez vous, faites en sortir un autre
  8. Privilégiez les expériences aux biens matériels
  9. Réduisez vos dépenses matérielles inutiles (je n’achète plus de vêtements)
  10. Refaites le tri chez vous 🙂

Pour aller plus loin, vous pouvez également adopter la même démarche :

  • Dans vos outils numériques et espaces de stockage (ordinateurs, smartphones, cloud, boîte mails…)
  • Au sein de vos relations et de vos fréquentations (mieux la qualité que la quantité, là encore)
  • Dans vos tâches (focalisez-vous sur l’essentiel pour être plus productif

Ces pistes vous aideront à tendre vers un mode de vie minimaliste et à simplifier votre vie. Chacun doit trouver l’équilibre qui lui correspond et c’est un travail sur soi qu’il convient de faire.

Pour finir

Ainsi, le minimalisme s’immisce peu à peu dans nos modes de vie. Vous avez dorénavant quelques éléments pour avancer dans votre démarche personnelle. De ce fait, adopter un mode de vie plus simple vous permettra de mieux discerner ce qui est important et ce qui ne l’est pas. De même, vous gagnerez en liberté et en légèreté en orientant vos pensées et votre énergie vers l’essentiel. Gérer ses priorités et son temps dans la vie est important, le minimalisme peut y contribuer.

En espérant que cet article vous a plu, je vous dis à bientôt.

 

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6 façons de cultiver sa confiance en soi pour atteindre son plein potentiel

On connait tous une personne qui semble avoir pleinement confiance en elle, qui saute à pieds joints dans les nouveaux défis avec la conviction qu’elle a la capacité de les relever avec succès. On a l’impression qu’elle entre toujours dans une pièce au ralenti, en arborant la posture d’un titan invincible prêt à dominer le monde et son assurance magnétique suffit à rallier les troupes derrière elle.

Si tu es cette personne, tant mieux, je t’envie un peu! Mais en réalité, très peu de gens ont pleinement confiance en eux en toutes circonstances. Même ceux qui semblent tout à fait confiants sont parfois hantés par la peur de ne pas être à la hauteur.

La confiance en soi, même une fois acquise, n’est pas inébranlable.

Tant de facteurs peuvent l’éroder: des commentaires négatifs sur notre travail, des refus ou échecs, des plaintes de clients insatisfaits, une proposition rejetée… Une simple petite fausse note suffit à grandement affaiblir notre assurance.

Il va sans dire qu’un manque de confiance en soi est gravement dommageable à la productivité et l’avancement professionnel.

Dès le moment où l’on commence à douter de soi-même, on risque d’être entraîné vers une spirale de remises en question qui nous paralyse et nous emprisonne dans l’inaction.

Cela nous empêche de prendre des initiatives, de faire valoir nos idées et nous pousse à tuer nos projets dans l’oeuf de peur de ne pas être à la hauteur pour les réaliser. Ce faisant, on ne peut jamais atteindre notre plein potentiel et on passe inévitablement à côté de nos meilleures performances.

Entretenir sa confiance en soi

Puisque la confiance en soi n’est jamais inébranlable, l’acquérir n’est pas suffisant; il faut également l’entretenir.

Voilà donc six façons de la développer, soit ajuster sa façon de voir le succès et l’échec, demeurer bien informé et au fait de l’actualité dans son domaine, tenir un journal de succès, apprendre à ignorer certaines opinions, adopter de nouveaux comportements et morceler nos tâches pour les rendre moins intimidantes.

1-Voir les deux côtés de la médaille

Le manque de confiance en soi est souvent une conséquence de notre peur de l’échec. Risquer d’échouer et de perdre la face, de décevoir ou d’être jugé est souvent suffisant pour nous faire remettre en question nos compétences et justifier notre inaction.

Alors, la première chose qu’on peut faire pour gagner davantage de confiance est de s’attaquer à la source du problème en affrontant nos peurs et en changeant notre façon de voir.

Un échec est généralement vu comme quelque chose d’exclusivement négatif, mais il faut réaliser qu’il y a un envers à chaque médaille. Ce n’est pas seulement la “fin” de quelque chose, mais aussi le début d’une autre. Chaque échec nous apporte des connaissances et des informations précieuses qu’on doit intégrer à nos projets futurs pour atteindre plus facilement le succès.

Savoir ce qui ne fonctionne pas est tout aussi important que savoir ce qui fonctionne.

2-Faire ses devoirs

L’un des pires ennemis de la confiance en soi est l’ignorance. Se faire prendre au dépourvu parce qu’on connait mal les bases ou l’actualité de son domaine, parce qu’on ne sait pas trop “de quoi on parle”, peut rapidement devenir humiliant et nous faire douter de la pertinence de nos acquis.

Le marché et la société évoluent rapidement et nos connaissances deviennent vite désuètes. C’est donc primordial de ne jamais cesser d’apprendre et d’être à jour dans notre savoir et nos compétences.

Vois ton cheminement au travail comme un combat. Quand on est préparé, bien entraîné et qu’on a les bonnes armes, on entre au combat confiant. Autrement dit, n’emporte pas un couteau dans une bataille à l’arme à feu!

Quand on connait son domaine comme le fond de sa poche, on se sent prêt à toute éventualité et on a plus de facilité à visualiser le chemin qui mène au succès. Les projets de grande ampleur ne sont plus aussi intimidants et on a davantage confiance en soi.

Dans cette optique, l’une des meilleures habitudes à développer est de fréquemment faire du renforcement.

Que ce soit chaque jour ou chaque semaine, on peut par exemple: prendre l’habitude d’écouter des épisodes de podcast, lire un livre ou écouter un audiobook, visionner une vidéo ou un tutoriel sur YouTube, assister à des webinaires et des conférences, suivre un cours en ligne, échanger sur des forums de discussions et d’autres communautés en ligne, etc.

3-Conserver un journal de succès

En général, on a tendance à accorder inconsciemment une plus grande importance à ce qu’on vit de négatif plutôt qu’au positif. On se laisse affecter davantage par nos échecs que nos succès, ce qui influence notre confiance en soi de façon disproportionnée.

Dans les moments de doute et de remise en question, quand tout ne se passe pas comme prévu, il est important de ne pas perdre confiance en nos capacités et de se remémorer nos accomplissements passés.

Pour ce faire, je te propose de conserver un journal de réussites. Il peut être un simple carnet de notes en papier ou un fichier que tu conserves à portée de main sur l’ordinateur. Chaque fois que tu accomplis quelque chose qui te rend fier, que tu as un commentaire positif sur ton travail ou que tu réussis à te démarquer, consigne ce succès dans ton journal.

Dans les moments où tu doutes de toi-même, n’attends pas que ton entourage vienne te rassurer pour reprendre confiance et te convaincre que tu n’es pas un imposteur. Jette plutôt un coup d’oeil à ton journal et garde en tête que, comme tout le monde, tu as des faiblesses à travailler, mais que cela n’enlève absolument rien à tes forces.

Voir aussi: Peur d’être démasqué? Voilà comment vaincre le syndrome de l’imposteur

Tenir un journal de succès peut également être un avantage dans d’autres circonstances, par exemple au moment de négocier une augmentation de salaire ou de nouvelles responsabilités. Consigner tes bons coups et la valeur qu’ils ont générée est une façon efficace d’avoir des arguments concrets à mettre de l’avant pour se faire valoir.

4-Prendre les opinions avec un grain de sel

Les humains sont de drôles de créatures contradictoires qui adorent la nouveauté, mais détestent le changement. Même si, à terme, on finit par apprécier les bénéfices d’une nouvelle solution, on est prêt à tout pour protéger nos vieilles habitudes familières et confortables.

Il ne faut donc pas s’étonner de devoir faire face à de l’opposition chaque fois qu’on propose une idée novatrice.

Si tu as un éclair de génie et un plan que tu partages avec ton entourage, il faut t’attendre immanquablement à ce que quelqu’un essaie de “péter ta bulle”. C’est tout à fait normal et il ne faut pas laisser les gens rébarbatifs au changement freiner tes ambitions et te remettre en question.

Sois honnête avec toi-même. Est-ce que ton idée a réellement le potentiel d’apporter de la valeur et des bénéfices?

Fais tes recherches, valide ton hypothèse, trouve la façon la plus simple et rentable d’atteindre ton objectif et si tu crois vraiment que ton idée en vaut la peine, fais ce qu’il faut pour le démontrer.

Qu’il s’agisse d’implanter une nouvelle procédure au travail ou de proposer un projet intrapreneurial, personne n’est mieux placé que toi pour faire valoir tes idées. Essaie de t’entourer de gens ambitieux et optimistes qui veulent t’aider à développer ton potentiel et ignore ceux qui ont des arguments aussi faibles que “ce n’est juste pas une bonne idée”.

Malheureusement, cela inclut aussi la famille et les amis. Même si on les aime beaucoup, il faut apprendre à séparer sentiments et ambitions professionnelles et ne pas accorder une importance démesurée à leur opinion.

Bref, ne laisse pas les avis négatifs influencer ta confiance en toi, en tes compétences et en tes idées. C’est aussi valide pour toi-même et tes propres pensées. Si tu as tendance à te dire “je ne suis pas assez “ceci” pour atteindre mon objectif ” ou “je suis trop “cela” pour réussir”, sache que ces pensées négatives ont le pouvoir de convaincre ton subconscient que c’est réellement le cas, même s’il n’en est rien. C’est ce qui donne lieu aux croyances limitantes et tu veux les éviter à tout prix!

Voir aussi: 5 étapes pour se libérer de ses croyances limitantes

5-Manipule ton subconscient

Notre confiance en soi (ce qu’on a la conviction d’avoir la capacité de faire) est grandement influencée par notre estime de soi (l’opinion favorable qu’on a de soi-même, les qualités et aptitudes qu’on croit posséder).

Donc, ce qu’on croit être va dicter la façon dont on agit.

Mais une étude suédoise a démontré que l’inverse est également vrai: notre subconscient analyse nos comportements et en tire ses conclusions pour déterminer ce que l’on est. Notre perception de nous-mêmes est ainsi grandement influencée par notre comportement.

En d’autres mots, si on agit d’une certaine façon à répétition, par exemple si on agit comme une personne pleine d’assurance, notre subconscient va finir par croire que c’est parce qu’on est une personne qui a confiance en elle. Dans certains cas, l’expression “fake it until you make it” (fais semblant jusqu’à ce que tu y parviennes vraiment) est donc un très bon conseil!

Toutefois, une habitude prend un certain temps avant d’être intégrée à notre rythme de vie. Il ne faut donc pas essayer de tout changer d’un seul coup. Le mieux serait de choisir une habitude qui peut avoir un impact positif sur l’image qu’on a de soi-même et de nos compétences et de l’intégrer à son quotidien. Des trucs simples comme adopter une bonne posture, ne pas fuir les contacts visuels, parler lentement et clairement sont autant de façons de démontrer à notre subconscient qu’on a confiance en soi.

