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1 La procrastination

La procrastination, s’en débarrasser ou l’apprécier?

Dans mon dernier sondage, 50,5% des personnes interrogées souhaitaient découvrir une meilleure solution contre la procrastination. Sur tous les blogues y compris le mien, la procrastination semble être l’ennemi numéro 1. Mais je n’en suis finalement pas si sûr. Évidemment, perdre 2h par jour parce qu’on procrastine est néfaste, nous verrons d’ailleurs quelques outils pour réduire ce temps. Mais au bout d’un moment, quand on a bien réduit la procrastination et qu’elle est de moins en moins présente, je pense qu’elle devient une amie. C’est l’objet de la deuxième partie de cet article.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le mot, procrastination signifie simplement la tendance à remettre à plus tard. Il faut faire la vaisselle, non, je le ferai ce soir. Il faut travailler, non, je ne voudrais pas manquer mon dernier épisode Netflix. C’est un problème très commun et la plupart des gens culpabilisent dans cette situation. Ça a l’avantage de nous faire réaliser qu’on procrastine, mais ça ne nous fait pas avancer. En plus, si vous lisez « Double ta valeur » depuis longtemps ou que vous êtes devenu un expert de la gestion de la procrastination par un autre moyen, enlever vos œillères qui vous font culpabiliser de la procrastination vous fera le plus grand bien.

Voyons maintenant mon plan en deux parties pour transformer la procrastination en amie.

Les meilleurs outils contre la procrastination

Mettre en place de bonnes habitudes

Dès que je parle d’habitude, on me regarde avec des grands yeux plaintifs : « mais ça à l’air chiant, long et difficile ça non? ». Il y a surement une partie de vérité parce que je ne suis pas là pour vous donner des solutions miracles (parce que je n’en ai pas) et que les méthodes qui marchent demandent une certaine quantité d’effort. Mais les habitudes sont comme un investissement.

Quand vous achetez un appartement pour le louer, vous faites un effort au début : donner de l’argent au vendeur. Ça dure en général plusieurs années parce que vous avez souscrit un emprunt à la banque. Et puis au bout d’un moment, vous commencez à avoir un retour sur investissement, vos loyers vous créent un complément de revenu. À partir de ce moment, votre dose d’effort est minimale. Certes, vous devez rénover le lieu occasionnellement, mais une fois que vos locataires sont dedans, vous n’avez pas d’effort à faire pour avoir ce revenu supplémentaire. On peut même imaginer que vous répétiez suffisamment l’opération jusqu’à ce que vos loyers remplacent votre salaire. De cette manière, plus besoin de travailler (c’est-à-dire faire un effort).

Revenons-en à l’efficacité qui fonctionne exactement de la même manière. Votre investissement est la création d’une habitude. C’est difficile, il faut être rigoureux pendant quelque temps. Mais une fois que tout est en place, plus besoin d’effort ou de volonté pour agir, c’est automatique. Et, plus vous investissez dans la création d’habitudes, moins vous avez besoin de volonté pour éviter de procrastiner.  

Maintenant, comment mettre en place de meilleures habitudes ? C’est un thème majeur sur mon blogue sur lequel j’ai écrit plusieurs articles et même un guide complet. Je vais vous donner un raccourci pour commencer à mettre en place de nouvelles habitudes dès que vous aurez fini de lire cet article.

1-Précisez vos objectifs

Lutter contre la procrastination, c’est bien, mais pour quoi faire ? Si vous n’avez pas une idée claire des bénéfices que vous apportera l’arrêt de la procrastination, vous avez très peu de chances d’y arriver. Peut être que vous souhaitez réaliser certains rêves ou alors donner plus de temps à votre famille, ou encore progresser dans votre carrière, etc. Donner un sens à vos actions vous aidera grandement. Ça vous permettra aussi de choisir de nouvelles habitudes bénéfiques pour vous à long terme. Pour trouver votre pourquoi, cette raison qui va vous pousser à l’action, une question m’a beaucoup aidé. Par contre, elle est extrêmement difficile. Quand je l’ai lue pour la première fois, je me suis dit: « Bonjour le cadeau, je vais bien cogiter, mais je ne trouverai jamais de réponse… ».

Alors accrochez-vous : quelles sont les choses que vous regretteriez de ne pas avoir faites au cours de votre vie quand vous serez sur votre lit de mort ? Prenez vraiment votre temps pour répondre. Tout sera plus clair et vous aurez un angle d’attaque précis pour améliorer votre vie une fois la réponse trouvée.

2-Allez-y en douceur.

L’erreur que tout le monde fait est de commencer trop fort. Je reçois plein de mails super fiers qui m’expliquent leur plan pour changer leur vie d’un coup. Bien sûr, je commence par les féliciter pour leur ambition, c’est très important pour réussir. Mais directement après, je leur rappelle la méthode des petits pas. Elle consiste à créer des changements progressifs pour leur permettre de durer et de vous impacter en profondeur. Au départ d’un projet, on est tout excité, c’est nouveau, on a de l’énergie en surplus. Ça nous pousse à vouloir en faire trop parce que ce qu’on ne voit pas, c’est que dans deux semaines, quand cette motivation du débutant aura disparu, on ne pourra plus en faire autant. Et devant la montagne de tâches qu’ils ne parviendront pas à accomplir, la plupart des débutants abandonneront complètement. Je veux vous éviter ça à tout prix !

Ma recommandation pour cela est de vous limiter au début. Si vous voulez vous lancer dans la méditation et que vous vous sentez capable de méditer 10 minutes, commencez par 5 minutes seulement. Le but est que ce soit trop facile. Vous pourrez ensuite accroitre la difficulté.

3-Choisissez une habitude

Maintenant que vous savez ce que vous voulez grâce à la première question et que vous n’allez pas choisir une habitude impossible à tenir sur la durée, vous pouvez choisir avec les bons outils en main. L’idéal pour une habitude est qu’elle commence à heure fixe ou suite à un événement précis. C’est l’exemple de la douche. Vous avez l’habitude de vous doucher le matin avant ou après le petit déjeuner (à heure fixe) et vous prenez une douche après le sport (suite à un événement).

Une fois que vous l’aurez tenue suffisamment longtemps, il sera plus difficile pour vous de ne pas respecter votre habitude que de procrastiner !

Vous l’avez compris dans la partie sur les petits pas, je ne vous conseille pas de transformer 15 habitudes d’un coup, mais à long terme, vous pouvez imaginer une journée rythmée par un bon nombre d’habitudes qui permettent de ne pas procrastiner.

Supprimer le cancer de votre productivité

Comment rentabiliser l’heure que vous avez devant vous pour travailler ? C’est une question essentielle que bien peu de personnes se posent, ce qui mène à des absurdités.

La plupart des gens mesurent leur travail en temps passé à la tâche. On est fier de travailler 10h par jour. Cependant, j’aimerais connaitre votre degré d’efficacité pendant ces 10 heures. Parce que pour moi : Travail accompli = temps*concentration. Le temps est facile à mesurer, c’est pour ça que c’est ce qu’on choisit la plupart du temps. Mais si votre concentration est à 50% seulement, ça veut dire que vous pourriez travailler deux fois moins avec les mêmes résultats.

Pour avoir une concentration optimale, il faut absolument se limiter à une seule tâche à la fois et supprimer les distractions. Travailler avec Facebook ouvert, vos SMS, ou une série en arrière-plan est une illusion.

Pour me permettre de respecter ce conseil, j’ai une habitude qui se déclenche dès que je commence à m’éparpiller. J’ai comme une sorte d’alerte dans mon cerveau qui me dit de choisir. En plus quand je fais plusieurs choses en même temps, j’ai tendance à me perdre très rapidement ce qui m’avantage parce que ça facilite la détection de ces moments.

De votre côté, commencez par une action simple (un petit pas) : le téléphone en silencieux.

Avaler le crapaud

Cette expression vient d’un livre que je n’ai pas trouvé extraordinaire, mais qui donne un conseil anti procrastination très puissant. Le vrai problème de la procrastination, c’est quand on repousse des tâches importantes. Le but est donc de commencer par ces tâches pour s’en débarrasser dès le début de la journée. De cette manière, si vous procrastinez au cours de la journée, vous ne repousserez que des tâches assez peu importantes au lendemain. Autrement dit, vous enlevez du pouvoir à la procrastination en réduisant son impact.

Écrire un journal

« Ah ça y est, jusque-là, je trouvais les conseils plutôt bons, mais ça commence à partir en vrille… »

C’est ce que je me dis souvent quand je vois des conseils présentés comme magiques, comme la visualisation, la loi de l’attraction, etc. Et écrire un journal est souvent plébiscité par ces mouvements dont je n’apprécie pas toujours les réflexions, en particulier quand elles vont à l’encontre d’éléments scientifiques solides sans justification.

Autant dire que je m’étais presque promis de ne pas tester leurs méthodes. Mais mon point de vue a changé sur l’écriture d’un journal depuis que je m’informe sur la philosophie stoïque qui recommande cette pratique. Écrire un journal, c’est simplement passer sa journée en revue, mettre ses réflexions sur papier pour mieux les appréhender.

Je dois dire qu’après plus d’un mois de journal chaque soir, je ressens des bénéfices importants.

  1. Ça me pousse à approfondir certaines réflexions que j’éviterais sinon, comme la recherche de sens dans mes actions. Ce sont toujours des questions difficiles qui nécessitent du temps de réflexion, raison pour laquelle on les évite la plupart du temps. Le fait de réserver un moment à l’écriture me permet de prendre ce temps pour mon plus grand bien.
  2. L’écriture d’un journal aide à faire le point sur la journée et à se rendre compte de certaines choses. Quand on a procrastiné, on se demande pourquoi, comment on aurait pu l’éviter, quel est le positif qu’on peut en retirer, etc. C’est une vraie démarche d’introspection qui permet de s’améliorer.

Pour parler en langage plus concret, c’est se donner un feedback.

Une fois que toutes ces méthodes seront en place dans votre vie et que vous procrastinerez beaucoup moins, il sera temps de se demander s’il est possible et souhaitable d’aller encore plus loin dans la réduction de la procrastination.

Arrêter de culpabiliser et utiliser la procrastination

On peut toujours plus optimiser, mais au bout d’un moment, ce n’est plus rentable, trop d’efforts sont nécessaires pour des gains ridicules. Il faut alors se poser la question de l’utilité de la procrastination. J’en vois plusieurs.

  • Réaliser une tâche répétitive. Quand je procrastine, je suis souvent assez peu énergique ce qui me pousse à éviter les tâches intellectuelles. Je m’en sers parfois pour réaliser des tâches pénibles et répétitives. Ça permet d’éviter l’improductivité totale et donne l’occasion de travailler sur ce qui nécessite le moins de réflexion au moment où notre cerveau est le moins efficace.
  • C’est un indicateur qu’il faut souffler. Quand on a l’habitude de longues plages de travail sans pause et qu’on ne se laisse pas distraire facilement, il reste finalement assez peu de moyens à notre corps pour nous rappeler qu’il faut prendre une pause. Les moments où la procrastination frappe à ma porte sont des occasions pour faire du sport ou simplement me détendre.
  • La procrastination révèle vos envies. Ça, c’est la partie la plus géniale. Quand on procrastine, ça veut dire que quelque chose nous retient de passer à l’action. C’est un excellent moment pour se poser la question de ce qui nous freine.

Parfois, c’est simplement la peur et comme dirait Tim Ferriss, « ce dont on a le plus peur indique souvent ce qui est le plus important ». Mais ça peut aussi être un changement dans vos envies. Peut-être que vous avez découvert une nouvelle passion ou que vous avez perdu de vue le sens de ce que vous faites actuellement.

C’est la raison principale pour laquelle je peux dire que la procrastination est mon amie. Elle me donne des indices et me pousse à avoir certaines réflexions qui me permettront de progresser d’autant plus rapidement par la suite.

Comment faire en sorte que votre lecture n’ait pas été une perte de temps ?

Passez à l’action. Voici une liste des conseils à appliquer maintenant :

  • Réfléchissez à ce qui vous motive au fond avec la question : quelles sont les choses que je regretterais de ne pas avoir faites sur mon lit de mort ?
  • Gardez en tête que les changements se font par petits pas !
  • Mettez votre téléphone en silencieux quand vous travaillez
  • Commencez par le plus important pour que la procrastination ne puisse pas vous impacter
  • Écrivez un journal chaque soir pour avoir des réflexions importantes sur vous-même et le sens de vos actions
  • Arrêtez de culpabiliser et apprenez à tourner la procrastination à votre avantage !
  • Répondez à la question en commentaire : Comment pourriez-vous manipuler la procrastination pour la rendre positive dans votre quotidien ?

Se prendre pour un autre, changer d’histoire et être heureux.

Aujourd’hui, on peut tout changer. La façon dont on communique avec les autres, notre couleur de cheveux, la manière dont on construit une maison… On peut même changer le sexe d’une personne si celui qu’elle a ne fait pas son affaire. Mais pour de multiples raisons (peut-être parce que le changement et l’inconnu déstabilisent la plupart des gens), on a une sacrée tendance à dénigrer ceux qui osent changer d’histoire pour améliorer leur existence.

« Pour qui tu te prends coudonc? » Je suis certaine que tu as déjà entendu ou utilisé toi-même cette drôle d’expression limitante.

C’est fou quand même, on sait et répète tout bonnement que si on veut un résultat différent, il faut changer la façon dont on fait les choses. Alors pourquoi, et surtout comment, on pense qu’on peut changer ce qu’on fait sans changer ce qu’on est?

Il faut aussi prendre conscience des croyances et des réflexes qu’on entretient. La plupart du temps, ce sont des repères qu’on s’est donnés il y a 3, 4 ou 10 ans pour passer au travers d’une situation qui n’est plus du tout la même aujourd’hui.

On agit et réagit selon nos expériences, nos apprentissages et la façon dont on est socialement conditionné à suivre des lignes directrices parfois (souvent) douteuses.

Mais si on voyait les choses autrement? Et si on cessait de penser de façon absolue?

À quoi ressemblerait ta réalité quotidienne, si tu faisais abstraction de tout ce que tu sais déjà? Demain matin, si tu changeais l’histoire que tu racontes, tu serais alors quelqu’un d’autre, aussi simplement.

Don Miguel Ruiz, auteur des 4 accords toltèques, dit que 95% des croyances que nous entretenons sont purs mensonges et nous souffrons parce que nous y accordons foi.

Autrement dit : chacun se prend pour ce qu’il décide de croire, point.

Et si tu t’prenais pour un autre, dis-moi ça ferait du mal à qui, dans quelle mesure et pourquoi? À moins, bien sûr, que tes intentions soient malsaines, est-ce réellement mauvais de croire et de raconter une histoire différente?

Au contraire, je pense que bien des situations et des gens seraient gagnants qu’on change nos définitions limitatives de nous-mêmes dans notre réalité actuelle.

Le pouvoir des mots

Le plus grand blocage auquel tu fais forcément face à chaque étape de ton parcours, c’est toi.

En fait, plus précisément, c’est l’histoire que tu te racontes et que tu racontes aux autres: les raisons que tu donnes pour justifier le fait que t’es pas rendu là où tu le voudrais, les excuses que tu trouves pour alléger ta conscience qui te culpabilise de ne pas être ou faire ce qui est en ton pouvoir, bref, les chansons monotones aux paroles redondantes qui jouent en boucle dans ta tête et qui font en sorte que tu fais trop souvent un pas en avant pour dix en arrière.

Si tu crois et répètes que t’es quelqu’un de trop timide, par exemple, bien tu as forcément raison. Est-ce que ça t’aide dans tes relations, dans ton estime personnelle et dans l’accomplissement de tes projets? Ça, c’est une autre histoire.

Si les mots ont le pouvoir de détruire, ils ont aussi le pouvoir d’édifier. Ton discours, que ce soit dans ta tête ou les paroles qui sortent de ta bouche, a un impact majeur sur le cours de tes activités et le résultat.

Penses-y : qu’est-ce que ton langage reflète ou transmet?

Il est peut-être temps de sacrer le vieux CD grafigné dans les vidanges et de le remplacer par un qui t’énergise et t’aide à avancer.

Ce sur quoi tu places ton attention prend de l’ampleur et ça commence par les mots que tu choisis d’utiliser.

Tu peux aussi continuer de tenir un discours déprimant en compagnie de gens déprimés. Tu finiras toi-même par constater les effets sur l’atteinte ou plutôt l’attente de l’atteinte de tes objectifs.

Le go que tu attends

Le jour où tu as appris à faire du vélo, il y avait des petites roues de chaque côté de la roue arrière. Probablement aussi qu’un de tes parents te donnait une petite poussée pour partir. Ensuite, il t’encourageait en courant à côté de toi pour essayer d’éviter que tu finisses la face effoirée sur l’asphalte si tu tombes.

Est-ce que ça t’a empêché de tomber et de t’arracher un genou? Fortes chances que non. Malgré toutes les précautions, l’assistance et la pratique, il y a quand même eu une fois (ou plusieurs) où tu t’es planté solide.

Morale de l’histoire : peu importe ce après quoi tu attends, ça ne sera jamais suffisant pour te garantir le succès ou pour te réconforter dans ta peur paralysante de l’échec.

Arrête d’attendre que ce soit suffisamment beau, que ton mentor te dise quoi faire ou que le prochain article de blogue te guide sur la méthode magique à utiliser.

C’est dans ton intérêt d’apprendre à te donner ton propre go, selon tes standards : tes valeurs et ton éthique de travail. Y’a juste toi qui connais l’intention derrière ce que tu entreprends. Alors, soit tu décides d’attendre un signe, soit tu décides d’être proactif et de te mettre en mouvement pour que ça devienne une réalisation du présent.

Après tout, t’as pas décidé d’entreprendre pour attendre qu’on te dirige, mais plutôt pour diriger librement. C’est toi qui commande!

La norme de ton illusion

On veut tous se sentir important et être apprécié pour ce qu’on tente si bien que mal d’apporter au monde. En regardant autour, on se compare aux autres pour déterminer si on est normal ou pas.

On s’invente des normes à respecter pour éviter de recevoir des tomates par la tête. Pour être différent, mais pareil à la fois, on s’impose un paquet d’affaires sans réfléchir si ça s’applique ou non à ce qu’on veut vraiment.

C’est exactement le genre de pratique qui fait en sorte que tu te réveilles 3 mois ou 2 ans plus tard à procrastiner sans arrêt parce que tes journées sont remplies de choses que tu n’aimes pas faire, finalement.

Ce que tu t’imposes, c’est l’illusion que si tu racontes assez longtemps la même chose, que tu fais comme les autres ou que tu attends le bon moment, tu vas t’accomplir et faire prospérer tes projets.

Je pense à George qui est graphiste et qui n’aime pas faire de logos, mais qui offre ce service quand même pour éviter d’être anormal.

Résultat : George récolte plein de contrats de logos et pas de contrat de mise en page (ce qu’il préfère). Il est continuellement dans un état rabougri et il fait du déni en essayant d’endormir son hamster mental sur Facebook.

Parce qu’on veut plaire et être utile, notre tête nous joue constamment des tours. C’est intéressant d’y porter attention pour apprendre à détecter quand c’est le cas et ne pas se laisser guider par des illusions.

Inconsciemment, on a tendance à penser que ça va être rapide et relativement facile. On cherche la meilleure manière avant même de commencer. On se crée ainsi l’illusion qu’on est normal et que la réussite est assurée. Mais attention, tu peux réussir tout ce que tu entreprends.

La question est donc : que veux-tu vraiment réussir, dans quelle mesure et pourquoi? Qu’est-ce que ça va t’apporter à toi et aux autres?

Tu peux sûrement avoir la même réussite que Simone ta voisine.

Est-ce réellement ce qui correspond à ta définition du succès, au mode de vie que tu désires et à ce que tu veux offrir aux autres?

C’est dans ta tête que ça s’passe

Tout ça, c’est dans ta tête que ça se passe, là où ton p’tit diable, M. Ego, manigance pour diriger ton existence. C’est à toi d’être attentif à ce qui se passe là-haut. C’est ta responsabilité de dominer ce p’tit faiseur de trouble qui cherche à dicter comment tu te comportes.

La seule différence entre l’histoire que tu racontes et celle que tu voudrais raconter, c’est celle que tu choisis et ce que tu fais avec ensuite.

Apprends à reconnaître lorsque tu fais de ton mieux et lorsque tu n’as pas tout donné. Prends conscience que tu peux toujours t’améliorer. C’est un choix qui dépend de ce que tu veux profondément.

Garde à l’esprit que ce que tu penses et dis (racontes) contrôle ce que tu es, fais et deviens.

5

Es-tu né pour un petit pain?

Je vais commencer ce texte par un disclaimer pour mettre deux-trois petites choses au clair dès le début. Primo, ceci n’est pas une thèse “scientifique”, mais plutôt un texte d’opinion qui s’appuie sur des faits historiques. Tu peux donc t’attendre à avoir mon avis sur quelques sujets controversés (ne fais pas trop le saut!).

Deuxio, dans ce texte je vais souvent employer le terme “les Québécois”, pour désigner les “Québécois d’origine canadienne-française” puisque ce texte est une réflexion sur une problématique qui était, à l’origine, propre aux “Canadiens français” des deux-cent-quelques dernières années. Ça ne veut en aucun cas dire que je considère que les Québécois de diverses origines ne sont pas de “vrais Québécois”, simplement que l’identité québécoise a beaucoup évolué et que j’utiliserai ce terme plutôt dans son sens historique que moderne.

Ceci étant dit…

Il y a un dicton qui dit que les Québécois sont nés pour un petit pain. D’où provient cette croyance, a-t-elle déjà été vraie et, surtout, s’applique-t-elle de nos jours?

“Être né pour un petit pain”

Fig., fam. pour traduire une attitude de résignation, l’acceptation de sa condition modeste, la fatalité d’un destin sans horizon.

Au Québec, en 2018, je pense qu’on peut s’entendre pour dire que l’expression “les Québécois sont nés pour un petit pain” est arriérée. On a assez de vedettes qui sont passées à l’international, d’entreprises florissantes et de scientifiques novateurs pour savoir que notre citoyenneté n’empêche ni le succès ni la richesse.

Le problème, c’est que même si notre côté rationnel réfute l’idée que les Québécois soient nés pour un petit pain, notre subconscient n’est pas nécessairement de cet avis.

On évolue tous dans une société qui nous transmet un système de croyances, que ce soit au niveau de la spiritualité, de la sexualité, des rôles et responsabilités des citoyens, du bien et du mal ou du possible et de l’impossible. Et tout comme un individu, on pourrait dire que notre mentalité collective a un “conscient”, connu et accepté, et un “subconscient” officieux et tabou.

Ce qui m’amène à aborder l’un des gros problèmes qu’on a au Québec et qui nous empêche trop souvent d’atteindre notre plein potentiel: on n’est pas nés pour un petit pain, mais cette idée subsiste quand même dans notre “subconscient” collectif et nous est donc transmise par notre propre société. Il s’agit d’une croyance limitante à grande échelle, transmise de génération en génération, sans même qu’on s’en rende compte.

La vérité, c’est que le Québec est aussi peuplé de bons vivants incroyablement créatifs, débrouillards, patenteux, travaillants, respectueux, profondément égalitaires et particulièrement fiers. Un vrai peuple de “winners” quoi!

Mais parallèlement, on a un problème avec l’argent et le succès et il est temps qu’on en parle.

Il s’agit d’une croyance limitante à grande échelle, transmise de génération en génération, sans même qu’on s’en rende compte.

Tu te dis sans doute “Ben voyons, je n’ai pas de problème avec l’argent et le succès, au contraire, je ne demande pas mieux!”. N’est-ce pas ce qu’on se dit tous? Mais il est là le noeud du problème, c’est notre “conscient” qui parle.

Voir aussi: 5 étapes pour se libérer de ses croyances limitantes 

En pratique, on est souvent les premiers à se mettre des bâtons dans les roues. Au moment d’accomplir quelque chose qui a réellement le potentiel de nous enligner vers le succès, on procrastine, on se laisse distraire, on “passe tout droit”, on se convainc qu’on n’est pas prêt, qu’on n’a pas ce qu’il faut, qu’il nous manque quelque chose, qu’on est trop occupés, que ce n’est pas le bon moment…

Mais qu’est-ce que notre “subconscient” peut bien nous dire à notre insu pour que, dans les faits, on soit toujours “à cheval entre deux tracks”, indécis, ambivalents, intimidés et hésitants face à ce qu’on veut obtenir et accomplir?

Tu l’auras sans doute compris, cet article sera assez différent des autres qui se retrouvent sur le blogue. Il ne te permettra pas d’être plus efficace avec un ordinateur ou d’apprendre à mieux gérer ton temps. Ce que je te propose, c’est plutôt de zoomer sur l’ADN identitaire du Québécois pour trouver d’où nous provient cet “inconscient collectif” qui influence notre perception de la richesse et du succès. Dans les paragraphes qui suivent, je te propose donc “d’arracher le plaster”, de regarder le “bobo” comme il faut, d’analyser ce qui l’a causé et de le laisser respirer un peu pour qu’il puisse enfin commencer à cicatriser.

« Les Québécois sont nés pour un petit pain »

Mais d’où vient ce dicton fataliste? Et pourquoi est-ce qu’on en parle encore de nos jours?

Pour répondre à cette question, un petit flashback historique est nécessaire. Je vais tenter de simplifier ça au maximum: à partir de 1534, le territoire du Québec actuel fait partie de la colonie française nommée la Nouvelle France (qui regroupera  le Canada, l’Acadie et la Louisiane).

Un peu plus de 200 ans plus tard a lieu la guerre de la Conquête, que nous perdons (ahh cette fameuse bataille des Plaines!) après la prise de Montréal en 1760, ce qui fait en sorte qu’on devient soudainement des sujets de l’Empire britannique à la signature du traité trois ans plus tard. À ce moment, la majorité des habitants du territoire sont catholiques, francophones, ne parlent pas un mot d’anglais et vivent principalement de l’agriculture de subsistance répartis sur les terres des différentes seigneuries.  

Le Château Frontenac et la Citadelle de Québec vers 1890. Source: Musée McCord

Inutile de préciser que ça a créé un clash quand “l’envahisseur” anglo-protestant a pris les rênes du gouvernement et de l’économie. Malgré tout, les premières années de la transition se sont relativement bien passées. Il faut dire que le nouveau gouvernement “feelait doux” à l’égard des Canadiens français et permit, grosso modo, qu’ils continuent à vivre comme ils l’avaient toujours fait, en tant que francophones catholiques. Il faut dire qu’à ce moment la métropole britannique jouait de prudence; c’était une période marquée par les révoltes et seulement trois ans plus tard (1773) ils avaient les bras pleins avec les Treize Colonies (en gros, la côte est des États-Unis qui était à l’époque composée de colonies britanniques) qui se révoltaient contre une nouvelle taxe (révolte qui a mené à l’indépendance et la naissance des États-Unis quelques années plus tard).

Tout ça va bien changer, particulièrement quand il sera question de la langue française.

Fast-Forward une centaine d’années plus tard, en plein coeur de la révolution industrielle. Les anglophones ont le “gros boutte du bâton” dans le milieu des affaires et les décennies qui suivent sont marquées par l’implantation d’industries prospères qui attirent un grand nombre de paysans en quête d’une meilleure situation financière (l’industrialisation met beaucoup de pression sur le milieu agricole).

Intérieur du bureau de l’usine de pâte Laurentide, Grand-Mère, QC, vers 1900. Source: Musée McCord

Parallèlement, la majorité des Canadiens français demeurent isolés dans les villages, conservent leur mentalité paysanne et tentent de préserver leur religion leur culture et leur langue qu’ils défendent farouchement depuis des dizaines d’années. Pour subsister, ils développent donc un très fort esprit de communauté, de partage et d’entraide.

En gros, suite à la conquête les opportunités d’affaires se sont amenuisées rapidement pour les Canadiens français. Les “Anglais”  avaient accès plus facilement à du capital et bénéficiaient d’avantages commerciaux grâce à la mère patrie, et les Canadiens français se retrouvaient plus souvent qu’autrement à travailler pour un “boss” anglophone ou tentaient tant bien que mal de joindre les deux bouts en cultivant leurs terres et en variant leurs activités économiques (en faisant de l’artisanat par exemple).

Le Père Ladébauche

C’est de ce contexte, de cette mentalité de résignation, de ce sentiment d’être condamné à vivre sa vie en situation de désavantage économique que l’expression “être né pour un petit pain” est apparue.

L’une des premières mentions de cette expression se trouve dans l’édition du 5 octobre 1912 de La Presse, dans un texte humoristique: la causette hebdomadaire du Père Ladébauche à son cousin, un Canayen des States, Monsieur Goldenpolished Catbedcrazy (Polydore Chalifoux, en français).

La causette hebdomadaire du Père Ladébauche

“Il y a un vieux proverbe latin qu’on nous enseignait quand j’étais jeune et qui inocule ceci: “Quand on est né pour un p’tit pain, on n’est pas né pour un gros.” Je crois ma foi de gueux, que la ville de Montréal est née pour un simple biscuit à la mélasse, pas plus. (…)

Mais vous autres, dans les États qui êtes nés pour un gros pain, vous pouvez vous offrir des tunnels, des fils souterrains, des bibliothèques et une foule d’améliorations modernes. Nous autres, à Montréal, tout ce qu’on a pu se payer pour améliorer notre sort, c’est une Commission Royale pour rire, avec un Bureau de Contrôle pas pour rire.”

La Presse, 5 octobre 1912. Source: BAnQ

Au fil des décennies qui suivent, l’expression est souvent reprise pour décrire la condition des Canadien français, qu’on croit destinés à une vie modeste.

Plus ça change, plus c’est pareil?

Il faut dire aussi que le Québec qu’on connaît aujourd’hui est très différent de celui de nos grands-parents et arrière grands-parents.

En 1901, (c’est pas si loin que ça, c’est il y a à peine un peu plus de cent ans) il ne comptait que 1,65 million d’habitants. Pour te donner une idée, en 2016 la Ville de Montréal en comptait 1,7 million.

À cette époque, environ deux Québécois sur trois habitait toujours à la campagne et vivait de l’agriculture de subsistance, de l’exploitation forestière, de la pêche, de l’artisanat ou de la petite industrie.

Bref, jusqu’à tout récemment, les Québécois étaient principalement des villageois, même à Montréal qu’on appelait “la ville aux cent clochers” et dont chaque paroisse constituait un petit village en soi.

Aujourd’hui, on est environ 8,3 millions d’individus au Québec et près de la moitié de la population habite dans la Région métropolitaine de Montréal.

Notre population a donc beaucoup augmenté et est plus urbaine que jamais. Mais qu’est-ce que ça signifie pour notre mentalité?

Les irréductibles villageois

Une chose est sûre, l’esprit de village, le sentiment d’appartenance à une communauté et la fierté qui s’en dégage ont modelé la culture québécoise et est typique de ses habitants, d’hier comme d’aujourd’hui.

Même si les populations se sont beaucoup déplacées et que les modes de vie ont changé, les Québécois d’origine Canadienne française ont toujours l’âme de villageois. L’entraide et la solidarité font partie de leurs valeurs profondes et ils sont très attachés à leur milieu.

C’est cet “esprit de clocher” qui fait en sorte que nous sommes tous convaincus que la meilleure poutine du Québec se trouve dans notre quartier…

Toutefois, malgré cet esprit villageois qui persiste, les Québécois ne sont plus isolés dans leurs villages. Ils se déplacent davantage, sont plus éduqués et ont développé une ouverture sur le monde.  

Notre culture et notre mentalité sont donc imprégnées des valeurs de solidarité propres aux communautés villageoises, sans nous limiter géographiquement et nous priver des opportunités qui dépassent les limites de notre patelin.  

L’union fait la force

L’esprit villageois, couplé à la situation de minorité et d’impuissance des Canadiens-français suite à la conquête, a donné naissance à un instinct de survie culturelle particulièrement tenace.

Pour conserver le droit de parler leur langue, de pratiquer leur religion et de cesser d’être considéré comme des citoyens de second ordre, il a fallu revendiquer, manifester et argumenter. Et pour parvenir à se faire entendre, ils ne pouvaient pas se permettre d’argumenter différents discours. Il fallait à tout prix éviter la division, s’entendre, atteindre un consensus et parler d’une seule voix.  

L’héritage de cette mentalité se traduit dans le milieu des affaires par la mise sur pied d’un grand nombre d’entreprises de type coopératives (comme Desjardins) et de regroupements de marchands (IGA par exemple).

C’est un élément qui a énormément contribué à faire valoir nos droits et rejeter l’idée qu’on est “nés pour un petit pain”, mais ironiquement c’est souvent ce qui freine la croissance de nos entreprises en ce moment. Cette obsession du consensus nous emprisonne dans la lenteur administrative, et même l’immobilisme, jusqu’à ce que tous les joueurs parviennent à un commun accord. Ça rend tout à fait impossible la prise de décision rapide et nous fait manquer le train de plusieurs opportunités.  

