Arrêter de procrastiner avec 4 tactiques insolites - Double Ta Valeur

Arrêter de procrastiner avec 4 tactiques insolites

cesse de procrastiner
  • Regardez 3 mois en arrière.
  • Regardez 6 mois en arrière.
  • Regardez 3 ans dans le passé.

Que voyez-vous? 

Si vous voyez toutes ces idées qui n'ont pas été accomplies, alors les lignes qui suivent sont pour vous. 

Cet article a comme objectif de vous faire passer de rêveur, observateur, consommateur... à cette personne qui passe à l'action (sur demande) et qui cesse d'attendre le moment opportun.

En cessant de remettre à demain vos projets

Pourquoi est-ce si facile de parler de perdre du poids, d'apprendre une langue, de demander une augmentation, de changer de boite (ou de pays), mais si difficile d’agir?

  • Est-ce trop tard pour changer? 
  • Est-ce qu'à force de rêver grand on se retrouve à craindre de commencer trop petit?
  • Est-ce que vous êtes touché par le gène du procrastinateur?

Je vais être honnête avec vous. En lisant cet article, il y a de fortes chances que vous procrastinez en ce moment même. Et c’est totalement OK. Faisons donc de votre lecture un moment utile pour votre moi-futur.

Et si vous vous demandez qui est ce moi-futur... je vais vous parler d’une guerre.

La guerre entre le moi-présent et le moi-futur

guerre interne tension procrastination

Avouez-le. 

Vous êtes plusieurs à vous chamailler au quotidien. Il y a cette partie de vous qui souhaite manger ce morceau de pizza. Et l'autre qui lui dit "Non, on avait décidé de manger plus sainement".

(j'ai aussi ces deux voix dans ma tête).

  • Il y a cet épisode netflix VS ces heures de sommeil en plus.
  • Il y a cette soirée entre amis VS ces cours à étudier.

En résumé, il y a une guerre entre les bénéfices immédiats (le moi-présent) et les bénéfices lointains (le moi-futur). 

Et si vous procrastinez trop souvent... alors vous avez tendance à être stressé par la tension créée entre ce que vous devriez faire et ce que vous faites réellement. Entre le plan et la réalité.

Cette tension s'accumule et lorsque les conséquences de l'inaction deviennent trop importantes... tout d'un coup le moi présent stress et le moi-futur peut enfin se mettre au travail.

acrasie

Mais le problème est bien là. 

  • Comment agir sur demande selon ses intérêts AVANT la nuit précédant une deadline? 
  • Comment agir plus souvent selon les intérêts du moi-futur et un peu moins selon les intérêts du moi-présent? 

Et plus important encore... pas toutes les deadlines ont des conséquences externes qui nous poussent à agir. C'est souvent le cas pour des projets personnels: personne ne va nous licencier si on ne passe pas à l'action.

Avant d'aborder ce qui a fonctionné sur moi (car nous procrastinons tous...) je vais aborder les solutions "de bon sens" qui nous incitent à encore plus repousser au lendemain. J'ai nommé, les fausses solutions.

3 idées populaires qui aggravent le problème de la procrastination

Il y a plusieurs idées populaires qui vont amplifier le problème qu'elles devraient résoudre. Je cite ci-dessous les 3 fréquentes.

1. Je travaille mieux sous stress

Beaucoup de "procrastinateurs" expliquent qu'ils travaillent mieux sous stress. 

Mais ce qu'ils veulent vraiment dire, c'est qu'ils travaillent dès qu'ils n'ont plus le choix. Et parce que le travail à accomplir dépasse souvent les ressources à disposition, alors cela génère du stress. 

Mais qui peut prétendre mieux travailler sous stress et sous pression du temps?

  • Nous avons moins de temps pour chercher de l'information
  • Moins de temps pour travailler cette information
  • Moins de temps pour relire et vérifier qu'aucune erreur ne se soit glissée dans notre travail.

En fait, les procrastinateurs (comme tous les humains) sont concernés par le biais de confirmation qui va leur faire voir les côtés positifs de travailler sous stress et qui va diminuer les aspects négatifs que je viens de citer.

Élisa travaille sous stress.

Imaginez Élisa. 

Je travaille mieux sous stress

Élisa est étudiante et elle a comme habitude de travailler ses examens quelques nuits avant le grand jour (j'ai l'impression que c'est assez commun).

Jusqu'ici, tout s'est bien déroulé. Sauf que pour son dernier examen, elle a de la fièvre et elle est clouée au lit.