6-Morcelle les objectifs intimidants

Si je te demandais de construire une maison de tes propres mains, probablement que tu n’aurais pas la confiance en toi nécessaire pour me répondre sans hésitation “bien sûr, pas de problème!”.

Mais si je te demandais de mesurer la longueur d’une poutre, ou bien de couper une planche de bois, ou encore de clouer un 2X4, tu serais sûrement beaucoup moins intimidé et aurais davantage confiance que tu peux parvenir à accomplir ces tâches.

Tout ça pour dire que quand on se retrouve devant une tâche monumentale, c’est très normal de manquer de confiance en soi et d’être découragé.

Pour cheminer avec plus d’assurance, on peut fragmenter nos tâches en plus petits morceaux, ce qui nous permet de mieux planifier le travail à faire pour les réaliser et ne pas se sentir submergé.

Demande-toi toujours quelles sont les trois tâches les plus pertinentes et importantes que tu peux réaliser dès maintenant pour te rapprocher de ton objectif final, et concentre-toi sur celles-ci.

En résumé

Un bon niveau de confiance en soi est indispensable pour atteindre son plein potentiel et oser s’embarquer dans des projets ambitieux qui nous mettent au défi.

Malgré tout, même une fois acquise, notre confiance peut toujours être mise à l’épreuve. Il ne faut pas la considérer comme un trait de caractère immuable, mais comme une aptitude qu’on peut apprendre et perfectionner. Il faut donc prendre soin de la développer et de l’entretenir au quotidien.

Pour ce faire, il faut d’abord changer sa façon de voir l’une des principales causes du manque de confiance en soi: la peur de l’échec. Pour désamorcer cette peur, on doit cesser de considérer l’échec comme une finalité négative et le voir plutôt comme une transition qui a également le potentiel d’être utile.

Ensuite, l’une des façons les plus efficaces de cultiver la confiance en soi est de s’assurer d’avoir les connaissances nécessaires pour être à l’aise dans son travail et limiter les risques d’être pris au dépourvu. Pour cela, il faut faire ses devoirs et continuer d’apprendre et se perfectionner continuellement.

Puis, on peut également tenir un journal de succès où on consigne nos fiertés et chacun de nos bons coups. De cette façon, on peut s’y référer dans les jours où on se met à douter de soi-même et où on a besoin de se faire rassurer.

On doit également apprendre à ne pas accorder trop d’importance à l’opinion et aux commentaires négatifs de notre entourage. L’innovation, les nouvelles idées qui nécessitent de briser un moule bien établi font souvent face à une forte opposition. Il faut réaliser que ce n’est pas une raison suffisante pour perdre confiance et se fier plutôt aux faits pour valider nos idées.

On peut également manipuler notre subconscient et lui faire croire qu’on est une personne qui a confiance en elle en développant l’habitude d’agir en conséquence. Puisque nos comportements sont fortement influencés par notre perception de nous-mêmes, et que notre perception de nous-mêmes est influencée par nos comportements, il s’agit d’une boucle psychologique dont on peut tirer avantage.

Finalement, afin de ne pas perdre confiance face à l’ampleur d’une tâche, on peut morceler nos objectifs en plusieurs petites tâches moins intimidantes. Cela nous permet de ne pas nous sentir submergés et nous donne un meilleur contrôle sur notre avancement.

Pour terminer, j’ajouterais également que personne n’a ton vécu, ta personnalité et ton expérience. Ton cheminement et tes prédispositions font de toi une personne complètement unique. Jamais il n’y a eu une personne identique à toi dans l’histoire de l’humanité, et il n’y aura jamais personne exactement comme toi dans le futur.  

Alors, ne laisse jamais ta confiance en toi être influencée par une comparaison avec quelqu’un d’autre. Si tu tiens absolument à te comparer, compare-toi à la personne que tu étais hier!  

Tu détestes ton travail? Voilà comment prendre ta carrière en main

6:29 a.m.: Tu dors à poings fermés, paisible, sans te soucier de tes obligations et des problèmes du quotidien.

6:30 a.m.: L’alarme de ton réveille-matin retentit soudainement. Tu te réveilles juste assez pour appuyer sur snooze et te rendors aussitôt.

6:35 a.m.: Ton alarme sonne de nouveau. Comme un zombie sur le pilote automatique, tu appuies de nouveau sur snooze.

6:55 a.m.: Ton alarme se fait entendre pour la sixième fois. Ton cerveau commence à se réveiller et prendre conscience de ce qui se passe. “Pourquoi est-ce que mon cadran sonne? On est quel jour aujourd’hui?”

Et puis, la triste réalité te frappe en plein visage: c’est déjà lundi. Tu lâches un soupir si intense qu’il suffirait à rendre un clown dépressif. Comme chaque lundi matin, tu te dis avec amertume “deux jours, c’est beaucoup trop court comme weekend…”

Tu te prépares pour aller travailler avec ton “air de boeuf” traditionnel du lundi matin. “Maudite vie plate!” Tu sors de ta voiture avec la moitié de ta toast entre les lèvres, ton cartable dans une main et ton thermos de café dans l’autre. Tu te précipites vers la porte d’entrée pour ne pas arriver en retard (tu es toujours à la dernière minute, surtout le lundi) et puis tu figes en cours de route, devant la porte en regardant le nom de l’entreprise qui s’y trouve. Tu réalises soudainement quelque chose de crucial:

Ce n’est pas ta vie que tu n’aimes pas. C’est ta job.

Ce genre de révélation est à ne pas prendre à la légère. On passe une très grande partie de notre vie au travail et se fier seulement sur nos weekends pour apprécier la vie serait comme se fier sur les cornichons dans un McDouble pour satisfaire notre appétit, ce n’est simplement pas suffisant!

Malheureusement, c’est quelque chose de très commun. On passe tous au moins une fois par là dans notre vie (sauf peut-être une infime minorité de gens qui ont trippé sur leur job étudiante et décroché l’emploi de leurs rêves après leurs études).

Selon un sondage réalisé par Hays Canada, 47 % des Canadiens ne sont pas heureux dans leur emploi, ce qui est énorme.

Personnellement, la première fois que j’ai réalisé que je détestais mon travail, j’avais 17 ans. J’ai eu cette révélation quand, un matin en rentrant au travail, j’ai dû retenir mes larmes en apercevant le gros “M” jaune de l’entreprise pour laquelle je travaillais. Deux semaines plus tard, je remettais ma démission. À l’époque, c’était un choix facile. Après tout, ce n’était qu’une job étudiante qui frôlait le salaire minimum et ce n’était vraiment pas une entreprise dans laquelle je me voyais passer ma vie.

Par contre, quand on n’est pas heureux à faire son métier ou dans un emploi bien rémunéré avec de bonnes conditions de travail, c’est une autre paire de manches! On ne peut pas tout quitter du jour au lendemain. On a des obligations financières et, souvent, on n’a aucune idée de ce qu’on pourrait bien faire d’autre dans la vie. Ou bien si on en a une petite idée, peut-être qu’on n’a pas l’expérience ou les compétences requises pour changer d’emploi.

Quelles que soient les raisons de notre mal-être au travail, il faut tout tenter pour améliorer la situation. Si on ne fait rien, c’est non seulement notre santé mentale qui est à risque, mais aussi notre avenir professionnel. Un employé malheureux n’est pas un employé productif, ce qui le rend plus à risque de stagner dans son avancement, ou pire encore, d’être licencié et de se retrouver avec la réputation d’être un employé peu motivé qui traîne de la patte.  

Que faire?

D’abord, il faut identifier le “pourquoi”, les raisons exactes pour lesquelles tu es malheureux au travail. Ensuite, il faut déterminer quel serait ton emploi de rêve et identifier les changements que tu pourrais apporter à ton travail pour qu’il s’en rapproche. Tu peux même négocier certains de ces changements avec ton patron. Finalement, tu peux perfectionner ou acquérir les compétences nécessaires pour te rapprocher un peu plus chaque jour de l’emploi qui te rendrait véritablement heureux.

Alors, avant de rédiger ta lettre de démission, lis ce qui suit pour ramener un peu de bonheur au travail!

Quel est le problème exactement?

Avant toute chose, il faut déterminer quelles sont les causes de ton malheur au travail.

Est-ce que:

  • tu es dans un domaine qui te déplaît?
  • la culture d’entreprise te rend malheureux?
  • tu as un mauvais patron?
  • tes tâches entrent en conflit avec tes valeurs?
  • l’équipe et l’ambiance de travail sont désagréables?
  • le travail sous pression ou les attentes irréalistes de la direction te rendent anxieux?
  • tes tâches te déplaisent, te dégoûtent ou te frustrent?
  • ton travail nuit à ta condition physique ou ta santé?
  • tes tâches sont routinières, monotones et t’ennuient?
  • ton environnement de travail est démoralisant?
  • tu as l’impression de ne pas être apprécié à ta juste valeur?
  • tu a l’impression que tes compétences ne sont pas assez sollicitées et mises à contribution?
  • tu aimerais avoir un meilleur salaire ou de meilleurs avantages sociaux?
  • tu te trouve dans un environnement de travail hostile où tu es victime de harcèlement?

Cette liste n’est pas exhaustive et pourrait continuer ainsi très longtemps, mais les points qu’elle soulève résument les principales causes qui peuvent causer ton malheur au travail.

Les solutions

Une fois que tu as identifié tous les points qui causent ton malheur, c’est le moment de penser aux différentes façons dont tu pourrais prendre la situation en main pour améliorer ton sort.

Quel serait l’emploi de tes rêves?

Prends un moment pour réfléchir à l’emploi de tes rêves. Qu’est-ce qui est primordial pour toi? Est-ce que ce serait un emploi qui te permettrait d’avoir un horaire flexible? Ou bien qui te permettrait d’utiliser pleinement certaines de tes compétences? Ou encore, d’avoir une plus grande latitude sur la façon dont tu exécutes tes tâches et organises ton emploi du temps?

Dresse la liste de tous les critères qui définissent l’emploi de tes rêves.

Ensuite, détermine ceux qui sont absolument nécessaires à ton bonheur et sur lesquels il est hors de question de faire des compromis.

À partir de là, tu as deux choix: 1-élaborer un plan pour que ton emploi actuel se rapproche le plus possible de l’emploi de tes rêves, ou si ce n’est pas possible 2-élaborer un plan pour que ton emploi actuel t’aide à décrocher l’emploi de tes rêves.

