novembre 2017 - Double Ta Valeur

Archives mensuelles : novembre 2017

1

Comment bien dormir pour faire le plein d’énergie

On entend souvent des gourous de la productivité prôner le travail acharné par-dessus tout: “Hustle! Joue du coude, couche-toi tard, lève-toi tôt… Et si tu ne vois pas de résultats, travaille plus fort jusqu’à ce que tu atteignes ton but!”

C’est une mentalité inébranlable chez certains, mais la majorité des experts en la matière s’entendent pour dire que, même s’il faut évidemment travailler fort pour atteindre ses objectifs, se rendre au bout du rouleau n’est peut-être pas la meilleure des stratégies. On assiste à la montée en popularité du “work smarter” au détriment du “work harder”, autrement dit travailler plus intelligemment plutôt que plus fort.

Pour travailler plus intelligemment, il faut d’abord savoir comment maximiser notre potentiel et nos capacités.

Dans l’article “Est-ce que le sommeil serait la clef du succès?” on passe en revue les nombreux avantages du sommeil sur notre énergie, notre motivation, notre vivacité d’esprit, notre efficacité à résoudre des problèmes, notre mémoire, notre attention et concentration ainsi que sur notre humeur. Il n’y a aucune place au doute: les habitudes de sommeil ont un impact direct sur nos capacités et notre performance. Le sommeil est donc un facteur incontournable à considérer pour parvenir à travailler plus intelligemment.  

Selon statistiques Canada, de 2007 à 2013, la moyenne de sommeil des adultes canadiens de 18 à 64 ans était de 7,12 heures par nuit. Environ le tiers (31,9%) dormaient moins de 7 heures par nuit.

C’est très alarmant quand on prend en considération qu’un adulte de cette tranche d’âge a besoin d’environ 7 à 9 heures de sommeil par nuit pour fonctionner adéquatement. En théorie, le manque de sommeil est un problème plutôt simple à régler, mais en pratique on se heurte souvent à l’un de ces deux problèmes:

1-Des difficultés à instaurer et suivre une routine de sommeil qui nous assure de pouvoir dormir suffisamment chaque nuit

2-De la difficulté à s’endormir, rester endormi et profiter d’un sommeil de bonne qualité.

Pour remédier à la situation, voilà 5 éléments à considérer pour favoriser de bonnes habitudes de sommeil et aider à mieux dormir.

Changer ses habitudes

Établir une routine de sommeil

La meilleure façon de s’assurer de bien dormir est d’instaurer une routine qui nous aidera à maintenir des habitudes qui favorisent le sommeil.

D’abord, il faut s’assurer de pouvoir dormir suffisamment. On sait qu’un adulte a besoin d’environ 7 à 9 heures de sommeil, alors pour cet exemple faisons une moyenne et disons qu’il faut qu’on dorme 8 heures par nuit.

On n’a généralement pas une très grande flexibilité quant à l’heure où on doit se lever, alors on doit déterminer l’heure à laquelle on devrait aller dormir pour avoir nos 8 heures de sommeil.

À quelle heure est-ce que tu commences à travailler et de combien de temps as-tu besoin pour te préparer et te rendre au travail le matin? Disons que tu commences à 9 heures et que tu as besoin de 2 heures de préparation/voyagement. Dans ce cas, logiquement, il faudrait que tu sois debout à 7 heures.

La suite du calcul est simple: 7h – 8h de sommeil = il faut être couché à 11h. Easy peasy… En théorie.

En pratique, il ne faut pas oublier de calculer du temps “buffer”. Si tu as besoin d’un petit 15 minutes entre le moment où tu te lèves et où ton alarme sonne, alors il faut régler la sonnerie pour 6h45. Si tu es du genre à passer une demi-heure à réfléchir et te retourner dans le lit avant de pouvoir t’endormir, alors il faut aussi l’ajouter au calcul. Autrement dit, pour t’assurer d’avoir 8 heures de sommeil dans ce scénario, il faut que sois au lit à 10h15 pour pouvoir dormir à poings fermés à 10h45.

L’erreur la plus commune est de ne pas faire ce calcul et de penser qu’on se couche assez tôt parce qu’on est au lit avant minuit.

Une fois l’heure du coucher établie, voilà quelques exemples d’habitudes à instaurer pour favoriser un sommeil de qualité.