Raconteux, violoneux et patenteux

Il y a un proverbe qui dit qu’on a les qualités de nos défauts. C’est particulièrement vrai dans le cas de l’identité du Canadien français.

L’isolement dans les villages et le repli social a eu pour effet de stimuler l’imaginaire et la créativité des habitants qui ont créé et entretenu leur propre culture.

Chemin rural vers 1925. Source: Musée McCord

Dans un premier temps, pour pallier la faiblesse économique il fallait être débrouillard et créer les solutions aux problèmes du quotidien. C’est ce qui donna naissance au typique “patenteux”, celui qui arrive à créer à peu près n’importe quoi avec de la broche à poules, des roues de bicycles, des vieux bidons et deux-trois clous.

Puis, pour se divertir et affirmer leur identité, ils transmettaient leur folklore sous forme de contes et légendes, de musique et de danse. Une gigue, un p’tit set carré, une soirée de musique et puis “changez de côté, on s’est trompés, c’est pas mêlant on s’trompe tout l’temps”!  

Les raconteux, violoneux et patenteux étaient omniprésents dans les villages québécois d’antan. La créativité, pour un Québécois d’origine canadienne-française, ce n’est pas simplement une qualité, c’est littéralement un trait culturel.

De nos jours, cette prédisposition à être créatif et ingénieux fait toujours partie de notre mentalité. Mais, à l’origine une conséquence de l’isolement, elle est devenue la source d’une industrie culturelle et créative florissante. On n’a qu’à penser au Cirque du Soleil, par exemple, ou aux chanteurs, musiciens, acteurs et artistes en tous genres qui rayonnent sur la scène québécoise et internationale.   

L’esprit de collaboration développé dans les villages et la volonté à atteindre un consensus font en sorte que les Québécois sont très forts pour échanger leurs idées, discuter et mettre leurs esprits en commun de façon très créative.

Nés pour un petit pain, vous avez dit?

L’argent c’est mal

Malgré le fait qu’on soit culturellement très créatifs et débrouillards, on n’est pas particulièrement doués pour vendre nos idées et nos produits. La vente et le marketing sont des domaines où nous sommes un peu boiteux.

Pourquoi?

Principalement parce qu’au Québec, on a une drôle de relation avec l’argent. On méprise les “gosses de riches” qui sont “nés avec une cuillère d’argent dans la bouche” et font leur “show-off”, tout en étant exaspérés par les “gens gratteux”, par les “séraphins” qui s’accrochent à leurs cennes. On ramasse les coupons du publi-sac et on fait des “économies de bouts de chandelles” mais on ne peut pas s’empêcher de faire nos “voisins gonflables”. On s’enrage contre l’évasion fiscale, mais on saute sur l’occasion de travailler au noir pour sauver un peu d’impôt. On se dit ouverts et avant-gardistes, mais on se bat constamment pour maintenir le statu quo.

Bref, on est un vrai paradoxe sur deux pattes!

Tout cela cache un malaise de société assez flagrant vis-à-vis l’argent. C’est un sujet tabou dont on évite de parler pour ne pas faire de “chicane”.

On a hérité d’une perception très négative de ceux qui font beaucoup d’argent. Sans même s’en apercevoir, on juge souvent de la qualité d’un individu selon son portefeuille. On catégorise souvent les personnes qui ont beaucoup d’argent, qui sont “riches”, dans l’un de ces deux clichés, soit:

  1. ils sont nés (ou se sont mariés) dans une famille riche, n’ont jamais travaillé une minute de leur vie et n’ont aucune éthique de travail, ou bien
  2. ils sont parvenus à s’enrichir en étant malhonnêtes et sans scrupules!

Les affaires sont les affaires, et en affaires il n’y a pas d’amis. N’est-ce pas?

Les individus qui font beaucoup d’argent préfèrent donc souvent éviter ce sujet pour ne pas être lynchés sur la place publique. Après tout, c’est ce qui se produit immanquablement chaque fois qu’on dévoile dans les médias le salaire des hauts dirigeants, chefs d’entreprises ou des PDG de nos Sociétés d’État.

Cette relation particulière avec la richesse, c’est l’envers de la médaille de notre société.

L’inconvénient d’évoluer dans une société très égalitaire est qu’on n’aime pas que les autres se distinguent trop de nous. On rêve tous d’être riches, tout en commérant dans le dos de ceux qui le sont devenus. On méprise ceux qui s’élèvent au-dessus de nous, mais on justifie ce mépris en se disant que ce sont des “crosseurs” qui “pètent plus haut que le trou”.

Mais d’où nous vient donc cette relation amour/haine avec l’argent et le succès?

Faut pas être plus catholiques que le pape!

On ne peut pas parler de cette croyance que les Canadiens français sont “nés pour un petit pain” sans parler un brin de l’Église catholique qui était aux commandes jusqu’à la seconde moitié du 20e siècle.

Groupe d’élèves, couvent Sault-au-Récollet, QC, 1866. Source: Musée McCord

Pendant ce temps, elle a donc littéralement dicté aux Québécois comment il fallait agir, ce qui était bien et ce qui était mal. Quand on considère ces extraits de la Bible, on comprend un peu mieux d’où vient ce malaise face à l’argent:

 Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous! (Luc 6:20) 

(…) vends tout ce que tu as, distribue- le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. (…) Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Car il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. (Luc 18:25)

Clairement, la religion catholique a quelque chose contre l’argent et le succès (ironiquement)!

Cette idée qu’il est nécessaire de ne pas accumuler de richesses et de vivre modestement pour “gagner son ciel” tombait à pic dans le contexte socioéconomique d’après conquête. C’était une façon efficace de faire d’une pierre deux coups: encourager la modestie, récolter une dîme généreuse et rassembler ses ouailles autour d’un discours qui renforce l’identité canadienne-française en les dissociant davantage des protestants anglophones (il y avait une dynamique particulière avec les catholiques anglophones, principalement des immigrants écossais et irlandais, mais on n’entrera pas dans les détails.) .

En cas de difficultés économiques, la solution mise de l’avant par le clergé pour subsister et parvenir à nourrir la famille n’était pas de faire plus d’argent, mais plutôt d’économiser, de vivre modestement et de s’entraider entre paroissiens. C’est d’ailleurs dans cet esprit d’économie et de coopération et en répondant aux besoins financiers particuliers des Canadiens ruraux que Desjardins a implanté les premières caisses populaires sur le territoire.   

Bref, vouloir faire beaucoup d’argent et s’enrichir, ce n’est tout simplement pas catholique. Le monde des affaires, ce n’est pas leur monde. Cette mentalité a très certainement contribué à limiter la réussite économique des Canadiens français et alimenté le mythe que les Québécois sont nés pour un petit pain.

Après tout, pour réussir en affaires, il faut d’abord en avoir l’ambition et savoir reconnaître sa valeur et son mérite.

Les affaires, c’est l’affaire des autres

Montréal vers 1875- Intérieur du magasin de bijoux et d’orfèvrerie de Messieurs Savage, Lyman & Co, rue Saint-Jacques. Source: Musée McCord

Si on résume, on disait des Canadiens français qu’ils étaient nés pour un petit pain parce qu’ils ont été longtemps maintenus dans une situation de désavantage économique et étaient peu nombreux à occuper des postes influents.

Par contre, c’est un peu simpliste d’affirmer simplement que “c’est la faute aux anglais”. En effet, les nouveaux arrivants britanniques ont eu droit à des avantages commerciaux et économiques, mais ça n’a pas empêché un bon nombre de Canadiens français de se tailler une place parmi eux, par exemple, dans le gouvernement civil du Bas-Canada (source).

Toutefois, le repli dans les villages de la majorité des Canadiens français fait en sorte qu’on croit qu’ils sont prédisposés à une mentalité économique différente, ce qui servira souvent d’argument pour légitimer des politiques économiques distinctes pour ces “deux peuples” du Canada.

Si tu ne peux les vaincre, joins-toi à eux… ou pas.

Tout porte à croire qu’en réalité, le fait que les villageois se soient repliés sur eux-mêmes et n’apprenaient pas à parler anglais leur a permis de sauvegarder leur culture, mais les ont coupé du monde des affaires et de ses opportunités.

Je ne dis pas que c’est une bonne chose, et je ne dis pas que ça en est une mauvaise. Je crois que tout est relatif à l’angle avec lequel on considère l’histoire et la situation actuelle.

Les Canadiens français se sont retrouvés devant un choix: accepter qu’ils ont été vaincus et qu’ils ne sont plus une colonie française, apprendre l’anglais et l’enseigner à leurs enfants pour devenir des sujets britanniques en bonne et due forme ayant les mêmes droits et opportunités que les autres, ou défendre leur langue qui, malgré l’immigration britannique, était parlée par la majorité de la population et était un pilier de leur identité culturelle.

Pour la majorité des Canadiens, la question ne se posait même pas. Il s’agissait d’abord d’une question de fierté et de respect. Que la métropole britannique refuse de reconnaître le statut du français comme langue officielle était un affront au peuple.  

Étant donné que la société québécoise était largement menée par le clergé catholique francophone (y compris le domaine de l’éducation) et que les valeurs de l’Église prônaient la modestie, le choix était d’autant plus simple à faire.

Apprendre l’anglais allait donc à contresens. Et puisque le peuple ne parlait pas cette langue, le gouvernement britannique n’avait d’autre choix que de s’adresser à ses nouveaux sujets britanniques dans la langue qu’ils comprennent (du moins dans les débuts).

Le problème, c’est que la langue du commerce et des affaires, c’était l’anglais, non seulement avec les Québécois anglophones, mais aussi avec notre voisin, les États-Unis, qui développait rapidement son économie.

Mais bon, comme on dit, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre et la poursuite du succès et de la richesse n’était tout simplement pas compatible avec nos valeurs catholiques.

Bref, c’est l’une des raisons pour lesquelles les Québécois se sont retrouvés dans une économie de subsistance fondée sur l’esprit d’entraide et de partage et qu’ils variaient leurs activités économiques pour tenter malgré tout d’améliorer leur sort.

Les temps ont changé

C’est devenu anachronique de dire, en 2018, que les Québécois sont nés pour un petit pain.

Mais notre histoire, avec hauts et ses bas, a laissé une grosse trace de Sharpie très dure à effacer sur notre mentalité collective et notre perception de l’argent et du monde des affaires.

Cette perception négative, on l’a aussi vis-à-vis la langue anglaise.

In french ou en anglais?

Caricature d’Anthony Delatri

On est conscients que le bilinguisme est un atout social et professionnel important, pourtant, il n’y a que 44,5% de la population québécoise qui était considérée comme étant bilingue (capable de soutenir une conversation en français et en anglais) en 2016.

“Ouais mais le reste du Canada sont juste bilingues à 9,8%! Pourquoi c’est nous autres qui devrait apprendre l’anglais pis pas le contraire?” 

Parce que, si on sort du Québec, 91,2% des Canadiens parlent anglais à la maison et que nos voisins Américains ne sont pas moins de 237,8 millions d’habitants à parler exclusivement anglais, soit 80% du pays (est-ce qu’il faut que je répète qu’on est 8,2 millions de population totale au Québec?).   

Outre nos voisins géographiques, il faut aussi préciser que, selon les différentes études sur le sujet, le contenu anglophone sur internet représente de 32% à 51,9% de la totalité du web, contre 4,1% à 6,5% pour le contenu francophone.

Alors, qu’on le veuille ou non, on est entourés par la langue anglaise, et ne pas l’apprendre c’est se priver d’une énorme, énooooorme part du marché continental et d’un grand nombre de ressources disponibles (par exemple, les logiciels ou sites web qui ne sont pas traduits en français).  

Si je te disais que 55,5% de la population du Québec était analphabète, tu trouverais ça alarmant, n’est-ce pas? Hé bien c’est dans cette proportion que nous sommes analphabètes de la langue des affaires. Je ne veux pas dire qu’on n’a aucune chance de réussir en affaires si on ne parle pas anglais, mais je pense que c’est se tirer dans le pied et s’arranger pour boiter “pendant un maudit boutte.”

Et non, ce n’est pas parce qu’on apprend à parler anglais qu’on oublie comment parler français. Plus que jamais, on a accès aux ressources pour apprendre à bien parler notre langue maternelle et en maîtriser une autre. Ou deux. Ou pourquoi pas cinq, c’est la beauté de notre cerveau, il n’a pas “quota” linguistique!

Bref, il ne faut pas tenir notre langue maternelle et culturelle, le français, pour acquis, mais il faut cesser de vilipender l’anglais. Il est temps qu’on arrête de se servir de notre rancune historique pour blâmer l’anglophone (ou l’allophone) du déclin de la langue française, alors qu’on n’a même pas assez de motivation pour se donner la peine d’apprendre notre propre langue “comme du monde”. 

Le problème, c’est que même si on éliminait l’anglais de notre vue , ça ne nous donnerait pas plus le goût de mieux parler français. Ce n’est pas en renommant Best Buy “Meilleur Achat” qu’on va soudainement avoir envie de maîtriser notre grammaire.

À mon avis, restreindre l’anglais ça ne développe pas le français et ça ne sert en rien la cause de la francisation au Québec. On n’est pas nés pour un petit pain, mais si on veut aller se chercher un gros pain il faut qu’on puisse s’adresser au baker qui le pétrit, que ça nous plaise ou non.

Habitudes et préjugés

D’abord, il faut dire qu’il y a proportionnellement très peu de gens “riches” au Québec. En 2009, seulement 4,1% de la population aurait déclaré gagner plus de 100 000 $ dans l’année (contre environ 16% pour l’ensemble du Canada). C’est très peu, et ça fait en sorte qu’on voit les gens qui ont de l’argent un peu comme des exceptions, des anomalies auxquelles on a du mal à s’identifier.

On a également une sorte de mépris pour les fortunes familiales. Contrairement aux États-Unis où les empires familiaux sont nombreux et en sont souvent aux cinquièmes ou sixièmes générations, ici quand on entend les noms de Desmarais, Molson ou Péladeau, on grince des dents parce qu’on a l’impression qu’ils n’ont pas mérité leur argent. C’est là qu’on constate à quel point notre culture entrepreneuriale est jeune et n’a pas encore fait son chemin dans notre mentalité collective.

De grands rêveurs

On est particulièrement doués pour rêver éveillés. On est créatifs, on aime se fier à notre instinct et on apprécie la poésie des termes comme “liberté” et “destin”.

C’est ce qui nous attire le plus de l’entrepreneuriat, ça fait appel à notre côté rêveur. Mais quand vient le moment de mettre notre vision à exécution, on perd vite notre entrain, car on se retrouve à l’extérieur de notre zone de confort. 

Louis-Adolphe Paquet, 100 ans après la Conquête et quelques années après la défaite des Patriotes

« Notre mission est moins de manier des capitaux que de remuer des idées ; elle consiste moins à allumer le feu des usines qu’à entretenir et faire rayonner au loin le foyer lumineux de la religion et de la pensée… » Voilà une mission – et une consolation – porteuse d’espérance d’une vie céleste éternelle. (source)

Notre penchant pour la pensée et la réflexion fait donc aussi partie de notre culture. C’est pourquoi nous sommes aussi créatifs. Le problème, c’est qu’ “une invention ne deviendra célèbre que si elle est appuyée par une bonne stratégie marketing. Avoir une idée est une chose; la rentabiliser est une autre.” (Source p.187.)

On a des croûtes à manger

Les Québécois ne sont définitivement pas nés pour un petit pain, mais ils ont des croûtes à manger.

Il y a un travail d’introspection à faire pour apprendre à reconnaître nos faiblesses et trouver des façons de les surpasser.

La recherche du consensus à tout prix, par exemple, nous est très nuisible en affaires. Au cours d’une entrevue réalisée lorsqu’elle était à la tête de l’organisme de prospection économique Montreal International, Dominique Anglade avouait que “Malheureusement, nous avons créé des systèmes lourds et complexes. Nous avons mis trop d’importance sur les moyens et moins sur les résultats. A-t-on réellement besoin de consulter tout le monde avant de prendre une décision?” (Source, p.76).

Sur un autre ordre d’idée, on a aussi tendance à banaliser l’ambition et à ne pas prendre ceux qui en ont au sérieux.

On entend souvent des trucs du genre “Comme ça mon p’tit gars, tu veux devenir entrepreneur? C’est cute. Mais si tu veux faire vivre ta famille, ça va te prendre une vraie job. Pourquoi tu ne vas pas porter ton nom dans une shop?”

Bref, sortir des sentiers battus pour prendre le chemin de l’entrepreneuriat est immédiatement découragé parce qu’on a l’impression que c’est une voie sans avenir. L’ambition, c’est bien, tant que ça te mène à l’université pour avoir une job “stable”.

Une nouvelle vision

La bonne nouvelle, dans tout ça, c’est que la société québécoise a énormément évolué au cours des dernières décennies. De plus en plus, notre société accepte l’idée que l’argent, ce n’est pas “le démon”, que c’est un outil, ni plus ni moins. Ce qui fait la différence, c’est la façon dont on dépense cet argent. L’argent ne fait pas le bonheur, mais ça peut nous permettre de:

  • Étudier n’importe où, avoir accès au niveau d’éducation désiré, n’importe où dans le monde.
  • Bénéficier des meilleurs soins de santé et plus rapidement, pour nous et nos proches.
  • Se consacrer à ses passions et loisirs sans avoir à se limiter financièrement.
  • Donner généreusement aux causes qui nous tiennent à coeur, soutenir la recherche et le développement.
  • Avoir une maison et élever une famille sans se soucier des finances.
  • Etc.

L’histoire a fini par jouer en notre faveur en ce qui concerne notre identité et les forces qui s’en dégagent. À partir du moment où on a su s’ouvrir aux cultures qui nous entouraient, on a pu apprendre d’elles. Tranquillement mais sûrement, on a adopté et intégré à notre propre culture la productivité et l’efficacité à l’américaine et l’esprit d’équipe britannique qui, combinés à notre créativité et notre esprit de “villageois moderne”, nous ont permis de nous démarquer rapidement dans le monde des affaires.

Selon le rapport sur l’activité entrepreneuriale au Québec, nous sommes présentement à l’endroit dans tous les pays du G7 où l’entrepreneuriat est le plus valorisé. Un peu plus de 20% des Québécois aimeraient lancer une entreprise dans les trois années qui suivent, et ce chiffre est à la hausse depuis 2013. Toutefois, il y a une différence entre l’intention et l’action.

Tel que mentionné précédemment, notre culture entrepreneuriale est encore jeune et nous n’avons pas tout à fait confiance en nos compétences et notre capacité à réussir en affaires.

Conclusion

Est-ce que les Québécois sont nés pour un petit pain?

La réponse est non, bien entendu. Je ne crois pas, de toute façon, que quiconque soit né pour un petit pain, peu importe le milieu ou l’endroit où il est né.

Mais l’identité québécoise a été malmenée au fil des ans. Notre capacité à entreprendre et notre sens des affaires ont été remis en question. Pour différentes raisons, les Canadiens français ont longtemps été considérés comme des citoyens de second ordre qui étaient destinés à une vie modeste.

La richesse, elle est là, elle est accessible et elle n’est pas réservée à ceux qui sont “nés dans la ouatte”. Peu importe qu’on soit nés dans une famille riche de Montréal ou élevés par une mère monoparentale à Shawinigan, qu’on soit allés au Collège Privé ou qu’on ait eu un parcours sans éclat dans le système public, les opportunités sont là pour tous.

Même si on sait que les Québécois ne sont pas nés pour un petit pain, on a tendance à évaluer nos chances de réussite selon le milieu dans lequel on est nés. C’est une mentalité qu’il faut impérativement changer.

Néanmoins, il serait vrai qu’au Québec, on a moins “l’envie” de réussir en affaires. Selon une étude présentée dans le livre “Le code Québec”, 74% des Québécois francophones préfèrent vivre le moment présent plutôt que préparer l’avenir, et 38% préfèrent faire de l’argent contre 62% avoir plus de temps.

Il semblerait qu’on soit un peuple reconnu pour sa “joie de vivre” et qui a fait le choix de consacrer son temps et son énergie à profiter de la vie (YOLO) au détriment de ses finances.

Et je n’ai absolument rien contre ça!

L’important est que notre mode de vie et nos ambitions nous conviennent et nous rendent heureux, après tout. Il faut seulement s’assurer que, si on préfère ne pas passer trop de temps à préparer notre avenir, ce ne soit pas à cause de la croyance limitante qu’on ne peut pas avoir un avenir prospère et que c’est perdu d’avance.  

Le Québec hétérogène

Finalement, il faut aussi reconnaître qu’on ne peut pas mettre tous les Québécois dans le même panier. Le Québec, c’est beaucoup plus que Montréal et Québec, la ville et la campagne, le français et l’anglais, les catholiques et les protestants.

La mentalité à Montréal est différente de celle de Québec, qui diffère des mentalités qu’on retrouve dans les régions. Le Multiculturalisme, la diversité, le bilinguisme sont autant de critères qui vont largement influencer les mentalités de nos communautés. 

 Montréal, la multiculturelle, la plus britannique des villes québécoise, a toujours eu de la difficulté à comprendre Québec, la républicaine, la plus française des villes québécoises.” Le code Québec, p.156
Bref, le Québec est loin d’être homogène, alors dans cette optique il serait ridicule d’affirmer que “les Québécois sont nés pour un petit pain”!

Un portrait incomplet

Dans ce texte, on a parlé de la Conquête britannique, des enjeux de la langue française, de l’influence de l’Église catholique, de l’esprit de clocher et de l’isolement dans les villages. On a abordé différents points qui expliquent en partie pourquoi on s’est retrouvés dans une situation d’économie de subsistance et pourquoi nous avons été, pendant très longtemps, quasiment absents du monde des affaires.

Je ne prétends pas avoir fait le tour de la question, car retracer tous les éléments historiques qui ont formé la mentalité québécoise telle qu’on la connaît aujourd’hui demande de brosser un portrait beaucoup plus large. On n’a pas parlé de l’influence de la crise économique des années 30, ni des deux guerres mondiales, des différentes vagues d’immigrations, de la révolution tranquille, de la place des femmes en affaires…

Bref, nous avons simplement mis de l’avant quelques-unes des tendances sociales les plus susceptibles d’avoir alimenté notre “inconscient” collectif et le mythe que les Québécois sont nés pour un petit pain.

Quelle est votre opinion sur le sujet? Que vous soyez d’accord ou pas avec ce qui est avancé dans ce texte, ça me ferait très plaisir d’en discuter! N’hésite pas à utiliser la section “commentaires” ci-dessous. J’ai également posé la question sur Quora, par curiosité, vous pouvez également aller y consulter les réponses des autres et y ajouter la vôtre! 

Sources:

Les mémoires québécoises, par Jacques Mathieu et Jacques Lacoursière.

Histoire du Mouvement Desjardins Tome 1 Desjardins et la naissance des caisses populaires 1900-1920. Tome 1, par Pierre Poulinre-Mouvement-Desjardin

Patronage et Pouvoir dans le Bas-Canada, 1794-1812: un essai d’économie historique, par Gilles Paquet et Jean-Pierre Wallot.

Rapport sur l’activité entrepreneuriale au Québec, par Étienne St-Jean et Marc Duhamel

Le Code Québec: Les sept différences qui font de nous un peuple unique au monde, par Jean-Marc Léger, Jacques Nantel et Pierre Duhamel.

4 raisons pour lesquelles on ne tient jamais nos résolutions

Chaque année, c’est la même chose. On prend un petit break du travail pendant le temps des fêtes et on revient en janvier gonflé à bloc, prêt à conquérir le monde!

De retour au bureau, c’est la tournée des becs de bonne année; on se souhaite “amour, santé et succès ($$)” et on a la tête remplie de projets. On se fait déjà des plans en quatre étapes faciles pour se surpasser, révolutionner notre industrie et demander une augmentation de salaire au second trimestre. #NewYearNewMe

Pour y parvenir, on prend toutes sortes de résolutions qui, en théorie, devraient nous permettre d’atteindre nos objectifs, mais en pratique ce n’est qu’un nouveau tracé dans un cercle vicieux qu’on connaît malheureusement trop bien.

Regain de motivation / résolution / échec / déprime, et on recommence!

“La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.” – Albert Einstein

Je ne dis pas que ceux qui prennent des résolutions chaque année au Nouvel An sont fous, mais quand on prend des résolutions à répétition sans jamais parvenir à les tenir, il faut se demander s’il ne serait pas temps changer de méthode pour atteindre nos objectifs.

Chaque fois qu’on échoue, on perd un peu confiance en soi, en nos aptitudes et compétences et on finit par se résigner à la médiocrité jusqu’à la prochaine occasion de prendre une nouvelle résolution. Grave erreur!

Il ne faut pas abandonner nos objectifs et nos projets, mais simplement tirer des leçons de nos échecs pour faire mieux la fois suivante. Et la première étape pour ne pas répéter les mêmes erreurs est de comprendre pourquoi on a échoué.

Voilà donc quatre des principales raisons qui font en sorte qu’on ne tient pas nos résolutions.

1-On ne réfléchit pas assez

Le problème avec les résolutions, c’est qu’on les prend souvent sur un coup de tête pendant un surplus de motivation. On ne prend pas le temps de réfléchir à leur pertinence pour atteindre nos objectifs à long terme.

Avant de prendre une résolution, il est important de se poser les questions suivantes:

  • Quel est mon but en prenant cette résolution? Quel est l’objectif qui se cache derrière?
  • Est-ce que c’est réellement le moyen le plus simple et efficace d’atteindre mon but?
  • Quels sont les résultats concrets que cette résolution apportera à ma vie?

Si notre résolution a un impact réel et mesurable sur l’atteinte de nos objectifs à long terme, on est beaucoup plus susceptible de s’y tenir. C’est pourquoi il vaut mieux prendre un moment pour réfléchir et définir les façons dont cette résolution va améliorer notre vie et nous rapprocher de nos buts au quotidien.

2-On n’y croit pas vraiment

Une résolution doit nous demander de faire des efforts supplémentaires pour évoluer et changer notre vie pour le mieux. Toutefois, si on prend une résolution si ambitieuse qu’on ne croit pas réellement pouvoir la tenir, qu’on angoisse à la simple idée de ce qu’elle va nous demander au quotidien, qu’elle est déraisonnable et tient davantage de l’idéalisme, hé bien il y a fort à parier que cette résolution sera vite abandonnée.  

L’idée est de demeurer optimiste et de viser le plus haut possible tout en étant honnête avec soi-même. Il faut trouver l’équilibre entre une résolution qui représente un défi suffisamment motivant sans être irréaliste au point où on ne croit pas réellement qu’on peut l’accomplir.

3-On perd sa motivation

La motivation est l’élément le plus important à entretenir pour ne pas abandonner une résolution. Pour être suffisamment motivante, elle doit être:

  • Un défi enthousiasmant

Une résolution ne doit pas être trop banale ou ennuyeuse. Elle doit te permettre de repousser tes limites et t’inspirer, te procurer satisfaction et fierté.

  • En accord avec tes valeurs

On a davantage de chance de tenir une résolution si elle touche un élément en lien avec nos valeurs profondes, nos croyances et nos désirs les plus chers. Avoir la conviction que le jeu en vaut la chandelle va faire en sorte de garder la petite étincelle bien allumée.

  • Un processus sensé

On voit généralement une résolution comme un simple moyen pour accomplir une fin. Il faut donner un sens au chemin qu’on parcourt et y tirer de la satisfaction, sans quoi les progrès que l’on fait perdront vite leur intérêt. Autrement dit, la motivation ne se trouve pas dans la finalité, mais dans le processus. Il est une fin en soit qui doit impérativement être gratifiant et nous apporter de la valeur.

4-Ce n’est pas vraiment ce que l’on veut

Revenons à la base. Prends un moment pour réfléchir à la question suivante:

Qu’est-ce que tu veux?

C’est la “question à 1 000 piastres”! C’est celle qui fait en sorte qu’on gagne le gros lot ou qu’on perd tout si on ne sait pas y répondre correctement.  

Tous les points précédents sont sans importance si on ne sait pas ce que l’on veut ultimement.

Généralement, nos désirs découlent d’autres désirs qui découlent eux-mêmes d’autres plus grands désirs. Alors, demande-toi “pourquoi” tu veux prendre une résolution, et repose-toi cette question jusqu’à ce que tu trouves la raison principale derrière tes désirs et ambitions.

Par exemple, peut-être que ta résolution serait de lire un livre de développement personnel par mois pour l’année en cours.

Mais pourquoi?

  • Parce que tu as envie d’élargir tes horizons et d’apprendre de nouvelles choses. Mais pourquoi?
  • Parce que tu as envie de développer de nouvelles compétences et d’avoir davantage confiance en toi. Mais pourquoi?
  • Parce que tu as envie de te démarquer au travail et d’atteindre ton plein potentiel. Mais pourquoi?
  • Parce que tu convoites un poste plus haut placé et aimerais bien avoir une promotion. Mais pourquoi?

Bref, tu vois où je veux en venir!

Souvent, on se concentre sur ce qu’on veut à court terme, comme arriver dans nos paiements ou s’acheter une nouvelle voiture, et on perd de vue la raison principale pour laquelle on se lève chaque matin pour travailler.

Il faut puiser dans nos désirs les plus chers et transformer nos résolutions en outil pour les atteindre. Elles sont ce qui va nous donner les moyens de nos ambitions.

En conclusion

Une résolution n’est rien d’autre qu’une nouvelle habitude qu’on décide d’intégrer à notre quotidien à partir d’un moment symbolique, comme le Nouvel An, un anniversaire ou encore le début d’une nouvelle étape dans notre vie.

Malheureusement, on abandonne souvent nos résolutions avant même d’avoir pu en faire une réelle habitude. On se retrouve donc sur la case serpent et on glisse jusqu’à ce qu’on soit de retour à la case départ.  

Plusieurs facteurs peuvent causer cette dégringolade. Pour mettre toutes les chances de notre côté, on doit d’abord choisir une résolution à laquelle on a réfléchi et qui n’a pas été prise sur un coup de tête, car la valeur qu’elle nous apporte doit être véritablement pertinente pour atteindre nos objectifs. Elle doit également être ambitieuse et nous permettre de repousser nos limites, mais être suffisamment réaliste pour qu’on croie réellement pouvoir l’accomplir. Il faut aussi qu’elle soit assez motivante pour que l’intérêt qu’on y porte ne s’effrite pas avec le temps. Finalement, elle doit être alignée avec nos intérêts, nos ambitions, nos croyances et nos priorités. Elle doit être le domino de départ qui va nous permettre d’atteindre notre objectif fondamental.

Alors, si tu décides de prendre une résolution, garde à l’esprit les quatre aspects abordés dans ce texte et je te garantis qu’elle sera beaucoup plus facile à suivre.

Pour aller plus loin

Les résolutions sont des objectifs à long terme constitués d’actions à réaliser à répétition sur le court terme. Les différentes méthodes qui existent pour déterminer les “bons” objectifs sont donc aussi très pertinentes pour nous aider à atteindre nos buts plus efficacement. L’une des mieux connues est la méthode S.M.A.R.T. , je vous invite donc à lire l’article Comment viser dans le mille et doubler sa valeur grâce à la méthode smart pour en savoir plus. 

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Adopter un mode de vie minimaliste

Nous vivons dans une société de consommation où l’accumulation de biens peut devenir problématique. En effet, un environnement encombré mène souvent à un esprit encombré.  Le minimalisme est un mode de vie qui peut nous permettre d’y voir plus clair et nous aider à prendre de meilleures décisions, autant dans notre vie personnelle que professionnelle. Si vous lisez cet article, il y a fort à parier que le sujet du minimalisme vous intéresse. Tant mieux, car c’est ce dont nous allons parler dans les lignes qui suivent. Plus particulièrement, nous verrons comment adopter un mode de vie minimaliste et quels en sont les bénéfices.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m’appelle Julien, je suis passionné par le développement personnel et j’aime remettre en question notre mode de vie. Le minimalisme est un sujet que j’affectionne pour plusieurs raisons. Si vous vous questionnez sur ce surplus matériel autour de vous ou que vous souhaitez tendre vers une vie plus simple et plus sereine, cet article est fait pour vous.

Qu’est-ce que le minimalisme ?

Tout d’abord, avant d’aborder les raisons qui font qu’adopter un mode de vie minimaliste est bénéfique et allège l’esprit, je vais rappeler ce qu’on entend par le terme minimalisme.

La simplicité volontaire

Le minimalisme comme mode de vie est aussi appelé simplicité volontaire. Ce terme signifie tout simplement “vivre mieux avec moins” et cela fait directement allusion à la consommation et ses impacts divers. Si ce sujet est en vogue ces temps-ci, ce mouvement est très ancien. En effet, Épicure, le philosophe grec en faisait déjà les louanges. Il nous invitait à discerner le superflu de l’essentiel. Par ailleurs, en occident, des mouvements monastiques chrétiens, sous l’influence de Saint François d’Assise notamment, prônaient une vie simple. De ce fait, l’autosuffisance y était pratiquée. En orient, on retrouve le minimalisme ou la simplicité volontaire dans le bouddhisme et l’hindouisme et la vie de Gandhi est un exemple de simplicité.