Apporter des changements

La première chose que tu peux faire pour apprécier davantage ton travail est de tenter d’y apporter quelques changements. Certaines améliorations peuvent se faire sans nécessairement demander d’autorisation à un supérieur, par exemple organiser un 5 à 7 informel pour apprendre à mieux connaître tes collègues et stimuler l’esprit d’équipe, ou encore apporter une paire d’écouteurs pour écouter de la musique en travaillant et briser la monotonie des tâches routinières.

Lire aussi: Comment se doper à la musique pour améliorer ses performances

Toutefois, d’autres changements, particulièrement ceux qui concernent la nature des tâches liées à ton travail, ton horaire ou ton salaire, doivent être négociés avec ton patron.  

Négocier certains changements

D’abord et avant tout, assure-toi d’être bien préparé. On n’entame pas une négociation sur un coup de tête dans les corridors du bureau pendant la pause; la négociation est un art dont l’exécution doit être savamment planifiée. C’est comme une partie d’échecs à laquelle on peut ajouter des pions à l’avance.

Avant de te lancer dans la partie, détermine exactement ce que tu aimerais obtenir de ces négociations et des compromis que tu es prêt à faire. Essaie le plus possible de trouver une façon de présenter ces demandes en mettant de l’avant les avantages pour l’employeur et l’entreprise.

Par exemple, si tu veux négocier la possibilité de faire du télétravail une ou deux journées par semaine, propose de consacrer ce temps à une tâche spécifique qui nécessite généralement le nombre d’heures hebdomadaires que tu voudrais effectuer en télétravail. De cette façon, l’employeur aura une façon plus concrète d’évaluer la quantité de travail effectué à la maison plutôt que de se fier à ta bonne volonté de travailler un nombre d’heures précis sans supervision, ce qui peut faire pencher la balance en ta faveur. Insiste sur l’aspect distrayant du bureau, des interruptions des collègues, du téléphone, du bruit, et argumente que le télétravail te permettrait de te concentrer pleinement sur cette tâche et d’être plus productif. Le télétravail permet également de réduire la facture d’électricité et de consommation internet. Cet argument n’a pas beaucoup de poids dans une grande entreprise, mais peut être très pertinent auprès d’un petit organisme.

Voilà quelques exemples d’éléments que tu pourrais négocier pour apprécier davantage ton travail:

  • revoir ta définition de tâches
  • négocier le temps accordé à certaines tâches
  • demander différentes tâches/responsabilités
  • négocier un horaire flexible ou la possibilité d’accumuler des heures en banque
  • négocier ton salaire, des congés maladie ou certains avantages sociaux

Voir aussi: 17 types de mauvais patrons qui gâchent ta job

Aussi, je te conseille fortement de te procurer et de lire le livre Double ta valeur, accomplis plus travaille moins, qui explique plus en détail l’art de la négociation avec son employeur et propose des trucs pour réussir à obtenir un meilleur salaire.  

Deviens intrapreneur

In-tra-pre-neur. n.

Une personne au sein d’une grande corporation qui assume la responsabilité de transformer une idée en produit fini et profitable à travers la prise de risque assertif et l’innovation. (Définition du Heritage Dictionary)

Même si, dans sa définition officielle, le terme intrapreneuriat concerne plus spécifiquement les grandes entreprises, ce modèle peut s’appliquer à n’importe quel type d’entreprise.

Un projet d’intrapreneuriat peut être une façon particulièrement intéressante d’apprécier davantage ton travail, et même de te propulser rapidement vers un nouvel emploi qui serait plus intéressant.  

Par exemple, si tu travailles pour une entreprise qui vend des produits physiques ou numériques, mais qui n’a pas de présence sur internet, ouvrir une boutique en ligne accompagnée d’un blogue pourrait être un projet intrapreneurial très prometteur.

Voir aussi: Intrapreneur: serait-ce le meilleur des deux mondes?

Développer tes compétences pour changer d’emploi

Peut-être que c’est tout simplement impossible que tu sois véritablement heureux dans l’emploi que tu as présentement. Dans ce cas, la seule solution est de changer d’emploi. Mais attention!

Ne rédige pas ta lettre de démission tout de suite, car si tu précipites les choses tu risques de te retrouver avec un nouvel emploi dans lequel tu ne seras pas plus heureux.

On a déjà établi quels sont les critères qui définissent l’emploi de tes rêves. Maintenant, dresse une liste des compétences nécessaires et des atouts qui seraient utiles pour parvenir à décrocher un tel emploi.

Ensuite, prends conscience des compétences que tu possèdes déjà et de celles que tu vas devoir acquérir. Si, par exemple, tu dois développer tes connaissances en marketing web, tu pourrais suivre une formation en ligne sur la publicité Facebook. Ou encore, si tu dois apprendre à mieux maîtriser la suite Adobe, tu peux visionner des tutoriels sur YouTube pour t’aider à te pratiquer.

Bien sûr, certains métiers nécessitent d’obtenir un diplôme, alors il se peut que tu doives retourner aux études pour atteindre l’emploi de tes rêves. Mais devine quoi: il n’est jamais trop tard pour ça, ou pour apprendre de nouvelles compétences.  

Pourquoi pas un blogue?

Dans la plupart des domaines, démarrer un blogue peut être une idée profitable, tant financièrement qu’au niveau de ta crédibilité quand vient le temps de passer en entrevue pour un nouveau poste.

Par exemple, si ton rêve est de devenir chroniqueur pour un journal ou rédacteur pour un magazine, un blogue sur un sujet pertinent peut en dire beaucoup plus long sur tes compétences et ton professionnalisme que ce qu’un simple C.V. peut révéler.

Ou encore, si ton rêve est de décrocher un poste de designer graphique dans une grande firme, ouvrir un blogue sur le design serait une très bonne idée. Il peut inclure, par exemple, des articles explicatifs sur des sujets comme la composition d’une image, l’harmonisation des couleurs, le matériel recommandé ou même des tutoriels montrant les bases de certains logiciels et des techniques de design.

Bref, un blogue démontre ton expertise dans ton domaine, tes compétences en informatique, ton sens de l’initiative et ta passion. Il peut être un outil concret qui va te démarquer des autres candidats sur le chemin vers l’emploi de tes rêves.

Pour savoir comment monétiser un blogue, je te suggère de lire le livre: Confessions d’un blogueur: la vérité sur les “experts” et comment en devenir un.

Et il n’y a pas que les blogues! Démarrer un podcast ou une chaîne YouTube, selon la pertinence dans ton domaine, peut aussi être une bonne façon d’acquérir de l’expérience et de la crédibilité.  

Pour garder le moral

Que tu veuilles garder ton emploi et tenter de négocier certains changements ou bien que tu préfères littéralement changer d’emploi, tu peux aussi utiliser certains trucs pour être plus heureux au travail en cours de route. Au fil du temps, ils peuvent faire une grande différence.

Personnalise ton espace de travail

Si ton environnement de travail est visuellement démoralisant, pourquoi ne pas essayer de le personnaliser un peu en le décorant selon ton goût si c’est possible? Un cadre à photo par-ci, une jolie lampe de bureau par-là, et te voilà dans un espace de travail réconfortant qui correspond à tes goûts.

Voir aussi: 8 trucs simples pour être plus productif

Concentre-toi sur le positif

Même si tu n’aimes pas ton travail, il y a probablement certains aspects que tu apprécies. Que ce soit l’heure du dîner avec les collègues à la cafétéria, le 15 minutes de lecture dans un fauteuil moelleux pendant la pause ou tout simplement le sourire d’un client satisfait. Utilise ces éléments comme un phare qui te guide et te motive au quotidien.

Récompense-toi

Pour passer plus facilement au travers d’une dure journée ou semaine de travail, n’hésite pas à te promettre une récompense. Que ce soit planifier ton activité favorite ou un souper au restaurant, prends le temps de te gâter et de te féliciter pour tes efforts. De cette façon, tu pourras concentrer ton attention sur un élément positif lorsque as envie de tout envoyer valser quand tu es au travail.  

Confie-toi

Ne pas aimer son travail peut mener à une bonne accumulation de frustrations. Pour éviter d’exploser, n’hésite pas à te confier à un proche et à discuter de ce qui te déplaît de ton emploi et de ce à quoi tu aspires. Tenir un journal quotidien peut aussi être une bonne façon d’évacuer ses frustrations.

Finalement

Si tu n’es pas heureux au travail, tu as deux choix: soit tu négocies certains changements à ton emploi, soit tu mets tout en oeuvre pour occuper le genre de poste qui te rendrait réellement heureux.

Tu dois d’abord déterminer quelles sont les causes exactes de ton malheur au travail, pour ensuite identifier quels critères correspondent à ton emploi idéal.

À partir de là, tu peux tenter de négocier avec ton patron afin d’éliminer ou de réduire les éléments qui te rendent misérable au travail. Il ne faut pas prendre cette négociation à la légère et être bien préparé avant d’aborder le sujet. Proposer un projet d’intrapreneuriat peut également être une très bonne façon de se sentir plus impliqué au travail et de développer des compétences qui te permettront possiblement d’occuper un poste plus intéressant par la suite.

Si tu ne vois pas de quelle façon ton emploi actuel pourrait véritablement te rendre heureux, alors détermine quelles compétences tu pourrais acquérir pour t’aider à décrocher l’emploi de tes rêves. Certains métiers nécessitent un diplôme, donc un retour aux études, mais une grande quantité de compétences peuvent être acquises à l’aide de formations en ligne, de lectures, d’écoute de podcasts ou de visionnements de tutoriels.

Ensuite, pour établir ta crédibilité et détenir un avantage sur les autres candidats pour les postes que tu convoites, tu pourrais démarrer ton propre blogue, podcast ou chaine YouTube (selon ce qui est le plus pertinent dans ton domaine).

Finalement, pour être plus heureux au travail entre temps, tu peux aussi personnaliser ton espace de travail, trouver et te concentrer sur les aspects positifs de ton emploi, prendre soin de te récompenser après de longues journées ou semaines et te confier à un proche ou dans un journal quotidien pour libérer tes frustrations.

Alors, ne gâche pas ton potentiel à stagner dans un emploi qui ne te rend pas heureux!

Comment ne plus être en retard

Quatre habitudes à prendre pour ne plus être en retard

Est-ce que tu as le syndrome du lapin blanc, toujours “en retard, en retard” à courir à gauche et à droite en regardant l’heure nerveusement?

“En r’tard! En r’tard! J’ai rendez-vous quequ’part! Je n’ai pas l’temps de dire au revoir, je suis en r’tard, en r’tard!”

Si tu es un retardataire chronique, tu n’es pas sans savoir que les inconvénients sont nombreux! Non seulement ton entourage risque de percevoir ton retard comme un manque de respect, mais quand cette mauvaise habitude s’invite au travail, c’est littéralement ta carrière qui est en jeu.

Heureusement, même si c’est un comportement profondément ancré en nous, on peut arriver à le changer en appliquant certains trucs.