Malheureusement pour elle, elle ne pourra pas répéter pour réussir ses examens. Dans ce cas, ce n'est pas la fin du monde, elle se représentera dans quelque temps. 

Mais parfois, ce n'est pas un examen que l'on peut recommencer que l'on manque. C'est une opportunité professionnelle qui se présente une seule fois dans notre vie (comme un entretien d’embauche que l’on ne prépare pas ou mal).

À vrai dire, travailler sous stress est souvent une stratégie d'autoprotection. Car en échouant, la personne pour se dire "j'ai échoué parce que je n'avais pas suffisamment de temps". Cette idée est bien plus agréable que de se dire "j'ai échoué parce que je n'avais pas les compétences".

Ceux qui ont compris que travailler sous stress n'était pas la solution... essaient souvent la prochaine fausse solution (populaire) pour cesser de procrastiner.

2. Je vais avancer ma deadline


Le 16 avril 2019, j'ai eu la chance de partager une idée lors du TEDx à Marseille. J'aurais pu (pour m'inciter à agir selon mes intérêts) avancer la deadline en me disant: Julien, tu dois être prêt le 1er avril pour faire ton speech.

Mais le problème de cette mauvaise technique, c'est que les conséquences restent à la date du 16 avril. Avancer une date pour s'inciter à agir est inutile tant que les conséquences attachées à cette date ne sont pas également avancées.

(Si vous pensez que cette idée peut aider un de vos amis, agissez maintenant et partagez cet article)

Donc, si avancer simplement une deadline ne fonctionne pas, comment faire?

Pour mon exemple de conférence, je me suis engagé auprès d’un ami que je considérais. Et je devais être en mesure de répéter mon speech quelques semaines avant. 

Et maintenant, la dernière mauvaise idée (pourtant très populaire) pour cesser de procrastiner.

3. Je suis nul

Comme si le fait de se faire culpabiliser allait améliorer la situation.........

Beaucoup de personnes vont chercher à se faire culpabiliser lorsqu'elles n'agissent pas selon leur intérêt. Quand leur moi-présent l'emporte sur leur moi-futur, le moi-futur engueule le moi-présent. Mais cela n'arrangera pas leur relation dans le futur. Ni leur probabilité de passer à l'action.

D'ailleurs, selon l'étude "I forgive myself, now I can study" , les personnes qui se pardonnaient de ne pas agir selon leur intérêt (et donc qui ne se culpabilisaient pas) avaient plus de chance d'agir selon leur intérêt que les personnes qui se flagellaient (mentalement).

Intéressant non? Cela rejoint un passage du livre "The Willpower Instinct" qui dit ceci: "étude après étude, la critique de soi est constamment associée avec moins de motivation et moins de contrôle sur soi."

Donc, que faire pour réussir à influencer le moi-présent à agir selon les intérêts du moi-futur sans se faire culpabiliser?

Comprendre le contexte et le type de tâche

Contexte et environnement

Vous l’avez lu entre les lignes: à mes yeux, il n'existe pas le gène du procrastinateur. À mes yeux, nous allons procrastiner dans certains contextes et sur certaines tâches.

Pensez-y. 

Même le pire des procrastinateurs fera quelque chose pour éviter d'autres tâches. Ainsi, il arrive à agir facilement sur certaines tâches plutôt que d'autres.

Et je dois vous avouer que je procrastine sur beaucoup de tâches (notamment les priorités des autres). Mais quand on y pense plus longuement, ce n'est pas si grave de procrastiner, tant que l'on procrastine sur les bonnes tâches. C'est-à-dire les tâches qui n'apportent pas beaucoup de résultats à nos projets.

Connaissez-vous la loi de Pareto?

Cette loi stipule que 20% des activités apportent 80% des résultats. Ainsi 80% des activités n'apportent que 20% des résultats (si vous voulez savoir comment utiliser cette loi à votre avantage, cliquez sur le bouton ci-dessous.

Donc, les bons procrastinateurs repoussent les activités qui n'apportent pas ou peu de résultats et agissent avec BRIO sur les tâches importantes.

Voici 4 tactiques anti-procrastination

Je n'aurais jamais publié cet article sur ce blogue si je devais marcher 10 km sans chaussures pour rejoindre une connexion internet.

  • Je n'aurais jamais continué à écrire si mon clavier n'avait pas la tâche d,r,s,a,h,j et enter (Mon dieu, juste y penser me donne des sueurs).
  • Je n'aurai jamais terminé l'article si le blogue Double ta valeur n'était pas autant lu.