Le mode de vie minimaliste aujourd’hui

Le minimalisme ne date pas d’aujourd’hui, ni d’hier. En revanche, en ce moment nous en entendons beaucoup parler et c’est une tendance qui a le vent en poupe. En effet, hier à peine, lors d’un dîner entre amis, le sujet a été abordé. Mon ami disait se détacher de plus en plus des biens matériels. En fait, le minimalisme aujourd’hui en occident est une réaction normale pour rééquilibrer une société trop portée sur le matériel. En d’autres termes, après avoir connu l’abondance matérielle et ses dérives, les générations actuelles réagissent de manière opposée. Pour ainsi dire, dans une société où la consommation est encouragée en permanence et dont les effets sont néfastes sur bien des points, adopter un mode de vie minimaliste est un acte de rébellion. De ce fait, cette façon de vivre nous invite à repenser notre manière de consommer, et donc également de produire.

Le minimalisme et l’art

Qu’il s’agisse de musique, de peinture ou d’architecture, l’art minimaliste met en jeux des matières et effets simples et épurés. Si l’art aborde le minimalisme, cela n’est pas anodin selon moi. L’art a toujours existé et répond à un besoin de création pour l’homme. De plus, les hommes contemplent et apprécient les œuvres d’art et cela se fait de différentes manières selon l’art en question. En effet, cette appréciation de l’art passe par l’un ou plusieurs de nos 5 sens. Pour faire simple, c’est par le biais de nos sens que nous communiquons avec notre subconscient.

Ainsi, plus vous voyez l’encombrement et plus votre esprit sera encombré. L’art minimaliste apporte souvent un caractère léger, simple et agréable à l’esprit. Ainsi, c’est selon moi un signe pour orienter notre appréciation de ce qui est trop ou pas assez. Adopter un mode de vie minimaliste est un choix et cela demande un dosage et une intelligence certaine pour discerner le vrai du faux, le superficiel de l’essentiel.

Pourquoi adopter un mode de vie minimaliste ?

Je tends moi-même vers un mode de vie minimaliste, ainsi je vais vous partager certaines raisons qui me paraissent pertinentes.

Le minimalisme est un acte de rébellion

Comme les enfants, j’aime me questionner et la question “Pourquoi” est une excellente question pour démarrer une réflexion. Adopter un mode de vie minimaliste, de nos jours, ne se fait pas par hasard. En effet, c’est le fruit d’une réflexion. Pourquoi accumulons-nous des biens matériels ? J’ai réfléchi sur le sujet et j’y ai trouvé des explications. Bien entendu, il peut y en avoir d’autres. Voici selon moi, les 2 principales raisons pour lesquelles nous accumulons des biens de consommation de manière excessive :

  • La peur de manquer

    Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs manquaient de tout et expérimentaient la survie au quotidien. La peur de manquer régnait, car on ne savait pas de quoi demain sera fait. Des milliers d’années après, bien que notre mode de vie ait beaucoup changé, notre ADN a très peu évolué. La génétique ne détermine pas seulement votre physique, mais aussi certains comportements. La peur de manquer peut expliquer le fait de faire des réserves ou de garder des objets que nous n’utilisons pas “au cas où” ils serviraient un jour…

  • Le conditionnement

    La société de consommation souhaite que vous achetiez et que vous consommiez. C’est son moteur. Ainsi, il faut conditionner l’humain et créer en lui des besoins afin de le pousser à acheter. Notre cerveau reçoit des dizaines et des centaines de messages publicitaires chaque jour. En effet, le but d’une publicité et de susciter le besoin chez un individu. De ce fait, des besoins sont créés en nous de manière régulière et nous ne sommes jamais satisfaits. Voilà pourquoi adopter un mode de vie minimaliste s’apparente à un acte de rébellion.

Une fois que j’ai compris comment le cerveau humain fonctionnait d’une part, et comment la société de consommation nous conditionnait d’autre part, le choix d’un mode de vie minimaliste est apparu comme une solution à ce non-sens. Du moins, comme une option à expérimenter.

Le minimaliste permet de simplifier son intérieur

Simplifier son intérieur est à double sens. En effet, je parle aussi bien de son habitat que de son esprit. D’ailleurs, simplifier son habitat permet de simplifier son esprit également. De ce fait, si vous adoptez un mode de vie minimaliste, vous simplifierez votre intérieur, dans les deux sens du terme. Les bénéfices que vous pourrez en tirer sont variés. Tout d’abord, une sensation agréable de légèreté régnera dans votre maison, mais aussi dans votre esprit. Pensez à l’art minimaliste et la décoration minimaliste. Pensez à une maison surchargée ou des affaires y sont accumulées depuis des années. Laquelle de ces visions vous inspire le plus la sérénité ? Adopter un mode de vie minimaliste vous permet ainsi d’y voir plus clair dans votre vie et de prendre de meilleures décisions. Par ailleurs, vous reprenez contrôle sur le temps en ayant une meilleure appréciation de celui-ci.

Le mode de vie minimaliste est économique

Également, un autre avantage que j’ai trouvé au mode de vie minimaliste est qu’il est économique. En effet, bien gérer ses finances est important. Nous travaillons et devons subvenir à nos besoins et à ceux de nos proches. De ce fait, l’argent joue un rôle important dans nos vies. Lorsque vous dépensez de l’argent inutilement, ce sont des heures de travail que vous dépensez. Ainsi, une fois que ces dépenses ne vous rendent plus heureux, dépenser inutilement dans des biens de consommation revient à dépenser son temps. Plutôt que d’accumuler des biens, n’est-il pas mieux d’accumuler les expériences et les bons moments ? Personnellement, en consommant moins ma qualité de vie n’a pas diminué. Au contraire, j’ai plus d’argent et je peux le dépenser dans des choses qui m’importent réellement.

Le mode de vie minimaliste est écologique

Si, comme moi, vous êtes un minimum soucieux de l’environnement, le mode de vie minimaliste devrait vous plaire. En effet, dans un mode de vie où la consommation est sans limites, cela signifie qu’il faut également produire à outrance. Les déchets et la consommation énergétique qui en découlent ont de graves conséquences sur l’environnement. Adopter un mode de vie minimaliste permet de sortir de cette logique linéaire où productivisme et consumérisme se côtoient. De ce fait, le minimalisme tend davantage vers l’économie collaborative, le partage, ou encore l’autosuffisance.

Le mode de vie minimaliste vous rend plus libre

À force de posséder des biens matériels, ceux-ci finissent par nous posséder. Pour certaines personnes, le simple fait de déménager leur paraît impossible tant cela représente un travail énorme d’un point de vue matériel. En fait, moins vous avez, plus vous êtes libre. En revanche, plus vous possédez, plus vous avez l’impression d’être en sécurité. Vous savez, cette opposition liberté et sécurité? Dans notre cas, la sécurité n’est souvent qu’une impression. En d’autres termes, une fois que vous avez l’essentiel pour vivre, votre sécurité est assurée. Ce sont nos vieux réflexes (cf. peur de manquer) qui nous trompent dans notre réflexion.
Par ailleurs, lorsque je voyage, je prends le strict minimum. J’aime prendre l’avion avec un simple sac à dos et pas de bagage en soute. Ainsi, je peux vous assurer que je me sens libre et que je ne manque de rien pour autant. Adopter un mode de vie minimaliste accroît cette sensation de liberté.

Comment vivre plus simplement?

Si vous souhaitez adopter un mode de vie minimaliste, voici quelques recommandations que je peux vous donner. Je me base sur mon expérience et les différents contenus que j’ai pu consommer sur le sujet. Ainsi, voici quelques pistes génériques à explorer pour simplifier votre mode de vie:

  1. Réfléchissez à vos besoins réels
  2. Réfléchissez aux besoins créés artificiellement par un quelconque conditionnement
  3. Faites le tri chez vous
  4. Favorisez la location ou l’emprunt plutôt que l’achat
  5. Essayez de faire sans (peu de choses sont réellement indispensables)
  6. Privilégiez la qualité à la quantité (l’usage comme la satisfaction durent plus longtemps)
  7. Quand un objet entre chez vous, faites en sortir un autre
  8. Privilégiez les expériences aux biens matériels
  9. Réduisez vos dépenses matérielles inutiles (je n’achète plus de vêtements)
  10. Refaites le tri chez vous 🙂

Pour aller plus loin, vous pouvez également adopter la même démarche :

  • Dans vos outils numériques et espaces de stockage (ordinateurs, smartphones, cloud, boîte mails…)
  • Au sein de vos relations et de vos fréquentations (mieux la qualité que la quantité, là encore)
  • Dans vos tâches (focalisez-vous sur l’essentiel pour être plus productif

Ces pistes vous aideront à tendre vers un mode de vie minimaliste et à simplifier votre vie. Chacun doit trouver l’équilibre qui lui correspond et c’est un travail sur soi qu’il convient de faire.

Pour finir

Ainsi, le minimalisme s’immisce peu à peu dans nos modes de vie. Vous avez dorénavant quelques éléments pour avancer dans votre démarche personnelle. De ce fait, adopter un mode de vie plus simple vous permettra de mieux discerner ce qui est important et ce qui ne l’est pas. De même, vous gagnerez en liberté et en légèreté en orientant vos pensées et votre énergie vers l’essentiel. Gérer ses priorités et son temps dans la vie est important, le minimalisme peut y contribuer.

En espérant que cet article vous a plu, je vous dis à bientôt.

 

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6 façons de cultiver sa confiance en soi pour atteindre son plein potentiel

On connait tous une personne qui semble avoir pleinement confiance en elle, qui saute à pieds joints dans les nouveaux défis avec la conviction qu’elle a la capacité de les relever avec succès. On a l’impression qu’elle entre toujours dans une pièce au ralenti, en arborant la posture d’un titan invincible prêt à dominer le monde et son assurance magnétique suffit à rallier les troupes derrière elle.

Si tu es cette personne, tant mieux, je t’envie un peu! Mais en réalité, très peu de gens ont pleinement confiance en eux en toutes circonstances. Même ceux qui semblent tout à fait confiants sont parfois hantés par la peur de ne pas être à la hauteur.

La confiance en soi, même une fois acquise, n’est pas inébranlable.

Tant de facteurs peuvent l’éroder: des commentaires négatifs sur notre travail, des refus ou échecs, des plaintes de clients insatisfaits, une proposition rejetée… Une simple petite fausse note suffit à grandement affaiblir notre assurance.

Il va sans dire qu’un manque de confiance en soi est gravement dommageable à la productivité et l’avancement professionnel.

Dès le moment où l’on commence à douter de soi-même, on risque d’être entraîné vers une spirale de remises en question qui nous paralyse et nous emprisonne dans l’inaction.

Cela nous empêche de prendre des initiatives, de faire valoir nos idées et nous pousse à tuer nos projets dans l’oeuf de peur de ne pas être à la hauteur pour les réaliser. Ce faisant, on ne peut jamais atteindre notre plein potentiel et on passe inévitablement à côté de nos meilleures performances.

Entretenir sa confiance en soi

Puisque la confiance en soi n’est jamais inébranlable, l’acquérir n’est pas suffisant; il faut également l’entretenir.

Voilà donc six façons de la développer, soit ajuster sa façon de voir le succès et l’échec, demeurer bien informé et au fait de l’actualité dans son domaine, tenir un journal de succès, apprendre à ignorer certaines opinions, adopter de nouveaux comportements et morceler nos tâches pour les rendre moins intimidantes.

1-Voir les deux côtés de la médaille

Le manque de confiance en soi est souvent une conséquence de notre peur de l’échec. Risquer d’échouer et de perdre la face, de décevoir ou d’être jugé est souvent suffisant pour nous faire remettre en question nos compétences et justifier notre inaction.

Alors, la première chose qu’on peut faire pour gagner davantage de confiance est de s’attaquer à la source du problème en affrontant nos peurs et en changeant notre façon de voir.

Un échec est généralement vu comme quelque chose d’exclusivement négatif, mais il faut réaliser qu’il y a un envers à chaque médaille. Ce n’est pas seulement la “fin” de quelque chose, mais aussi le début d’une autre. Chaque échec nous apporte des connaissances et des informations précieuses qu’on doit intégrer à nos projets futurs pour atteindre plus facilement le succès.

Savoir ce qui ne fonctionne pas est tout aussi important que savoir ce qui fonctionne.

2-Faire ses devoirs

L’un des pires ennemis de la confiance en soi est l’ignorance. Se faire prendre au dépourvu parce qu’on connait mal les bases ou l’actualité de son domaine, parce qu’on ne sait pas trop “de quoi on parle”, peut rapidement devenir humiliant et nous faire douter de la pertinence de nos acquis.

Le marché et la société évoluent rapidement et nos connaissances deviennent vite désuètes. C’est donc primordial de ne jamais cesser d’apprendre et d’être à jour dans notre savoir et nos compétences.

Vois ton cheminement au travail comme un combat. Quand on est préparé, bien entraîné et qu’on a les bonnes armes, on entre au combat confiant. Autrement dit, n’emporte pas un couteau dans une bataille à l’arme à feu!

Quand on connait son domaine comme le fond de sa poche, on se sent prêt à toute éventualité et on a plus de facilité à visualiser le chemin qui mène au succès. Les projets de grande ampleur ne sont plus aussi intimidants et on a davantage confiance en soi.

Dans cette optique, l’une des meilleures habitudes à développer est de fréquemment faire du renforcement.

Que ce soit chaque jour ou chaque semaine, on peut par exemple: prendre l’habitude d’écouter des épisodes de podcast, lire un livre ou écouter un audiobook, visionner une vidéo ou un tutoriel sur YouTube, assister à des webinaires et des conférences, suivre un cours en ligne, échanger sur des forums de discussions et d’autres communautés en ligne, etc.

3-Conserver un journal de succès

En général, on a tendance à accorder inconsciemment une plus grande importance à ce qu’on vit de négatif plutôt qu’au positif. On se laisse affecter davantage par nos échecs que nos succès, ce qui influence notre confiance en soi de façon disproportionnée.

Dans les moments de doute et de remise en question, quand tout ne se passe pas comme prévu, il est important de ne pas perdre confiance en nos capacités et de se remémorer nos accomplissements passés.

Pour ce faire, je te propose de conserver un journal de réussites. Il peut être un simple carnet de notes en papier ou un fichier que tu conserves à portée de main sur l’ordinateur. Chaque fois que tu accomplis quelque chose qui te rend fier, que tu as un commentaire positif sur ton travail ou que tu réussis à te démarquer, consigne ce succès dans ton journal.

Dans les moments où tu doutes de toi-même, n’attends pas que ton entourage vienne te rassurer pour reprendre confiance et te convaincre que tu n’es pas un imposteur. Jette plutôt un coup d’oeil à ton journal et garde en tête que, comme tout le monde, tu as des faiblesses à travailler, mais que cela n’enlève absolument rien à tes forces.

Voir aussi: Peur d’être démasqué? Voilà comment vaincre le syndrome de l’imposteur

Tenir un journal de succès peut également être un avantage dans d’autres circonstances, par exemple au moment de négocier une augmentation de salaire ou de nouvelles responsabilités. Consigner tes bons coups et la valeur qu’ils ont générée est une façon efficace d’avoir des arguments concrets à mettre de l’avant pour se faire valoir.

4-Prendre les opinions avec un grain de sel

Les humains sont de drôles de créatures contradictoires qui adorent la nouveauté, mais détestent le changement. Même si, à terme, on finit par apprécier les bénéfices d’une nouvelle solution, on est prêt à tout pour protéger nos vieilles habitudes familières et confortables.

Il ne faut donc pas s’étonner de devoir faire face à de l’opposition chaque fois qu’on propose une idée novatrice.

Si tu as un éclair de génie et un plan que tu partages avec ton entourage, il faut t’attendre immanquablement à ce que quelqu’un essaie de “péter ta bulle”. C’est tout à fait normal et il ne faut pas laisser les gens rébarbatifs au changement freiner tes ambitions et te remettre en question.

Sois honnête avec toi-même. Est-ce que ton idée a réellement le potentiel d’apporter de la valeur et des bénéfices?

Fais tes recherches, valide ton hypothèse, trouve la façon la plus simple et rentable d’atteindre ton objectif et si tu crois vraiment que ton idée en vaut la peine, fais ce qu’il faut pour le démontrer.

Qu’il s’agisse d’implanter une nouvelle procédure au travail ou de proposer un projet intrapreneurial, personne n’est mieux placé que toi pour faire valoir tes idées. Essaie de t’entourer de gens ambitieux et optimistes qui veulent t’aider à développer ton potentiel et ignore ceux qui ont des arguments aussi faibles que “ce n’est juste pas une bonne idée”.

Malheureusement, cela inclut aussi la famille et les amis. Même si on les aime beaucoup, il faut apprendre à séparer sentiments et ambitions professionnelles et ne pas accorder une importance démesurée à leur opinion.

Bref, ne laisse pas les avis négatifs influencer ta confiance en toi, en tes compétences et en tes idées. C’est aussi valide pour toi-même et tes propres pensées. Si tu as tendance à te dire “je ne suis pas assez “ceci” pour atteindre mon objectif ” ou “je suis trop “cela” pour réussir”, sache que ces pensées négatives ont le pouvoir de convaincre ton subconscient que c’est réellement le cas, même s’il n’en est rien. C’est ce qui donne lieu aux croyances limitantes et tu veux les éviter à tout prix!

Voir aussi: 5 étapes pour se libérer de ses croyances limitantes

5-Manipule ton subconscient

Notre confiance en soi (ce qu’on a la conviction d’avoir la capacité de faire) est grandement influencée par notre estime de soi (l’opinion favorable qu’on a de soi-même, les qualités et aptitudes qu’on croit posséder).

Donc, ce qu’on croit être va dicter la façon dont on agit.

Mais une étude suédoise a démontré que l’inverse est également vrai: notre subconscient analyse nos comportements et en tire ses conclusions pour déterminer ce que l’on est. Notre perception de nous-mêmes est ainsi grandement influencée par notre comportement.

En d’autres mots, si on agit d’une certaine façon à répétition, par exemple si on agit comme une personne pleine d’assurance, notre subconscient va finir par croire que c’est parce qu’on est une personne qui a confiance en elle. Dans certains cas, l’expression “fake it until you make it” (fais semblant jusqu’à ce que tu y parviennes vraiment) est donc un très bon conseil!

Toutefois, une habitude prend un certain temps avant d’être intégrée à notre rythme de vie. Il ne faut donc pas essayer de tout changer d’un seul coup. Le mieux serait de choisir une habitude qui peut avoir un impact positif sur l’image qu’on a de soi-même et de nos compétences et de l’intégrer à son quotidien. Des trucs simples comme adopter une bonne posture, ne pas fuir les contacts visuels, parler lentement et clairement sont autant de façons de démontrer à notre subconscient qu’on a confiance en soi.

6-Morcelle les objectifs intimidants

Si je te demandais de construire une maison de tes propres mains, probablement que tu n’aurais pas la confiance en toi nécessaire pour me répondre sans hésitation “bien sûr, pas de problème!”.

Mais si je te demandais de mesurer la longueur d’une poutre, ou bien de couper une planche de bois, ou encore de clouer un 2X4, tu serais sûrement beaucoup moins intimidé et aurais davantage confiance que tu peux parvenir à accomplir ces tâches.

Tout ça pour dire que quand on se retrouve devant une tâche monumentale, c’est très normal de manquer de confiance en soi et d’être découragé.

Pour cheminer avec plus d’assurance, on peut fragmenter nos tâches en plus petits morceaux, ce qui nous permet de mieux planifier le travail à faire pour les réaliser et ne pas se sentir submergé.

Demande-toi toujours quelles sont les trois tâches les plus pertinentes et importantes que tu peux réaliser dès maintenant pour te rapprocher de ton objectif final, et concentre-toi sur celles-ci.

En résumé

Un bon niveau de confiance en soi est indispensable pour atteindre son plein potentiel et oser s’embarquer dans des projets ambitieux qui nous mettent au défi.

Malgré tout, même une fois acquise, notre confiance peut toujours être mise à l’épreuve. Il ne faut pas la considérer comme un trait de caractère immuable, mais comme une aptitude qu’on peut apprendre et perfectionner. Il faut donc prendre soin de la développer et de l’entretenir au quotidien.

Pour ce faire, il faut d’abord changer sa façon de voir l’une des principales causes du manque de confiance en soi: la peur de l’échec. Pour désamorcer cette peur, on doit cesser de considérer l’échec comme une finalité négative et le voir plutôt comme une transition qui a également le potentiel d’être utile.

Ensuite, l’une des façons les plus efficaces de cultiver la confiance en soi est de s’assurer d’avoir les connaissances nécessaires pour être à l’aise dans son travail et limiter les risques d’être pris au dépourvu. Pour cela, il faut faire ses devoirs et continuer d’apprendre et se perfectionner continuellement.

Puis, on peut également tenir un journal de succès où on consigne nos fiertés et chacun de nos bons coups. De cette façon, on peut s’y référer dans les jours où on se met à douter de soi-même et où on a besoin de se faire rassurer.

On doit également apprendre à ne pas accorder trop d’importance à l’opinion et aux commentaires négatifs de notre entourage. L’innovation, les nouvelles idées qui nécessitent de briser un moule bien établi font souvent face à une forte opposition. Il faut réaliser que ce n’est pas une raison suffisante pour perdre confiance et se fier plutôt aux faits pour valider nos idées.

On peut également manipuler notre subconscient et lui faire croire qu’on est une personne qui a confiance en elle en développant l’habitude d’agir en conséquence. Puisque nos comportements sont fortement influencés par notre perception de nous-mêmes, et que notre perception de nous-mêmes est influencée par nos comportements, il s’agit d’une boucle psychologique dont on peut tirer avantage.

Finalement, afin de ne pas perdre confiance face à l’ampleur d’une tâche, on peut morceler nos objectifs en plusieurs petites tâches moins intimidantes. Cela nous permet de ne pas nous sentir submergés et nous donne un meilleur contrôle sur notre avancement.

Pour terminer, j’ajouterais également que personne n’a ton vécu, ta personnalité et ton expérience. Ton cheminement et tes prédispositions font de toi une personne complètement unique. Jamais il n’y a eu une personne identique à toi dans l’histoire de l’humanité, et il n’y aura jamais personne exactement comme toi dans le futur.  

Alors, ne laisse jamais ta confiance en toi être influencée par une comparaison avec quelqu’un d’autre. Si tu tiens absolument à te comparer, compare-toi à la personne que tu étais hier!  

Tu détestes ton travail? Voilà comment prendre ta carrière en main

6:29 a.m.: Tu dors à poings fermés, paisible, sans te soucier de tes obligations et des problèmes du quotidien.

6:30 a.m.: L’alarme de ton réveille-matin retentit soudainement. Tu te réveilles juste assez pour appuyer sur snooze et te rendors aussitôt.

6:35 a.m.: Ton alarme sonne de nouveau. Comme un zombie sur le pilote automatique, tu appuies de nouveau sur snooze.

6:55 a.m.: Ton alarme se fait entendre pour la sixième fois. Ton cerveau commence à se réveiller et prendre conscience de ce qui se passe. “Pourquoi est-ce que mon cadran sonne? On est quel jour aujourd’hui?”

Et puis, la triste réalité te frappe en plein visage: c’est déjà lundi. Tu lâches un soupir si intense qu’il suffirait à rendre un clown dépressif. Comme chaque lundi matin, tu te dis avec amertume “deux jours, c’est beaucoup trop court comme weekend…”

Tu te prépares pour aller travailler avec ton “air de boeuf” traditionnel du lundi matin. “Maudite vie plate!” Tu sors de ta voiture avec la moitié de ta toast entre les lèvres, ton cartable dans une main et ton thermos de café dans l’autre. Tu te précipites vers la porte d’entrée pour ne pas arriver en retard (tu es toujours à la dernière minute, surtout le lundi) et puis tu figes en cours de route, devant la porte en regardant le nom de l’entreprise qui s’y trouve. Tu réalises soudainement quelque chose de crucial:

Ce n’est pas ta vie que tu n’aimes pas. C’est ta job.

Ce genre de révélation est à ne pas prendre à la légère. On passe une très grande partie de notre vie au travail et se fier seulement sur nos weekends pour apprécier la vie serait comme se fier sur les cornichons dans un McDouble pour satisfaire notre appétit, ce n’est simplement pas suffisant!

Malheureusement, c’est quelque chose de très commun. On passe tous au moins une fois par là dans notre vie (sauf peut-être une infime minorité de gens qui ont trippé sur leur job étudiante et décroché l’emploi de leurs rêves après leurs études).

Selon un sondage réalisé par Hays Canada, 47 % des Canadiens ne sont pas heureux dans leur emploi, ce qui est énorme.

Personnellement, la première fois que j’ai réalisé que je détestais mon travail, j’avais 17 ans. J’ai eu cette révélation quand, un matin en rentrant au travail, j’ai dû retenir mes larmes en apercevant le gros “M” jaune de l’entreprise pour laquelle je travaillais. Deux semaines plus tard, je remettais ma démission. À l’époque, c’était un choix facile. Après tout, ce n’était qu’une job étudiante qui frôlait le salaire minimum et ce n’était vraiment pas une entreprise dans laquelle je me voyais passer ma vie.

Par contre, quand on n’est pas heureux à faire son métier ou dans un emploi bien rémunéré avec de bonnes conditions de travail, c’est une autre paire de manches! On ne peut pas tout quitter du jour au lendemain. On a des obligations financières et, souvent, on n’a aucune idée de ce qu’on pourrait bien faire d’autre dans la vie. Ou bien si on en a une petite idée, peut-être qu’on n’a pas l’expérience ou les compétences requises pour changer d’emploi.

Quelles que soient les raisons de notre mal-être au travail, il faut tout tenter pour améliorer la situation. Si on ne fait rien, c’est non seulement notre santé mentale qui est à risque, mais aussi notre avenir professionnel. Un employé malheureux n’est pas un employé productif, ce qui le rend plus à risque de stagner dans son avancement, ou pire encore, d’être licencié et de se retrouver avec la réputation d’être un employé peu motivé qui traîne de la patte.  

Que faire?

D’abord, il faut identifier le “pourquoi”, les raisons exactes pour lesquelles tu es malheureux au travail. Ensuite, il faut déterminer quel serait ton emploi de rêve et identifier les changements que tu pourrais apporter à ton travail pour qu’il s’en rapproche. Tu peux même négocier certains de ces changements avec ton patron. Finalement, tu peux perfectionner ou acquérir les compétences nécessaires pour te rapprocher un peu plus chaque jour de l’emploi qui te rendrait véritablement heureux.

Alors, avant de rédiger ta lettre de démission, lis ce qui suit pour ramener un peu de bonheur au travail!

Quel est le problème exactement?

Avant toute chose, il faut déterminer quelles sont les causes de ton malheur au travail.

Est-ce que:

  • tu es dans un domaine qui te déplaît?
  • la culture d’entreprise te rend malheureux?
  • tu as un mauvais patron?
  • tes tâches entrent en conflit avec tes valeurs?
  • l’équipe et l’ambiance de travail sont désagréables?
  • le travail sous pression ou les attentes irréalistes de la direction te rendent anxieux?
  • tes tâches te déplaisent, te dégoûtent ou te frustrent?
  • ton travail nuit à ta condition physique ou ta santé?
  • tes tâches sont routinières, monotones et t’ennuient?
  • ton environnement de travail est démoralisant?
  • tu as l’impression de ne pas être apprécié à ta juste valeur?
  • tu a l’impression que tes compétences ne sont pas assez sollicitées et mises à contribution?
  • tu aimerais avoir un meilleur salaire ou de meilleurs avantages sociaux?
  • tu te trouve dans un environnement de travail hostile où tu es victime de harcèlement?

Cette liste n’est pas exhaustive et pourrait continuer ainsi très longtemps, mais les points qu’elle soulève résument les principales causes qui peuvent causer ton malheur au travail.

Les solutions

Une fois que tu as identifié tous les points qui causent ton malheur, c’est le moment de penser aux différentes façons dont tu pourrais prendre la situation en main pour améliorer ton sort.

Quel serait l’emploi de tes rêves?

Prends un moment pour réfléchir à l’emploi de tes rêves. Qu’est-ce qui est primordial pour toi? Est-ce que ce serait un emploi qui te permettrait d’avoir un horaire flexible? Ou bien qui te permettrait d’utiliser pleinement certaines de tes compétences? Ou encore, d’avoir une plus grande latitude sur la façon dont tu exécutes tes tâches et organises ton emploi du temps?

Dresse la liste de tous les critères qui définissent l’emploi de tes rêves.

Ensuite, détermine ceux qui sont absolument nécessaires à ton bonheur et sur lesquels il est hors de question de faire des compromis.

À partir de là, tu as deux choix: 1-élaborer un plan pour que ton emploi actuel se rapproche le plus possible de l’emploi de tes rêves, ou si ce n’est pas possible 2-élaborer un plan pour que ton emploi actuel t’aide à décrocher l’emploi de tes rêves.

Apporter des changements

La première chose que tu peux faire pour apprécier davantage ton travail est de tenter d’y apporter quelques changements. Certaines améliorations peuvent se faire sans nécessairement demander d’autorisation à un supérieur, par exemple organiser un 5 à 7 informel pour apprendre à mieux connaître tes collègues et stimuler l’esprit d’équipe, ou encore apporter une paire d’écouteurs pour écouter de la musique en travaillant et briser la monotonie des tâches routinières.

Lire aussi: Comment se doper à la musique pour améliorer ses performances

Toutefois, d’autres changements, particulièrement ceux qui concernent la nature des tâches liées à ton travail, ton horaire ou ton salaire, doivent être négociés avec ton patron.  

Négocier certains changements

D’abord et avant tout, assure-toi d’être bien préparé. On n’entame pas une négociation sur un coup de tête dans les corridors du bureau pendant la pause; la négociation est un art dont l’exécution doit être savamment planifiée. C’est comme une partie d’échecs à laquelle on peut ajouter des pions à l’avance.

Avant de te lancer dans la partie, détermine exactement ce que tu aimerais obtenir de ces négociations et des compromis que tu es prêt à faire. Essaie le plus possible de trouver une façon de présenter ces demandes en mettant de l’avant les avantages pour l’employeur et l’entreprise.

Par exemple, si tu veux négocier la possibilité de faire du télétravail une ou deux journées par semaine, propose de consacrer ce temps à une tâche spécifique qui nécessite généralement le nombre d’heures hebdomadaires que tu voudrais effectuer en télétravail. De cette façon, l’employeur aura une façon plus concrète d’évaluer la quantité de travail effectué à la maison plutôt que de se fier à ta bonne volonté de travailler un nombre d’heures précis sans supervision, ce qui peut faire pencher la balance en ta faveur. Insiste sur l’aspect distrayant du bureau, des interruptions des collègues, du téléphone, du bruit, et argumente que le télétravail te permettrait de te concentrer pleinement sur cette tâche et d’être plus productif. Le télétravail permet également de réduire la facture d’électricité et de consommation internet. Cet argument n’a pas beaucoup de poids dans une grande entreprise, mais peut être très pertinent auprès d’un petit organisme.

Voilà quelques exemples d’éléments que tu pourrais négocier pour apprécier davantage ton travail:

  • revoir ta définition de tâches
  • négocier le temps accordé à certaines tâches
  • demander différentes tâches/responsabilités
  • négocier un horaire flexible ou la possibilité d’accumuler des heures en banque
  • négocier ton salaire, des congés maladie ou certains avantages sociaux

Voir aussi: 17 types de mauvais patrons qui gâchent ta job

Aussi, je te conseille fortement de te procurer et de lire le livre Double ta valeur, accomplis plus travaille moins, qui explique plus en détail l’art de la négociation avec son employeur et propose des trucs pour réussir à obtenir un meilleur salaire.  

Deviens intrapreneur

In-tra-pre-neur. n.

Une personne au sein d’une grande corporation qui assume la responsabilité de transformer une idée en produit fini et profitable à travers la prise de risque assertif et l’innovation. (Définition du Heritage Dictionary)

Même si, dans sa définition officielle, le terme intrapreneuriat concerne plus spécifiquement les grandes entreprises, ce modèle peut s’appliquer à n’importe quel type d’entreprise.

Un projet d’intrapreneuriat peut être une façon particulièrement intéressante d’apprécier davantage ton travail, et même de te propulser rapidement vers un nouvel emploi qui serait plus intéressant.  

Par exemple, si tu travailles pour une entreprise qui vend des produits physiques ou numériques, mais qui n’a pas de présence sur internet, ouvrir une boutique en ligne accompagnée d’un blogue pourrait être un projet intrapreneurial très prometteur.

Voir aussi: Intrapreneur: serait-ce le meilleur des deux mondes?