D’abord, il faut savoir qu’on n’est pas tous en retard ou à la dernière minute pour les mêmes raisons. Certains sont des procrastinateurs délibérés qui choisissent de tout faire à la dernière minute parce qu’ils aiment le boost d’adrénaline que ça procure. D’autres ont tout bonnement “les yeux plus gros que le ventre” et se planifient trop de choses à faire dans un laps de temps trop court. Ou encore, certains ont simplement un déficit d’attention, sont facilement déconcentrés et perdent la notion du temps.  

Dans tous les cas, des trucs et des habitudes simples à mettre en place peuvent aider à éviter les retards. On peut, entre autres, organiser nos tâches de façon à commencer par le pire et garder le meilleur pour la fin,  apprendre à mieux gérer son temps, voir plus petit pour voir plus grand et apprendre à prioriser et travailler plus efficacement en facilitant l’état de flow.  

Commencer par le pire

L’une des raisons qui font souvent en sorte qu’on est en retard est la procrastination des tâches qui nous intimident ou nous déplaisent. On a tendance à toujours les repousser à plus tard, ce qui fait en sorte qu’on se retrouve à devoir les accomplir à la dernière minute et qu’on risque ultimement de manquer de temps.

Voir aussi: Comment vaincre la procrastination selon son profil type

La solution? Renverser la vapeur. Commencer chaque journée avec les tâches les plus difficiles et déplaisantes nous permet de les accomplir plus efficacement et plus rapidement, car on profite du moment de la journée où nos niveaux d’énergie et de volonté sont à leurs plus hauts. Du coup, le reste de la journée paraît beaucoup plus agréable et le sentiment de fierté qu’on éprouve est très motivant!

Éliminer les distractions

C’est très difficile d’éviter les distractions, mais c’est primordial si on veut minimiser les risques d’être en retard. Souvent, on succombe à une distraction sans même s’en apercevoir et on en prend conscience un long moment plus tard quand le mal est déjà fait.

La meilleure technique pour ne pas succomber aux distractions est tout simplement de tout faire pour en éliminer les sources.

Voilà quelques trucs qui vont aider:

  • Dans un environnement de travail bruyant, mettre des écouteurs à réduction/suppression du bruit (sans nécessairement mettre de musique) pour couper les sons dérangeants et favoriser la concentration.
  • Ranger son smartphone hors de vue et de portée. Si ce n’est pas possible parce qu’il est un outil de travail, désactiver les notifications ou utiliser une application comme AppBlock pour les bloquer momentanément.
  • Prendre conscience des distractions auxquelles on succombe le plus facilement et développer l’habitude de se ramener à l’ordre dès qu’on réalise qu’on a été distrait.

Voir aussi: Deux façons de neutraliser les armes de distraction massive

Planifier son temps

Il faut faire attention avec la planification, parce que “trop, c’est comme pas assez.” En voulant absolument tout planifier à la seconde près, on arrive rarement à accomplir tout ce qu’on a prévu (parce qu’il y a toujours des imprévus!), ce qui mène immanquablement à des retards dans nos échéanciers.

De l’autre côté, si on se planifie trop de temps pour les imprévus, on devient la proie du principe de Parkinson qui veut qu’une tâche s’allonge jusqu’à prendre la totalité du temps qui lui est accordé.

Le truc: voir petit et prioriser.

Voir petit à court terme pour voir grand à long terme

Pour planifier efficacement son temps, il faut déconstruire nos tâches le plus possible.

Je m’explique:

Une tâche qu’on planifie doit être constituée d’un seul élément, pas d’une suite de choses à faire. Prenons en exemple quelque chose de concret et de visuel, comme construire une maison. À quoi ressemblerait la liste de tâches d’un tel projet? Spontanément, on se dit: couler les fondations, monter la charpente, passer la plomberie et l’électricité, etc. Le problème, c’est que “monter la charpente” ce n’est pas une tâche, c’est une multitude de petites tâches. Couper un madrier est une tâche. Clouer un clou est une tâche. Poser une brique est une tâche. Tu vois où je veux en venir?

On envisage généralement nos tâches sous forme de trop gros morceaux. C’est entre autres pourquoi c’est si difficile de planifier de façon réaliste le temps requis pour les accomplir.  

Pour voir grand à long terme (construire une maison), il faut planifier notre temps et nos tâches en voyant petit à court terme (un clou à la fois).

Voir aussi: 7 méthodes pour travailler 48 h par jour

Ça peut donner l’impression qu’il y a encore plus de choses à faire, j’en conviens. Mais en priorisant efficacement et en ne se concentrant que sur la tâche qu’il y a immédiatement devant nous, on arrive à atteindre un rythme de travail plus efficace.

Apprendre à prioriser

Quand on est souvent en retard, c’est possible que ce soit aussi parce qu’on a tendance à passer beaucoup de trop de temps sur des tâches qui ne sont pas réellement importantes. Par exemple, si on passe des heures à chercher la police d’écriture parfaite au lieu de rédiger le texte, ce n’est pas étonnant que le document soit remis en retard!

C’est pourquoi il est primordial d’apprendre à prioriser.

Avant de planifier tes journées, prends le temps de te demander à quel point tes tâches à faire sont nécessaires pour atteindre tes objectifs, et assure-toi de toujours travailler en priorité sur ce qu’il y a de véritablement important.

Voir aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Atteindre son flow

Le flow, c’est ce qui se produit quand on est complètement absorbé par son travail. Quand on atteint cet état, c’est comme si le monde extérieur n’existait plus. Il n’y a rien pour nous distraire et on ne voit plus le temps passer. Quand on est en flow, on est particulièrement productifs et on arrive à accomplir une charge de travail impressionnante.

C’est un état qui se manifeste fréquemment pendant les tâches qui font appel à la créativité et qui demandent de la concentration, comme la création artistique ou visuelle, la rédaction, et même le codage.

Travailler en flow le plus souvent possible permet d’accomplir plus de choses dans un laps de temps plus court, ce qui limite les risques d’avoir du retard dans nos échéanciers.

La question qui s’impose est donc: que faire pour favoriser cet état?

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées (le sujet est abordé en détail dans le ebook de Double ta valeur!), mais l’élément essentiel est de pouvoir se concentrer sur son travail sans distraction suffisamment longtemps. Pour certaines personnes, 15 minutes sont suffisantes, tandis que d’autres ont besoin d’une heure. Notre niveau d’énergie va aussi influencer la facilité avec laquelle on entre en flow.

Voir aussi: Ta carrière est une série de sprints, voilà comment renouveler ton énergie!

Il n’y a pas de raccourci ou de passe-droit, mais une fois qu’on a atteint notre flow, le jeu en vaut la chandelle!

En résumé

Le retard peut être considéré non seulement comme un manque de respect, mais il peut aussi être perçu comme une incapacité à gérer efficacement son temps et ses tâches. Être toujours en retard ou à la dernière minute peut donc être très dommageable à une carrière en plus de ralentir la productivité en général.

Parmi les retardataires chroniques, trois profils se distinguent: celui qui procrastine volontairement parce qu’il croit travailler mieux sous pression, celui qui sous-estime l’ampleur des tâches qu’il se planifie et celui qui est trop facilement distrait.

Dans tous les cas, intégrer ces habitudes de travail peut limiter les risques de retard:

  • Commencer chaque journée en réalisant les tâches qui nous déplaisent ou nous intimident évitera de procrastiner jusqu’à la dernière minute.
  • Éliminer les distractions permettra de rester concentré sur son objectif et d’avancer le travail plus efficacement.
  • Segmenter ses tâches en plus petites sous-tâches rendra leur planification plus efficace. Remettre en question chacune de ces petites sous-tâches quant à leur niveau de pertinence permettra de mieux prioriser et de toujours travailler sur ce qui est réellement important.
  • Favoriser l’état de flow au travail permettra d’augmenter la productivité, ce qui facilite l’atteinte des objectifs et le respect des échéanciers.

Voilà donc ce qui conclut cet article. Si tu as des questions ou des commentaires, ou encore si tu veux nous partager tes trucs pour ne plus être en retard, laisse-nous un commentaire ci-dessous!

Comment vaincre la procrastination

Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type

Un combat perpétuel a lieu en nous. Du côté gauche, on a la voix de la raison. Du côté droit, on a la voix de l’instinct primitif.

Chaque jour, elles se livrent une bataille sans merci dans le but de se faire élire planificateur en chef de nos journées.

Leur arène: notre esprit.

Leurs armes: une suite d’arguments tous plus convaincants les uns que les autres.

La voix de la raison est organisée, rationnelle et pertinente. Elle nous propose de dédier une grande partie de nos journées à des tâches qui ne sont pas nécessairement agréables, mais qui nous permettraient, à moyen et long terme, de réaliser nos souhaits les plus chers et d’atteindre efficacement nos objectifs, que ce soit réussir à avoir un salaire dans les six chiffres, rénover une maison, écrire un roman ou s’impliquer à notre plein potentiel pour avoir un réel impact sur une cause qui nous tient à coeur.

La voix de l’instinct primitif, quant à elle, est égocentrique et manipulatrice. Elle n’en a rien à faire du passé ou du futur, elle ne se sent concernée que par l’instant présent. YOLO. On ne vit qu’une seule fois, alors autant s’amuser et en profiter. Si cet argument n’est pas suffisant à nous convaincre, elle sort son complet-cravate et nous embobine avec l’éloquence et la crédibilité de l’un des meilleurs avocats dans Suits (devine lequel).

C’est elle qui nous dit: “Tu es trop fatigué pour travailler efficacement. Va donc faire une petite sieste et tu seras en pleine forme pour terminer tes tâches plus tard.” ou bien “Tu devrais prendre une pause pour vérifier si tu as des messages textes, ou des courriels, ou des messages sur Facebook… On ne sait jamais peut-être que quelqu’un essaie de te rejoindre pour te dire quelque chose d’important!” ou encore “Tu n’auras pas le temps de t’entraîner aujourd’hui, tu as beaucoup trop de choses à faire dans ta journée, et puis tu seras sûrement trop épuisé de toute façon”.

Ça te dit quelque chose?

Une fois que cette petite voix a réussi à détourner notre attention de nos tâches les plus importantes, elle nous tient dans ses filets et trouve toujours de nouveaux arguments pour nous en tenir éloignés le plus longtemps possible. Elle nous emprisonne dans un cercle vicieux de plaisirs coupables.  

Elle a gagné ce round haut la main.

Malgré le fait que la voix de la raison est clairement celle qui a réellement notre intérêt à coeur et propose le meilleur plan de match pour maximiser nos bénéfices à long terme, on choisit de l’ignorer. On préfère un petit bonheur tout de suite plutôt qu’un plus grand bonheur un peu plus tard.  