Et je viens de vous parler des 3 éléments qui composent une tâche.

Ainsi, lorsque vous aurez fait la paix avec la majeure partie des tâches que vous repoussez, mais qui ne sont, finalement, pas si importantes, vous pourrez vous concentrer à faciliter l'exécution des tâches qui sont vraiment importantes.

Cela commence par la compréhension de ceci: 

Tactique N°1 - Chaque tâche est composée de 3 éléments. 

tactique anti-procrastination
  • Le début de la tâche, 
  • Le déroulement de la tâche,
  • Les conséquences de la tâche.

Si un seul de ces éléments pose problème, alors c'est la totalité de la tâche que l'on va repousser à demain.

Une citation dit qu'un travail commencé est un travail à moitié terminé. C'est FAUX. 

Car certaines personnes arrivent facilement à commencer le travail, mais n'arrivent pas à le terminer. Dans ce cas-là, c'est le déroulement de la tâche qui pose problème.

Comment augmenter l’attractivité d’une tâche en ajustant ces 3 éléments?

1. Sélectionner une tâche que vous repoussez régulièrement (et qui est importante pour l'atteinte de vos objectifs).

Demandez-vous comment faciliter le démarrage de l'activité. Une fois ce travail fait (et les actions et l'environnement mis en place), posez-vous la question suivante:

2. Comment améliorer le déroulement de la tâche?

Si la tâche est trop facile, demandez-vous comment la complexifier. Pour la rédaction de cet article, j'écoute de la musique "envoutante" et ainsi une partie de mon attention résiduelle s'occupe avec ces sons. Mais j'aurais pu décider d'écrire un article sans utiliser le verbe être. Ou en écrivant un article de XXXX mots en moins de 2 heures. 

Si la tâche est ennuyeuse, une partie de notre attention n'est pas utilisée. Et celle-ci commence à s'évader:

  • Et si j'allais voir mes emails?
  • Et si j'allais vite ouvrir le frigo?
  • Et si je jetais un oeil à Facebook?

Dans ce cas, l'idée n'est pas de faciliter le travail, mais de vous défier. Ainsi, la partie de l'attention inutilisée devrait être engagée pour parvenir à avancer sur le travail. 

Si la tâche est pénible, alors demandez-vous comment faciliter son exécution. 

Vous pouvez utiliser des check-lists, vous pouvez décomposer celle-ci (la technique des petits pas), vous pouvez supprimer les distractions en travaillant sans internet (par exemple). Ensuite, la dernière question. Probablement la plus importante.

3. Comment augmenter et rapprocher les conséquences de l'inaction?

L'humain agit lorsqu'il est au pied du mur. C'est connu.

Changement


Si les conséquences de l'inaction d'aujourd'hui ne seront palpables que dans 6 mois, alors votre moi-présent ne sera pas paniqué de ne pas agir. Si les conséquences de l'inaction se font ressentir dans une semaine... tout change. Il est important donc de se demander comment augmenter les conséquences de l'inaction et comment les rapprocher.

Je vais vous raconter une histoire pour illustrer mes propos.

En 2018, je me souviens avoir vécu une période intense en termes de travail. Je venais de créer mon entreprise, je travaillais encore pour une entreprise, je devais préparer mon déménagement dans un autre pays, former ma remplaçante, coorganiser un festival d'art et vendre tout mon matériel. Mais il était important que j'avance sur 3 guides numériques permettant aux gens de mieux s'organiser.

Mais rien ne se passerait si je ne terminais pas ces guides. 

Il n'y avait aucune conséquence de ne pas agir. Car c'était des objectifs personnels et personne n'allait venir me demander des comptes si je ne passais pas à l’action.

J'ai ainsi trouvé une personne de confiance auprès de laquelle m'engager: mon frère. Nous avons signé un contrat avec le résultat que je devais délivrer un résultat à une date précise. Si je ne délivrais pas le résultat, je m'engageais à lui verser une rondelette somme (conséquence de l'inaction).

Cela a très bien fonctionné et j'ai trouvé le temps pour terminer mes guides sans délaisser mes autres projets.

Ainsi, travailler sur les 3 éléments d'une tâche est la première tactique pour cesser de procrastiner. Quelle est la deuxième?

Tactique N°2 - Agir au bon moment

agir au bon moment

 Les actions que vous allez prendre pour améliorer votre environnement, la structure de vos tâches ou augmenter les conséquences d'une inaction (comme un contrat anti-procrastination), doivent être prises AVANT de vous retrouver en proie à votre moi-présent et la procrastination.