Développer tes compétences pour changer d’emploi

Peut-être que c’est tout simplement impossible que tu sois véritablement heureux dans l’emploi que tu as présentement. Dans ce cas, la seule solution est de changer d’emploi. Mais attention!

Ne rédige pas ta lettre de démission tout de suite, car si tu précipites les choses tu risques de te retrouver avec un nouvel emploi dans lequel tu ne seras pas plus heureux.

On a déjà établi quels sont les critères qui définissent l’emploi de tes rêves. Maintenant, dresse une liste des compétences nécessaires et des atouts qui seraient utiles pour parvenir à décrocher un tel emploi.

Ensuite, prends conscience des compétences que tu possèdes déjà et de celles que tu vas devoir acquérir. Si, par exemple, tu dois développer tes connaissances en marketing web, tu pourrais suivre une formation en ligne sur la publicité Facebook. Ou encore, si tu dois apprendre à mieux maîtriser la suite Adobe, tu peux visionner des tutoriels sur YouTube pour t’aider à te pratiquer.

Bien sûr, certains métiers nécessitent d’obtenir un diplôme, alors il se peut que tu doives retourner aux études pour atteindre l’emploi de tes rêves. Mais devine quoi: il n’est jamais trop tard pour ça, ou pour apprendre de nouvelles compétences.  

Pourquoi pas un blogue?

Dans la plupart des domaines, démarrer un blogue peut être une idée profitable, tant financièrement qu’au niveau de ta crédibilité quand vient le temps de passer en entrevue pour un nouveau poste.

Par exemple, si ton rêve est de devenir chroniqueur pour un journal ou rédacteur pour un magazine, un blogue sur un sujet pertinent peut en dire beaucoup plus long sur tes compétences et ton professionnalisme que ce qu’un simple C.V. peut révéler.

Ou encore, si ton rêve est de décrocher un poste de designer graphique dans une grande firme, ouvrir un blogue sur le design serait une très bonne idée. Il peut inclure, par exemple, des articles explicatifs sur des sujets comme la composition d’une image, l’harmonisation des couleurs, le matériel recommandé ou même des tutoriels montrant les bases de certains logiciels et des techniques de design.

Bref, un blogue démontre ton expertise dans ton domaine, tes compétences en informatique, ton sens de l’initiative et ta passion. Il peut être un outil concret qui va te démarquer des autres candidats sur le chemin vers l’emploi de tes rêves.

Pour savoir comment monétiser un blogue, je te suggère de lire le livre: Confessions d’un blogueur: la vérité sur les “experts” et comment en devenir un.

Et il n’y a pas que les blogues! Démarrer un podcast ou une chaîne YouTube, selon la pertinence dans ton domaine, peut aussi être une bonne façon d’acquérir de l’expérience et de la crédibilité.  

Pour garder le moral

Que tu veuilles garder ton emploi et tenter de négocier certains changements ou bien que tu préfères littéralement changer d’emploi, tu peux aussi utiliser certains trucs pour être plus heureux au travail en cours de route. Au fil du temps, ils peuvent faire une grande différence.

Personnalise ton espace de travail

Si ton environnement de travail est visuellement démoralisant, pourquoi ne pas essayer de le personnaliser un peu en le décorant selon ton goût si c’est possible? Un cadre à photo par-ci, une jolie lampe de bureau par-là, et te voilà dans un espace de travail réconfortant qui correspond à tes goûts.

Voir aussi: 8 trucs simples pour être plus productif

Concentre-toi sur le positif

Même si tu n’aimes pas ton travail, il y a probablement certains aspects que tu apprécies. Que ce soit l’heure du dîner avec les collègues à la cafétéria, le 15 minutes de lecture dans un fauteuil moelleux pendant la pause ou tout simplement le sourire d’un client satisfait. Utilise ces éléments comme un phare qui te guide et te motive au quotidien.

Récompense-toi

Pour passer plus facilement au travers d’une dure journée ou semaine de travail, n’hésite pas à te promettre une récompense. Que ce soit planifier ton activité favorite ou un souper au restaurant, prends le temps de te gâter et de te féliciter pour tes efforts. De cette façon, tu pourras concentrer ton attention sur un élément positif lorsque as envie de tout envoyer valser quand tu es au travail.  

Confie-toi

Ne pas aimer son travail peut mener à une bonne accumulation de frustrations. Pour éviter d’exploser, n’hésite pas à te confier à un proche et à discuter de ce qui te déplaît de ton emploi et de ce à quoi tu aspires. Tenir un journal quotidien peut aussi être une bonne façon d’évacuer ses frustrations.

Finalement

Si tu n’es pas heureux au travail, tu as deux choix: soit tu négocies certains changements à ton emploi, soit tu mets tout en oeuvre pour occuper le genre de poste qui te rendrait réellement heureux.

Tu dois d’abord déterminer quelles sont les causes exactes de ton malheur au travail, pour ensuite identifier quels critères correspondent à ton emploi idéal.

À partir de là, tu peux tenter de négocier avec ton patron afin d’éliminer ou de réduire les éléments qui te rendent misérable au travail. Il ne faut pas prendre cette négociation à la légère et être bien préparé avant d’aborder le sujet. Proposer un projet d’intrapreneuriat peut également être une très bonne façon de se sentir plus impliqué au travail et de développer des compétences qui te permettront possiblement d’occuper un poste plus intéressant par la suite.

Si tu ne vois pas de quelle façon ton emploi actuel pourrait véritablement te rendre heureux, alors détermine quelles compétences tu pourrais acquérir pour t’aider à décrocher l’emploi de tes rêves. Certains métiers nécessitent un diplôme, donc un retour aux études, mais une grande quantité de compétences peuvent être acquises à l’aide de formations en ligne, de lectures, d’écoute de podcasts ou de visionnements de tutoriels.

Ensuite, pour établir ta crédibilité et détenir un avantage sur les autres candidats pour les postes que tu convoites, tu pourrais démarrer ton propre blogue, podcast ou chaine YouTube (selon ce qui est le plus pertinent dans ton domaine).

Finalement, pour être plus heureux au travail entre temps, tu peux aussi personnaliser ton espace de travail, trouver et te concentrer sur les aspects positifs de ton emploi, prendre soin de te récompenser après de longues journées ou semaines et te confier à un proche ou dans un journal quotidien pour libérer tes frustrations.

Alors, ne gâche pas ton potentiel à stagner dans un emploi qui ne te rend pas heureux!

Comment ne plus être en retard

Quatre habitudes à prendre pour ne plus être en retard

Est-ce que tu as le syndrome du lapin blanc, toujours “en retard, en retard” à courir à gauche et à droite en regardant l’heure nerveusement?

“En r’tard! En r’tard! J’ai rendez-vous quequ’part! Je n’ai pas l’temps de dire au revoir, je suis en r’tard, en r’tard!”

Si tu es un retardataire chronique, tu n’es pas sans savoir que les inconvénients sont nombreux! Non seulement ton entourage risque de percevoir ton retard comme un manque de respect, mais quand cette mauvaise habitude s’invite au travail, c’est littéralement ta carrière qui est en jeu.

Heureusement, même si c’est un comportement profondément ancré en nous, on peut arriver à le changer en appliquant certains trucs.

D’abord, il faut savoir qu’on n’est pas tous en retard ou à la dernière minute pour les mêmes raisons. Certains sont des procrastinateurs délibérés qui choisissent de tout faire à la dernière minute parce qu’ils aiment le boost d’adrénaline que ça procure. D’autres ont tout bonnement “les yeux plus gros que le ventre” et se planifient trop de choses à faire dans un laps de temps trop court. Ou encore, certains ont simplement un déficit d’attention, sont facilement déconcentrés et perdent la notion du temps.  

Dans tous les cas, des trucs et des habitudes simples à mettre en place peuvent aider à éviter les retards. On peut, entre autres, organiser nos tâches de façon à commencer par le pire et garder le meilleur pour la fin,  apprendre à mieux gérer son temps, voir plus petit pour voir plus grand et apprendre à prioriser et travailler plus efficacement en facilitant l’état de flow.  

Commencer par le pire

L’une des raisons qui font souvent en sorte qu’on est en retard est la procrastination des tâches qui nous intimident ou nous déplaisent. On a tendance à toujours les repousser à plus tard, ce qui fait en sorte qu’on se retrouve à devoir les accomplir à la dernière minute et qu’on risque ultimement de manquer de temps.

Voir aussi: Comment vaincre la procrastination selon son profil type

La solution? Renverser la vapeur. Commencer chaque journée avec les tâches les plus difficiles et déplaisantes nous permet de les accomplir plus efficacement et plus rapidement, car on profite du moment de la journée où nos niveaux d’énergie et de volonté sont à leurs plus hauts. Du coup, le reste de la journée paraît beaucoup plus agréable et le sentiment de fierté qu’on éprouve est très motivant!

Éliminer les distractions

C’est très difficile d’éviter les distractions, mais c’est primordial si on veut minimiser les risques d’être en retard. Souvent, on succombe à une distraction sans même s’en apercevoir et on en prend conscience un long moment plus tard quand le mal est déjà fait.

La meilleure technique pour ne pas succomber aux distractions est tout simplement de tout faire pour en éliminer les sources.

Voilà quelques trucs qui vont aider:

  • Dans un environnement de travail bruyant, mettre des écouteurs à réduction/suppression du bruit (sans nécessairement mettre de musique) pour couper les sons dérangeants et favoriser la concentration.
  • Ranger son smartphone hors de vue et de portée. Si ce n’est pas possible parce qu’il est un outil de travail, désactiver les notifications ou utiliser une application comme AppBlock pour les bloquer momentanément.
  • Prendre conscience des distractions auxquelles on succombe le plus facilement et développer l’habitude de se ramener à l’ordre dès qu’on réalise qu’on a été distrait.

Voir aussi: Deux façons de neutraliser les armes de distraction massive

Planifier son temps

Il faut faire attention avec la planification, parce que “trop, c’est comme pas assez.” En voulant absolument tout planifier à la seconde près, on arrive rarement à accomplir tout ce qu’on a prévu (parce qu’il y a toujours des imprévus!), ce qui mène immanquablement à des retards dans nos échéanciers.

De l’autre côté, si on se planifie trop de temps pour les imprévus, on devient la proie du principe de Parkinson qui veut qu’une tâche s’allonge jusqu’à prendre la totalité du temps qui lui est accordé.

Le truc: voir petit et prioriser.

Voir petit à court terme pour voir grand à long terme

Pour planifier efficacement son temps, il faut déconstruire nos tâches le plus possible.

Je m’explique:

Une tâche qu’on planifie doit être constituée d’un seul élément, pas d’une suite de choses à faire. Prenons en exemple quelque chose de concret et de visuel, comme construire une maison. À quoi ressemblerait la liste de tâches d’un tel projet? Spontanément, on se dit: couler les fondations, monter la charpente, passer la plomberie et l’électricité, etc. Le problème, c’est que “monter la charpente” ce n’est pas une tâche, c’est une multitude de petites tâches. Couper un madrier est une tâche. Clouer un clou est une tâche. Poser une brique est une tâche. Tu vois où je veux en venir?

On envisage généralement nos tâches sous forme de trop gros morceaux. C’est entre autres pourquoi c’est si difficile de planifier de façon réaliste le temps requis pour les accomplir.  

Pour voir grand à long terme (construire une maison), il faut planifier notre temps et nos tâches en voyant petit à court terme (un clou à la fois).

Voir aussi: 7 méthodes pour travailler 48 h par jour

Ça peut donner l’impression qu’il y a encore plus de choses à faire, j’en conviens. Mais en priorisant efficacement et en ne se concentrant que sur la tâche qu’il y a immédiatement devant nous, on arrive à atteindre un rythme de travail plus efficace.

Apprendre à prioriser

Quand on est souvent en retard, c’est possible que ce soit aussi parce qu’on a tendance à passer beaucoup de trop de temps sur des tâches qui ne sont pas réellement importantes. Par exemple, si on passe des heures à chercher la police d’écriture parfaite au lieu de rédiger le texte, ce n’est pas étonnant que le document soit remis en retard!

C’est pourquoi il est primordial d’apprendre à prioriser.

Avant de planifier tes journées, prends le temps de te demander à quel point tes tâches à faire sont nécessaires pour atteindre tes objectifs, et assure-toi de toujours travailler en priorité sur ce qu’il y a de véritablement important.

Voir aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Atteindre son flow

Le flow, c’est ce qui se produit quand on est complètement absorbé par son travail. Quand on atteint cet état, c’est comme si le monde extérieur n’existait plus. Il n’y a rien pour nous distraire et on ne voit plus le temps passer. Quand on est en flow, on est particulièrement productifs et on arrive à accomplir une charge de travail impressionnante.

C’est un état qui se manifeste fréquemment pendant les tâches qui font appel à la créativité et qui demandent de la concentration, comme la création artistique ou visuelle, la rédaction, et même le codage.

Travailler en flow le plus souvent possible permet d’accomplir plus de choses dans un laps de temps plus court, ce qui limite les risques d’avoir du retard dans nos échéanciers.

La question qui s’impose est donc: que faire pour favoriser cet état?

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées (le sujet est abordé en détail dans le ebook de Double ta valeur!), mais l’élément essentiel est de pouvoir se concentrer sur son travail sans distraction suffisamment longtemps. Pour certaines personnes, 15 minutes sont suffisantes, tandis que d’autres ont besoin d’une heure. Notre niveau d’énergie va aussi influencer la facilité avec laquelle on entre en flow.

Voir aussi: Ta carrière est une série de sprints, voilà comment renouveler ton énergie!

Il n’y a pas de raccourci ou de passe-droit, mais une fois qu’on a atteint notre flow, le jeu en vaut la chandelle!

En résumé

Le retard peut être considéré non seulement comme un manque de respect, mais il peut aussi être perçu comme une incapacité à gérer efficacement son temps et ses tâches. Être toujours en retard ou à la dernière minute peut donc être très dommageable à une carrière en plus de ralentir la productivité en général.

Parmi les retardataires chroniques, trois profils se distinguent: celui qui procrastine volontairement parce qu’il croit travailler mieux sous pression, celui qui sous-estime l’ampleur des tâches qu’il se planifie et celui qui est trop facilement distrait.

Dans tous les cas, intégrer ces habitudes de travail peut limiter les risques de retard:

  • Commencer chaque journée en réalisant les tâches qui nous déplaisent ou nous intimident évitera de procrastiner jusqu’à la dernière minute.
  • Éliminer les distractions permettra de rester concentré sur son objectif et d’avancer le travail plus efficacement.
  • Segmenter ses tâches en plus petites sous-tâches rendra leur planification plus efficace. Remettre en question chacune de ces petites sous-tâches quant à leur niveau de pertinence permettra de mieux prioriser et de toujours travailler sur ce qui est réellement important.
  • Favoriser l’état de flow au travail permettra d’augmenter la productivité, ce qui facilite l’atteinte des objectifs et le respect des échéanciers.

Voilà donc ce qui conclut cet article. Si tu as des questions ou des commentaires, ou encore si tu veux nous partager tes trucs pour ne plus être en retard, laisse-nous un commentaire ci-dessous!

Comment vaincre la procrastination

Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type

Un combat perpétuel a lieu en nous. Du côté gauche, on a la voix de la raison. Du côté droit, on a la voix de l’instinct primitif.

Chaque jour, elles se livrent une bataille sans merci dans le but de se faire élire planificateur en chef de nos journées.

Leur arène: notre esprit.

Leurs armes: une suite d’arguments tous plus convaincants les uns que les autres.

La voix de la raison est organisée, rationnelle et pertinente. Elle nous propose de dédier une grande partie de nos journées à des tâches qui ne sont pas nécessairement agréables, mais qui nous permettraient, à moyen et long terme, de réaliser nos souhaits les plus chers et d’atteindre efficacement nos objectifs, que ce soit réussir à avoir un salaire dans les six chiffres, rénover une maison, écrire un roman ou s’impliquer à notre plein potentiel pour avoir un réel impact sur une cause qui nous tient à coeur.

La voix de l’instinct primitif, quant à elle, est égocentrique et manipulatrice. Elle n’en a rien à faire du passé ou du futur, elle ne se sent concernée que par l’instant présent. YOLO. On ne vit qu’une seule fois, alors autant s’amuser et en profiter. Si cet argument n’est pas suffisant à nous convaincre, elle sort son complet-cravate et nous embobine avec l’éloquence et la crédibilité de l’un des meilleurs avocats dans Suits (devine lequel).

C’est elle qui nous dit: “Tu es trop fatigué pour travailler efficacement. Va donc faire une petite sieste et tu seras en pleine forme pour terminer tes tâches plus tard.” ou bien “Tu devrais prendre une pause pour vérifier si tu as des messages textes, ou des courriels, ou des messages sur Facebook… On ne sait jamais peut-être que quelqu’un essaie de te rejoindre pour te dire quelque chose d’important!” ou encore “Tu n’auras pas le temps de t’entraîner aujourd’hui, tu as beaucoup trop de choses à faire dans ta journée, et puis tu seras sûrement trop épuisé de toute façon”.

Ça te dit quelque chose?

Une fois que cette petite voix a réussi à détourner notre attention de nos tâches les plus importantes, elle nous tient dans ses filets et trouve toujours de nouveaux arguments pour nous en tenir éloignés le plus longtemps possible. Elle nous emprisonne dans un cercle vicieux de plaisirs coupables.  

Elle a gagné ce round haut la main.

Malgré le fait que la voix de la raison est clairement celle qui a réellement notre intérêt à coeur et propose le meilleur plan de match pour maximiser nos bénéfices à long terme, on choisit de l’ignorer. On préfère un petit bonheur tout de suite plutôt qu’un plus grand bonheur un peu plus tard.  

Cette petite voix, que certains nomment la “résistance”, est la cause de notre procrastination et de notre tendance à l’autosabotage.

Le coût de la procrastination

La procrastination est un problème avec lequel on se retrouve tous confrontés un jour ou l’autre. Selon une étude américaine, on perd en moyenne 55 jours par année à procrastiner, soit environ 218 minutes par jour à faire ce qu’on a spontanément envie de faire dans le but d’éviter ce qu’on devrait faire. De ce chiffre, 43 minutes par jour sont passées à procrastiner au travail.

Encore pire, environ 20 % d’entre nous seraient des procrastinateurs chroniques qui choisissent invariablement d’ignorer la voix de la raison le plus souvent possible.

Résultat: on connaît les dialogues de Game of Thrones par coeur, on a passé des heures à rire de fails de Russes sur YouTube et on est devenus pas mal bons à StarCraft. En contrepartie, on stagne dans notre emploi, dans notre vie sociale et le garage est devenu un cimetière de projets abandonnés.

Par-dessus tout ça, le travail qu’on a réussi à accomplir malgré notre procrastination est généralement de qualité médiocre, pour ne pas dire “botché”, puisqu’il a principalement été réalisé à la toute dernière minute.

Imagine si, dans l’année qui vient de passer, tu avais consacré 3 heures de plus chaque jour aux projets qui te tiennent à coeur. Où en seraient ces projets aujourd’hui?

La réponse: exactement au même endroit qu’ils seraient en ce moment si tu n’avais pas procrastiné. Ça fait réfléchir, n’est-ce pas?

Avant de poursuivre, on va clarifier un point: il n’est pas question ici de mettre une croix sur nos divertissements pour pouvoir travailler davantage. Il est important de bien saisir la différence entre divertissement et distractions. S’accorder du temps pour nos loisirs est primordial. Toutefois, procrastiner, ce n’est pas un loisir. C’est une tentative souvent inconsciente de “changer le mal de place”, une tactique d’évitement élaborée par notre cerveau limbique, du vent drapé dans un costume d’amusement. La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.

Ceci étant dit, on doit également réaliser que notre temps est extrêmement limité et non renouvelable, ce qui en fait une ressource très précieuse. Chaque minute qu’on passe à procrastiner est une opportunité qu’on a laissée filer et qui ne reviendra jamais. Donc, pour arriver à être plus productif dans le temps qui nous est accordé, c’est primordial d’apprendre à éviter ce comportement.

Vaincre la procrastination: plus facile à dire qu’à faire!

Le problème, c’est que la procrastination est un comportement instinctif très difficile à maîtriser. On ne peut pas se fier à notre simple volonté pour y remédier (à moins d’avoir une volonté vraiment surhumaine). Il faut généralement creuser un peu plus pour atteindre le noeud du problème et modifier nos comportements en conséquence.

La procrastination ne nous permet pas d’apprécier pleinement les distractions auxquelles on succombe; elles ont immanquablement un arrière-goût de culpabilité.”

Dans les paragraphes qui suivent, on va donc voir ce qui caractérise six des principaux profils de procrastinateurs (le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré et le débordé) et mettre de l’avant quelques trucs à appliquer nous nous aider à vaincre cette mauvaise habitude pour de bon. 

Les profils de procrastinateurs

Le planificateur

Le procrastinateur planificateur est hautement intolérant à l’incertitude. Il a tendance à mettre son travail sur pause dès qu’il a un doute sur un élément. Il a souvent l’impression d’avoir travaillé pendant des heures, quand tout ce qu’il a réellement fait est de planifier minutieusement toutes les étapes d’un projet ainsi qu’un plan B au cas où les choses ne tournent pas comme prévu, puis un plan C, et pourquoi pas un plan pour chaque lettre de l’alphabet, juste au cas. Il est passé maître dans l’art du pseudo-travail.

Il aime se sentir en contrôle et prêt à toute éventualité avant de s’embarquer dans un projet. Il a aussi tendance à en prendre trop sur ses épaules, car il préfère s’occuper du plus grand nombre de tâches possible lui-même plutôt que de céder le contrôle et déléguer.

Le problème, c’est qu’il rend littéralement les choses trop compliquées pour rien. Sa crainte de l’inconnu génère de l’anxiété qui le pousse inconsciemment à créer des tâches superflues pour éviter d’avoir à avancer son travail et risquer d’être pris au dépourvu. L’impression de ne pas être à la hauteur et la peur d’être démasqué, typique du syndrome de l’imposteur, peuvent aussi provoquer ce besoin de contrôle. Dans ce cas, donner l’impression d’être organisé et d’avoir la situation bien en main devient, à ses yeux, encore plus important que son rendement.    

Pour rompre avec ce type de procrastination, il est primordial d’apprendre à lâcher prise. Il faut accepter que, souvent, les choses sont hors de notre contrôle et ne se déroulent pas comme prévu. Apprendre à déléguer efficacement est un bon point de départ pour ce faire.

Il faut également comprendre qu’il ne sert à rien de tout savoir sur tout avant même d’avoir commencé le travail. L’important est d’en savoir assez pour avancer le travail efficacement, et ce qu’on ne sait pas, on peut toujours l’apprendre en cours de route. C’est ce qu’on appelle le just in time learning (littéralement “apprentissage juste à temps”).

Il ne faut pas que la crainte de ne pas savoir courir un marathon nous empêche de réaliser nos premiers pas, alors faisons confiance à notre formidable capacité d’adaptation!  

Perfectionniste

Avec le procrastinateur perfectionniste, c’est tout ou rien. S’il entreprend la moindre tâche, il ne vise rien d’autre que la perfection et est obsédé par chaque petit détail sans réelle importance. Les standards de qualité qu’il s’impose sont pratiquement impossibles à atteindre et les tâches colossales qui en résultent sont une importante source de stress et d’anxiété.

En conséquence, il tarde souvent à commencer le travail parce qu’il angoisse à l’idée de tout ce qu’il y aura à faire pour que tout soit parfait.

Ce type de procrastinateur doit d’abord apprendre à ne pas laisser ses idéaux perfectionnistes dicter les cibles qu’il doit atteindre.

Voir aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Il faut toujours garder en tête notre objectif, la raison pour laquelle on travaille. Tout n’a pas besoin d’être parfait et il ne sert à rien de perdre son temps à travailler sur des choses qui, au final, ne nous aident en rien à nous rapprocher de nos objectifs.

Un bon truc pour éviter de perdre son temps à procrastiner à cause d’un tourbillon de futilités perfectionnistes est de minuter ses tâches. En estimant de façon réaliste le temps nécessaire pour réaliser une tâche et en se minutant pendant qu’on la réalise, on se laisse suffisamment de temps pour la réaliser efficacement tout en limitant les risques de repasser sur des détails inutilement.  

Rêveur

Le procrastinateur rêveur est très créatif et il éprouve une grande satisfaction à se projeter dans le futur pour visualiser les résultats potentiels de son travail. Il se laisse facilement emporter par l’enthousiasme d’un nouveau projet, mais a de la difficulté à le mener à terme une fois la frénésie initiale passée.

Malgré son authentique intention de terminer les projets qu’il a entrepris, il procrastine sans fin leur avancement, préférant sauter tout de suite à un nouveau projet plus enthousiasmant.   

Pour éviter de procrastiner et arriver à achever ce qu’il entreprend, il doit se limiter à UN projet à la fois et garder les pieds sur terre, bien ancrés dans le présent. Visualiser le projet dans sa finalité ne l’aide en rien à le réaliser. Il doit plutôt planifier étape par étape tout ce qu’il faut faire pour arriver à son but et répartir ces étapes, selon leur urgence et leur importance, parmi ses tâches quotidiennes.

Pour ne pas perdre sa motivation, il peut aussi tenir un journal de progrès. De cette façon, il aura une meilleure conscience du travail abattu et sera enthousiasmé de voir son objectif se concrétiser. Il aura également une meilleure idée du temps passé sur le projet et pourra mieux évaluer les délais nécessaires pour le compléter.

Le pessimiste

Le procrastinateur pessimiste est convaincu que tous ses efforts sont inutiles, que le projet sera trop difficile à réaliser et qu’il échouera. Il croit que la partie est jouée avant même d’avoir lancé les dés, alors il procrastine par évitement.  

Il redoute le moment où il devra faire face à ses prédictions négatives, alors il repousse ses tâches dans l’espoir d’éviter de confronter l’échec qu’il prévoit. Il préfère avoir l’air paresseux plutôt que de risquer de paraître incompétent. Tout comme pour le perfectionniste planificateur, le syndrome de l’imposteur peut avoir un rôle à jouer parmi les raisons qui le poussent à procrastiner.

Pour arriver à vaincre ce type de procrastination, il faut être réaliste et considérer tous les scénarios possibles. Qu’est-ce qui pourrait arriver de pire? Quel serait le meilleur dénouement? Considérant cela, qu’est-ce qui serait vraiment le plus réaliste?

Ensuite, il faut mettre toutes les chances de son côté en attaquant les tâches les plus difficiles et angoissantes dès que possible en début de journée. C’est à ce moment qu’on a le plus de volonté et de motivation et où on est généralement plus productifs. Après avoir constaté tout le travail qu’on peut accomplir quand on se botte un peu les fesses le matin, l’optimisme se met rapidement de la partie!

Le délibéré

Le procrastinateur délibéré est celui qui clame haut et fort “Je ne commencerai pas tout de suite, je travaille mieux sous pression!” Il est le seul type de procrastinateur qui adopte ce comportement de façon totalement consciente et volontaire.

Il utilise à son avantage l’adrénaline que procure un deadline qui approche dangereusement. Il aime jouer avec le feu.  

Le problème, c’est que même s’il a plus de facilité à rester concentré sur ses tâches quand il les réalise à la dernière minute, ça ne donne pas nécessairement un résultat de très bonne qualité. En plus de ne pas avoir le temps nécessaire pour réviser son travail et apporter les modifications nécessaires, les probabilités sont élevées que des erreurs non détectées s’y soient glissées. En agissant de la sorte, il ne peut jamais réellement atteindre son plein potentiel.

Puisque c’est le sentiment d’urgence provoqué par l’échéancier qui motive le procrastinateur délibéré, il aurait avantage à cesser de procrastiner et s’imposer ses propres deadlines au quotidien. La technique Pomodoro peut être très efficace en ce sens. De cette façon, il peut déterminer lui-même les limites de temps accordées pour chaque tâche, ce qui lui permettra de travailler avec un sentiment d’urgence sans pour autant procrastiner jusqu’à la dernière minute.  

Le débordé

Le procrastinateur débordé en a plein les bras. Sa liste de tâches à faire est interminable et en constante évolution. Il se sent dépassé par tout ce qu’il a à faire, ce qui lui provoque un stress insoutenable. La procrastination est pour lui un mécanisme d’autodéfense causant un blocage mental lui permettant de ne plus avoir à penser à toutes ces tâches qui l’angoissent.  

Pour cesser de procrastiner, il faut donc qu’il établisse un système lui permettant de ne pas avoir à penser à ses tâches avant de devoir les réaliser. Pour ce faire, David Allen propose une idée très simple dans son livre à succès Getting things done:

  1. Dans le tiroir d’un classeur ou une boîte-classeur, insérer 31 chemises à numéroter de 1 à 31. Chaque chemise correspond à une journée dans le mois en cours.
  2. Chaque fois qu’on pense à une tâche qu’il faudra réaliser, il faut l’écrire sur un papier et glisser ce dernier dans la chemise correspondant à la journée du mois où on devra y repenser.
  3. Chaque jour, on commence la journée en sortant la chemise de la journée et on se concentre uniquement sur les tâches qui s’y trouvent.

Bien sûr, le même principe peut être appliqué avec différentes méthodes. On peut, par exemple, utiliser un carnet de notes ou un agenda, ou encore une application de tâches à faire comme Todoist.

L’important est de ne pas se laisser submerger par l’ampleur du travail à abattre, de morceler les tâches en petites sous-tâches plus faciles à gérer et de bien établir ses priorités.

La méthode Eisenhower peut également être d’un grand secours pour déterminer quelles tâches doivent être réalisées maintenant, plus tard, ou encore être complètement éliminées.

En résumé

La lutte contre la procrastination est un combat quotidien. Elle oppose deux zones de notre cerveau qui entrent en conflit au moment de choisir entre la gratification instantanée et les bénéfices à long terme.  

La procrastination est l’un des symptômes qui se manifestent quand on choisit la gratification instantanée. En conséquence, on perd un temps précieux qui pourrait être investi dans les projets qui nous tiennent à coeur, ce qui nous permettrait d’atteindre notre plein potentiel et de décupler notre productivité.  

Dans la grande majorité des cas, on choisit la gratification instantanée parce que le chemin menant aux bénéfices à long terme est parsemé de stress et d’anxiété. La procrastination devient donc un mécanisme d’évitement et d’autodéfense contre la peur engendrée par ces émotions négatives.

La première étape pour vaincre la procrastination est de déterminer quelle est la source de ces peurs, de cette résistance, et de mettre en place des stratégies pour les empêcher de se manifester sous forme de procrastination.

Selon le profil de procrastinateur qui nous correspond, soit le planificateur, le perfectionniste, le rêveur, le pessimiste, le délibéré ou le débordé (il est possible de pouvoir s’identifier à plus d’un profil), on peut apprendre à ne plus procrastiner en utilisant des techniques comme la méthode Eisenhower et la méthode Pomodoro, ou encore apprendre à déléguer, contrôler ses tendances perfectionnistes, se libérer du syndrome de l’imposteur, tenir un journal de progrès, ou apprendre à planifier son temps et ses tâches plus efficacement.

Bref, c’est en réalisant des actions concrètes au quotidien qu’on peut vaincre la procrastination. Dans tous les cas, il faut commencer aujourd’hui. Pas demain, et pas la semaine prochaine. Pas quand le petit dernier aura commencé l’école ou qu’on aura terminé les rénovations. Il faut cesser de procrastiner dès aujourd’hui!

1 Les causes de la procrastination

Qu’est-ce qui cause la procrastination?

La procrastination, cette tendance pathologique à différer, à remettre l’action au lendemain, est l’un des plus grands ennemis de la productivité.

Si personne n’avait procrastiné depuis le début de l’histoire de l’humanité, je n’ose même pas imaginer tout ce qui aurait été accompli et où en serait le monde!

Individuellement, on aurait probablement terminé plusieurs projets qu’on a fini par abandonner, passé pas mal moins de nuits blanches au cégep et à l’université, sans parler du niveau de productivité qu’on aurait pu atteindre au travail.  

Mais bon, comme on dit, avec des “si” on pourrait refaire le monde! On ne peut pas changer le passé, mais on peut en tirer des leçons pour le futur.

“La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent” Albert Einstein.

On a généralement nos premières expériences avec la procrastination dès qu’on a un peu de liberté sur notre emploi du temps. Je ne sais pas pour toi, mais pour moi c’était à l’école secondaire quand j’ai réalisé que c’était beaucoup plus intéressant de passer mes soirs et weekends à tout photographier avec mon nouvel appareil photo numérique 2.1 mégapixels (que j’ai nommé Georgette) plutôt que d’étudier. À ce moment-là, on ne réalise pas qu’il y a un mot pour décrire ce phénomène, encore moins qu’il nous hantera toute notre vie!

Cette manie ne s’améliore pas vraiment d’elle-même avec le temps. Une fois qu’on a pris ces mauvais plis, ils deviennent franchement tenaces et c’est très difficile de s’en débarrasser.