Cette petite voix, que certains nomment la “résistance”, est la cause de notre procrastination et de notre tendance à l’autosabotage.

Le coût de la procrastination

La procrastination est un problème avec lequel on se retrouve tous confrontés un jour ou l’autre. Selon une étude américaine, on perd en moyenne 55 jours par année à procrastiner, soit environ 218 minutes par jour à faire ce qu’on a spontanément envie de faire dans le but d’éviter ce qu’on devrait faire. De ce chiffre, 43 minutes par jour sont passées à procrastiner au travail.

Encore pire, environ 20 % d’entre nous seraient des procrastinateurs chroniques qui choisissent invariablement d’ignorer la voix de la raison le plus souvent possible.

Résultat: on connaît les dialogues de Game of Thrones par coeur, on a passé des heures à rire de fails de Russes sur YouTube et on est devenus pas mal bons à StarCraft. En contrepartie, on stagne dans notre emploi, dans notre vie sociale et le garage est devenu un cimetière de projets abandonnés.

Par-dessus tout ça, le travail qu’on a réussi à accomplir malgré notre procrastination est généralement de qualité médiocre, pour ne pas dire “botché”, puisqu’il a principalement été réalisé à la toute dernière minute.

Imagine si, dans l’année qui vient de passer, tu avais consacré 3 heures de plus chaque jour aux projets qui te tiennent à coeur. Où en seraient ces projets aujourd’hui?

La réponse: exactement au même endroit qu’ils seraient en ce moment si tu n’avais pas procrastiné. Ça fait réfléchir, n’est-ce pas?

Avant de poursuivre, on va clarifier un point: il n’est pas question ici de mettre une croix sur nos divertissements pour pouvoir travailler davantage. Il est important de bien saisir la différence entre divertissement et distractions. S’accorder du temps pour nos loisirs est primordial. Toutefois, procrastiner, ce n’est pas un loisir. C’est une tentative souvent inconsciente de “changer le mal de place”, une tactique d’évitement élaborée par notre cerveau limbique, du vent drapé dans un costume d’amusement. La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.

Ceci étant dit, on doit également réaliser que notre temps est extrêmement limité et non renouvelable, ce qui en fait une ressource très précieuse. Chaque minute qu’on passe à procrastiner est une opportunité qu’on a laissée filer et qui ne reviendra jamais. Donc, pour arriver à être plus productif dans le temps qui nous est accordé, c’est primordial d’apprendre à éviter ce comportement.

Vaincre la procrastination: plus facile à dire qu’à faire!

Le problème, c’est que la procrastination est un comportement instinctif très difficile à maîtriser. On ne peut pas se fier à notre simple volonté pour y remédier (à moins d’avoir une volonté vraiment surhumaine). Il faut généralement creuser un peu plus pour atteindre le noeud du problème et modifier nos comportements en conséquence.

La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.”

Dans les paragraphes qui suivent, on va donc voir ce qui caractérise six des principaux profils de procrastinateurs (le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré et le débordé) et mettre de l’avant quelques trucs à appliquer nous nous aider à vaincre cette mauvaise habitude pour de bon. 

Les profils de procrastinateurs

Le planificateur

Le procrastinateur planificateur est hautement intolérant à l’incertitude. Il a tendance à mettre son travail sur pause dès qu’il a un doute sur un élément. Il a souvent l’impression d’avoir travaillé pendant des heures, quand tout ce qu’il a réellement fait est de planifier minutieusement toutes les étapes d’un projet ainsi qu’un plan B au cas où les choses ne tournent pas comme prévu, puis un plan C, et pourquoi pas un plan pour chaque lettre de l’alphabet, juste au cas. Il est passé maître dans l’art du pseudo-travail.

Il aime se sentir en contrôle et prêt à toute éventualité avant de s’embarquer dans un projet. Il a aussi tendance à en prendre trop sur ses épaules, car il préfère s’occuper du plus grand nombre de tâches possible lui-même plutôt que de céder le contrôle et déléguer.

Le problème, c’est qu’il rend littéralement les choses trop compliquées pour rien. Sa crainte de l’inconnu génère de l’anxiété qui le pousse inconsciemment à créer des tâches superflues pour éviter d’avoir à avancer son travail et risquer d’être pris au dépourvu. L’impression de ne pas être à la hauteur et la peur d’être démasqué, typique du syndrome de l’imposteur, peuvent aussi provoquer ce besoin de contrôle. Dans ce cas, donner l’impression d’être organisé et d’avoir la situation bien en main devient, à ses yeux, encore plus important que son rendement.    

Pour rompre avec ce type de procrastination, il est primordial d’apprendre à lâcher prise. Il faut accepter que, souvent, les choses sont hors de notre contrôle et ne se déroulent pas comme prévu. Apprendre à déléguer efficacement est un bon point de départ pour ce faire.

Il faut également comprendre qu’il ne sert à rien de tout savoir sur tout avant même d’avoir commencé le travail. L’important est d’en savoir assez pour avancer le travail efficacement, et ce qu’on ne sait pas, on peut toujours l’apprendre en cours de route. C’est ce qu’on appelle le just in time learning (littéralement “apprentissage juste à temps”).

Il ne faut pas que la crainte de ne pas savoir courir un marathon nous empêche de réaliser nos premiers pas, alors faisons confiance à notre formidable capacité d’adaptation!  

Perfectionniste

Avec le procrastinateur perfectionniste, c’est tout ou rien. S’il entreprend la moindre tâche, il ne vise rien d’autre que la perfection et est obsédé par chaque petit détail sans réelle importance. Les standards de qualité qu’il s’impose sont pratiquement impossibles à atteindre et les tâches colossales qui en résultent sont une importante source de stress et d’anxiété.

En conséquence, il tarde souvent à commencer le travail parce qu’il angoisse à l’idée de tout ce qu’il y aura à faire pour que tout soit parfait.

Ce type de procrastinateur doit d’abord apprendre à ne pas laisser ses idéaux perfectionnistes dicter les cibles qu’il doit atteindre.

Voir aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Il faut toujours garder en tête notre objectif, la raison pour laquelle on travaille. Tout n’a pas besoin d’être parfait et il ne sert à rien de perdre son temps à travailler sur des choses qui, au final, ne nous aident en rien à nous rapprocher de nos objectifs.

Un bon truc pour éviter de perdre son temps à procrastiner à cause d’un tourbillon de futilités perfectionnistes est de minuter ses tâches. En estimant de façon réaliste le temps nécessaire pour réaliser une tâche et en se minutant pendant qu’on la réalise, on se laisse suffisamment de temps pour la réaliser efficacement tout en limitant les risques de repasser sur des détails inutilement.  

Rêveur

Le procrastinateur rêveur est très créatif et il éprouve une grande satisfaction à se projeter dans le futur pour visualiser les résultats potentiels de son travail. Il se laisse facilement emporter par l’enthousiasme d’un nouveau projet, mais a de la difficulté à le mener à terme une fois la frénésie initiale passée.

Malgré son authentique intention de terminer les projets qu’il a entrepris, il procrastine sans fin leur avancement, préférant sauter tout de suite à un nouveau projet plus enthousiasmant.   

Pour éviter de procrastiner et arriver à achever ce qu’il entreprend, il doit se limiter à UN projet à la fois et garder les pieds sur terre, bien ancrés dans le présent. Visualiser le projet dans sa finalité ne l’aide en rien à le réaliser. Il doit plutôt planifier étape par étape tout ce qu’il faut faire pour arriver à son but et répartir ces étapes, selon leur urgence et leur importance, parmi ses tâches quotidiennes.

Pour ne pas perdre sa motivation, il peut aussi tenir un journal de progrès. De cette façon, il aura une meilleure conscience du travail abattu et sera enthousiasmé de voir son objectif se concrétiser. Il aura également une meilleure idée du temps passé sur le projet et pourra mieux évaluer les délais nécessaires pour le compléter.

Le pessimiste

Le procrastinateur pessimiste est convaincu que tous ses efforts sont inutiles, que le projet sera trop difficile à réaliser et qu’il échouera. Il croit que la partie est jouée avant même d’avoir lancé les dés, alors il procrastine par évitement.  

Il redoute le moment où il devra faire face à ses prédictions négatives, alors il repousse ses tâches dans l’espoir d’éviter de confronter l’échec qu’il prévoit. Il préfère avoir l’air paresseux plutôt que de risquer de paraître incompétent. Tout comme pour le perfectionniste planificateur, le syndrome de l’imposteur peut avoir un rôle à jouer parmi les raisons qui le poussent à procrastiner.

Pour arriver à vaincre ce type de procrastination, il faut être réaliste et considérer tous les scénarios possibles. Qu’est-ce qui pourrait arriver de pire? Quel serait le meilleur dénouement? Considérant cela, qu’est-ce qui serait vraiment le plus réaliste?

Ensuite, il faut mettre toutes les chances de son côté en attaquant les tâches les plus difficiles et angoissantes dès que possible en début de journée. C’est à ce moment qu’on a le plus de volonté et de motivation et où on est généralement plus productifs. Après avoir constaté tout le travail qu’on peut accomplir quand on se botte un peu les fesses le matin, l’optimisme se met rapidement de la partie!

Le délibéré

Le procrastinateur délibéré est celui qui clame haut et fort “Je ne commencerai pas tout de suite, je travaille mieux sous pression!” Il est le seul type de procrastinateur qui adopte ce comportement de façon totalement consciente et volontaire.

Il utilise à son avantage l’adrénaline que procure un deadline qui approche dangereusement. Il aime jouer avec le feu.  

Le problème, c’est que même s’il a plus de facilité à rester concentré sur ses tâches quand il les réalise à la dernière minute, ça ne donne pas nécessairement un résultat de très bonne qualité. En plus de ne pas avoir le temps nécessaire pour réviser son travail et apporter les modifications nécessaires, les probabilités sont élevées que des erreurs non détectées s’y soient glissées. En agissant de la sorte, il ne peut jamais réellement atteindre son plein potentiel.

Puisque c’est le sentiment d’urgence provoqué par l’échéancier qui motive le procrastinateur délibéré, il aurait avantage à cesser de procrastiner et s’imposer ses propres deadlines au quotidien. La technique Pomodoro peut être très efficace en ce sens. De cette façon, il peut déterminer lui-même les limites de temps accordées pour chaque tâche, ce qui lui permettra de travailler avec un sentiment d’urgence sans pour autant procrastiner jusqu’à la dernière minute.  

Le débordé

Le procrastinateur débordé en a plein les bras. Sa liste de tâches à faire est interminable et en constante évolution. Il se sent dépassé par tout ce qu’il a à faire, ce qui lui provoque un stress insoutenable. La procrastination est pour lui un mécanisme d’autodéfense causant un blocage mental lui permettant de ne plus avoir à penser à toutes ces tâches qui l’angoissent.  