En somme, si vous n'êtes pas prêt à agir différemment, alors attendez. Si une petite voix vous dit "c'est nul ces techniques, c'est pour les personnes qui n'ont pas de volonté" alors c'est que ce n'est pas le bon moment pour les mettre en pratique.

Je recommande dans ce cas d'attendre et de souffrir encore un peu. 😉 Cela peut sembler paradoxal annoncé de cette manière, mais la souffrance (de rater une opportunité, d'avoir l'air con parce qu'on a pas assez préparé une conférence, un examen, un dossier) est un levier important du changement. 

Et lorsque la vie nous donne une claque, c'est à ce moment qu'il faut agir, car nous sommes prêts à agir différemment.

Si vous n'êtes pas prêt, c'est que la situation n'est pas si grave. Elle peut attendre.

Temporisez.

Tactique N°3 - Le plaisir de résister à ses désirs

dompter ses pulsions

Récemment, je relisais le livre "A guide to a good life" (un livre sur le stoïcisme) de William Irvine. Et je me souviens d'un passage  qui dit ceci: résister à ses plaisirs est très plaisant.

Et je pense qu'il est primordial de faire les choses pour soi avant tout.

Chaque fois que le moi présent souhaite quelque chose qui n'est pas dans les intérêts du moi futur (par exemple, boire de l'alcool) alors il y a de la tension qui se crée. Et réussir à gagner contre son moi-présent permet de savourer un plaisir d'un autre genre et de libérer cette tension.

Peut-être pas le plaisir de l'ivresse ou le plaisir gustatif, mais le plaisir de la raison. 

Le plaisir de savoir que l'on peut se contrôler. Et ce plaisir est hautement addictif: plus on l'expérimente, plus on recherche à l’expérimenter.

Ce qui nous laisse avec la dernière technique anti-procrastination.

Tactique N°4 - Accepter que demain ne soit pas mieux

demain ne sera pas mieux

Beaucoup de personnes cherchent à se changer, alors qu'une technique bien plus simple (et tout autant efficace) consiste à s'accepter tel que l'on est (et de composer avec). 

L'idée est d'intercepter ces moments où le moi présent dit "je n'ai pas envie, demain ce sera mieux... j'aurai plus d'énergie" ou encore "je vais juste aller manger un truc en ville avec des amis" (alors que vous savez pertinemment que vous allez manger 2 pizzas et finir par boire 8 gin-tonics) et d'utiliser ces pensées comme des déclencheurs.

Quand mon moi-présent justifiera les raisons d'une inaction, alors j'agirais sur cette action.

Il s'agit d'une implémentation d'intention. La formule est la suivante:

QUAND comportement déclencheur + ALORS + comportement désiré.
Les études sont formelles: le taux de réussite augmente drastiquement. 

Ainsi, quand vous justifierez une inaction, alors vous agirez sur cette action précise en vous rappelant que votre état actuel n'a pas besoin de correspondre à votre intention d'agir.

Allez-vous cesser de procrastiner?

Non. Évidemment. 

La procrastination (anciennement appelée Acrasie) est vieille comme l'humain. Cesser de procrastiner est utopique. Et c’est OK.

Mais on peut se soulager l'esprit et avancer plus rapidement sur nos objectifs en procrastinant en pleine conscience sur les tâches qui n'apportent aucun résultat... afin de créer de la tension permettant d'agir sur les tâches à forte valeur ajoutée.

Avant de continuer à procrastiner sur un autre article, prenez ceci avec vous.

  • Un procrastinateur fait toujours quelque chose, même quand il procrastine. Ainsi, le gène du procrastinateur n'existe pas.
  • Pour les tâches importantes, il est important de regarder les 3 éléments qui composent une tâche.
  • Puis d'agir au bon moment afin de faire les changements adéquats.
  • Tout en se souvenant que notre état actuel n'a pas besoin de correspondre à notre intention d'agir, pour effectivement agir.

Si vous souhaitez aller beaucoup plus loin dans le sujet de la procrastination, je vous recommande de jeter un oeil à la matrice anti-procrastination (à télécharger).

Sources:

- En finir avec la procrastination (Petr Ludwig)

- Addiction, procrastination and Laziness  (Roman Gelperin

Source images: snappa.com

QUI EST Julien Gueniat?

Julien Gueniat est le fondateur de l’Organisologie et l’auteur du livre “2 heures chrono pour mieux m’organiser.” Il aider les managers ambitieux à transformer leur quotidien stressant en environnement serein et productif.

Laisser un commentaire 0 commentaires