Le problème, c’est qu’en remettant toujours nos tâches à plus tard et en exécutant la majorité de notre travail à la dernière minute, on finit par ne pas accomplir la moitié de ce qu’on aurait le potentiel de faire, et ce qu’on arrive à faire n’est pas d’une qualité qui rend justice à nos talents.

Faisons un petit exercice de visualisation. Projette-toi dans un futur pas trop lointain, disons dans deux à cinq ans. Quels sont les projets que tu aimerais avoir réalisés d’ici là? Maintenant, imagine tout ce que tu pourrais accomplir et les possibilités d’avancement professionnel que ça t’ouvrirait si tu pouvais réaliser tes projets sans JAMAIS procrastiner!

Ne plus procrastiner est excessivement difficile, mais tout à fait réalisable. La première étape pour y parvenir est de comprendre pourquoi on procrastine, quelle est la cause de ce comportement irrésistible qui en fait une manie aussi tenace.

Même si la procrastination, à sa source, se manifeste pour différentes raisons, la cause est toujours la même: la résistance.

On va donc élaborer un peu sur ce qu’est exactement la résistance et pourquoi elle nous pousse à la procrastination. Pour ce faire, on va d’abord définir le concept à l’aide des écrits de Steven Pressfield et de son livre “The war of art”, qui est rapidement devenu une référence sur le sujet de la résistance.

Ensuite, on va élaborer sur ses effets et manifestations à l’aide de la métaphore complètement hilarante, mais très appropriée, proposée par Tim Urban au cours de sa conférence présentée par TED sur le sujet de la procrastination.  

La résistance

La résistance est toujours la cause de la procrastination, peu importe les raisons qui se cachent derrière elle.

Mais qu’est-ce que c’est, plus précisément, la résistance?

Hé bien il s’agit de la force en nous qui cherche à tout prix à nous distraire, à nous convaincre qu’on est trop fatigués pour faire ceci, qu’on ne peut pas commencer à faire nos tâches sans avoir d’abord fait cela, ou bien que c’est impossible de travailler dans telle ou telle condition. “La procrastination est la manifestation la plus commune de la résistance parce que c’est la plus facile à rationaliser.” Autrement dit, c’est la petite voix dans notre tête qui nous donne mille et une excuses, qui semblent souvent très légitimes, pour ne pas avancer notre travail. C’est elle qui est à l’origine de tous nos “oui, mais…”

La résistance se tient à pieds fermes entre la vie qu’on vit et celle qu’on sait qu’on pourrait et qu’on aimerait vivre. Pourquoi est-ce qu’on n’arrive jamais à tenir nos résolutions du Nouvel An bien longtemps? BAM! La résistance. C’est généralement la procrastination causée par notre résistance qui fait en sorte que toutes nos bonnes intentions “prennent le bord”.  

C’est complètement tragique, parce que ça nous empêche d’atteindre notre plein potentiel! “Es-tu un écrivain qui n’écrit pas? Un artiste peintre qui ne peint pas, un entrepreneur qui ne démarre jamais son entreprise?”

Chaque jour, on perd de petits combats contre la résistance, sans même comprendre ce qui s’est passé. On entame la journée avec assez d’ambition pour déplacer une montagne et un objectif en tête tout à fait réaliste, mais on la termine en se demandant où sont passées les 8 dernières heures et comment est-ce que c’est possible d’avoir accompli si peu pendant ce temps. C’est parce que “le plus difficile, ce n’est pas le travail, c’est de s’asseoir et de travailler.”

Bref, la résistance est un ennemi à confronter au quotidien si on veut enrayer la procrastination de notre vie. 

Un singe fou!

Si la résistance avait une forme physique, elle serait probablement incarnée par un singe fou hyperactif. En fait, c’est l’image avec laquelle Tim Urban a réalisé sa conférence sur la procrastination pour Ted Talks. Selon lui, voilà à quoi ressemble le cerveau d’une personne qui ne procrastine pas:

Cause de la procrastination

Le cerveau et les actions de cette personne sont gouvernés par une personne rationnelle qui agit dans son meilleur intérêt à long terme.

Voilà maintenant à quoi ressemblerait le cerveau d’un procrastinateur:

Cause de la procrastination

Dans cette image, on voit que c’est quand même la personne rationnelle qui tient le gouvernail, mais elle est accompagnée d’un petit singe dont l’intérêt est la gratification instantanée.

Le problème, c’est que le personnage n’a aucune idée de comment contrôler le singe s’il décide de s’emparer du gouvernail… voilà donc ce qui se passe:

Cause de la procrastination

Cause de la procrastination

Quand le personnage veut s’asseoir pour travailler, le singe fou décide de s’emparer du gouvernail et de regarder des vidéos de créatures des fonds marins sur YouTube, ce qui l’entraîne dans une spirale d’écoute de vidéos YouTube qui se termine par une entrevue avec la mère de Justin Bieber.

Cause de la procrastination

Ensuite, il gambade littéralement sur le gouvernail faisant complètement perdre le contrôle à la personne rationnelle! Il décide de réorganiser sa liste de tâches à faire, de regarder un peu le prix des bas sur Amazon et de subdiviser ses iPhotos dans des albums plus spécifiques.

Cause de la procrastination

Après tout ça, il est au moins 2 heures de l’après-midi et puisqu’il a un rendez-vous à  4 h 30, il est trop tard pour entreprendre quoi que ce soit.

Pseudo-travail et culpabilité

Le pire dans tout ça, c’est que quand on procrastine, toutes ces choses qu’on fait au lieu de travailler ne sont pas vraiment des moments qu’on apprécie. C’est ce que Tim Urban appelle le “Dark playground”

Les causes de la procrastination

C’est un endroit où les activités proposées ont lieu à un moment qui ne devrait pas être consacré à ces activités. C’est un lieu où chaque plaisir provoque son lot d’anxiété, de stress et de culpabilité.

Toutefois, il arrive que notre côté rationnel arrive à reprendre un peu le contrôle des commandes, sans vraiment pouvoir empêcher le singe fou de nous pousser à procrastiner. C’est ce qui donne lieu à un “purgatoire d’activités bizarres où tout le monde perd”, comme regarder trente fois si on a des courriels ou des notifications en une demi-heure, ou bien se prendre à rêvasser sur ce qu’on aimerait avancer dans notre travail sans vraiment le faire. Autrement dit, c’est ce qui mène à du pseudo-travail qui nous donne un semblant d’impression qu’on a travaillé, sans toutefois avoir fait quoi que ce soit qui aura un impact concret.

Bref, le singe fou (la résistance) détourne notre attention vers des choses futiles qui nous apportent de la satisfaction instantanée ou nous pousse à accomplir des choses pas trop exigeantes qui nous donnent l’impression de travailler un peu.

Le singe ne voit pas plus loin que le moment présent. Après tout, s’il mange quand il a faim, qu’il dort quand il est fatigué et qu’il joue quand il en a envie, sa vie de singe sera bien réussie!

Le problème, c’est qu’un singe fou n’en a rien à faire du sentiment d’accomplissement et de la productivité. Un humain, oui, s’il compte accomplir quoi que ce soit dans sa vie.

Le monstre de la panique

On peut donc procrastiner notre travail de cette façon quasiment à l’infini…. Sauf dans les cas où on a un deadline pour le réaliser. Quand la date butoir approche dangereusement, le monstre de la panique fait son apparition.

Les causes de la procrastination

Les causes de la procrastination

Les causes de la procrastination

Le monstre de la panique est la seule chose que craint le singe fou, alors à son apparition il prend la poudre d’escampette pour laisser le gouvernail à la personne rationnelle.  

Les causes de la procrastination

C’est ce qui explique la soudaine productivité, par exemple, d’un étudiant qui n’a pas été capable de rédiger plus de trois lignes en un mois et qui soudain peut rédiger une dissertation de 12 pages en une nuit blanche.

Malheureusement, il arrive que la personne rationnelle soit également apeurée par le monstre de la panique et fige complètement, incapable de réaliser quoi que ce soit. Inutile de spécifier qu’il s’agit de la cause d’un grand nombre d’échecs, tant au niveau scolaire que professionnel.

Subconscient VS Raison

Concrètement, la résistance et le singe fou sont des métaphores qui illustrent et expliquent le combat interne qui a lieu entre la partie limbique de notre cerveau (grosso modo notre subconscient) et notre cortex préfrontal (notre raisonnement).

Le système limbique est responsable des comportements qui se font automatiquement, comme respirer par exemple, et des comportements instinctifs comme éviter les situations douloureuses ou compliquées. C’est la partie “homme des cavernes” qui te dit “Moi veux jouer. Moi veux bière.”

Le cortex préfrontal, quant à lui, nous permet de considérer l’information à notre disposition, de raisonner et de prendre des décisions rationnelles. Il régit également le langage et la mémoire de travail. Il s’agit de la partie la plus évoluée de notre cerveau, mais elle est beaucoup plus récente dans l’évolution humaine que la partie limbique.

Alors, lorsqu’on doit faire une tâche qui, après analyse par notre cortex préfrontal, nous paraît être bénéfique sur le long terme, le cerveau limbique se met de la partie. Dès qu’il prend conscience de la complexité de la tâche VS l’absence de gratification instantanée, elle tente de nous empêcher de la réaliser!

Finalement

La procrastination, c’est sacrifier ce qu’on veut vraiment pour avoir ce qu’on veut maintenant. C’est accorder, parfois inconsciemment, la priorité à des futilités au détriment de nos ambitions.

Peu importe par quelle(s) raison(s) elle est provoquée, la procrastination est causée par la résistance; cette force interne qui cherche à tout prix à détourner notre attention des tâches qu’on doit accomplir.

Un singe fou qui prend le contrôle du gouvernail de notre cerveau est une très bonne façon d’illustrer les effets de la résistance qui nous pousse à procrastiner.  

Cette illustration permet de dépeindre le combat qui a lieu chaque jour dans notre cerveau entre le système limbique et le cortex préfrontal et nous permet de mieux comprendre pourquoi on procrastine autant.

Remettre notre travail à plus tard est une mauvaise habitude qui peut être très dommageable dans nos vies, car elle nous empêche d’atteindre notre plein potentiel et fait en sorte que le fruit de nos efforts n’est pas à la hauteur de notre talent.  

C’est pourquoi il faut impérativement apprendre à déjouer la résistance et cesser de procrastiner. Pour connaître les meilleurs trucs, je te suggère donc de poursuivre ta lecture avec cet article: Les solutions pour en finir avec la procrastination selon son profil type.

Si tu as aimé cet article, ou si tu as des commentaires ou des suggestions, n’hésite pas à utiliser la section “commentaires” ci-dessous!

Comment éviter les distractions et vaincre la procrastination

John Smith — explorateur anglais, soldat et écrivain — est mieux connu pour son rôle dans la mégaproduction de Disney: Pocahontas.

Selon le film, John (un grand et courageux explorateur) et Pocahontas (une native américaine; également fille du grand chef Powhatan) forment une relation improbable qui déclenche une guerre entre les Anglais et les natifs. Pris de rage, le père de Pocahontas tente d’exécuter John Smith, mais cette dernière le sauve in extremis en se jetant courageusement devant lui, arrêtant l’arme de son père.

Le principal antagoniste, John Ratcliffe, leader de l’expédition et gouverneur de la colonie, profite de la capture de John Smith comme excuse pour attaquer et détruire sauvagement le village de la tribu de Powhatan dans l’espoir de voler leur or (qui n’existe même pas). Pocahontas et John Smith doivent tragiquement se séparer alors que John doit retourner en Angleterre, mais lui promet de revenir.

J’aurais beaucoup de sympathie pour John, si ce n’était que les historiens nous présentent une version drastiquement différente des faits.

La vraie histoire de John Smith n’est pas celle d’un drame romantique, mais bien celle d’un égomaniaque mythomane aux idées de grandeur. George Percy, un des leaders de l’expédition et éventuellement gouverneur de la Virginie, décrivait John comme “Un homme ambitieux et sans mérite qui ne cherche que la gloire.”

Dans les faits, John et Pocahontas (alors âgée de 11 ans) n’ont jamais développé de relation. John a inventé l’histoire après que Pocahontas soit devenue célèbre puisque son mari (John Rolfe) l’a présentée en Angleterre comme étant la “première sauvage réformée”.

En réalité, John a conspiré avec deux autres conseillers pour déposer le président et nommer Ratcliffe à sa place. Pour le remercier, ce dernier le nomme en charge du commerce avec les “Indiens”.

En décembre 1607, le groupe de Smith se fait attaquer lors d’une expédition par les guerriers du clan Powhatan. Les natifs ne laissent qu’un seul survivant: John Smith. Le reste de l’histoire est incertain, mais la version la plus connue est celle du film: les natifs étaient prêts à exécuter John, mais Pocahontas lui sauva la vie en défiant son père. Cette version a été écrite par John lui-même en 1624 (17 ans plus tard). Pocahontas n’a pas pu donner sa version des faits puisqu’elle est morte en 1617, lors de son voyage en Angleterre, d’une cause inconnue.

Au retour de John, les colons profitent de l’opportunité pour s’en débarrasser (ils le détestaient tous) en le blâmant pour la mort de son groupe. La sentence devait être exécutée le lendemain matin, mais la chance en a voulu autrement. Le soir même, le camp, alors pris par la famine, a été surpris par l’arrivée de 100 nouveaux colons apportant nourriture et équipement.

Ils ont donc fêté toute la nuit… oubliant complètement l’exécution qui devait avoir lieu le lendemain matin. Sa mise à mort a donc été reportée à plus tard, puis à plus tard, puis oubliée.

Tu as bien lu… John Smith a été sauvé par la procrastination.

L’ennemi en soi

Selon la troisième loi de Newton, chaque action entraîne une réaction équivalente opposée.

Cette force agit autant sur le plan physique, social que psychologique.

Le penchant psychologique de cette loi est expliqué en détail dans l’excellent livre: The War of Art, par Steven Pressfield.

“Il existe un secret qui différencie les écrivains des amateurs: écrire est facile. Ce qui est dur, c’est de s’asseoir pour écrire. La force qui nous empêche de nous asseoir se nomme la résistance.”

La résistance est une force interne qui a pour seul objectif de saboter notre productivité. Elle est son ennemi naturel.

Plus la tâche est importante, plus la résistance est grande.

C’est un agent insidieux, il se dissimule en attirant l’attention sur autre chose que lui-même. “C’est de la faute de ton patron, ta femme, tes enfants, tes collègues”. Il chuchote subtilement à notre oreille, faisant passer ses idées pour les nôtres.

La résistance est sournoise , elle va TOUT faire pour t’empêcher d’accomplir ton travail: te cajoler, t’intimider, te séduire, te mentir… Elle va argumenter comme un avocat, flatter ton égo comme une prostituée et te pointer un 9mm en plein visage comme un bandit.

La résistance n’a pas de fierté, elle va te donner quelque chose d’une main et se servir dans tes poches de l’autre.

Vaincre la résistance est simple: on doit se réveiller, s’asseoir et travailler jusqu’à ce qu’on ait tout donné. C’est un combat quotidien, une guerre qui ne prendra jamais fin.

Dans ce chapitre, je vais te donner les meilleures armes et munitions que j’ai trouvées pour combattre cet ennemi vicieux et infatigable.

S’enchaîner à son travail

Herman Melville était incapable de terminer son roman: Moby-Dick. Sa solution? Il demandait à sa femme de l’enchaîner chaque jour à son bureau jusqu’à ce qu’il termine.

Victor Hugo avait une méthode similaire. Pour l’aider à écrire “Les Misérables” et “Le bossu de Notre Dame”, il s’enfermait nu dans son bureau et ordonnait à sa servante de lui rendre ses vêtements uniquement à la fin de la journée.

La réponse à la procrastination est simple: on s’enferme dans son bureau en se laissant deux options — travailler ou fixer le mur.

La résistance va se manifester sous forme de distractions, d’ennui, de rêverie, de fatigue… Mais si on tient notre bout, l’inspiration va éventuellement apparaître et la résistance aura été vaincue.

Malheureusement pour nous, la résistance possède maintenant une arme qui n’existait pas à l’époque d’Herman Melville ou de Victor Hugo — ton téléphone.

Ferme ta sonnerie, désactive toutes tes notifications, mets tes écouteurs et travaille. Ton objectif quotidien est simple: trouver le flow.

Le secret des maçons

Il y a deux choses que j’aime chez Will Smith: son film “I, Robot” et son entrevue avec Charlie Rose.

Ma citation favorite de cette entrevue est la suivante:

“On ne commence pas sa journée en voulant construire un mur. On ne se dit pas: “Je vais construire le plus gros, le plus impressionnant et le plus grand mur jamais construit”. On ne commence pas là, on dit: “Je vais poser cette brique aussi parfaitement que cette brique peut être placée.” Fais ça chaque jour et bientôt tu vas avoir un mur.”

Lorsqu’on s’enchaîne à son bureau, qu’on est sous le siège de la résistance, la première chose à faire est d’appliquer le même principe qu’avec le just in time learning — morceler une tâche complexe en petites tâches simples — diviser le mur en briques.

Aussitôt qu’on pose la première brique, on génère un momentum qui rend la deuxième plus facile à poser.

Lorsqu’on essaie de pousser une voiture, on doit dépenser plus d’énergie lorsqu’elle est immobile que lorsqu’elle est déjà sur sa lancée. Le même principe s’applique à notre travail.

Le pseudo-travail

Ce n’est pas parce qu’on s’enchaîne à notre bureau que le combat contre la résistance est gagné. Lorsque tu affrontes ton travail, la résistance va attirer ton attention vers du pseudo-travail: meetings, recherche, planification…

Elle va te dire “Hey, tu as un nouvel e-mail, vas l’ouvrir! C’est peut-être important”, “Je me demande combien de gens ont visité ton site web aujourd’hui?”, “Qui est cette personne qui a commenté sur notre page LinkedIn?”

Chacune de ces activités nous donne l’impression d’être du travail — ce sont des distractions.

La plus grande de ces distractions est: la préparation.

C’est plus agréable de réfléchir à un projet que de l’exécuter. Rêvasser, anticiper, définir ou planifier nous donne l’impression de progresser. C’est une illusion.

Bruce Lee disait: “Si tu investis trop de temps à réfléchir à tes objectifs, tu ne les atteindras jamais.”

Ceci étant dit, la sagesse se trouve au milieu. Lire ses e-mails, animer ses médias sociaux, planifier un projet… Une partie de ton pseudo-travail doit quand même être effectuée — un mal nécessaire.

La solution pour éviter de perdre trop de temps avec ça est donc simple: il faut le prévoir et lui donner sa place respective dans notre horaire.

Commencer sa journée avec du pseudo-travail revient à attribuer tes meilleures ressources cognitives aux tâches les moins importantes. Chaque jour, travaille sur ce qui est important en premier et réserve ta dernière heure pour le non essentiel.

Lorsque la résistance te chuchote: “Je me demande on a fait combien de ventes aujourd’hui”, réponds-lui: “On ira voir à 16 h”. Garde tes heures les plus productives pour ton aire d’impact.

La loi de Parkinson

Imagine que tu es en voyage d’affaires et que l’entreprise pour laquelle tu travailles (une grosse multinationale) te rembourse tes repas (120 $ par jour) et dépenses d’hébergement (400 $ par jour).

Vas-tu manger des McValeurs toute la journée? Ou, comme la plupart des gens, vas-tu en profiter pour manger dans de bons restaurants et dépenser le maximum possible chaque jour? Vas-tu te louer une chambre dans un motel crasseux, ou une suite dans un Hilton?

Est-il plus probable que tu dépenses moins que la limite? Ou que tu dépasses le montant alloué et payes la différence de ta poche?

La loi de Parkinson veut que la gestion du temps fonctionne exactement comme un fonctionnaire en voyage d’affaires. Accomplir une tâche prend au moins 100 % du temps qu’on lui attribue.

La raison est simple: si on te donne cinq jours pour accomplir une tâche de deux heures, tu vas complexifier la tâche jusqu’à ce qu’elle occupe toute ta semaine. Le temps supplémentaire n’est pas nécessairement investi à travailler, mais bien souvent à planifier, stresser et faire plus de pseudo-travail.

Par exemple, si on te donne deux mois pour accomplir un travail qui prend trois semaines, tu vas “planifier”, “méditer” et procrastiner pendant sept semaines pour finalement n’avoir d’autre choix que de travailler 12 h par jour la dernière semaine.

La résistance te fait sortir faire la fête ou prioriser du faux travail sous prétexte que “Tu es bon! Ça ne va te prendre que quelques jours.” Il te fait sous-estimer la quantité réelle de travail pour ensuite déléguer le tout à ton “futur toi”, chose que l’on fait avec plaisir puisqu’on pense à notre futur soi comme étant un étranger tout puissant.

Cette loi sabote non seulement les travaux de session des étudiants, mais s’en prend également aux tâches simples présentes dans n’importe quelle organisation.

Répondre à ses courriels, publier sur les médias sociaux, écrire un article de blogue…

Est-ce que ça prend vraiment 30 minutes écrire un courriel qui dit essentiellement “non, on n’est pas intéressés”? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une heure pour faire l’image parfaite à publier sur sa page Facebook? Doit-on vraiment passer quatre jours sur un article de blogue à formuler, reformuler, effacer et recommencer?

La résistance nous convainc que tout ce qu’on publie doit représenter fidèlement ce que nous sommes: parfaits. Par conséquent, on accorde une importance démesurée à des choses anodines.

Comme le gestionnaire de médias sociaux qui insiste qu’on doit publier exactement 2,43 fois par jour, soit à 7 h 13, 11 h 43 et 3 h 10. Comme le graphiste qui s’énerve lorsque tu écris en Times 12 pt alors que la charte graphique dit très spécifiquement qu’on doit utiliser Times 11 pt. Comme le chef cuisinier qui tient absolument à ce que tu saupoudres les épices dans le sens antihoraire.

La résistance nous fait nous accrocher dans les fleurs du tapis en nous convainquant que ces fleurs sont bien tangibles et importantes.

La raison pour laquelle on la laisse nous manipuler est simple: puisqu’on croit en notre propre importance, alors les tâches qu’on fait doivent conséquemment être importantes.

Elle nous force à créer des critères d’excellence qui n’existent pas (le sens dans lequel on doit saupoudrer les épices) et on juge les autres qui effectuent cette même tâche sans regard pour ces critères (je suis donc meilleur qu’eux).

Lorsque j’ai débuté mon entreprise (La Tranchée), une des tâches à faire était la création d’un logo.

Créer un logo peut être un processus excessivement long et complexe (faire des focus groups, brainstorms, sondages, etc.) ou excessivement simple.

Dans mon cas, j’ai décidé d’utiliser la deuxième approche. J’ai pris ma tablette électronique et j’ai écrit à l’aide de mon crayon: La Tranchée.

J’ai reculé d’un pas, tourné la tête au 45°, repris mon crayon pour ajouter de petites barres autour:

Le processus aura pris, à peu près, cinq minutes.

J’aurais pu me donner une semaine pour créer un logo différent, mais est-ce que ça aurait vraiment été un “meilleur” logo? Et si c’était le cas, aurait-il été suffisamment meilleur pour justifier une semaine de plus pour lancer mon projet?

Abraham Lincoln disait: “Si on me donne six heures pour abattre un arbre, je vais passer les quatre premières à aiguiser ma hache”. Si Lincoln avait connu la loi de Parkinson, il aurait plutôt passé 15 minutes à affûter sa hache, 2 h à abattre l’arbre et le temps restant à faire autre chose de plus productif (ou abattre d’autres arbres).

Il ne faut pas se dire “j’ai cinq jours pour accomplir cette tâche”, mais bien “comment est-ce que je peux compléter cette tâche le plus rapidement possible pour ensuite investir la balance de temps dans autre chose?”

Si tu manges ce biscuit, les terroristes gagnent.

Ça fait une semaine que tu as commencé un nouveau régime et tu as déjà perdu 2 lbs! Tout fier, tu décides de te laisser tenter lorsque ta mère vient te visiter avec des biscuits maison. “Juste un!”

Peu importe qu’on veuille perdre du poids, gagner du muscle ou travailler plus fort, il faut s’attendre à affronter la résistance. Elle nous teste, nous tente, nous réconforte. Chaque fois qu’on cède, qu’on la laisse gagner, elle devient plus forte.

Dès qu’on cède une fois, on tombe dans le piège du “Ah pis d’la marde”. (Appelé “What the hell effect”. Cliquer ici pour en savoir plus)

Le premier cookie était si bon… qu’on veut en prendre un deuxième! Et puisqu’on a déjà triché aujourd’hui, quel mal ça peut faire d’en prendre un autre?

“En veux-tu encore Olivier?” me demande ma mère. “Ah pis d’la marde, amène-moi la boîte!”

Pour éviter ce piège, il faut comprendre que si on dit oui au biscuit, les terroristes gagnent.

On se laisse convaincre qu’il s’agit d’une exception, qu’on va se reprendre le lendemain, excepté qu’il y a toujours une autre exception qui nous attend au détour.

Pour trouver le courage de dire non, il faut assumer que tricher une fois revient à tricher chaque fois. Après tout, how you do anything is how you do everything…

Comment gagner la guerre

“On doit commencer à écrire, même quand on ne sait pas quoi dire” – Dany Laferrière

Il est 9 h, tu es bien installé à ton bureau, prêt à créer.

9 h 15, tes yeux sont rivés sur le clignotement de ton curseur, ta page est complètement blanche.

Tu commences à angoisser… Est-ce que les mots vont finir par arriver? Combien de temps vas-tu passer à fixer ton écran en recherche d’inspiration?

Cinq autres minutes passent, tu ne fais aucun progrès. C’est là qu’il cogne à ta porte: “tu devrais vider ta boîte courriel, peut-être que ça va aller mieux après”.

Mensonge!

Écris quelque chose, n’importe quoi, mais écris quelque chose. Commence par un mot, une phrase, un paragraphe.

Fixe-toi un objectif facile à atteindre, comme 500 mots, et écris tout ce qui te passe par la tête jusqu’à ce que tu l’aies atteint!

Chris Guillebeau explique dans son article — “comment écrire 300 000 mots en une année” —  qu’il écrit 1 000 mots par jour, six jours par semaine. C’est d’ailleurs cette habitude qui lui a permis de publier cinq livres (~300 pages chacun) en sept ans (ainsi que des centaines d’articles de blogue!).

Fais comme lui. Fixe-toi une quantité minimale de travail que tu dois absolument accomplir chaque jour. Pas nécessaire que ce soit un nombre de mots (nous ne sommes pas tous des auteurs comme Chris), mais trouve-toi un équivalent pertinent à ta situation.

Ta liste de tâches en cache sans doute une qui, une fois complétée, fait de ta journée une réussite et t’avance d’un pas vers ton but. Aie comme objectif de faire au moins une de ces tâches par jour.

N’attends pas, pose une brique. Ferme ton téléphone et procrastine ton pseudo-travail. Fais le travail important en premier, garde le mal nécessaire pour la fin. Reste dans ton aire d’impact le plus longtemps possible, reste en flow le plus longtemps possible.

Fais ça chaque jour, chaque semaine et n’arrête pas. Bien vite, tu vas te retourner et être étonné par l’impact phénoménal de ton propre travail.

Certes, tu ne pourras jamais gagner la guerre, mais crois-moi, la vie est plus belle lorsqu’on gagne nos batailles.

Fin de l’extrait

Nous sommes prisonniers de nos croyances limitantes.

5 étapes pour se libérer de ses croyances limitantes

Ce que l’on est, notre façon de penser et d’agir, tout comme ce qu’on a le potentiel d’accomplir, dépend grandement de nos croyances.

Croyancenom féminin: Fait de croire à l’existence de quelqu’un ou de quelque chose, à la vérité d’une doctrine, d’une thèse. (Larousse)”

Autrement dit:

  • Si on croit que la terre est plate, on n’essaie pas d’en faire le tour en bateau.
  • Si on croit qu’une sécheresse est une punition divine, on fait la danse de la pluie plutôt que de mettre au point des techniques d’irrigation efficaces.
  • Si on croit qu’on n’est pas capable d’apprendre à utiliser WordPress ou Photoshop parce qu’on est nul en informatique, alors on ne se donne pas vraiment la peine de l’essayer.

Tu commences sans doute à voir où je veux en venir…

Quand ce qu’on croit nous empêche d’avancer, que ce soit à l’échelle d’une société ou d’un individu, c’est un réel problème. On appelle les croyances en nos limites ou incapacités les croyances limitantes.

On n’est pas faits en verre…

En Europe vers la fin du Moyen âge, une forme de croyance limitante assez particulière a marqué une véritable vague de désordres psychiatriques: les gens atteints étaient convaincus qu’ils étaient faits en verre.

Ils avaient si peur de casser en mille morceaux qu’ils s’empêchaient de sortir, de s’asseoir, s’emmitouflaient dans des couvertures ou des coussins pour protéger leurs corps des bris accidentels et évitaient tout contact physique. Ce délire aurait même atteint le roi Charles VI de France qui, paraît-il, portait des vêtements renforcés et refusait que quiconque le touche.

On n’entrera pas dans les détails des causes de la popularité de cette croyance particulière à ce moment précis de l’histoire. Disons simplement que, même si c’est un exemple assez extrême, il démontre à quel point une croyance bien ancrée peut nous paralyser, nous empêcher d’agir et nous servir à justifier des comportements autrement irrationnels!

Les croyances limitantes: un frein à la carrière

Au travail, les croyances limitantes sont souvent le principal obstacle qui se dresse sur le chemin de l’atteinte de notre objectif professionnel.

C’est la petite voix dans notre esprit qui nous dit qu’une tâche est trop difficile, qu’on n’est pas  assez bon ou qu’on n’a pas les compétences pour la mener à bien. C’est une façon inconsciente de justifier l’inaction qui nous permet de rester en terrain connu et d’éviter de se sentir vulnérable.

Pour atteindre notre plein potentiel et vivre une carrière véritablement enrichissante et gratifiante, il est donc primordial d’apprendre à reconnaître et neutraliser les croyances limitantes.

Pour ce faire, il faut d’abord prendre conscience des croyances limitantes qui nous habitent, utiliser la méthode “Coué” et la visualisation pour les neutraliser, sortir de sa zone de confort et adopter des comportements qui vont nous permettre de nous en débarrasser.  

1-Prendre conscience

La première étape pour neutraliser les croyances limitantes est de prendre conscience de leur existence.

Conscience, nom féminin: En psychologie, il s’agit de la “fonction de synthèse qui permet à un sujet d’analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l’avenir.” (Larousse)

Nos croyances prennent toutes racine quelque part et sont assimilées par notre cerveau d’une façon semblable à nos souvenirs. Elles proviennent généralement de notre expérience personnelle et de notre exposition à différents stéréotypes au fil du temps.

Dans une situation où on fait face, par exemple, à l’échec ou l’humiliation, notre cerveau peut intégrer de nouvelles croyances limitantes qui vont tenter d’empêcher que la situation ne se reproduise dans l’avenir.  

C’est pourquoi de l’anxiété et un sentiment de peur vont souvent se manifester par la suite à la simple pensée de faire quelque chose qui va à l’encontre de ce que l’on croit.

C’est à ce moment précis qu’on tombe dans le piège!

Les croyances limitantes peuvent généralement être regroupées en trois catégories: le désespoir (ça ne changera rien), l’impuissance (je ne suis pas capable) et l’absence de valeur (je ne mérite pas).

Alors, pour détecter quelles croyances limitantes t’empêchent d’avancer dans ta carrière, considère la liste suivante et demande-toi si certaines de ces pensées te sont familières:

  • Je ne suis pas doué dans “X” domaine et ça ne changera jamais.
  • Je comprends que ça s’applique à certains, mais pour moi ce n’est pas pareil…
  • Je n’ai pas la capacité physique de faire “X”
  • Je suis trop vieux / trop jeune pour faire “X”
  • Je ne mérite pas “X” opportunité
  • Même si j’essaie, ça ne changera rien.

Ensuite, dresse la liste de tes propres croyances limitantes. Remonte à la source de tes frustrations au travail et investigue sur les raisons qui font en sorte que tu n’as pas l’impression d’être sur la bonne voie pour atteindre la carrière ou le salaire dont tu rêves. Il faut envisager l’avenir avec espoir, prendre conscience de tes capacités et assumer la responsabilité de ton succès.

Finalement, tu dois faire la part des choses et réaliser que ce que tu crois ne reflète pas nécessairement la vérité. Tu as deux choix: céder à la mentalité de victime, ou prendre les choses en main pour parvenir à tes fins.  

2-La méthode Coué

La méthode Coué est une pratique de la pensée positive par l’autosuggestion.

Pour utiliser cette méthode dans le combat contre les croyances limitantes, il faut intercepter chaque pensée négative liée à nos croyances et se répéter l’affirmation inverse dans notre tête.

Par exemple, si tu penses: “Je n’arriverai jamais à accomplir cette tâche”, remplace aussitôt cette pensée par “Je suis tout à fait capable d’accomplir cette tâche.”