Pour cesser de procrastiner, il faut donc qu’il établisse un système lui permettant de ne pas avoir à penser à ses tâches avant de devoir les réaliser. Pour ce faire, David Allen propose une idée très simple dans son livre à succès Getting things done:

  1. Dans le tiroir d’un classeur ou une boîte-classeur, insérer 31 chemises à numéroter de 1 à 31. Chaque chemise correspond à une journée dans le mois en cours.
  2. Chaque fois qu’on pense à une tâche qu’il faudra réaliser, il faut l’écrire sur un papier et glisser ce dernier dans la chemise correspondant à la journée du mois où on devra y repenser.
  3. Chaque jour, on commence la journée en sortant la chemise de la journée et on se concentre uniquement sur les tâches qui s’y trouvent.

Bien sûr, le même principe peut être appliqué avec différentes méthodes. On peut, par exemple, utiliser un carnet de notes ou un agenda, ou encore une application de tâches à faire comme Todoist.

L’important est de ne pas se laisser submerger par l’ampleur du travail à abattre, de morceler les tâches en petites sous-tâches plus faciles à gérer et de bien établir ses priorités.

La méthode Eisenhower peut également être d’un grand secours pour déterminer quelles tâches doivent être réalisées maintenant, plus tard, ou encore être complètement éliminées.

En résumé

La lutte contre la procrastination est un combat quotidien. Elle oppose deux zones de notre cerveau qui entrent en conflit au moment de choisir entre la gratification instantanée et les bénéfices à long terme.  

La procrastination est l’un des symptômes qui se manifestent quand on choisit la gratification instantanée. En conséquence, on perd un temps précieux qui pourrait être investi dans les projets qui nous tiennent à coeur, ce qui nous permettrait d’atteindre notre plein potentiel et de décupler notre productivité.  

Dans la grande majorité des cas, on choisit la gratification instantanée parce que le chemin menant aux bénéfices à long terme est parsemé de stress et d’anxiété. La procrastination devient donc un mécanisme d’évitement et d’autodéfense contre la peur engendrée par ces émotions négatives.

La première étape pour vaincre la procrastination est de déterminer quelle est la source de ces peurs, de cette résistance, et de mettre en place des stratégies pour les empêcher de se manifester sous forme de procrastination.

Selon le profil de procrastinateur qui nous correspond, soit le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré ou le débordé (il est possible de pouvoir s’identifier à plus d’un profil), on peut apprendre à ne plus procrastiner en utilisant des techniques comme la méthode Eisenhower et la méthode Pomodoro, ou encore apprendre à déléguer, contrôler ses tendances perfectionnistes, se libérer du syndrome de l’imposteur, tenir un journal de progrès, ou apprendre à planifier son temps et ses tâches plus efficacement.

Bref, c’est en réalisant des actions concrètes au quotidien qu’on peut vaincre la procrastination. Dans tous les cas, il faut commencer aujourd’hui. Pas demain, et pas la semaine prochaine. Pas quand le petit dernier aura commencé l’école ou qu’on aura terminé les rénovations. Il faut cesser de procrastiner dès aujourd’hui!

1 Les causes de la procrastination

Qu’est-ce qui cause la procrastination?

La procrastination, cette tendance pathologique à différer, à remettre l’action au lendemain, est l’un des plus grands ennemis de la productivité.

Si personne n’avait procrastiné depuis le début de l’histoire de l’humanité, je n’ose même pas imaginer tout ce qui aurait été accompli et où en serait le monde!

Individuellement, on aurait probablement terminé plusieurs projets qu’on a fini par abandonner, passé pas mal moins de nuits blanches au cégep et à l’université, sans parler du niveau de productivité qu’on aurait pu atteindre au travail.  

Mais bon, comme on dit, avec des “si” on pourrait refaire le monde! On ne peut pas changer le passé, mais on peut en tirer des leçons pour le futur.

“La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent” Albert Einstein.

On a généralement nos premières expériences avec la procrastination dès qu’on a un peu de liberté sur notre emploi du temps. Je ne sais pas pour toi, mais pour moi c’était à l’école secondaire quand j’ai réalisé que c’était beaucoup plus intéressant de passer mes soirs et weekends à tout photographier avec mon nouvel appareil photo numérique 2.1 mégapixels (que j’ai nommé Georgette) plutôt que d’étudier. À ce moment-là, on ne réalise pas qu’il y a un mot pour décrire ce phénomène, encore moins qu’il nous hantera toute notre vie!

Cette manie ne s’améliore pas vraiment d’elle-même avec le temps. Une fois qu’on a pris ces mauvais plis, ils deviennent franchement tenaces et c’est très difficile de s’en débarrasser.

Le problème, c’est qu’en remettant toujours nos tâches à plus tard et en exécutant la majorité de notre travail à la dernière minute, on finit par ne pas accomplir la moitié de ce qu’on aurait le potentiel de faire, et ce qu’on arrive à faire n’est pas d’une qualité qui rend justice à nos talents.

Faisons un petit exercice de visualisation. Projette-toi dans un futur pas trop lointain, disons dans deux à cinq ans. Quels sont les projets que tu aimerais avoir réalisés d’ici là? Maintenant, imagine tout ce que tu pourrais accomplir et les possibilités d’avancement professionnel que ça t’ouvrirait si tu pouvais réaliser tes projets sans JAMAIS procrastiner!

Ne plus procrastiner est excessivement difficile, mais tout à fait réalisable. La première étape pour y parvenir est de comprendre pourquoi on procrastine, quelle est la cause de ce comportement irrésistible qui en fait une manie aussi tenace.

Même si la procrastination, à sa source, se manifeste pour différentes raisons, la cause est toujours la même: la résistance.

On va donc élaborer un peu sur ce qu’est exactement la résistance et pourquoi elle nous pousse à la procrastination. Pour ce faire, on va d’abord définir le concept à l’aide des écrits de Steven Pressfield et de son livre “The war of art”, qui est rapidement devenu une référence sur le sujet de la résistance.

Ensuite, on va élaborer sur ses effets et manifestations à l’aide de la métaphore complètement hilarante, mais très appropriée, proposée par Tim Urban au cours de sa conférence présentée par TED sur le sujet de la procrastination.  

La résistance

La résistance est toujours la cause de la procrastination, peu importe les raisons qui se cachent derrière elle.

Mais qu’est-ce que c’est, plus précisément, la résistance?

Hé bien il s’agit de la force en nous qui cherche à tout prix à nous distraire, à nous convaincre qu’on est trop fatigués pour faire ceci, qu’on ne peut pas commencer à faire nos tâches sans avoir d’abord fait cela, ou bien que c’est impossible de travailler dans telle ou telle condition. “La procrastination est la manifestation la plus commune de la résistance parce que c’est la plus facile à rationaliser.” Autrement dit, c’est la petite voix dans notre tête qui nous donne mille et une excuses, qui semblent souvent très légitimes, pour ne pas avancer notre travail. C’est elle qui est à l’origine de tous nos “oui, mais…”

La résistance se tient à pieds fermes entre la vie qu’on vit et celle qu’on sait qu’on pourrait et qu’on aimerait vivre. Pourquoi est-ce qu’on n’arrive jamais à tenir nos résolutions du Nouvel An bien longtemps? BAM! La résistance. C’est généralement la procrastination causée par notre résistance qui fait en sorte que toutes nos bonnes intentions “prennent le bord”.  

C’est complètement tragique, parce que ça nous empêche d’atteindre notre plein potentiel! “Es-tu un écrivain qui n’écrit pas? Un artiste peintre qui ne peint pas, un entrepreneur qui ne démarre jamais son entreprise?”

Chaque jour, on perd de petits combats contre la résistance, sans même comprendre ce qui s’est passé. On entame la journée avec assez d’ambition pour déplacer une montagne et un objectif en tête tout à fait réaliste, mais on la termine en se demandant où sont passées les 8 dernières heures et comment est-ce que c’est possible d’avoir accompli si peu pendant ce temps. C’est parce que “le plus difficile, ce n’est pas le travail, c’est de s’asseoir et de travailler.”

Bref, la résistance est un ennemi à confronter au quotidien si on veut enrayer la procrastination de notre vie. 

Un singe fou!

Si la résistance avait une forme physique, elle serait probablement incarnée par un singe fou hyperactif. En fait, c’est l’image avec laquelle Tim Urban a réalisé sa conférence sur la procrastination pour Ted Talks. Selon lui, voilà à quoi ressemble le cerveau d’une personne qui ne procrastine pas:

Cause de la procrastination

Le cerveau et les actions de cette personne sont gouvernés par une personne rationnelle qui agit dans son meilleur intérêt à long terme.

Voilà maintenant à quoi ressemblerait le cerveau d’un procrastinateur:

Cause de la procrastination

Dans cette image, on voit que c’est quand même la personne rationnelle qui tient le gouvernail, mais elle est accompagnée d’un petit singe dont l’intérêt est la gratification instantanée.

Le problème, c’est que le personnage n’a aucune idée de comment contrôler le singe s’il décide de s’emparer du gouvernail… voilà donc ce qui se passe:

Cause de la procrastination

Cause de la procrastination

Quand le personnage veut s’asseoir pour travailler, le singe fou décide de s’emparer du gouvernail et de regarder des vidéos de créatures des fonds marins sur YouTube, ce qui l’entraîne dans une spirale d’écoute de vidéos YouTube qui se termine par une entrevue avec la mère de Justin Bieber.

Cause de la procrastination

Ensuite, il gambade littéralement sur le gouvernail faisant complètement perdre le contrôle à la personne rationnelle! Il décide de réorganiser sa liste de tâches à faire, de regarder un peu le prix des bas sur Amazon et de subdiviser ses iPhotos dans des albums plus spécifiques.

Cause de la procrastination

Après tout ça, il est au moins 2 heures de l’après-midi et puisqu’il a un rendez-vous à  4 h 30, il est trop tard pour entreprendre quoi que ce soit.

Pseudo-travail et culpabilité

Le pire dans tout ça, c’est que quand on procrastine, toutes ces choses qu’on fait au lieu de travailler ne sont pas vraiment des moments qu’on apprécie. C’est ce que Tim Urban appelle le “Dark playground”

Les causes de la procrastination

C’est un endroit où les activités proposées ont lieu à un moment qui ne devrait pas être consacré à ces activités. C’est un lieu où chaque plaisir provoque son lot d’anxiété, de stress et de culpabilité.