  • Notre horloge biologique est grandement influencée par la lumière. Tamiser l’éclairage à l’aide de gradateurs à partir de 19h/20h aide à la production naturelle de mélatonine (qu’on surnomme l’hormone du sommeil) nécessaire pour ressentir la fatigue.
  • Ne pas utiliser d’appareil électronique diffusant de la lumière bleue (smartphone, ordinateur, tablette, télévision) au moins une heure avant d’aller dormir. Pourquoi ne pas en profiter pour lire un peu?
  • De deux heures à une demi-heure avant d’aller dormir, boire une tisane relaxante comme l’infusion Bonne Nuit de Traditional Medicinals (que je recommande personnellement, car elle m’assomme autant que 5 mg de mélatonine). Les mélanges contenant du tilleul, de la mélisse, de la camomille ou de la valériane sont particulièrement efficaces pour aider au sommeil.  
  • En cas d’insomnie ou de difficultés à s’endormir, il est important de relaxer et de vider son esprit. Une technique de respiration comme la méthode du “4-7-8” (inspirer par le nez pendant 4 secondes, garder son souffle pendant 7 secondes, expirer lentement par la bouche pendant 8 secondes) peut être d’une grande aide.

Matelas et literie

C’est impossible de passer une bonne nuit de sommeil si on bouge et se retourne constamment à cause d’un lit inconfortable, qu’on se met à faire de l’asthme à cause d’un oreiller qui nous rend allergiques, ou bien qu’on se réveille en sueur parce que nos draps retiennent l’humidité!

Pour mettre toutes les chances de notre côté, il faut s’assurer de pouvoir dormir confortablement avec un matelas, un oreiller et des draps qui correspondent à nos préférences et nos besoins.

Le bon matelas

Tout d’abord, il faut se demander quel âge a son matelas. S’il est utilisé depuis plus de dix ans, il est probablement temps de le changer!

Un matelas doit être adapté à la grandeur, au poids et au besoin de la personne qui l’utilise. Quelqu’un souffrant de problèmes de dos, ou bien une personne très lourde, par exemple, aura tout avantage à consulter un spécialiste du matelas avant de faire son choix.

Le bon oreiller

L’oreiller qu’on utilise doit idéalement convenir à notre position de sommeil. Quelqu’un qui dort sur le côté aura besoin d’un soutien plus ferme que quelqu’un qui a l’habitude de dormir sur le dos ou sur le ventre.

La composition de l’oreiller est aussi à considérer. Par exemple, un oreiller en plume ou en duvet n’est pas l’idéal pour quelqu’un souffrant d’asthme ou d’allergies (même principe pour ceux qui dorment avec une couette).

Les bons draps

Le confort des draps est également important pour s’assurer de bien dormir. Certains préfèrent la flanelle ou des draps santé (molleton), tandis que d’autres ne jurent que par les draps de bambou ou de coton égyptien. Il s’agit avant tout d’une question de préférence personnelle, mais il faut aussi considérer certains facteurs comme la tendance de certains tissus à retenir la chaleur et l’humidité.

Couvertures pondérées

Utiliser une couverture pondérée est une façon naturelle et efficace de lutter contre l’insomnie.

Le poids de la couverture, réparti uniformément sur le corps, applique une pression (deep touch pressure stimulation) qui stimule la production de sérotonine et de mélatonine, nécessaires afin de relaxer le corps et l’esprit. Les récepteurs corporels, stimulés par le poids de la couverture, envoient des signaux au cerveau qui sont interprétés de la même façon qu’un câlin, ce qui favorise un sentiment de calme et de sécurité.  

En conclusion

Dormir suffisamment et avoir un sommeil de bonne qualité est primordial pour maximiser nos capacités et travailler plus intelligemment.

Pour y parvenir, on peut appliquer certains trucs qui vont favoriser de bonnes habitudes de sommeil et nous aider à mieux dormir.

D’abord, on peut établir une routine de sommeil qui nous permettra d’être au lit à l’heure prévue et de nous mettre dans un état physique et mental propice à la détente.

On peut intégrer différentes tactiques et habitudes à ces routines, comme tamiser les lumières en fin de soirée, ne pas utiliser d’appareils électroniques au moins une heure avant d’aller dormir, boire des tisanes relaxantes et appliquer des techniques de respiration.

Pour juger de l’efficacité de notre routine, il faut la suivre pendant au moins une semaine puisque le manque de sommeil est cumulable et que notre horloge biologique prend un certain temps à s’adapter à une nouvelle routine de sommeil.

Ensuite, il faut s’assurer de dormir sur un matelas qui convient à notre physionomie, nos préférences et nos besoins. Un matelas trop mou, trop dur ou simplement trop vieux et affaissé risque de nuire à la qualité de notre sommeil.

Un bon oreiller est également nécessaire si on veut éviter de se réveiller avec des douleurs à la nuque ou au dos parce que notre oreiller ne convient pas à la position dans laquelle on a l’habitude de dormir.

Se doter de draps de bonne qualité, confortables et qui ne retiendront pas l’humidité est aussi à considérer.

Finalement, une couverture pondérée peut être une façon naturelle et très intéressante pour aider à lutter contre l’insomnie. Le poids de la couverture, réparti sur le corps, applique une “pression tactile profonde” (deep touch pressure) qui favorise la production de sérotonine et de mélatonine, ce qui nous met dans un état physique et psychologique propice au sommeil.