Le but est de convaincre ton subconscient que ce que tu te répètes est vrai, de “reprogrammer” tes croyances, en quelque sorte.

Cette méthode à elle seule ne sera sans doute pas suffisante pour enrayer tes croyances limitantes, mais sera d’une aide précieuse pour les combattre.  

3-Visualiser

Si tu ne crois pas pouvoir atteindre un objectif, une méthode efficace pour inverser cette croyance est de visualiser le chemin pour t’y rendre.

Décortique étape par étape tout ce qui serait nécessaire pour atteindre ton but et visualise-toi en train de réaliser ces étapes.

Par exemple, si tu dois apprendre de nouvelles compétences, visualise-toi en train d’écouter un cours en ligne, de lire sur le sujet et de pratiquer ce que tu as appris.

En pavant mentalement le chemin vers ton but, tu prendras confiance et auras davantage de facilité à croire qu’il est atteignable, ce qui te permettra de te défaire graduellement de tes croyances limitantes.

4-Sortir de sa zone de confort

Pour véritablement éliminer les croyances limitantes, il faut sortir de sa zone de confort et passer à l’action.

Pour ce faire, il faut trouver le “comment faire” qui répond par une question à la croyance limitante.

Par exemple, si on se dit : “Je suis trop jeune/vieux pour réaliser cette tâche”. Il faut se demander “Comment faire pour réaliser cette tâche avec brio malgré mon âge?”

Évidemment, en sortant de sa zone de confort et en passant à l’action, on risque tout de même de faire face à un échec. Ce n’est pas grave! Comme l’a si bien dit Einstein: “l’échec ne signifie pas que tu es un échec, ça signifie seulement que tu n’as pas encore réussi.”

L’important, c’est de ne pas se complaire dans l’inaction en jouant à la victime. Il faut tenter d’avancer vers notre objectif et être fiers de nos avancées, peu importe le résultat.

5-Faire comme si

Faire comme si, de l’expression “fake it until you make it” du milieu anglophone, consiste à agir comme agirait une personne qui est l’opposée de nos croyances limitantes.

Si tu te dis “Je n’ai pas assez confiance en moi pour présenter une conférence”, demande-toi comment une personne confiante et à l’aise devant public agit au quotidien? Probablement qu’elle a une démarche assurée, qu’elle ne fuit pas les contacts visuels et qu’elle ne se gêne pas pour s’inclure dans une conversation à laquelle elle pense pouvoir ajouter de la valeur (entre autres).  

En agissant avec le comportement d’une personne à qui l’étiquette de nos croyances négatives ne colle pas, on envoie le signal à notre cerveau que ses croyances sont fausses, ce qui facilite la transition vers de nouvelles croyances plus optimistes. 

“Si tu mets des limites à tout ce que tu fais, elles vont se répandre dans ton travail et dans ta vie. Il n’y a pas de limite. Il y a seulement des niveaux, et tu ne dois pas en rester là, il faut aller au-delà. Un homme doit toujours dépasser son niveau.” Bruce Lee 

Conclusion

Les croyances limitantes sont un réel obstacle à notre accomplissement personnel et professionnel. Pour les empêcher de nuire, il faut apprendre à les neutraliser et les combattre.

La première étape est de prendre conscience des croyances qui nous freinent et d’en dresser la liste. Elles peuvent généralement être regroupées en trois catégories: le désespoir (ça ne changera rien), l’impuissance (je ne suis pas capable) et l’absence de valeur (je ne mérite pas).

Deuxièmement, on peut utiliser la méthode Coué, qui consiste à intercepter nos croyances limitantes et à se répéter mentalement l’affirmation inverse afin de remplacer graduellement les réflexes de notre subconscient.

Ensuite, la visualisation des étapes nécessaires pour la réalisation de nos objectifs rationalise nos peurs et fait en sorte que nos buts semblent beaucoup plus réalistes et accessibles que nos croyances limitantes nous laissaient croire.

Et puis, il faut sortir de sa zone de confort, trouver comment faire pour accomplir ce qu’on pensait impossible et agir comme si nos croyances étaient fausses en adoptant le comportement d’une personne qui ne correspond pas à ces croyances limitantes.

Finalement, il faut demeurer ouverts à l’avis des autres, rester optimistes et considérer l’échec comme une méthode d’apprentissage pour mieux avancer plutôt que comme la preuve d’une incapacité ou d’une limite.

Chaque petite action en direction de ton but va t’aider à l’atteindre et éradiquer tes croyances limitantes. Tes limites sont probablement beaucoup plus loin que ce que tu crois, alors mets-toi à l’épreuve et tu seras agréablement surpris!   

 

L'importance de bien gérer son énergie

Tu perds ton temps si tu ne sais pas gérer ton énergie.

Quels sont les mots qui te viennent spontanément en tête quand je te dis “énergie”?

Électricité, solaire, hydraulique, mouvement? Ou peut-être CrossFit, marathon, et shake? Ou encore café, monster, et sucre?

Ce sont toutes des réponses pertinentes. Par contre, ça démontre qu’on associe inconsciemment l’idée “d’énergie” à l’un de ses aspects particuliers, que ce soit au niveau de la source, des effets ou de l’usage.

Maintenant, si je te demande de penser à ton niveau d’énergie personnel, tu vas probablement penser à l’énergie physique.

Grosse journée = fatigue et manque d’énergie. 4 shooters de double espresso = trop d’énergie pour la league.

Toutefois, ton énergie physique n’est qu’un des éléments à considérer pour gérer ton niveau d’énergie global, qui est en réalité puisé à la source de ces quatre états:

  1. physique
  2. émotionnel
  3. mental
  4. spirituel

Autrement dit, ton énergie, c’est ta capacité d’être performant physiquement ET psychiquement.

Si on veut réellement maximiser notre énergie, il ne faut pas faire l’erreur de ne considérer que sa dimension physique.   

Tu connais sûrement l’expression “un esprit sain dans un corps sain.” Hé bien ce n’est pas seulement une belle citation inspirante qui nous vient de l’antiquité romaine, c’est aussi exactement ce qu’il faut viser pour avoir plus d’énergie.

On a déjà abordé la dimension physique dans l’article : “Ta carrière est une série de sprints, voilà comment renouveler ton énergie!”. Dans cet article-ci, on va donc voir de quelles façons maximiser et recharger notre énergie émotionnelle, mentale et spirituelle (je sais, ça sonne un peu mystico-douteux, mais ne t’en fais pas c’est très concret!)

Les notions présentées et stratégies suggérées sont principalement basées sur une étude menée par The Energy Project et tirées des livres Deep Work de Cal Newport et The Power of Full Engagement: Managing Energy, Not Time, is the Key to High Performance and Personal Renewal de Tony Schwartz et Jim Loehr.

Économiser et recharger son énergie

Pour faire simple, on pourrait dire que notre énergie fonctionne un peu comme une batterie de smartphone. Elle est rechargeable, mais il faut faire attention à la façon dont on l’utilise si on ne veut pas que la réserve se vide trop vite. Une fois la source d’énergie épuisée, on n’a plus la capacité de remplir nos fonctions, même si on en a le potentiel, alors on doit recharger!

Certains comportements ont un coût énergétique énorme, alors on va voir quelles habitudes et quels comportements on devrait favoriser ou éviter.  

Énergie émotionnelle = qualité

L’énergie émotionnelle, c’est l’énergie générée par nos émotions positives (joie, reconnaissance, etc.) ou négatives (tristesse, colère, etc.). C’est ce qui influence la qualité de notre énergie globale. Tandis que la fatigue physique se manifeste par l’épuisement, la fatigue émotionnelle se ressent principalement par un sentiment de déprime et nous maintient dans un état de mauvaise humeur.

C’est évident, on sait bien qu’on est plus efficaces quand on est dans un état émotionnel positif et qu’on exhale le bonheur. Mais ce qu’on ne réalise pas toujours, c’est qu’un état négatif n’est pas sans conséquence. Les émotions négatives nous nuisent et nous empêchent de bien travailler et d’être efficaces.

Quand il se passe quelque chose qui ne fait pas notre affaire au travail, on sombre très rapidement dans l’énergie négative. On s’impatiente, on devient irritable et notre frustration occupe toutes nos pensées. C’est un état qui est très demandant en énergie émotionnelle et qui nous empêche de penser de façon rationnelle.

Notre émotivité et notre façon de dealer avec nos émotions sont propres à chacun. Ce qui est important pour s’assurer de maximiser notre énergie émotionnelle, c’est de savoir reconnaître et contrôler nos émotions.

Le but: s’engager volontairement dans certains comportements qui favorisent l’énergie positive et se dégager stratégiquement des émotions négatives.  

Habitudes et comportements à entretenir:

  1. Quand on sent les émotions négatives nous envahir, la première chose qu’on peut faire est de pratiquer la respiration profonde. C’est très simple, il suffit d’inspirer lentement et profondément en laissant le ventre se gonfler à chaque inspiration (et pas seulement la cage thoracique) et d’expirer tranquillement pendant cinq ou six secondes. Il existe différentes variantes, comme la “respiration du dragon” par exemple, qui consiste à imaginer qu’on élimine les émotions négatives sous forme de fumée grisâtre pendant l’expiration. Cette technique de respiration a un effet calmant instantané. C’est le même phénomène qui se produit chez les personnes qui ont l’habitude de fumer la cigarette dans les moments stressants. Dans le cadre de l’étude menée par The Energy Project, le président de Sony Europe, Fujio Nishida, a même pu cesser de fumer grâce à cette technique!
  2. Change ta perception de ton rôle dans ton propre succès. Souvent, quand on pense à ce qui s’est mal passé dans notre parcours professionnel (ou notre vie en général), on se voit en tant que victime. On blâme les autres ou les circonstances pour ce qui nous est arrivé. Il est important de réaliser qu’il existe souvent une grande différence entre les faits et notre interprétation des faits. Cette mentalité de victime influence nos émotions négativement en nous reléguant au second plan et en nous donnant l’impression d’être impuissants. Il faut inverser les choses et réaliser qu’on est en contrôle, qu’on l’a toujours été, et se servir de cette révélation pour être optimistes face au futur. Alors peu importe les revers de situation auxquels tu dois faire face, pose-toi ces deux questions: comment peux-tu utiliser cette expérience pour évoluer? Comment est-ce que tu risques toi-même de voir cette expérience dans six mois? On a toujours le choix, ne serait-ce que le choix de l’angle de vue avec lequel on approche une situation, alors ne cède pas à la mentalité de victime!
  3.  Tenir un journal peut être un bon exutoire pour les émotions négatives. Écrire nos frustrations, craintes et peurs permet non seulement d’aider à s’en libérer, mais aussi d’avoir le recul nécessaire pour réévaluer nos émotions et trouver de meilleures solutions aux problèmes qu’on rencontre. Le bon vieux journal papier a fait ses preuves, mais il existe maintenant des applications comme Diaro ou Journey qui sont très efficaces et faciles d’utilisation. Diaro est une application très complète qui permet de classer les entrées par dossiers et d’inclure des étiquettes (pratique si on veut séparer les entrées personnelles de celles concernant le travail) tandis que Journey offre des fonctions sympas comme la possibilité de le déverrouiller avec un code ou une empreinte digitale (pour les smartphones compatibles) et est plus conviviale et simple d’utilisation.
  4. Finalement, il faut toujours voir le bon côté de la médaille. Généralement, chaque mauvaise situation apporte également son lot de positif. Alors, même dans les situations décevantes ou frustrantes, il faut chercher et trouver ce qui peut en ressortir de bien et se concentrer là-dessus.

Bref, chaque action qui nous permet de mieux reconnaître les événements qui provoquent en nous des émotions négatives et de mieux les contrôler est une action qui va nous permettre de conserver une énergie émotionnelle équilibrée.  

Énergie mentale = concentration

L’énergie mentale, c’est la capacité d’être et de rester dans un état concentré. Deux choses vont principalement nuire à l’énergie mentale: le multitâche et les distractions.

Premièrement, le multitâche est un mythe. Le cerveau humain n’est pas fait pour faire plusieurs choses à la fois et ceux qui prétendent faire du multitâche ne font en réalité que jongler d’une tâche à l’autre rapidement. Résultat: à vouloir augmenter la quantité, on sacrifie la qualité.

Les distractions, quant à elles, sont bien réelles, et omniprésentes! Que ce soit les notifications de l’ordinateur et du smartphone, les collègues un peu trop bruyants ou le téléphone qui ne cesse de sonner, il faut impérativement limiter les distractions le plus possible pour maximiser notre énergie mentale. On peut, par exemple, changer de pièce ou mettre des écouteurs qui réduisent le bruit pour effectuer les tâches qui demandent beaucoup de concentration. Ou encore on peut ne pas répondre aux courriels ou au téléphone instantanément et planifier du temps pour les retours de messages une fois que les tâches les plus importantes sont terminées.

Voir aussi: Deux façons de neutraliser les armes de distraction massive

Le cerveau humain n’est pas fait pour faire plusieurs choses à la fois et ceux qui prétendent faire du multitâche ne font en réalité que jongler d’une tâche à l’autre rapidement. Résultat: à vouloir augmenter la quantité, on sacrifie la qualité.

Une des habitudes qui peut grandement aider l’énergie mentale est de prendre prendre des pauses qui respectent notre rythme ultradien, c’est-à-dire toutes les 90 à 120 minutes. De cette façon, on s’assure de toujours être au top de nos capacités mentales.

Énergie spirituelle = mission

Notre mission personnelle, soit l’expression de nos valeurs profondes qui nous motive à travailler, n’est généralement pas considérée comme étant une source d’énergie potentielle.

Pourtant, il n’y a rien de plus énergisant que d’être motivé par son travail parce qu’on croit en son utilité et qu’il s’accorde avec nos valeurs!

Si tu crois vraiment en ce que tu fais, tu auras d’emblée une meilleure énergie et aura plus de facilité à persévérer et à te concentrer sur ton travail.

Alors, quel est ton but dans la vie? Qu’est-ce qui est réellement important pour toi dans ce que tu accomplis au quotidien? Qu’est-ce que tu veux laisser comme marque dans l’entreprise ou dans le domaine pour lequel tu travailles?

Je te propose de faire un petit exercice de réflexion:

D’abord, demande-toi quelles sont tes valeurs profondes. Probablement que tes réponses vont être quelque chose comme “la famille”, “l’entraide”, “la justice” ou des trucs du genre.

Maintenant, je veux que tu te poses la question suivante: qu’est-ce qui, quand tu en es témoin, te met en colère ou te fait verser une larme? Qu’est-ce qui te met hors de toi? Quel genre d’événement te fait le plus réagir? Les réponses à ces questions vont préciser ce que sont réellement tes valeurs profondes.

Quelqu’un qui aurait répondu “la justice” à la première question, par exemple, réaliserait peut-être en répondant à la deuxième question que ses cordes sensibles sont la lutte au racisme et l’accès à l’éducation.   

Suite à cette réflexion, tu peux maintenant essayer de trouver de quelle façon dans ton travail et/ou dans ta vie quotidienne tu peux avoir un impact sur ces enjeux. Par exemple:

  • Au travail, essaie de te concentrer sur tes forces et sur les tâches qui te tiennent le plus à coeur et que tu réalises le mieux. Si possible, essaie de déléguer les tâches qui te rebutent à quelqu’un qui aimerait les faire.
  • Accorde-toi du temps pour ce qui te tient à coeur. Ta famille, tes amis et tes passe-temps sont tout aussi importants pour recharger la batterie de ton énergie spirituelle que le sommeil est important pour recharger ton énergie physique.
  • Peut-être que ton travail n’a absolument rien à voir avec tes valeurs profondes. Dans ce cas, ce serait pertinent de t’impliquer dans une cause qui te rejoint davantage à l’extérieur du travail. Ça peut être en étant actif au sein d’un comité, en participant à des activités de financement, ou en faisant du bénévolat par exemple. Ces aspects vont te permettre de te sentir énergisé et mieux équilibré au travail comme dans les autres aspects de ta vie.

Finalement…

L’énergie émotionnelle, l’énergie mentale et l’énergie spirituelle sont complémentaires à l’énergie physique pour former notre énergie globale. Pour être réellement énergisé et performant au travail, il ne faut négliger aucun de ces aspects.

L’énergie émotionnelle, générée par nos émotions positives, peut être maximisée par l’engagement volontairement dans des comportements qui favorisent les émotions positives et le choix de se dégager stratégiquement des émotions négatives.

L’énergie mentale, qu’on reconnaît généralement comme étant notre capacité de concentration, est facilement perturbée. Il faut donc limiter ce qui lui nuit comme les distractions et la tendance à faire du multitâche.

L’énergie spirituelle est alimentée par nos valeurs profondes et les actions quotidiennes qu’on pose et qui respectent ces valeurs.    

Malheureusement, la plupart des entreprises ne reconnaissent pas la notion de “recharge énergétique” comme moyen d’augmenter la productivité et l’efficacité des employés.

Toutefois, la porte est ouverte. Certaines entreprises, comme Sony par exemple, ont intégré dans leur culture d’entreprise l’importance du bien-être des employés, c’est donc normal pour eux de prendre des pauses régulièrement et d’aller s’entraîner en plein milieu de l’après-midi. D’autres entreprises ont aménagé des salons d’employés qui sont propices à la détente et à la relaxation, ou encore certaines offrent des abonnements au gym à leurs employés.

Il faut donc faire preuve d’ouverture face à l’évolution des façons de travailler et adapter les cultures d’entreprises aux plus récentes découvertes.

Il faut sortir du modèle où employés et employeurs tentent de se plumer mutuellement. Les entreprises ont tout avantage à investir dans leurs employés, non seulement au niveau de leurs connaissances et compétences, mais aussi au niveau de leur énergie. En retour, les employés seront plus performants et se sentiront plus engagés et motivés par leur travail.

2 submergé par le travail

5 façons de ne pas te laisser submerger par tes tâches

Ghislaine prend sa retraite!

Pour l’occasion, tous les collègues se sont cotisés pour lui acheter un shortcake aux fraises, une carte-cadeau du Costco et décorer le bureau pour le petit 5 à 7 entre collègues organisé pour souligner son départ.

“Tu vas nous manquer Ghislaine! Profite bien de ta retraite!”

Le lundi matin suivant au bureau, ça fait un peu vide sans l’énergie et les jokes louches de Ghislaine, mais tout le monde retourne à sa routine de travail.

Une pensée te vient soudainement à l’esprit. “Ghislaine avait pas mal de dossiers en cours, est-ce que le boss va bientôt engager quelqu’un pour la remplacer?”

Une réunion d’équipe est prévue en fin d’après-midi, alors tu te laisses une note pour ne pas oublier de lui demander et tu retournes à tes tâches.

Une fois tout le monde à la table de conférence pour la réunion, le patron commence à distribuer un document de quelques pages à chacun. Il enchaîne en disant: “Étant donné que Ghislaine avait beaucoup de dossiers en cours, je vous ai attribué chacun une partie de ses tâches pour qu’on ne prenne pas de retard sur notre échéancier.”

Bon… ça répond à ta question alors…

“Il va falloir redoubler d’ardeur, mais vous êtes une équipe géniale et je sais que vous en êtes capables!” Ajoute-t-il en vous faisant un “thumbs up accompagné d’un grand sourire à moitié sincère.

C’est le genre de scénario qui est fréquent sur le marché du travail. Dans le but d’économiser sur le coût en main d’oeuvre, les postes sont restructurés pour englober plus de tâches et demandent d’être plus polyvalents et ultra efficaces. “Toutes autres tâches connexes” est devenue la formulation la mieux connue pour traduire ce phénomène dans une description de tâches.

Peut-être que tu as récemment vu ta charge de travail augmenter ou que ton poste est déjà bien fourni en “tâches connexes”, mais les probabilités sont que tu en as sûrement plein les bras et que tu n’as pas le temps de t’ennuyer!

Dans ce contexte, c’est très facile de sentir submergé par la quantité de travail à accomplir et d’avoir l’impression qu’on n’arrivera jamais à tout faire.

Résultat: on devient vite stressés, anxieux, on accumule les heures supplémentaires et on coupe dans le sommeil et les loisirs.

Je ne vois pas de meilleure façon pour se pourrir soi-même la vie. Le pire dans tout ça, c’est que ce n’est absolument pas nécessaire pour bien faire ton travail!

Pour ne pas brûler la chandelle par les deux bouts, voilà 5 trucs concrets que tu peux commencer à appliquer dès maintenant et qui vont t’aider à accomplir plus de choses en moins de temps:

1-Assiste à moins de réunions

Les réunions sont souvent la perte de temps la plus sous-estimée.

Bien sûr, certaines rencontres sont difficiles à éviter, comme les meetings d’information ou qui répondent à une procédure établie. Par contre, ce n’est pas le cas des réunions qui concernent la communication d’équipe et qui ont pour but de faire un suivi du travail, de brainstormer ou de discuter d’un projet.

Je ne dis pas qu’elles sont toujours inutiles, mais généralement elles ne sont que des façons de procrastiner et d’éviter la responsabilité individuelle des employés/employeurs de prendre des décisions.

On y passe des heures à discuter du travail qui devrait être fait sans concrètement accomplir aucun travail.

Combien de fois est-ce que c’est arrivé que tu assistes à une réunion qui dure des heures, en prenant des notes sans dire un mot, pour finalement ne jamais te servir de ces notes parce qu’elles résument des choses que tu savais déjà de toute façon ou qui ne te concernent pas?

Levez la main ceux qui sont déjà passés par là!

D’abord, une réunion ne devrait pas être tenue si elle n’aborde pas assez de contenu pertinent pour être planifiée avec un ordre du jour. Dans ce cas, le sujet devrait être brièvement discuté entre les personnes concernées, en personne, au téléphone ou bien par messagerie interne (au pire par courriel si ce n’est pas trop urgent, mais il existe maintenant tellement d’outils plus efficaces que ce n’est plus la meilleure alternative).

Les plateformes de communication/gestion de tâches comme Slack, Hipchat, Bitrix24, Asana ou encore Skype et Google Hangout pour ceux qui veulent garder ça très simple, permettent d’améliorer la communication et le suivi du travail, ce qui réduit la nécessité de tenir autant de réunions inutiles.

Alors la prochaine fois qu’une réunion sera planifiée, pose-toi les questions suivantes:

  • Sur quel(s) sujet(s) portera la réunion, est-ce que ça concerne directement mon travail?
  • Est-ce qu’une réunion est vraiment nécessaire pour atteindre le but visé, ou est-ce qu’un autre moyen de communication plus rapide pourrait être utilisé?

Tu as été embauché pour apporter de la valeur à l’entreprise par tes compétences. Des réunions qui ne sont pas pertinentes pour toi et qui monopolisent ton temps t’empêchent de bien réaliser ton travail et, en bout de ligne, c’est ton rendement qui est pénalisé.

Alors, si tu sens que ta présence à une réunion serait inutile, n’hésite pas à en parler à la personne qui l’a planifiée pour lui expliquer ton point de vue avec ces arguments et lui proposer des alternatives plus efficaces au besoin. De cette façon, tu pourras profiter des heures libérées pour avancer le travail qui apporte réellement des bénéfices à l’entreprise.

2-Ne répond pas en temps réel

À moins de travailler au service client d’une entreprise, tu n’as pas à répondre à tes courriels ou tes messages (peu importe la plateforme) au fur et à mesure que tu les reçois.

S’il y a urgence, c’est généralement le téléphone qui va sonner.

Prendre ses messages est une tâche qui donne l’impression d’être urgente parce qu’une icône, une notification ou un signal sonore nous alerte qu’on a un message et notre réflexe est d’aller voir immédiatement.

Résiste!

C’est beaucoup plus efficace de décider d’un moment dans la journée, idéalement quand on est le moins productif (généralement les 2-3 dernières heures de travail) et de prendre/répondre à tous les messages à ce moment-là. Une fois fait, il ne faut pas retourner prendre ses messages avant la prochaine période prévue à cet effet, le lendemain.   

De cette façon, tu vas pouvoir te concentrer sur ton travail sans être constamment interrompu, ce qui va te permettre d’accomplir plus de choses en moins de temps.

3-Ne vise pas la perfection, mais la simplicité

“Je suis tellement fier et satisfait de mon travail. Je n’ai eu à le réviser qu’une seule fois et ça me semble tout à fait convenable!” est la phrase qu’on n’a jamais entendu sortir de la bouche d’un perfectionniste. Jamais.

Il aurait beau réviser et modifier 10 fois son travail, il le trouverait à peine acceptable et ne passerait à autre chose que par obligation.

Si tu te reconnais dans cette description, j’ai une révélation à te faire: ton travail n’a pas besoin d’être parfait.

Si tu rénoves ta salle de bain et que tu veux que tes tuiles de céramiques soient installées parfaitement à l’équerre, au niveau et parallèles à l’angle de levé du soleil au solstice d’été, c’est un peu intense, mais c’est correct parce que le but de rénover ta salle de bain est qu’elle te plaise et qu’elle soit à ton goût.

Dans le cadre de ton emploi, ton but est de créer de la valeur dans le marché, pas que le fruit de ton travail corresponde à tes idéaux de perfection.

Toujours essayer d’atteindre la perfection dans ce qu’on fait demande un investissement en temps considérable. On a toujours l’impression que ça ne sera pas long, qu’on a juste “un petit changement de plus” à faire, mais on sous-estime toujours l’ampleur de ces changements et on se retrouve bien vite seul au bureau à partir le soir trois heures après tout le monde.  

Sois conscient des objectifs que tu dois atteindre avec tes tâches quotidiennes et conditionne-toi à les accomplir de la façon la plus simple possible et à passer à la tâche suivante dès que c’est fait.

Tu dois terminer un dossier de présentation: est-ce qu’il paraît bien et professionnel? Est-ce que les fautes ont été corrigées? Est-ce que les sections sont en ordre et paginées? Oui? Alors, passe au projet suivant et ne gaspille pas une heure à choisir la police d’écriture, la photo de couverture ou l’en-tête parfait.

Concentre ton attention et tes efforts sur ce qui rapporte des bénéfices concrets, pas sur ce qui est le plus fancy.    

4-Planifie tes journées

Personnellement, je termine toujours mes journées de travail en planifiant celle du lendemain. Certaines personnes préfèrent planifier leur journée le matin même, mais j’aime le feeling de commencer ma journée en sachant où je m’en vais et quels sont mes objectifs et mes priorités.

Peu importe le moment que tu choisis, l’important est de planifier ton travail. La pire chose que tu peux faire et qui va te condamner à ne plus savoir où donner de la tête est de choisir les tâches que tu réalises de façon aléatoire ou te laisser dérailler de ta trajectoire par des tâches urgentes mais pas vraiment importantes.

Planifier tes journées va te permettre de faire un suivi du travail plus efficacement et de savoir où réellement concentrer tes efforts pour obtenir le maximum de résultats. Pas besoin de passer une heure à faire de la planification, un dix/quinze minutes suffit.

Par exemple, concentre-toi chaque jour sur le dossier le plus important et détermine quelles sont les trois tâches que tu peux accomplir dans ta journée et qui vont avoir un réel impact sur l’avancement de ce dossier.

Tu peux utiliser un agenda papier ou une application comme Todoist (Windows, Mac, Android et iOS), AnyDo (Android, iOS) ou Microsoft To-do (Windows 10) ou Things 3 (pour Mac et iOS).  

Les applications permettent de planifier rapidement les tâches, de les devancer/reporter au besoin, de les trier par priorité et proposent une foule d’autres options et d’intégrations pratiques qui rendent la tâche plus simple. C’est presque comme avoir un/une assistant(e) personnel(le) que tu peux traîner dans ta poche!

5-Fixe-toi des échéanciers

C’est bien connu, un travail va prendre le temps qu’on lui accorde pour être réalisé (loi de Parkinson).

Si on se laisse une semaine pour un projet qui pourrait être réalisé en deux jours, on va planifier nos tâches sur cinq jours et prendre beaucoup plus de temps que nécessaire.

Un des meilleurs exemples: les travaux de session à l’Université. Quand un travail était donné deux mois à l’avance, est-ce qu’on travaillait vraiment d’arrache-pied pour le terminer le plus tôt possible? Ou est-ce qu’on commençait plutôt tranquillement la recherche et qu’on l’étirait sur un mois et demi pour finir par abattre 90 % du travail dans les deux dernières semaines?

L’échéancier crée un état d’urgence qui nous force à être très productifs pour pouvoir terminer dans les temps. Le problème, c’est que les tâches quotidiennes au travail n’ont pas forcément d’échéancier, alors on les réalise de la même façon qu’un étudiant ferait un travail de session s’il n’avait pas de date de remise: on les avance tranquillement sans trop se stresser avec ça.

Alors, avant de commencer chaque tâche, demande-toi ce que tu pourrais faire pour la compléter le plus rapidement possible (sans la bâcler bien entendu) et prends l’habitude de minuter ton travail en essayant de respecter l’échéancier que tu t’es fixé. Si tu te laisses quatre heures pour une tâche, fais tout ton possible pour l’avoir terminée après ces temps.    

Si on résume…

On se sent rapidement étouffé sous le poids de notre charge de travail quand nos tâches s’empilent sans fin les unes sur les autres.

Heureusement, il existe plusieurs trucs pour pouvoir accomplir plus de choses en moins de temps. Alors, si tu as l’impression que tu n’auras jamais assez de temps pour réaliser toutes tes tâches, essaie d’assister à moins de réunions, de ne pas répondre à tes messages en temps réel, de ne pas viser la perfection mais plutôt la simplicité, de bien planifier tes journées et de te fixer des échéanciers serrés.

Malheureusement, on ne peut pas se procurer plus de temps pour pouvoir tout faire dans la même journée, on doit se contenter de nos 24h/jour. Alors pour terminer, j’aimerais insister sur l’importance de bien réfléchir avant d’accorder de ton temps à une tâche et de t’assurer qu’elle est réellement importante.

Chaque fois que tu dis “oui” à une tâche peu importante, tu dis “non” à autre chose qui serait plus important, comme tes temps libres ou d’autres projets qui seraient plus avantageux. Bref, il ne s’agit pas de trouver l’équilibre entre nos tâches, mais d’assumer nos choix. Ce qu’on décide de ne pas faire est tout aussi important que ce qu’on décide de faire.

Le travail d'équipe

Le mensonge du travail d’équipe

Voici ce que je viens de trouver en lisant une offre d’emploi: “Vous savez travailler en équipe tout en étant autonome dans vos réalisations”.

Sérieux?! Qui va avouer en entrevue être un sociopathe ayant besoin de supervision constante?

Pour une raison qui m’échappe, 90 % des offres d’emplois possèdent la mention “travail d’équipe”. Dans les RH, on dirait que la notion de travail d’équipe est un genre de panacée miracle.

Dans les faits, la plupart des recherches effectuées sur les dynamiques de travail indiquent que le travail d’équipe nuit à la productivité des gens. C’est surtout le cas lorsqu’il s’agit de tâches additives où il n’y a pas vraiment d’interdépendance entre les membres.

Les études menées sur le sujet proposent trois explications:

  1. Les membres du groupe s’attendent à ce que les autres se traînent les pieds, ce qui leur donne le droit de le faire.
  2. Dans un groupe large, l’individu se sent anonyme & invisible.
  3. Rares sont les groupes qui ont des standards / quotas de production / attentes bien définis de chacun des membres.

En d’autres mots, personne ne veut être le “sucker” qui travaille plus fort que tout le monde tout en ayant le même maudit salaire.

Non seulement ça, mais d’autres études ont également démontré que le fait de travailler en équipe inhibe l’innovation et la créativité. Par exemple, le sens commun suggère que le brainstorm est plus efficace en groupe. Après tout, les idées des uns alimentent la créativité des autres! Non? Eh bien, dans les faits, les brainstorms en équipe génèrent beaucoup moins d’idées que lorsque les gens réfléchissent chacun de leur côté.

Notre culture nous laisse croire que c’est une bonne chose d’accomplir systématiquement chaque tâche en groupe alors que c’est loin de toujours être le cas. De façon générale, les projets individuels sont beaucoup plus rentables pour les entreprises que les travaux d’équipe. Ceci étant dit, certains projets requièrent la coopération de plusieurs experts. Alors dans ce cas, que doit-on savoir pour être un bon “joueur d’équipe”?

Comment gagner plus souvent à League of Legends?

Plus de 100 millions d’individus jouent à League of Legends chaque mois. Et si un jeu peut être utilisé pour expliquer les dynamiques d’équipe, c’est bien celui-là!

Dans ce jeu, deux équipes de cinq joueurs s’affrontent pour détruire la base ennemie. Pour ce faire, ils doivent avancer à travers trois couloirs qui lient les deux bases ensemble. Traditionnellement, les cinq joueurs jouent cinq rôles bien différents pour maximiser leurs chances de gagner. Il y a un bruiser en haut, un mage au milieu, un attaquant avec un rôle de support en bas et une personne qui se promène à travers le terrain pour aider ceux qui ont besoin d’assistance.