Toutefois, il arrive que notre côté rationnel arrive à reprendre un peu le contrôle des commandes, sans vraiment pouvoir empêcher le singe fou de nous pousser à procrastiner. C’est ce qui donne lieu à un “purgatoire d’activités bizarres où tout le monde perd”, comme regarder trente fois si on a des courriels ou des notifications en une demi-heure, ou bien se prendre à rêvasser sur ce qu’on aimerait avancer dans notre travail sans vraiment le faire. Autrement dit, c’est ce qui mène à du pseudo-travail qui nous donne un semblant d’impression qu’on a travaillé, sans toutefois avoir fait quoi que ce soit qui aura un impact concret.

Bref, le singe fou (la résistance) détourne notre attention vers des choses futiles qui nous apportent de la satisfaction instantanée ou nous pousse à accomplir des choses pas trop exigeantes qui nous donnent l’impression de travailler un peu.

Le singe ne voit pas plus loin que le moment présent. Après tout, s’il mange quand il a faim, qu’il dort quand il est fatigué et qu’il joue quand il en a envie, sa vie de singe sera bien réussie!

Le problème, c’est qu’un singe fou n’en a rien à faire du sentiment d’accomplissement et de la productivité. Un humain, oui, s’il compte accomplir quoi que ce soit dans sa vie.

Le monstre de la panique

On peut donc procrastiner notre travail de cette façon quasiment à l’infini…. Sauf dans les cas où on a un deadline pour le réaliser. Quand la date butoir approche dangereusement, le monstre de la panique fait son apparition.

Les causes de la procrastination

Les causes de la procrastination

Les causes de la procrastination

Le monstre de la panique est la seule chose que craint le singe fou, alors à son apparition il prend la poudre d’escampette pour laisser le gouvernail à la personne rationnelle.  

Les causes de la procrastination

C’est ce qui explique la soudaine productivité, par exemple, d’un étudiant qui n’a pas été capable de rédiger plus de trois lignes en un mois et qui soudain peut rédiger une dissertation de 12 pages en une nuit blanche.

Malheureusement, il arrive que la personne rationnelle soit également apeurée par le monstre de la panique et fige complètement, incapable de réaliser quoi que ce soit. Inutile de spécifier qu’il s’agit de la cause d’un grand nombre d’échecs, tant au niveau scolaire que professionnel.

Subconscient VS Raison

Concrètement, la résistance et le singe fou sont des métaphores qui illustrent et expliquent le combat interne qui a lieu entre la partie limbique de notre cerveau (grosso modo notre subconscient) et notre cortex préfrontal (notre raisonnement).

Le système limbique est responsable des comportements qui se font automatiquement, comme respirer par exemple, et des comportements instinctifs comme éviter les situations douloureuses ou compliquées. C’est la partie “homme des cavernes” qui te dit “Moi veux jouer. Moi veux bière.”

Le cortex préfrontal, quant à lui, nous permet de considérer l’information à notre disposition, de raisonner et de prendre des décisions rationnelles. Il régit également le langage et la mémoire de travail. Il s’agit de la partie la plus évoluée de notre cerveau, mais elle est beaucoup plus récente dans l’évolution humaine que la partie limbique.

Alors, lorsqu’on doit faire une tâche qui, après analyse par notre cortex préfrontal, nous paraît être bénéfique sur le long terme, le cerveau limbique se met de la partie. Dès qu’il prend conscience de la complexité de la tâche VS l’absence de gratification instantanée, elle tente de nous empêcher de la réaliser!

Finalement

La procrastination, c’est sacrifier ce qu’on veut vraiment pour avoir ce qu’on veut maintenant. C’est accorder, parfois inconsciemment, la priorité à des futilités au détriment de nos ambitions.

Peu importe par quelle(s) raison(s) elle est provoquée, la procrastination est causée par la résistance; cette force interne qui cherche à tout prix à détourner notre attention des tâches qu’on doit accomplir.

Un singe fou qui prend le contrôle du gouvernail de notre cerveau est une très bonne façon d’illustrer les effets de la résistance qui nous pousse à procrastiner.  

Cette illustration permet de dépeindre le combat qui a lieu chaque jour dans notre cerveau entre le système limbique et le cortex préfrontal et nous permet de mieux comprendre pourquoi on procrastine autant.

Remettre notre travail à plus tard est une mauvaise habitude qui peut être très dommageable dans nos vies, car elle nous empêche d’atteindre notre plein potentiel et fait en sorte que le fruit de nos efforts n’est pas à la hauteur de notre talent.  

C’est pourquoi il faut impérativement apprendre à déjouer la résistance et cesser de procrastiner. Pour connaître les meilleurs trucs, je te suggère donc de poursuivre ta lecture avec cet article: Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type.

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Comment éviter les distractions et vaincre la procrastination

John Smith — explorateur anglais, soldat et écrivain — est mieux connu pour son rôle dans la mégaproduction de Disney: Pocahontas.

Selon le film, John (un grand et courageux explorateur) et Pocahontas (une native américaine; également fille du grand chef Powhatan) forment une relation improbable qui déclenche une guerre entre les Anglais et les natifs. Pris de rage, le père de Pocahontas tente d’exécuter John Smith, mais cette dernière le sauve in extremis en se jetant courageusement devant lui, arrêtant l’arme de son père.

Le principal antagoniste, John Ratcliffe, leader de l’expédition et gouverneur de la colonie, profite de la capture de John Smith comme excuse pour attaquer et détruire sauvagement le village de la tribu de Powhatan dans l’espoir de voler leur or (qui n’existe même pas). Pocahontas et John Smith doivent tragiquement se séparer alors que John doit retourner en Angleterre, mais lui promet de revenir.

J’aurais beaucoup de sympathie pour John, si ce n’était que les historiens nous présentent une version drastiquement différente des faits.

La vraie histoire de John Smith n’est pas celle d’un drame romantique, mais bien celle d’un égomaniaque mythomane aux idées de grandeur. George Percy, un des leaders de l’expédition et éventuellement gouverneur de la Virginie, décrivait John comme “Un homme ambitieux et sans mérite qui ne cherche que la gloire.”

Dans les faits, John et Pocahontas (alors âgée de 11 ans) n’ont jamais développé de relation. John a inventé l’histoire après que Pocahontas soit devenue célèbre puisque son mari (John Rolfe) l’a présentée en Angleterre comme étant la “première sauvage réformée”.

En réalité, John a conspiré avec deux autres conseillers pour déposer le président et nommer Ratcliffe à sa place. Pour le remercier, ce dernier le nomme en charge du commerce avec les “Indiens”.

En décembre 1607, le groupe de Smith se fait attaquer lors d’une expédition par les guerriers du clan Powhatan. Les natifs ne laissent qu’un seul survivant: John Smith. Le reste de l’histoire est incertain, mais la version la plus connue est celle du film: les natifs étaient prêts à exécuter John, mais Pocahontas lui sauva la vie en défiant son père. Cette version a été écrite par John lui-même en 1624 (17 ans plus tard). Pocahontas n’a pas pu donner sa version des faits puisqu’elle est morte en 1617, lors de son voyage en Angleterre, d’une cause inconnue.

Au retour de John, les colons profitent de l’opportunité pour s’en débarrasser (ils le détestaient tous) en le blâmant pour la mort de son groupe. La sentence devait être exécutée le lendemain matin, mais la chance en a voulu autrement. Le soir même, le camp, alors pris par la famine, a été surpris par l’arrivée de 100 nouveaux colons apportant nourriture et équipement.

Ils ont donc fêté toute la nuit… oubliant complètement l’exécution qui devait avoir lieu le lendemain matin. Sa mise à mort a donc été reportée à plus tard, puis à plus tard, puis oubliée.

Tu as bien lu… John Smith a été sauvé par la procrastination.

L’ennemi en soi

Selon la troisième loi de Newton, chaque action entraîne une réaction équivalente opposée.

Cette force agit autant sur le plan physique, social que psychologique.

Le penchant psychologique de cette loi est expliqué en détail dans l’excellent livre: The War of Art, par Steven Pressfield.

“Il existe un secret qui différencie les écrivains des amateurs: écrire est facile. Ce qui est dur, c’est de s’asseoir pour écrire. La force qui nous empêche de nous asseoir se nomme la résistance.”

La résistance est une force interne qui a pour seul objectif de saboter notre productivité. Elle est son ennemi naturel.

Plus la tâche est importante, plus la résistance est grande.

C’est un agent insidieux, il se dissimule en attirant l’attention sur autre chose que lui-même. “C’est de la faute de ton patron, ta femme, tes enfants, tes collègues”. Il chuchote subtilement à notre oreille, faisant passer ses idées pour les nôtres.

La résistance est sournoise , elle va TOUT faire pour t’empêcher d’accomplir ton travail: te cajoler, t’intimider, te séduire, te mentir… Elle va argumenter comme un avocat, flatter ton égo comme une prostituée et te pointer un 9mm en plein visage comme un bandit.

La résistance n’a pas de fierté, elle va te donner quelque chose d’une main et se servir dans tes poches de l’autre.

Vaincre la résistance est simple: on doit se réveiller, s’asseoir et travailler jusqu’à ce qu’on ait tout donné. C’est un combat quotidien, une guerre qui ne prendra jamais fin.

Dans ce chapitre, je vais te donner les meilleures armes et munitions que j’ai trouvées pour combattre cet ennemi vicieux et infatigable.

S’enchaîner à son travail

Herman Melville était incapable de terminer son roman: Moby-Dick. Sa solution? Il demandait à sa femme de l’enchaîner chaque jour à son bureau jusqu’à ce qu’il termine.

Victor Hugo avait une méthode similaire. Pour l’aider à écrire “Les Misérables” et “Le bossu de Notre Dame”, il s’enfermait nu dans son bureau et ordonnait à sa servante de lui rendre ses vêtements uniquement à la fin de la journée.

La réponse à la procrastination est simple: on s’enferme dans son bureau en se laissant deux options — travailler ou fixer le mur.

La résistance va se manifester sous forme de distractions, d’ennui, de rêverie, de fatigue… Mais si on tient notre bout, l’inspiration va éventuellement apparaître et la résistance aura été vaincue.

Malheureusement pour nous, la résistance possède maintenant une arme qui n’existait pas à l’époque d’Herman Melville ou de Victor Hugo — ton téléphone.

Ferme ta sonnerie, désactive toutes tes notifications, mets tes écouteurs et travaille. Ton objectif quotidien est simple: trouver le flow.

Le secret des maçons

Il y a deux choses que j’aime chez Will Smith: son film “I, Robot” et son entrevue avec Charlie Rose.

Ma citation favorite de cette entrevue est la suivante:

“On ne commence pas sa journée en voulant construire un mur. On ne se dit pas: “Je vais construire le plus gros, le plus impressionnant et le plus grand mur jamais construit”. On ne commence pas là, on dit: “Je vais poser cette brique aussi parfaitement que cette brique peut être placée.” Fais ça chaque jour et bientôt tu vas avoir un mur.”