L’important à retenir dans tout ça, c’est que chaque mort donne un avantage important à l’autre équipe.  Donc, si un de tes coéquipiers meurt deux ou trois fois au début d’un match, ça crée un effet boule de neige difficile à arrêter. C’est une expérience particulièrement frustrante qui, tu devineras, mène à beaucoup d’insultes lancées à droite et à gauche entre les membres du groupe.

Le parallèle que je veux effectuer ici est que toutes les équipes interdépendantes possèdent leurs sources de discorde. Quelqu’un, quelque part, va mal faire sa job. Ça va entraîner une réaction (probablement négative) de la part du reste de l’équipe.

La raison pour laquelle j’ai parlé de William James et de League of Legends est simple: c’est tentant de croire qu’on n’est qu’un pion ou engrenage dans un système complexe et que nos actions/décisions n’ont que peu ou pas d’impact sur le résultat final.

Cependant, la réalité est tout autre. Oncle Ben a dit à Peter Parker avant de mourir “Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités”. D’accord, mais il a oublié de dire le plus important: le contraire est également vrai. Avec de grandes responsabilités viennent de grands pouvoirs.

Ce n’est que lorsqu’on prend la responsabilité de sa propre vie en cessant de faire la victime qui joue au jeu du blâme (c’est de la faute au joueur qui n’arrête pas de mourir/ Janie qui fait pas sa job) qu’on peut commencer à exercer une influence positive sur son environnement.

En d’autres mots, assumer qu’on est responsables à 100 % de ce qui nous arrive dans la vie nous aide non seulement à exceller en tant qu’individu, mais également à gagner plus de matchs à League of Legends (lire: mieux performer en équipe)!

Selon les statistiques de Riot Game (la compagnie derrière le jeu), une équipe n’ayant aucun joueur négatif a 54 % de chances de gagner. Ce pourcentage baisse à 46 % lorsque trois des cinq joueurs ont une mauvaise attitude.

Et si tu doutes encore de l’impact que peut avoir un seul joueur sur la performance d’une équipe, considère ceci: les joueurs ayant un historique de comportements positifs gagnent 10 % plus de matchs que la moyenne. En contraste, les joueurs avec des antécédents négatifs gagnent 35 % moins de matchs, un écart de 45 %!

La raison pour laquelle je te dis tout ça est simple: tu dois reconnaître ton influence sur la performance de ton équipe, ne jamais blâmer tes coéquipiers et toujours rester optimiste et positif.

Je sais que ça sonne comme un gros tas d’âneries peace and love, mais fais-moi confiance, tu vas bientôt comprendre que les hippies ont peut-être raison sur un point après tout!

Comment entraîner un pilote de chasse

1960, Israël. Un jeune psychologue du nom de Daniel Kahneman donne une présentation à un groupe de pilotes de l’air. Il expose à tous les bases de la psychologie comportementale dans le but d’améliorer les performances des pilotes. Plus précisément, Daniel voulait souligner le fait que de féliciter un comportement positif fonctionne, mais que de réprimander un comportement négatif n’aide pas et peut même nuire.

Dans la salle, les instructeurs bouillaient d’incrédulité. Un d’entre eux lève la main pour s’exprimer: “J’ai souvent félicité mes pilotes lorsqu’ils ont fait des manoeuvres particulièrement spectaculaires. Par la suite, ils sont toujours moins bons. Et au contraire, lorsque je crie après les gens qui performent mal, ils s’améliorent toujours d’une bonne marge ensuite. Ne me dis pas que les encouragements fonctionnent, mais pas les punitions. Mon expérience prouve le contraire! ”

Kahneman a ruminé sur ce paradoxe pendant de longues nuits jusqu’à ce qu’il trouve la réponse dans un concept qu’il nomme “La régression à la norme”. Lorsqu’un instructeur crie après un étudiant, sa performance s’améliore. On a l’impression que c’est le feedback qui a causé l’amélioration du pilote , mais en fait, c’est plutôt la simple chance.

La régression à la norme veut simplement dire que, dans une séquence d’événements aléatoires, un événement extraordinaire va probablement, dû au hasard, être suivi par un événement ordinaire.

Chaque pilote possède une performance moyenne où on retrouve la plupart de ses vols. Bien sûr, la moyenne du pilote s’améliore au fil du temps, mais c’est un processus graduel qui est impossible à discerner d’une performance à l’autre. On doit plutôt observer la tendance.

Donc, lorsqu’un pilote performe de façon significativement supérieure à sa moyenne, l’instructeur a comme réflexe de le féliciter (ce qui est une bonne chose). Or, à cause du hasard, sa prochaine performance va probablement se trouver dans sa moyenne personnelle, c’est-à-dire qu’elle va être moins bonne.

À l’inverse, si le pilote performe mal et qu’il se fait réprimander, sa prochaine performance va s’améliorer, non pas à cause du feedback, mais à cause que sa performance va se rapprocher de sa moyenne personnelle.

J’explique la régression à la norme pour une simple et bonne raison: si quelqu’un dans ton équipe l’échappe, il s’agit sans doute d’un événement négatif qui sort de la performance moyenne de cet employé. Jouer à chercher un coupable ne va mener à rien de bon. Il faut mettre son égo de côté et retenir les pulsions qui nous poussent à corriger les autres pour avoir raison. Il faut se rappeler que ce genre de comportement fait perdre 45 % plus de matchs à League of Legends et que, même si notre coéquipier l’a échappé, c’est notre responsabilité de tout faire pour minimiser l’impact de l’incident sur l’équipe et/ou l’atteinte des objectifs.

Fin de l’extrait.

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Peur d’être démasqué? Voilà comment vaincre le syndrome de l’imposteur.

Ça nous est tous déjà arrivé dans notre vie d’avoir des doutes sur nos compétences. De se dire: “My god, pourquoi est-ce qu’ils m’ont choisi pour ce poste, je n’ai aucune idée de ce que je fais”, ou bien: “C’est la première fois que je fais ce genre de tâche, j’ai tellement peur que tout ce que j’ai appris jusqu’à présent soit de la bullshit et d’échouer lamentablement!”

Ce sont des réactions tout à fait normales quand on est novice dans un domaine et qu’on forge ses premières armes. Nos réalisations, nos réussites, et même nos échecs au fil du temps nous permettent d’être à l’aise avec notre emploi et de prendre la confiance nécessaire pour vaincre le doute qui nous habite quand on débute.

Ou pas…

Si la peur constante de ne pas être à la hauteur te hante encore après 5, 10 ou même 20 ans dans le domaine, on ne parle plus de l’insécurité du débutant. Il s’agit plutôt du syndrome de l’imposteur. En fait, c’est techniquement plutôt un phénomène qu’un syndrome, mais, puisque l’expression a été popularisée ainsi, on va continuer à utiliser le terme “syndrome” dans ce texte.

Il a d’abord été observé par les psychothérapeutes Clance et Imes dans les années 1970. Leurs recherches ont démontré qu’un très grand nombre de femmes ambitieuses et compétentes avaient l’impression d’être des impostrices et de ne pas être assez intelligentes pour mériter les tâches, postes ou avantages qui leur étaient accordés. Elles croyaient que la chance ou d’autres facteurs externes leur avaient permis de connaître leur succès.

Les études réalisées au fil des ans ont mis de l’avant que ce phénomène touche également les hommes, parfois même davantage que les femmes. Clance et Imes suggèrent que l’environnement familial et les stéréotypes des rôles associés aux sexes masculins et féminins dans la société contribuent grandement au développement du phénomène de l’imposteur, ce qui expliquerait en partie les variations dans l’association de ce phénomène à un genre distinct.

Comment le détecter

Le phénomène de l’imposteur se manifeste par ces symptômes:

  • Le sentiment d’être intellectuellement un imposteur;
  • La croyance que son succès est dû à la chance plutôt qu’à ses habiletés;
  • Le manque de confiance en ses capacités à reproduire ses succès passés;
  • La peur du jugement des autres;
  • La peur de l’échec;
  • La peur d’être démasqué;
  • L’incapacité à apprécier ses accomplissements.

C’est un peu comme avoir l’impression que tu es un acteur qui incarne une personne compétente qui a du succès, de faker un rôle qu’en réalité tu ne crois pas pouvoir réellement accomplir.

Ça te semble familier? C’est probable parce qu’on estime qu’environ 70 % des gens ont déjà vécu le phénomène de l’imposteur à un moment ou l’autre de leur vie.

Des répercussions sur ta carrière

Les gens qui vivent ce phénomène sont souvent des high achievers, des gens qui visent haut et qui ont l’habitude d’atteindre d’excellentes performances. Puisqu’ils n’ont jamais l’impression d’être assez compétents pour mériter leur succès, ce sont d’éternels insatisfaits qui visent toujours plus haut et qui se retrouvent pris au piège dans le cercle vicieux du perfectionnisme.

Ils sont aussi convaincus que les autres les perçoivent comme étant meilleurs que ce qu’ils sont réellement et ils vivent donc avec la peur d’être démasqués à tout moment et exposés comme des imposteurs qui ne sont pas à leur place (même si, en réalité, ce sont des professionnels tout à fait compétents et performants qui méritent leur succès et toutes les opportunités qui leur ont été présentées).

Bref, le syndrome de l’imposteur, c’est un frein pour ta carrière. C’est comme si tu te promenais dans une voiture de l’année, une belle Tesla Model S, mais que tu gardais la pédale de frein toujours à moitié enfoncée parce que tu es convaincu qu’en réalité c’est une poubelle bonne pour la scrap et que tu as peur que les autres le réalisent. C’est pourtant une voiture performante qui a fait ses preuves… En lâchant le break et en tenant le gaz au fond, tu pourrais en mettre plein la vue!

Tu passes surement à côté de plusieurs opportunités de peur de ne pas être à la hauteur. Peut-être que tu n’as pas osé aller porter ton c.v. pour un poste qui t’intéresse, que tu n’as pas appliqué pour une promotion, ou que tu as refusé de participer à un événement où tu aurais pu faire valoir tes compétences.

En remettant en question ta légitimité professionnelle, tu te prives d’atteindre ton plein potentiel.

Pour remédier à la situation, il faut d’abord apprendre à reconnaître et accepter le syndrome de l’imposteur, trouver quelqu’un avec qui en parler, ne pas te laisser démoraliser par les gens dans ton environnement de travail, cesser de te comparer aux autres, accepter tes imperfections, arrêter de glorifier les diplômes, apprendre à t’approprier ton succès et te laisser une chance sans te mettre des bâtons dans les roues.

Voyons donc tous ces points en détail.

Prendre conscience du phénomène

La première étape pour empêcher le syndrome de l’imposteur de nuire à ta carrière est de savoir l’identifier.

Chaque fois que te sens envahi par l’anxiété de ne pas pouvoir bien accomplir une tâche qui t’est pourtant familière, que tu te sens mal à l’aise de recevoir des félicitations pour un travail que tu crois qui n’a été bien fait que par chance ou bien qu’une petite voix hautaine te chuchote à l’oreille de ne pas trop te mettre de l’avant parce que d’autres que toi méritent davantage ton poste, prend un peu de recul et shoot toi une bonne dose de réalité.  

Demande-toi pourquoi tu te sens de cette façon et ce qui justifierait ces pensées négatives.

Une fois ces raisons identifiées, pose-toi les questions:

-Est-ce que ça change quoi que ce soit à tes compétences et ton expérience? “Non”.

-Est-ce que tu as réalisé des choses dont tu peux être fier et qui prouvent que tu es compétent? “Oui”.

Maintenant, demande-toi si ces pensées ou sentiments t’ont déjà freiné dans ta vie professionnelle. Tu n’arriveras peut-être pas à éliminer complètement ce phénomène de ta vie mais, en le reconnaissant et en identifiant les façons qu’il a de te nuire, tu pourras plus aisément le bloquer et apprendre à mettre la “switch à off”.

Parles-en

Comme bien des problèmes, avoir quelqu’un à qui en parler aide à y voir plus clair. Que ce soit un ami, un mentor ou encore un thérapeute, peu importe; tant qu’il s’agit d’une personne de confiance.

Avoir un autre point de vue sur le sujet te permettra de prendre conscience que le phénomène de l’imposteur est très commun. Peut-être même que la personne avec qui tu vas aborder le sujet subit aussi ce phénomène fréquemment et que vous pourrez avoir des discussions révélatrices à ce sujet!

En partageant son expérience du phénomène de l’imposteur avec quelqu’un d’autre, il devient rapidement moins imposant et ça devient plus facile de ne pas lui accorder autant d’importance et de le laisser nous contrôler.

Ne te laisse pas ton environnement te démoraliser

Malheureusement, il arrive que des collègues ou même le patron y soient pour quelque chose dans l’apparition du phénomène de l’imposteur en nous donnant l’impression de ne pas être à la hauteur. C’est le cas quand:

  • Le patron est un control freak qui ne te laisse pas travailler cinq minutes sans repasser derrière ce que tu fais;
  • Le patron ne prend jamais en considération tes idées et les balaie du revers de la main aussitôt exprimées;
  • Un collègue narcissique prend un malin plaisir à te mettre sous le nez la moindre de tes erreurs pour faire briller davantage ses propres performances;
  • Un collègue qui a le même poste que toi te regarde de haut parce qu’il a plus de diplômes;
  • etc.

Lire aussi: 17 types de mauvais patrons qui gâchent ta job

Malheureusement, ce sont des situations fréquentes qui peuvent être très démotivantes et nous donner l’impression de ne pas être assez compétents pour le poste qu’on occupe.  

Prends conscience de la façon dont les gens avec qui tu travailles affectent ta confiance en tes capacités. Ce faisant, tu réaliseras sans doute que tes compétences ne sont pas à blâmer.

Ne te compare pas aux autres

“Quand on se compare aux autres, on est rarement objectif et la comparaison est souvent relative.

On n’essaie pas de trouver nos points forts pour les mettre en comparaison avec les points forts des autres; on compare plutôt ce qu’on admire chez quelqu’un d’autre avec ce qui ne nous satisfait pas de nous-mêmes.

Si tu es introverti, tu te dis: “J’aimerais tellement avoir l’aisance de Johny dans un 5 à 7!”, si tu es lent au clavier tu te dis: “Si seulement j’étais capable de taper autant de mots/minute que Julie!” et pendant ce temps, Johny et Julie envient probablement tes habiletés en informatique et en design visuel.

On se connaît soi-même de l’intérieur (nos pensées, nos doutes, nos peurs), mais on ne connaît les autres que de l’extérieur (l’apparente confiance, la mise de l’avant des qualités).

C’est impossible de ne pas se comparer de façon biaisée, alors ne te compare à personne d’autre qu’à la personne que tu étais hier!

Ne vise pas la perfection

Le syndrome de l’imposteur est souvent amplifié par le perfectionnisme. On a l’impression qu’il faut être parfait dans tous les aspects de notre domaine pour mériter notre succès. Pour vaincre le syndrome de l’imposteur, il faut donc aussi apprendre à contrôler ses tendances perfectionnistes et accepter ses imperfections.

Lire aussi: Bienvenue aux perfectionnistes anonymes  

Au lieu de concentrer ton attention sur la perfection que tu aimerais atteindre, concentre-toi plutôt sur la valeur que tu crées par ton travail.

Même si tu ne sais pas tout et que tu n’es pas parfait, la perfection n’est pas un prérequis pour pouvoir partager tes connaissances. Tu en connais probablement beaucoup plus que bien des gens dans ton domaine et ce que tu peux leur apporter a une grande valeur.

Tu n’as pas à tout maîtriser pour mériter ton succès. Je ne dis pas que tu doives te complaire dans la médiocrité, mais descends la barre que tu vises pour qu’elle soit au moins humainement atteignable.

Nous sommes tous des imposteurs!

Si, selon toi, pour ne pas être un imposteur il faut être parfait et tout connaître dans son domaine, alors dis-toi que nous sommes tous des imposteurs. Personne n’est parfait dans son travail et, plus souvent qu’autrement, les gens savent à moitié ce qu’ils font et apprennent le reste “sur le tas”!

Alors, prends un moment de recul quand tu te mets à obséder sur des détails et demande-toi à partir de quel moment ce que tu fais est suffisant pour atteindre les objectifs, sans être parfait.

Ne te laisse pas intimider par les diplômes

Ne surestime pas les diplômes. En fin de compte, ça te donne un beau bout de papier à encadrer. Ça dit au monde que tu as versé des milliers de dollars à une institution pour avoir des connaissances dans un domaine et que tu as assisté à assez de cours pour avoir la note de passage. Ni plus, ni moins.

Alors, ne sois pas intimidé par quelqu’un qui a plus de diplômes que toi, ce n’est pas forcément un gage de compétence.

Ça veut seulement dire que la personne a une longueur d’avance sur les bases d’un domaine précis (et quelques sujets complètement inutiles au poste qu’elle occupe). Mais dans la réalité du marché, avec toutes les ressources à notre disposition de nos jours, les chances sont qu’une personne autodidacte qui sait où chercher de l’information pertinente va être plus compétente qu’un diplômé qui a la curiosité intellectuelle d’une roche.

Approprie-toi ton succès

Tu ne t’es pas rendu où tu es simplement par chance, ni à cause de tes beaux yeux, ni même à cause de ton réseau de contacts. Ce sont tous des facteurs qui peuvent influencer un parcours professionnel mais, si tu étais un plouc sans talent, tu n’aurais pas pu réaliser les accomplissements qui t’ont permis de te rendre où tu es présentement.

Ne te concentre pas sur ce que tu ne peux pas faire ou n’as pas encore fait, concentre toi plutôt sur la valeur que tu as pu apporter dans ton emploi au fil du temps.

Un geste concret que tu peux poser pour t’aider à t’approprier ton succès est de dresser une liste (ça peut être dans un petit carnet ou un fichier à l’ordinateur) de tes bons coups des dernières années et de la tenir à jour avec les succès que tu connais au fil du temps. Tu peux conserver dans cette liste de “wins” les commentaires de clients satisfaits, les statistiques de vente, la production que tu as réussi à atteindre, bref, tout ce qui te prouve que tu fais du bon travail.

Dans les moments de doute où le syndrome de l’imposteur s’invite dans ton esprit, ouvre ton fichier ou ton carnet pour te rappeler que tu es à ta place et que tu l’as bien méritée.  

On nous apprend dans la vie qu’il faut assumer la responsabilité de nos échecs; il en va de même pour nos succès!

Laisse-toi une chance

Même si tu as l’impression de ne pas être à la hauteur de ton travail, ce n’est pas à toi d’en décider, c’est à ton employeur.

Alors, que ce soit pour décrocher une promotion ou obtenir un nouvel emploi, ose viser haut et laisse tes accomplissements et ton travail parler d’eux-mêmes. Ne te mets pas des bâtons dans les roues en ne tentant pas ta chance parce que tu ne crois pas être à la hauteur.

Ne te prive pas d’atteindre ton plein potentiel et ne prive pas le monde de tes talents!

Conclusion

Le syndrome de l’imposteur peut mettre un frein sur ta carrière si tu le laisses te contrôler. Pour l’empêcher de nuire, il faut d’abord prendre conscience du phénomène, en identifier les causes et les façons dont ça te nuit au travail.

Parler de ton expérience avec le syndrome de l’imposteur avec une personne de confiance, soit un ami, un mentor ou même un thérapeute, peut être très bénéfique pour mettre les choses en perspective et réaliser que tu n’es pas seul à vivre ce phénomène.

Ensuite, c’est important de prendre conscience de la façon dont ton environnement de travail, tes collègues ou ton patron, affectent ta confiance en tes capacités. C’est possible que ce soit un élément déclencheur pour le phénomène de l’imposteur et que tes compétences ne soient pas à blâmer.

Tu dois aussi cesser de te comparer aux autres. C’est impossible de ne pas se comparer de façon biaisée puisqu’on ne connaît réellement les autres que selon ce qu’ils laissent paraître. Alors, ne te compare à personne d’autre qu’à toi-même.

Les tendances perfectionnistes ont aussi souvent un rôle de premier plan à jouer dans le phénomène de l’imposteur. On a trop souvent l’impression qu’il faut maîtriser son domaine avant que notre travail ait une réelle valeur. Ce n’est pas le cas, car personne n’est absolument parfait dans son travail et les gens apprennent souvent “sur le tas” en tirant profit de leurs erreurs.

Une trop grande importance accordée aux diplômes des autres par rapport aux siens peut aussi déclencher ce phénomène. Il ne faut pas perdre de vue qu’une personne autodidacte qui sait comment bien faire ses recherches est souvent plus compétente qu’une personne surdiplômée, mais sans curiosité intellectuelle.  

Pour apprendre à t’approprier tes succès, tu peux dresser une liste de tes bons coups passés que tu peux mettre à jour au fil du temps. Dans les moments de doute, cette liste peut devenir un outil pour te rappeler que tu es compétent et mérite ton succès.

Finalement, ne te prive pas d’opportunités de peur de ne pas être à la hauteur. Ce n’est pas à toi d’en juger, mais à ton employeur. Si tu veux qu’il te donne ta chance, tu dois d’abord t’en laisser une.

Le bon côté

Le syndrome de l’imposteur est un phénomène normal que la plupart des gens ont ressenti ou ressentiront au cours de leur vie.

Si quelqu’un te répond qu’il n’a jamais ressenti ça, malheureusement pour cette personne c’est peut-être parce qu’elle atteinte de l’inverse du syndrome de l’imposteur: l’effet Dunning-Kruger, qui est la tendance de certaines personnes trop confiantes à se considérer beaucoup plus compétentes qu’elles ne le sont en réalité.

Alors, ne t’en fais pas, le bon côté du syndrome de l’imposteur est que ceux qui en souffrent et qui ont peur de ne pas être assez compétents sont généralement ceux qui le sont réellement!

Sommes-nous victimes des circonstances et du hasard?

Sommes-nous toujours victimes des circonstances?

New York, 11 janvier 1842. Un bébé du nom de William James voit le jour.

L’expression “voir le jour” est incroyablement ironique puisque le petit William est né temporairement aveugle pour ensuite conserver de sévères troubles de vision tout au long de sa vie.

Même s’il est né dans une famille influente, riche et respectée par l’élite new-yorkaise, William est loin d’être chanceux. Il a des problèmes de peau, un trouble d’estomac qui le fait constamment vomir, des problèmes d’ouïe et des spasmes de dos si intenses que ça lui arrive de ne pas pouvoir s’asseoir ou se tenir droit pendant des jours.

À cause de sa santé fragile, le petit William passe la majorité de son temps à la maison. Il n’a pas beaucoup d’amis et n’est pas particulièrement bon à l’école. Il meuble plutôt ses journées à peindre, la seule chose qu’il aime faire. Malheureusement pour lui, personne ne le trouve vraiment talentueux et, une fois adulte, personne n’achète ses oeuvres.

Pendant ce temps, son petit frère (Henry James) et sa soeur (Alice James) sont occupés à devenir des écrivains reconnus à travers le monde. Incroyablement déçu de William, son père l’intimide constamment en le traitant de lâche ou de bon à rien. Il est le mouton noir, l’échec de la famille.

Dans un dernier espoir de rédemption, son père utilise ses connexions pour faire admettre son fils à Harvard Medical School. Malheureusement pour celui-ci, la médecine n’est vraiment pas quelque chose qui l’intéresse. Sur le campus et dans ses cours, entouré de l’élite, William se sent inadéquat — comme un imposteur.

Après seulement un an, William quitte Harvard. Pour éviter d’avoir à dealer avec la rage de son père, il s’enrôle dans une expédition anthropologique à travers la forêt amazonienne.

Il faut dire qu’en 1860, les voyages intercontinentaux étaient excessivement périlleux — rien à voir avec la mode des jeunes qui partent découvrir le monde en back pack, armés d’un selfie stick et d’un compte Instagram.

Après 6 mois et un intense mal de mer, William réussit à se rendre jusqu’au coeur de la forêt amazonienne. Une fois sur place, la balade en forêt tourne au cauchemar. Non seulement il contracte la petite vérole, mais ses spasmes de dos ressurgissent, le rendant incapable de marcher.

William se retrouve seul au beau milieu de l’Amérique du Sud, abandonné par son groupe d’expédition. Pour revenir à la maison, il doit entreprendre un voyage qui va prendre plusieurs mois et très probablement le tuer.

Contre ses propres attentes, il réussit à retourner en Angleterre, où il est accueilli par un père encore plus découragé. William, maintenant âgé de 30 ans, est un échec lamentable — il a échoué littéralement tout ce qu’il a entrepris jusqu’à ce point. Tout ça malgré le fait qu’il est né dans une des meilleures familles du pays. Les seules constantes dans sa vie sont la souffrance et l’échec.

Un soir, alors qu’il lisait les écrits de Charles Peirce, il décide de débuter une petite expérience… Pendant un an, il allait assumer et croire de toutes ses forces que tout ce qui lui est arrivé dans sa vie était de sa faute — qu’il est le seul responsable de son triste sort. Pendant un an, il allait tout faire pour améliorer ou changer ses circonstances pour le mieux. S’il en venait à échouer, cela voudrait donc dire qu’il était réellement une victime impuissante du mauvais hasard et que rien qu’il puisse faire n’allait changer quoi que ce soit. Si tel était le cas, la seule option logique serait de s’enlever la vie, chose qu’il s’est engagé à faire.

Ce qui est drôle dans cette triste histoire, c’est que William James est aujourd’hui reconnu comme étant le père de la psychologie américaine moderne. Son travail a été traduit dans des centaines de langues et il est un des auteurs les plus cités dans ce domaine. Ce raté total est devenu un des intellectuels/psychologue/philosophe les plus influents de notre temps. William nous confie dans son journal qu’il s’est senti renaître à travers sa “petite expérience” et lui attribue TOUT ce qu’il a accompli plus tard dans sa vie.

On ne contrôle pas toujours ce qui nous arrive, mais on contrôle TOUJOURS comment on y réagit. Qu’on le réalise ou pas, on est tous responsables de notre expérience de vie.

Fin de l’extrait. 

Extrait du ebook Double ta valeur

Comment mieux travailler en changeant ses habitudes

How you do anything is how you do everything…

La première fois que j’ai entendu la phrase, je dois avouer que j’étais un peu perplexe. Je me suis dit: “tiens, un autre plouc analphabète qui essaie de se rendre intéressant en publiant des aphorismes ésotériques sur sa page Facebook.”

How you do anything is how you do everything se traduit en bon français par “tu fais tout de la même façon que tu fais n’importe quoi”. Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que ça sonne bizarre, alors on va garder ça en anglais pour le reste du chapitre.

De retour devant mon ordinateur à procrastiner en défilant mon fil d’actualité Facebook, je relis la citation plusieurs fois dans l’espoir d’être frappé d’une profonde épiphanie… J’essaie vraiment fort, mais rien ne vient. Je défile encore. Tiens, un vidéo de chat! *J’aime*

Ça m’aura pris un an, une relation de couple et 5 000 $ pour que cette épiphanie m’atteigne enfin.

Un étranger face à soi-même

Rares sont les gens qui disent “à l’instant même, ma vie est parfaite et je veux que rien ne change”. On a tous une idée, un idéal, de ce qu’on aimerait devenir comme personne ou du style de vie qu’on souhaiterait atteindre. Qu’il s’agisse de perdre un peu de poids, d’arrêter de fumer, de lire un livre, d’acheter une maison, de quitter son emploi ou même de gagner à la loterie…

On a tous une image, une vision de ce à quoi la vie parfaite pourrait ressembler. Si tu lis ce livre, alors probablement que ta vision du futur inclut un bureau vitré en coin, un salaire dans les six chiffres et une Tesla S (il faut bien sauver la planète!). Peut-être que je me trompe aussi, mais là n’est pas la question. Le “toi futur” que tu imagines est une version 2.0 de toi. Une formule améliorée et complètement redessinée.

C’est tout à fait normal, on appelle ça “être optimiste”. Le problème, c’est que lorsque tu imagines cette version de toi-même, tu ne crois pas “vraiment” qu’il s’agit de toi. Du moins, c’est ce qu’a découvert Hal Hershfield, un sociopsychologue de l’Université de Californie à Los-Angeles (UCLA), alors qu’il mesurait les ondes cérébrales des gens après leur avoir demandé de s’imaginer dans 10 ans. Selon ses recherches, on pense à notre “futur moi” de la même façon que l’on pense à un étranger.

Résultat? Notre “moi présent” ne fait absolument rien pour n’avoir ne serait-ce qu’une infime chance de ressembler à notre vision ambitieuse du boss qu’on fantasme si ardemment devenir. On s’imagine qu’on va magiquement se transformer en dieu soleil tout en se disculpant de tout effort en trouvant des barrières hors de notre contrôle nous empêchant d’être cette personne dans l’immédiat.

En d’autres mots, tu pourrais bien gagner 300 000 $ par an, mais ton boss est tellement épais que ça ne risque pas d’arriver de sitôt! Puisque ce n’est pas de ton ressort, alors tu n’as pas vraiment à de te sentir mal si tu n’agis pas tout de suite. Et puisqu’on pense à notre futur nous comme étant un bad-ass parfait, c’est certain que LUI va être capable de trouver la solution!

Et pas besoin de se projeter 10 ans dans le futur pour constater les effets ravageurs de ce phénomène. On se dit tous des trucs comme “cet été j’aurai moins de travail, je pourrai me remettre en forme”, “après ce dernier projet, je vais me concentrer plus sur ma famille”, “on est dans le rush de Noël, mais après je vais avoir le temps de lire”. La formule va comme suit: “après X contraintes, je pourrai atteindre Y résultats”.

Le pire dans tout ça, c’est qu’on est toujours complètement sincère. On se ment éhontément et on aime ça. La promesse de changement est l’illusion qui nous enchaîne à la version présente de nous-mêmes. Pour se rendre compte qu’il s’agit d’un paquet de conneries, ça prend une conscience de soi légendaire. D’où l’importance de partager ce livre à un ami et d’avoir un complice de développement personnel qui va avoir l’honnêteté de te dire “si tu ne t’inscris pas au gym aujourd’hui, tu ne le feras probablement pas dans 6 mois, alors aussi bien arrêter d’y penser et accepter que tu es une grosse merde fainéante”.

Des amis comme ça, ça vaut de l’or!

Un cerveau sur l’autopilote

Je devrais probablement consulter un psy puisque j’ai la fâcheuse tendance à vouloir “aider” tout le monde, plus particulièrement mes proches. C’est sûrement ce qui explique mon intérêt envers l’éducation et pourquoi je blogue et crée autant de contenu. Bref. J’avais une petite copine qui, à l’époque, travaillait dans un centre d’appel pour un salaire pas très impressionnant.

Elle suivait beaucoup d’entrepreneurs sur le web et rêvait d’avoir une chaîne YouTube prolifique lui permettant de devenir riche et célèbre. Malheureusement, elle gagnait à peine assez d’argent pour s’acheter l’équipement nécessaire et ses cartes de crédit étaient déjà en train de déborder.

Elle était motivée, lisait Napoleon Hill, écoutait Tony Robbins et rêvait de devenir une “Girl Boss”.

Puisque je vis au Québec et que je déteste l’hiver, j’hiverne souvent sur une plage — l’avantage d’avoir une entreprise sur le web.

Janvier arrive et je propose à ma copine d’aller vivre trois mois en Asie du Sud. Naturellement, elle me répond qu’elle n’a pas l’argent pour faire ça. Je la rassure et lui dis que je vais payer pour tout à une condition: elle doit en profiter pour démarrer son entreprise et quitter son emploi à son retour.

Elle est motivée, c’est la chance qu’elle attendait. Elle me dit oui et on book notre vol — ça va être tout un voyage!

C’est à destination que j’ai commencé à comprendre… How you do anything is truly how you do everything.

J’ai dû retirer toutes les embûches du chemin de quelqu’un et lui tenir la main pour la faire avancer vers son objectif pour me rendre compte du sens de cette phrase.

Nous sommes des créatures d’habitudes. Si tu n’as pas l’habitude d’être passionné par ton travail, retirer tes embûches ne va pas magiquement faire de toi une personne passionnée. Si tu coupes les coins ronds dans une job que tu n’aimes pas, tu ne vas pas magiquement être perfectionniste en changeant de travail.

On est nos habitudes de vie. On ne se réveille pas magiquement un bon jour en étant une personne différente. On a un bagage qui nous suit: les mauvais plis (et les bons) qu’on développe et qu’on traîne au fil du temps.

Une habitude de vie, c’est un peu comme un autopilote. Lorsqu’une situation familière se présente, notre cerveau cherche un programme qu’on connaît bien et part la cassette. Faire autrement demande une dose de contrôle personnel difficile à maintenir.

Les habitudes qui nous retiennent dans une chose (comme vouloir perdre du poids) vont souvent être les mêmes habitudes qui vont nous nuire dans les autres sphères de la vie. Ce qui veut dire que d’adresser une habitude problématique dans ta vie professionnelle a des répercussions positives sur ta vie personnelle et vice versa.