Lorsqu’on s’enchaîne à son bureau, qu’on est sous le siège de la résistance, la première chose à faire est d’appliquer le même principe qu’avec le just in time learning — morceler une tâche complexe en petites tâches simples — diviser le mur en briques.

Aussitôt qu’on pose la première brique, on génère un momentum qui rend la deuxième plus facile à poser.

Lorsqu’on essaie de pousser une voiture, on doit dépenser plus d’énergie lorsqu’elle est immobile que lorsqu’elle est déjà sur sa lancée. Le même principe s’applique à notre travail.

Le pseudo-travail

Ce n’est pas parce qu’on s’enchaîne à notre bureau que le combat contre la résistance est gagné. Lorsque tu affrontes ton travail, la résistance va attirer ton attention vers du pseudo-travail: meetings, recherche, planification…

Elle va te dire “Hey, tu as un nouvel e-mail, vas l’ouvrir! C’est peut-être important”, “Je me demande combien de gens ont visité ton site web aujourd’hui?”, “Qui est cette personne qui a commenté sur notre page LinkedIn?”

Chacune de ces activités nous donne l’impression d’être du travail — ce sont des distractions.

La plus grande de ces distractions est: la préparation.

C’est plus agréable de réfléchir à un projet que de l’exécuter. Rêvasser, anticiper, définir ou planifier nous donne l’impression de progresser. C’est une illusion.

Bruce Lee disait: “Si tu investis trop de temps à réfléchir à tes objectifs, tu ne les atteindras jamais.”

Ceci étant dit, la sagesse se trouve au milieu. Lire ses e-mails, animer ses médias sociaux, planifier un projet… Une partie de ton pseudo-travail doit quand même être effectuée — un mal nécessaire.

La solution pour éviter de perdre trop de temps avec ça est donc simple: il faut le prévoir et lui donner sa place respective dans notre horaire.

Commencer sa journée avec du pseudo-travail revient à attribuer tes meilleures ressources cognitives aux tâches les moins importantes. Chaque jour, travaille sur ce qui est important en premier et réserve ta dernière heure pour le non essentiel.

Lorsque la résistance te chuchote: “Je me demande on a fait combien de ventes aujourd’hui”, réponds-lui: “On ira voir à 16 h”. Garde tes heures les plus productives pour ton aire d’impact.

La loi de Parkinson

Imagine que tu es en voyage d’affaires et que l’entreprise pour laquelle tu travailles (une grosse multinationale) te rembourse tes repas (120 $ par jour) et dépenses d’hébergement (400 $ par jour).

Vas-tu manger des McValeurs toute la journée? Ou, comme la plupart des gens, vas-tu en profiter pour manger dans de bons restaurants et dépenser le maximum possible chaque jour? Vas-tu te louer une chambre dans un motel crasseux, ou une suite dans un Hilton?

Est-il plus probable que tu dépenses moins que la limite? Ou que tu dépasses le montant alloué et payes la différence de ta poche?

La loi de Parkinson veut que la gestion du temps fonctionne exactement comme un fonctionnaire en voyage d’affaires. Accomplir une tâche prend au moins 100 % du temps qu’on lui attribue.

La raison est simple: si on te donne cinq jours pour accomplir une tâche de deux heures, tu vas complexifier la tâche jusqu’à ce qu’elle occupe toute ta semaine. Le temps supplémentaire n’est pas nécessairement investi à travailler, mais bien souvent à planifier, stresser et faire plus de pseudo-travail.

Par exemple, si on te donne deux mois pour accomplir un travail qui prend trois semaines, tu vas “planifier”, “méditer” et procrastiner pendant sept semaines pour finalement n’avoir d’autre choix que de travailler 12 h par jour la dernière semaine.

La résistance te fait sortir faire la fête ou prioriser du faux travail sous prétexte que “Tu es bon! Ça ne va te prendre que quelques jours.” Il te fait sous-estimer la quantité réelle de travail pour ensuite déléguer le tout à ton “futur toi”, chose que l’on fait avec plaisir puisqu’on pense à notre futur soi comme étant un étranger tout puissant.

Cette loi sabote non seulement les travaux de session des étudiants, mais s’en prend également aux tâches simples présentes dans n’importe quelle organisation.

Répondre à ses courriels, publier sur les médias sociaux, écrire un article de blogue…

Est-ce que ça prend vraiment 30 minutes écrire un courriel qui dit essentiellement “non, on n’est pas intéressés”? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une heure pour faire l’image parfaite à publier sur sa page Facebook? Doit-on vraiment passer quatre jours sur un article de blogue à formuler, reformuler, effacer et recommencer?

La résistance nous convainc que tout ce qu’on publie doit représenter fidèlement ce que nous sommes: parfaits. Par conséquent, on accorde une importance démesurée à des choses anodines.

Comme le gestionnaire de médias sociaux qui insiste qu’on doit publier exactement 2,43 fois par jour, soit à 7 h 13, 11 h 43 et 3 h 10. Comme le graphiste qui s’énerve lorsque tu écris en Times 12 pt alors que la charte graphique dit très spécifiquement qu’on doit utiliser Times 11 pt. Comme le chef cuisinier qui tient absolument à ce que tu saupoudres les épices dans le sens antihoraire.

La résistance nous fait nous accrocher dans les fleurs du tapis en nous convainquant que ces fleurs sont bien tangibles et importantes.

La raison pour laquelle on la laisse nous manipuler est simple: puisqu’on croit en notre propre importance, alors les tâches qu’on fait doivent conséquemment être importantes.

Elle nous force à créer des critères d’excellence qui n’existent pas (le sens dans lequel on doit saupoudrer les épices) et on juge les autres qui effectuent cette même tâche sans regard pour ces critères (je suis donc meilleur qu’eux).

Lorsque j’ai débuté mon entreprise (La Tranchée), une des tâches à faire était la création d’un logo.

Créer un logo peut être un processus excessivement long et complexe (faire des focus groups, brainstorms, sondages, etc.) ou excessivement simple.

Dans mon cas, j’ai décidé d’utiliser la deuxième approche. J’ai pris ma tablette électronique et j’ai écrit à l’aide de mon crayon: La Tranchée.

J’ai reculé d’un pas, tourné la tête au 45°, repris mon crayon pour ajouter de petites barres autour:

Le processus aura pris, à peu près, cinq minutes.

J’aurais pu me donner une semaine pour créer un logo différent, mais est-ce que ça aurait vraiment été un “meilleur” logo? Et si c’était le cas, aurait-il été suffisamment meilleur pour justifier une semaine de plus pour lancer mon projet?

Abraham Lincoln disait: “Si on me donne six heures pour abattre un arbre, je vais passer les quatre premières à aiguiser ma hache”. Si Lincoln avait connu la loi de Parkinson, il aurait plutôt passé 15 minutes à affûter sa hache, 2 h à abattre l’arbre et le temps restant à faire autre chose de plus productif (ou abattre d’autres arbres).

Il ne faut pas se dire “j’ai cinq jours pour accomplir cette tâche”, mais bien “comment est-ce que je peux compléter cette tâche le plus rapidement possible pour ensuite investir la balance de temps dans autre chose?”

Si tu manges ce biscuit, les terroristes gagnent.

Ça fait une semaine que tu as commencé un nouveau régime et tu as déjà perdu 2 lbs! Tout fier, tu décides de te laisser tenter lorsque ta mère vient te visiter avec des biscuits maison. “Juste un!”

Peu importe qu’on veuille perdre du poids, gagner du muscle ou travailler plus fort, il faut s’attendre à affronter la résistance. Elle nous teste, nous tente, nous réconforte. Chaque fois qu’on cède, qu’on la laisse gagner, elle devient plus forte.

Dès qu’on cède une fois, on tombe dans le piège du “Ah pis d’la marde”. (Appelé “What the hell effect”. Cliquer ici pour en savoir plus)

Le premier cookie était si bon… qu’on veut en prendre un deuxième! Et puisqu’on a déjà triché aujourd’hui, quel mal ça peut faire d’en prendre un autre?

“En veux-tu encore Olivier?” me demande ma mère. “Ah pis d’la marde, amène-moi la boîte!”

Pour éviter ce piège, il faut comprendre que si on dit oui au biscuit, les terroristes gagnent.

On se laisse convaincre qu’il s’agit d’une exception, qu’on va se reprendre le lendemain, excepté qu’il y a toujours une autre exception qui nous attend au détour.

Pour trouver le courage de dire non, il faut assumer que tricher une fois revient à tricher chaque fois. Après tout, how you do anything is how you do everything…

Comment gagner la guerre

“On doit commencer à écrire, même quand on ne sait pas quoi dire” – Dany Laferrière

Il est 9 h, tu es bien installé à ton bureau, prêt à créer.

9 h 15, tes yeux sont rivés sur le clignotement de ton curseur, ta page est complètement blanche.

Tu commences à angoisser… Est-ce que les mots vont finir par arriver? Combien de temps vas-tu passer à fixer ton écran en recherche d’inspiration?

Cinq autres minutes passent, tu ne fais aucun progrès. C’est là qu’il cogne à ta porte: “tu devrais vider ta boîte courriel, peut-être que ça va aller mieux après”.

Mensonge!

Écris quelque chose, n’importe quoi, mais écris quelque chose. Commence par un mot, une phrase, un paragraphe.

Fixe-toi un objectif facile à atteindre, comme 500 mots, et écris tout ce qui te passe par la tête jusqu’à ce que tu l’aies atteint!

Chris Guillebeau explique dans son article — “comment écrire 300 000 mots en une année” —  qu’il écrit 1 000 mots par jour, six jours par semaine. C’est d’ailleurs cette habitude qui lui a permis de publier cinq livres (~300 pages chacun) en sept ans (ainsi que des centaines d’articles de blogue!).

Fais comme lui. Fixe-toi une quantité minimale de travail que tu dois absolument accomplir chaque jour. Pas nécessaire que ce soit un nombre de mots (nous ne sommes pas tous des auteurs comme Chris), mais trouve-toi un équivalent pertinent à ta situation.

Ta liste de tâches en cache sans doute une qui, une fois complétée, fait de ta journée une réussite et t’avance d’un pas vers ton but. Aie comme objectif de faire au moins une de ces tâches par jour.

N’attends pas, pose une brique. Ferme ton téléphone et procrastine ton pseudo-travail. Fais le travail important en premier, garde le mal nécessaire pour la fin. Reste dans ton aire d’impact le plus longtemps possible, reste en flow le plus longtemps possible.

Fais ça chaque jour, chaque semaine et n’arrête pas. Bien vite, tu vas te retourner et être étonné par l’impact phénoménal de ton propre travail.

Certes, tu ne pourras jamais gagner la guerre, mais crois-moi, la vie est plus belle lorsqu’on gagne nos batailles.

Fin de l’extrait