C’est pourquoi il faut faire attention pour ne pas se retrouver trop longtemps dans des situations si désagréables qu’elles nous transforment — comme une relation de couple qui nous rend malheureux ou un travail qui nous ne motive pas. Lentement mais sûrement, ces situations vont changer nos habitudes de vie pour faire de nous de moins bonnes personnes. Tout ça à notre insu.

Comme un cancer qui se développe sournoisement, on s’en rend souvent compte lorsque les symptômes commencent à se présenter: problèmes financiers, chicanes de couple, difficultés professionnelles, isolement…

La solution face à ce genre de situation n’est pas nécessairement de s’en détacher — ça peut aider, mais le mal est déjà fait. Il faut plutôt avoir de l’empathie envers soi-même, réaliser qu’on a du travail à faire et investir quelques mois à repasser nos mauvais plis. En théorie, les situations désagréables vont progressivement se transformer pour le mieux. Si elles ne se résolvent pas naturellement, alors elles vont devenir instables et se terminer d’elles-mêmes (renvoi, rupture, etc.).

Si tu es dans ce genre de situation et que tu ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer, alors je te recommande (pour le bien-être de ta santé mentale) de prendre la responsabilité d’y mettre fin. Au moins, tu auras la fierté d’avoir terminé ça en tes propres termes et ça va t’éviter de tomber dans une mentalité de victime.

Bref, peu importe ta situation, c’est important de comprendre que la loi du 80/20 s’applique également à nos habitudes de vie. Une poignée d’entre elles est responsable de la majorité des gains possibles en productivité. Puisque productivité est synonyme de production de valeur, alors ces habitudes sont universelles et s’appliquent à toutes les sphères de ta vie.

Dans le reste de ce chapitre, je vais pointer du doigt trois habitudes de vie de marde. Je vais non seulement t’expliquer comment t’en débarrasser, mais également par quoi les remplacer.

Ces habitudes de vies sont sournoises puisqu’elles proviennent de croyances populaires (malheureusement fausses). Probablement que la lecture des pages qui suivent va réveiller un sentiment de scepticisme en toi. Ton esprit va être particulièrement distrait et tu vas ressentir l’urgence de regarder tes notifications sur ton téléphone. C’est normal. C’est la résistance à l’oeuvre. Ne t’inquiète pas, on va en parler plus en détail dans le prochain chapitre. Mais pour contrer cet effet, je t’invite à prendre deux minutes pour regarder ton téléphone et ensuite mettre ta sonnerie à silencieux. Dans la vie, rares sont les choses qui ne peuvent attendre que tu finisses ta lecture de quelques pages.

Je t’invite aussi à faire un effort additionnel pour chercher la présence et l’impact de ces habitudes, autant dans ta vie que celle des autres. On est tous imparfaits, il n’y a aucune honte à être humain. La seule honte se trouve à être un humain imparfait qui refuse d’évoluer car il est convaincu d’être parfait!

Pour une lecture plus approfondie sur les habitudes de vie, je te recommande fortement le best-seller “The Power of Habits” par Charles Duhigg.

Le mensonge de la visualisation

L’histoire d’un mégalomane saoul

“2.5 millions, c’est moins cher qu’on pense!”

Guillaume (mon cousin/meilleur ami) me regarde et peine à retenir son fou rire. “Ah ben oui! Juste 2.5 millions, à ce prix-là t’en prends deux!” Jean-François (mon autre cousin) arrive au même moment. “De quoi vous parlez? — Ah ben… Olivier est en train de me montrer l’île qu’il veut acheter quand il va être riche!”

Je prends une autre sip de scotch, reprends mon sérieux et continue. “Attends, c’est pas ça le plan. Je commence par acheter l’immeuble où j’habite pour faire 2-3 petits changements… Imagine que je fais une terrasse sur le toit et que je mets un spa. Faque là, on est là, dans le spa, avec 2 ou 3 top modèles (évidemment) et, alors que tu te retournes la tête pour remplir ton verre de champagne, tu te fais accueillir par la vue de mon héliport avec mon hélicoptère. BAM!”

J-F me regarde avec ses yeux de “Eille, come on dude” et me lance d’une voix hésitante “Ouain, pas certain que tu aies le droit de faire atterrir un hélicoptère au centre-ville comme ça”.

Il a raison, j’ai fait mes devoirs. Je dois avouer mon hyperbole. “Tu as raison… Ça me fait vraiment chier. MAIS, j’ai trouvé la solution. On reste sur le bord du port, alors j’ai juste à m’acheter un yacht avec un helipad!”

Guillaume part à rire, J-F se met la main sur les yeux.

“C’est là que l’île entre en jeux! Comme ça, je pourrais rentabiliser mon yacht ET mon hélicoptère!”

Pour mes deux amis, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je les comprends, j’avoue moi-même que mon plan est (un peu) ridicule. Le plus drôle, c’est qu’ils savent que, malgré tout, une petite partie de moi pense sérieusement à tout ça… Du moins, assez pour regarder les prix et m’informer pour obtenir un permis de pilotage.

En quoi est-ce que ma mégalomanie a à voir avec les mauvaises habitudes de vie? Bonne question. J’y reviens…

Optimiste ou réaliste?

En 1999, deux chercheurs ont fait une découverte fascinante en suivant trois groupes d’étudiants pendant une semaine avant leurs examens de mi-session. L’expérience se déroulait comme suit… Le premier groupe devait faire un exercice de visualisation avant chaque session d’étude. Lors de cette session de visualisation, les étudiants devaient imaginer la sensation et l’expérience de recevoir une note parfaite. Les participants du deuxième groupe, quant à eux, devaient faire les mêmes exercices de visualisation, mais cette fois-ci en imaginant le processus, c’est-à-dire le travail nécessaire pour atteindre une note parfaite. Finalement, le troisième groupe était un groupe contrôle et n’avait rien de particulier à faire.

Les résultats ont pris nos deux chercheurs par surprise. Non seulement le groupe B (visualisation du processus) a surpassé les groupes A et C, mais le groupe A (visualisation du résultat) a performé moins bien que le groupe contrôle! D’autres études ont par la suite confirmé ce phénomène.

Il semblerait que l’action d’imaginer le résultat anticipé trompe notre cerveau à penser qu’on ait déjà atteint ce dit objectif, réduisant ainsi notre motivation à agir dans l’immédiat.

Au contraire, visualiser le processus nous aide à planifier l’atteinte de l’objectif. Ce plan nous rassure sur la faisabilité de notre projet, ce qui réduit notre anxiété et augmente notre confiance.

Même un rêve fou se planifie.

Gary Vaynerchuk est présentement l’un des entrepreneurs les plus influents dans le monde des médias aux États-Unis. Son parcours est, disons… intéressant! Né en Union soviétique, sa famille a immigré aux États-Unis alors qu’il n’était qu’un bébé. À 24 ans, il reprend la business de son père (un magasin de vin) et amène l’entreprise de 1 à 50 millions de chiffre d’affaires annuel en cinq ans. Il a écrit quatre New York Times Best Sellers et a fondé une agence numérique qui gère la présence web de compagnies dans les Fortune 500 telles que GE et PepsiCo. Il a également fait partie des premiers investisseurs dans Facebook, Twitter, Tumblr & Uber.

Bref, Gary est un gars intense. Par exemple, il dit souvent que son rêve est d’acheter les New York Jets, une équipe de football évalué à 1,23 milliards.

Tout ça semble bien, mais maintenant que tu sais que la visualisation d’un objectif ambitieux n’aide pas vraiment, c’est à se demander ce qu’il y a de spécial avec Gary.

Lors de sa première entrevue avec Larry King, il explique la raison derrière son rêve fou: “Je vais sans doute mourir sans avoir atteint cet objectif et ça ne me dérange pas. Acheter les jets n’est pas le point. Ce qui importe, c’est le processus qui va m’amener à acheter les jets.”

Se fixer un objectif précis et ambitieux (comme acheter un yacht, perdre du poids ou même arrêter de fumer) n’est que la première étape — c’est comme se fixer une destination. La deuxième étape est de se faire un plan qui va nous permettre d’atteindre cette destination.

Planifier, c’est amener le futur dans le présent pour qu’on soit en mesure d’y avoir un impact maintenant. — Alan Lakein

Lorsque Gary s’imagine acheter les Jets, il s’imagine aussi se lever à 5 h tous les matins et travailler 13 h par jour.

Au moment où j’écris ces lignes, on est le 24 décembre et il est 8 h du soir. Je ne suis pas obligé d’écrire et je n’ai pas besoin de ce livre pour vivre. Cependant, il joue un rôle bien précis dans un plan machiavélique de domination mondiale. Lorsque je visualise mon île, je visualise également les sacrifices qui viennent avec.

Et pas juste les sacrifices, mais aussi mes propres manques personnels. Je visualise les matins où je n’aurai pas le goût de me lever, les soirs où j’aurai à dire non à mes amis pour travailler, les moments où j’aurai à dire non alors que j’aurais le goût de dire oui.

Il faut prévoir les événements négatifs qui vont se trouver sur notre chemin, les planifier et les anticiper. C’est le seul moyen de s’en prémunir et d’être prêts lorsque l’inévitable va arriver.

La culture et sa pseudo science à 2 cents.

“S’il t’arrive un accident de voiture, c’est parce que tu l’as attiré avec ta pensée. Les pensées possèdent leur propre plan d’existence qui est régi par la loi de l’attraction. Les pensées similaires s’attirent et influencent le monde physique.”

Personnellement, je pense qu’il faut être complètement taré pour croire un tel ramassis de bullshit. Malheureusement pour moi, il semblerait que les 19 millions de personnes ayant acheté “Le Secret” par Rhonda Byrne ne partagent pas mon opinion.

Ce livre est probablement la figure la plus proéminente d’un nouveau courant de pensée populaire sur le positivisme. Selon eux, la visualisation joue un rôle hyper important dans l’accomplissement de soi. Si on visualise ce qu’on désire, notre vie va magiquement se transformer pour concrétiser notre vision.

Le point que j’ai voulu faire dans les dernières pages est: laisse ces âneries aux hippies. La visualisation d’un monde idéal et parfait n’est pas une promesse de changement, mais plutôt un moyen de défense inconscient que notre corps utilise (avec beaucoup d’efficacité) pour combattre l’anxiété générée par une situation (et non pour changer ladite situation).

Voici un extrait de Willpower Instinct par Kelly McGonigal. Elle y explique le “syndrome des faux espoirs”. Je trouve ça pertinent à notre réflexion:

D’un point de vue “bonheur généré”, on peut difficilement comparer l’effort de changer à l’excitation générée par l’action d’imaginer qu’on va changer. C’est non seulement plus facile, mais beaucoup plus agréable de contempler la promesse de changement, sans avoir à gérer le trouble que ça implique. C’est pourquoi plusieurs personnes vont abandonner très rapidement, seulement pour réessayer quelques semaines plus tard. Elles préfèrent recommencer encore et encore plutôt que de trouver un moyen permanent pour changer. Le high qu’on reçoit lorsqu’on imagine son propre makeover est une drogue difficile à quitter. (P.152)

Plus tard, on peut également lire:

Le suroptimisme mène à l’échec, ce qui entraîne un sentiment de culpabilité et d’anxiété. En réponse, notre cerveau déclenche des habitudes pour atténuer ces émotions négatives (comme procrastiner, manger, consommer, etc.).

C’est normal, voire très sain d’avoir des rêves ambitieux. Cependant, il existe une distinction importante entre réalisme et optimisme. Le premier va t’amener du changement (et beaucoup de travail) tandis que l’autre ne sert qu’à te faire oublier ton mécontentement face à ta propre situation.

Le premier réflexe à avoir lorsqu’on se prend en train de rêvasser à un monde parfait est de déconstruire cette réalité et de calculer exactement tout ce qu’il faut faire pour la concrétiser.

Calcule tout! Le temps que ça va prendre, l’argent dont tu vas avoir besoin, les contacts que tu vas devoir faire.

J’ai souvent fait de la consultation avec des entrepreneurs qui veulent plus de résultats et je dois avouer que ça me sidère à quel point peu de personnes ont cette habitude.

On va me dire quelque chose comme “j’aimerais faire 10 ventes par jour”. Sur quoi je réponds “Quel est ton coût par prospect (coût publicitaire pour avoir un contact intéressé à acheter) et quel est ton taux de conversion (pourcentage des prospects qui finissent par devenir client)?”

On me répond souvent quelque chose qui tourne autour de 3 $ et 5 %.

Avec ces chiffres, on peut dire que ça coûte en moyenne 60 $ faire une vente et que, pour en faire 10 par jour, il va falloir investir 600 $ par jour en publicité. Lorsque je dis ça, la personne me regarde, la bouche ouverte, et répète mes derniers mots avec hésitation: “600 $… par jour?!

— Yep, 220 000 $ en publicité par année. Et probablement plus autour de 440 000 $ parce que le coût double souvent lorsqu’on met une campagne publicitaire à l’échelle comme ça! Donc 1 200 $ par jour.”

Leur regard pétillant d’ambition devient flat comme un rhum & coke trop fort… Ils aiment fantasmer à l’idée de faire 10 ventes par jour (ce qui équivaut à plusieurs milliers en profits), mais chignent lorsque j’explique qu’ils vont devoir risquer une bonne partie de leur argent pour atteindre cet objectif.

Pour réussir, il faut dire oui à UN rêve, le déconstruire et s’engager à le prioriser sur tout le reste.

Lorsque tu vas manquer de motivation (parce que ça va arriver), passe 5 minutes à rêvasser à ton objectif avant de te rappeler que cette réalité future n’est possible que si tu exécutes ton plan à la perfection dans le présent.

Pour te motiver encore plus, imagine que tu te regardes à travers les yeux de ton “futur moi”, le boss qui a tout ce que tu as toujours rêvé. Mets-toi à sa place et observe-toi, là sur le divan,  à manger des Cheetos en écoutant “Célibataires et nus”. Regarde-toi bien et juge-toi.

Il est possible que tu te sentes coupable. Il faut donc anticiper que ton corps veuille atténuer ce sentiment à travers une routine (ex.: accompagner tes Cheetos d’une coupe de vin). Résiste à cette tentation, rappelle-toi du plan et passe à l’action.

Et si ce n’est pas assez, fais-toi peur en imaginant le pire scénario possible qui te guette. Imagine-toi finir ta vie dans une job qui te donne le goût de te pendre, vivre chaque jour avec un/une partenaire que tu n’aimes pas, et devoir te réconforter à travers l’alcool cheap, la bouffe grasse et Netflix.

Analyse la trajectoire de ta vie. Regarde bien tes deux ou trois dernières années, car elles sont une bonne indication d’où elle se dirige.

Demande-toi: si chaque journée de ma vie est exactement comme aujourd’hui, est-ce que je vais atteindre mes objectifs dans le temps souhaité? Si oui, alors tu peux écouter ton émission niaiseuse sans remords. T’as fait une belle job, tu peux même te verser un scotch avec ça! Mais si la réponse est non, demande-toi ce que tu devrais changer à ta routine quotidienne pour corriger la trajectoire de ta vie.

Jim Rohn disait quelque chose comme “Manger du fast food, c’est une mauvaise habitude. Manger du fast food chaque jour pendant 10 ans, c’est un désastre”.

C’est facile de sous-estimer l’importance des petites choses, mais il faut réaliser que ce sont nos habitudes — ce qu’on fait tous les jours — qui déterminent qui nous sommes et quel genre de vie on mène.

Puisqu’on surestime notre “futur-moi” tout en se dissociant de lui, c’est facile de dire “demain”. Mais demain arrive, et le “moi” présent n’a pas plus la force ou la motivation de faire ce qu’il doit faire. Il faut être pessimiste. Se dire que si on ne le fait pas aujourd’hui, on ne le fera pas plus demain.

Le secret n’est pas la pensée magique. Le vrai secret, c’est une dose démesurée d’ambition mélangée à une douche froide de réalisme.

Fin de l’extrait. 

1 Les obsessions du perfectionniste

Bienvenue aux perfectionnistes anonymes

Comment reconnaître que c’est un problème et surmonter sa phobie de l’imperfection en 8 étapes

Il y a un truc qui ne tourne pas rond dans notre société: l’idée qu’on se fait de la perfection.

C’est un état qu’on passe notre vie à rechercher: le corps parfait, la maison parfaite, l’alimentation parfaite, le métier parfait…

On glorifie l’idée de la perfection comme étant une finalité à atteindre pour être heureux. Pourtant, on vit dans un monde où il y a une énorme différence entre ce qui “est” et ce qui “paraît être”. Pensons simplement à Facebook. On choisit rarement de mettre en photo de profil notre look le plus authentique du samedi matin au réveil ou de publier des vidéos de nos chicanes de couple… On choisit plutôt notre plus belle photo, celle qui nous avantage le mieux même si elle commence à dater de quelques années, et on ne publie que les photos de couple où tout est rose et parfait avec des coeurs qui flottent dans l’air et des anges joufflus qui jouent de la harpe.

L’envie d’être parfait nous suit même au travail. Ironiquement, le perfectionnisme peut également nous empêcher d’être productifs et nuire énormément à notre rendement.  

Personne n’est parfait

C’est une très bonne chose d’être rigoureux, minutieux et de s’appliquer dans son travail. Le problème, ce n’est pas de viser l’excellence, c’est la panoplie d’émotions et de conséquences négatives qui se produisent quand la perfection devient une obsession.

Premièrement, c’est contre-productif et ça nous complique la vie. Ça fait en sorte qu’on perd énormément de notre temps sur des détails qui, finalement, n’ont pas vraiment d’importance.

Deuxièmement, ça complique la vie et éprouve la patience des gens qui nous entourent et ne partagent pas nos idéaux.

Troisièmement, ça peut mener à des problèmes psychologiques et même physiques : frustration, anxiété, insatisfaction, confusion, épuisement émotionnel, honte, culpabilité, dévalorisation de soi-même, problèmes de sommeil, anxiété, dépression, maux de tête, maux d’estomac, et même de l’hypertension. (source)  

Comment surmonter son perfectionnisme  

Heureusement, même si le perfectionnisme est un trait de personnalité très envahissant et souvent problématique, c’est possible d’apprendre à repérer nos comportements obsessionnels et d’y mettre un terme à l’aide des huit étapes suivantes: 1-Différencier le normal de l’obsessionnel, 2-Identifier les comportements problématiques, 3-Remettre tes objectifs en perspective, 4-T’accorder le droit d’être humain, 5-Affronter tes peurs, 6-Accepter la critique, 7-Lâcher prise, 8-Te comparer à toi-même.

Étape 1: différencier le normal de l’obsessionnel.

C’est normal de viser l’excellence et c’est même une très bonne chose, à condition que tu sois heureux avec tes qualités et compétences actuelles et que tu utilises tes ambitions de perfection comme moyen pour continuer à t’améliorer.

Si, par contre, tu n’es jamais satisfait de ton travail, que tu as l’impression de ne jamais être assez doué et que ton bonheur dépend de l’atteinte de tel ou tel but, c’est une autre paire de manches.

Les différents niveaux de perfectionnisme

Le psychologue américain Robert Hill et ses collègues du département de psychologie de l’Appalachian State University ont présenté un inventaire des principales tendances du perfectionnisme en huit niveaux:  

  1. La peur de faire des erreurs: tendance à ressentir de la détresse ou de l’anxiété à l’idée de faire une erreur.
  2. Attentes élevées envers les autres: tendance à s’attendre des autres qu’ils atteignent nos propres idéaux perfectionnistes.
  3. Le besoin d’approbation: tendance à rechercher la validation des autres et à être sensible à la critique.
  4. L’organisation: tendance à être soigné et ordonné.  
  5. La pression parentale: tendance à ressentir le besoin de performer parfaitement pour obtenir l’approbation parentale.  
  6. La planification: Tendance à planifier d’avance et prendre le temps de délibérer avant de prendre une décision.  
  7. La rumination: tendance à se tourmenter de façon obsessionnelle avec les erreurs passées, les performances imparfaites, ou les erreurs futures.
  8. La recherche de l’excellence: tendance à poursuivre les résultats parfaits et à avoir de hauts standards.

Les signes qui ne mentent pas

Pour savoir si le perfectionnisme est problématique pour toi, commence par te poser les questions suivantes:

  • Est-ce que tes objectifs sont souvent très difficiles, voire impossibles à atteindre?
  • Est-ce que tu as du mal à être vraiment satisfait de ton travail, peu importe les efforts que tu y as mis?
  • Est-ce que tu es obsédé par des détails qui, au final, n’ont pas un grand impact sur tes performances et tes objectifs à long terme?
  • Est-ce que tu as du mal à mettre le point final sur une tâche et a toujours “juste un dernier détail” à vérifier?
  • Est-ce que tu vis tes erreurs comme des échecs?

Si tu as répondu “oui” à une ou plusieurs des questions ci-dessus, ton niveau de perfectionnisme est problématique.

Étape 2: identifier les comportements problématiques

Quels sont les niveaux de perfectionnisme auxquels tu t’identifies? Peut-être que dans ton cas, c’est strictement organisationnel (un indice: si tu ne peux pas tolérer de voir une toile qui n’est pas au niveau sur un mur ou si tes livres sont rangés de façon symétrique dans ta bibliothèque) ou encore, tu as peut-être besoin d’approbation et es très sensible à la critique. Quoi qu’il en soit, si tu y réfléchis bien, tu peux probablement déceler des moments particuliers ou des éléments qui vont t’inciter à avoir des comportements perfectionnistes.

Comportements communs

L’un des comportements les plus communs est la tendance à procrastiner et à remettre sans cesse à plus tard le début d’un travail. Quand on a l’impression que chaque tâche doit être réalisée parfaitement, on devient rapidement submergé par l’impression qu’il y  en a trop à faire et la peur de ne pas bien réussir. Le simple fait de penser à commencer le travail peut être suffisant pour causer de l’anxiété et de l’évitement cognitif.  

Un autre trait fréquent du perfectionniste est la difficulté à bien travailler en équipe. Quand on a l’impression que le travail des autres n’est jamais à la hauteur de nos attentes, on préfère généralement faire le plus gros des tâches pour s’assurer de la qualité du résultat. On a ensuite l’envie irrésistible de repasser par-dessus le travail de nos coéquipiers et, si on ne le fait pas, on est presque immanquablement frustrés et déçus du résultat final.

Étape 3: remettre tes objectifs en perspective

Quelles tâches sont réellement importantes?

Est-ce que les tâches dans lesquelles tu es perfectionniste sont si importantes que ça? Si tu fais une chirurgie dans un cerveau ou une opération à coeur ouvert, ok, c’est assez important d’être très, très minutieux. Quand les conséquences d’une simple erreur peuvent être fatales, c’est un comportement normal de vouloir les éviter à tout prix.

Mais ce n’est pas le cas si les conséquences d’un travail qui est juste assez bien versus un travail parfait sont limitées à ta perception des résultats.

Par exemple, si tu passes des heures à choisir la police d’écriture parfaite pour le titre d’un document, les seules conséquences qui seraient arrivées si tu avais plutôt pris 10 minutes à la choisir seraient que tu n’aurais pas trouvé le document assez parfait à ton goût. Les chances sont minces que la personne qui aurait reçu le document ait comme première réaction “Ma foi du Bon Dieu, mais quelle police d’écriture complètement non professionnelle! Je refuse de lire un tel document et de considérer son contenu!”

En fait, l’élément le plus important à considérer pour savoir si le perfectionnisme est justifié est le but que doit atteindre le travail en cours.

Pour t’assurer que tes idéaux de perfection ne nuisent pas à ton travail, tu dois absolument remettre tes buts en perspective et ne pas travailler plus que ce qui est nécessaire pour les atteindre.

Ne perds pas de vue l’objectif final

Selon le principe de Pareto, 80 % des résultats sont obtenus grâce à 20 % de nos efforts. Autrement dit, dans toutes les tâches qu’on accomplit, seulement 20% sont réellement importantes pour obtenir la majorité des résultats.

Le principe de Pareto

Quand on est perfectionniste, c’est très difficile de ne pas s’impliquer à 150% dans toutes les tâches et de faire la différence entre les tâches importantes, celles qui le sont moins et celles qui ne le sont pas vraiment.  

Bref, pour empêcher ton obsession du travail parfait de mettre un frein sur ta productivité, tu dois toujours garder en tête ton objectif final et faire la différence entre ce que tu DOIS atteindre et ce que tu AIMERAIS atteindre comme résultat. Il faut faire des compromis!

Contente-toi de “juste assez bien”  

As-tu déjà entendu l’expression “le meilleur est l’ennemi du bien”? Ça signifie que quand on a quelque chose de très bien, on risque de le gâcher en allant sans cesse à la recherche de mieux.

Alors, à ton travail, avant d’entreprendre une tâche demande-toi ce qui devrait être accompli pour que ce soit “juste assez bien” pour atteindre tes buts. Puis, détermine le temps que ça devrait te prendre à la réaliser et fait tout ton possible pour ne pas dépasser ton échéancier. Les tâches ont la fâcheuse tendance à prendre tout le temps qu’on leur accorde pour être réalisées. C. Northcote Parkingson explore ce phénomène dans un texte désormais célèbre intitulé Les lois de Parkinson.

Individuellement, tes tâches accomplies ne se démarqueront peut-être pas autant, mais ça va te libérer plus de temps que tu pourras consacrer aux tâches plus importantes qui, au final, vont te permettre d’atteindre tes objectifs plus rapidement et plus efficacement.

“Success is about doing the right thing, not about doing everything right.” Gary Keller, The One  Thing.

Étape 4: t’accorder le droit d’être humain

Probablement que si tu étais un cyborg, tu aurais la vie plus facile au travail. Mais ce n’est pas le cas, tu es un modèle humain unique mais standard et tu fais des erreurs, comme tout le monde.

N’oublie jamais que personne n’est parfait et que tes lacunes ou tes erreurs ne font pas de toi un mauvais employé. Tu ne seras pas rejeté ou considéré comme étant moins important parce que ton travail n’est pas toujours couronné d’un halo de perfection.

Tire profit de tes échecs

As-tu déjà entendu parler du FailCon? C’est un événement qui a débuté à San Francisco en 2009 et qui a maintenant lieu annuellement un peu partout dans le monde.  Il s’agit d’une journée de conférences consacrées à mettre de l’avant les échecs des différentes entreprises présentes pour les étudier, y réfléchir et en tirer des leçons qui pourraient aussi être bénéfiques à d’autres. L’échec est donc présenté comme un outil à utiliser pour aller de l’avant et mieux comprendre les mécanismes essentiels au succès.  

Alors, la prochaine fois que tu vis un échec, inspire-toi du FailCon et ne le considère pas comme quelque chose de négatif, mais comme une opportunité pour mieux comprendre une problématique et t’aider à trouver des solutions.

Étape 5: Affronter tes peurs

Être perfectionnistes, c’est un peu comme avoir une phobie. Sauf qu’au lieu d’être terrifié par les clowns ou les araignées, tu es terrifié à l’idée de ne pas être aussi parfait que tu pourrais l’être.

Ose être imparfait

Quand on est perfectionniste, on est souvent du genre à ne pas essayer des choses ou faire des activités de peur d’avoir l’air ridicule. On s’empêche de participer à un karaoké parce qu’on n’a pas la voix de Céline Dion ou bien on refuse de laisser quiconque constater que notre maison n’est pas toujours étincelante.

Il faut affronter ce genre de situation pour venir à bout du perfectionnisme. Alors, petit à petit, mets-toi volontairement dans des situations où les gens autour de toi pourront constater que tu n’es pas parfait et que tu as des faiblesses. C’est terrifiant, c’est comme une mise à nue mentale, mais c’est la façon la plus efficace de ne pas laisser tes obsessions te contrôler.

Étape 6: accepter la critique

Évidemment, ce n’est jamais agréable de faire critiquer son travail. Mais si tu fais une crise de panique chaque fois que tu es critiqué, tu dois absolument apprendre à te détacher émotionnellement.

C’est très rare que les commentaires sur ton travail soient formulés dans le seul but de détruire ton estime personnelle. Généralement, ils proviennent d’un authentique désir de t’aider à t’améliorer.

Alors met tes peurs de côté, ce n’est pas la fin du monde si tu n’es pas parfait et les critiques sont une bonne opportunité pour t’aider à développer de nouvelles façons de faire et t’améliorer.

Par contre, toutes les critiques ne sont pas nécessairement pertinentes et tu peux aussi les ignorer. Il faut en prendre et il faut en laisser. Pour savoir si tu devrais porter attention à une critique, évalue les points suivants:

  • De qui provient cette critique? Est-ce que son opinion devrait être importante pour toi?
  • Est-ce cette personne sait de quoi elle parle ou elle a lancé un commentaire sans fondement?
  • Quelle leçon peux-tu tirer de cette critique qui pourrait t’aider à t’améliorer?
  • Est-ce que c’est une critique constructive? Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas la peine de t’en préoccuper.

Bref, les critiques ne sont généralement pas des attaques personnelles et si elles le sont elles ne méritent pas d’être considérées. Même si les critiques sont constructives, elles ne déterminent pas ta valeur et ne sont pas représentatives de l’ensemble de ton travail. Ne te sens pas triste et diminué dans tes compétences à cause d’un mauvais commentaire!  

Étape 7: lâcher prise

Tout n’est pas noir ou blanc, comme tout n’est pas parfait ou nul. Il faut apprendre à reconnaître les zones grises et comprendre que c’est tout à fait correct, et même nécessaire, de s’y trouver de temps à autre pour pouvoir mieux équilibrer notre productivité avec nos émotions.

Une des choses les plus difficiles à faire est d’apprendre à reconnaître quand le travail est terminé. En arts visuels par exemple, on apprend qu’on peut retoucher une toile à l’infini, alors c’est important de savoir s’arrêter et reconnaître à partir de quel moment le travail est satisfaisant. Le même principe s’applique dans la grande majorité des domaines. Il faut simplement accepter le fait que rien n’est jamais véritablement terminé et trouver l’équilibre nécessaire pour passer à autre chose et ne pas laisser le perfectionnisme nous retarder.    

Lâcher prise sur son perfectionnisme, c’est accepter nos imperfections et celles qui se retrouvent dans notre travail.

Donc, détermine à partir de quel moment tu considères que le résultat de ton travail est assez bien pour atteindre tes objectifs, sans nécessairement être parfait, et dès que tu atteins ce point passe à autre chose et ne reviens pas en arrière.

Ne perds pas ton temps, ton énergie et ton moral à t’essouffler sur des détails qui n’ont au final que peu ou pas d’impact réel.

Étape 8: te comparer à toi à toi-même

Pour mesurer nos compétences et nos succès, on a tous tendance à se comparer aux autres. Ça nous fait tomber très rapidement dans un cercle vicieux où on n’est jamais satisfait et on finit par penser qu’on ne vaut pas mieux qu’un tas d’ordures.

Le problème, c’est que c’est comme comparer une pomme avec une banane: tu es unique et personne n’a exactement les mêmes compétences, le même vécu et la même expérience que toi. Excepté toi-même.

Alors, ne te compare pas aux autres, mais plutôt à la personne que tu étais hier, le mois passé ou l’an passé. Ce faisant, tu vas réaliser tout le chemin que tu as parcouru et à quel point tu t’es amélioré dans certains domaines ou, au contraire, tu pourras prendre conscience que tu stagnes à certains niveaux. De cette façon tu vas pouvoir te fixer des objectifs réalistes et qui correspondent véritablement à tes habiletés et capacités.  

Vise à devenir chaque jour une meilleure version de toi-même au lieu d’essayer d’être la meilleure version de quelqu’un d’autre!

Conclusion

Être perfectionniste dans un monde qui glorifie la perfection, à première vue, ça ne semble pas être un trop grand problème.

Malheureusement, c’est un trait de personnalité qui peut rapidement prendre des airs de trouble obsessionnel. Dans un contexte professionnel, c’est un ennemi sournois qui peut faire des ravages sur ta productivité.

Heureusement, après avoir pris conscience du problème, tu peux arriver à surmonter ton perfectionnisme et l’empêcher de te nuire en suivant les huit étapes suivantes:

1-en apprenant à différencier les comportements normaux qui découlent de la rigueur et de la minutie de ceux qui proviennent d’un perfectionnisme malsain, 2-en identifiant les comportements qui sont problématiques pour toi, 3-en remettant tes objectifs en perspective pour t’assurer de ne pas perdre ton temps à être obsédé par des détails, 4-en t’accordant le droit d’être humain et de faire des erreurs, 5-en affrontant tes peurs d’être vulnérable à cause de tes imperfections, 6-en acceptant la critique, 7-en lâchant prise et en acceptant pleinement tes défauts et ceux de ton travail et 8-en ne te comparant qu’à toi-même pour te fixer des attentes et objectifs réalistes.

Alors, ne laisse pas le perfectionnisme contrôler ta vie et nuire à ton travail. N’oublie pas, il faut parfois accepter les zones grises, lâcher prise et accepter que les imperfections sont nécessaires pour équilibrer ta productivité, tes émotions et l’usage de ton temps.