Il existe plusieurs autres façons de favoriser un sommeil réparateur, alors n’hésite pas à nous partager tes impressions et tes trucs dans les commentaires ci-dessous!

Comment optimiser ses processus pour travailler plus efficacement

Ses doigts frappent son manche à une vitesse fulgurante, enchaînant notes et accords de façon harmonieuse. Son plectre bouge si vite qu’on peut à peine le voir frapper les cordes. Ton ami vient de prendre sa guitare et se lâche lousse dans une improvisation des plus spectaculaires.

Ce petit spectacle t’a inspiré et, une fois chez toi, tu sors ta vieille guitare poussiéreuse du placard. Tu vas sur Internet, trouves une partition et essaies de suivre. Cinq minutes plus tard, tes doigts font mal et tu es pris de rage puisqu’aucune des notes que tu produis ne sonne bien.

Et pourtant, ça avait l’air si facile…

C’est un peu le même principe qui arrive lorsqu’on essaie d’apprendre à travailler avec un nouveau logiciel. Tu passes beaucoup de temps à chercher la bonne icône, tu fais de ton possible, mais rien ne fonctionne. Après deux ou trois essais, tu en conclus que le logiciel bogue ou qu’il est très mal fait.

Je comprends, c’est comme ça que je me suis senti à mes débuts sur Photoshop (logiciel de retouche photo). Tout était trop complexe pour rien et ça me prenait une éternité faire de petites choses simples. Et pourtant, quand je regardais mon ami, ses doigts se laissaient balader avec aisance sur son clavier. Pour lui, tout semblait si facile, si naturel…

Ce n’est pas parce qu’on travaille sur le bon projet avec les bons outils et la bonne attitude qu’on a atteint le zénith de la productivité. Encore reste-t-il à maîtriser l’outil et le processus.

L’objectif de ce chapitre est simple: rendre ton travail aussi facile, plaisant et impressionnant que l’improvisation d’un grand musicien.

Pour ce faire, on va décortiquer le processus en deux parties: la maîtrise de l’outil et les applications de productivité.

La maîtrise de l’outil

As-tu déjà regardé un pro gamer, quelqu’un qui gagne sa vie en jouant à des jeux vidéos de façon compétitive?

Sinon, prends 30 secondes pour aller voir cette vidéo de Hwang “Losira” Kang Ho, un des joueurs les plus rapides de l’industrie.

Ce joueur fait partie de “Team Liquid”, une des organisations de eSport les plus compétitives sur terre. Chaque joueur doit pratiquer un minimum de 50 heures par semaine, mais la plupart en font beaucoup plus! Ce n’est pas rare que les joueurs de Team Liquid pratiquent 12 à 14 heures par jour avec seulement 4 h de sommeil par nuit.

En aucun cas je ne te propose de jouer à des jeux vidéos 14 h par jour. Cependant, ces joueurs ont définitivement quelque chose à nous apprendre sur l’optimisation de nos processus.

Dans la vidéo, Lorisa joue à Starcraft — un jeu de stratégie en temps réel.

Dans ce jeu, chaque joueur possède une base ainsi que quelques travailleurs qu’il doit utiliser pour miner des ressources et constituer une armée le plus rapidement possible dans l’objectif de détruire toutes les unités de l’adversaire.

Lorsqu’on joue à Starcraft, ce n’est pas rare d’avoir à gérer ses ressources, l’expansion de sa base et la production de nouvelles unités en même temps qu’on mène un assaut sur plusieurs fronts; le multitâche n’est pas en option.

Plus un joueur est rapide et efficace, mieux il va gérer sa base, sa production et son armée. Ce n’est pas une guerre de soldats, c’est une guerre de productivité.

Puisque le jeu repose autant sur la rapidité et l’efficacité, une métrique est venue à obséder les joueurs: l’APM (les Actions Par Minute).

Alors qu’un débutant va faire environ 20 à 40 actions par minute, les pros (comme Losira) vont jusqu’à 400 actions par minute.

Une des grosses différences entre le professionnel et le débutant est l’utilisation (ou la non-utilisation) de la souris d’ordinateur.

Le débutant sélectionne ses unités à l’aide de son curseur, passe ses commandes à l’aide de son curseur et construit ses bâtiments à l’aide de son curseur.

Le professionnel délègue le plus de tâches possible à sa main gauche à l’aide des raccourcis clavier.

Ce n’est pas exclusif aux jeux vidéos, peu importe ce que tu fais avec ton ordinateur, l’utilisation des raccourcis clavier va te permettre d’être drastiquement plus efficace.

Prenons une action simple en exemple: ouvrir un nouvel onglet pour chercher une vidéo de chat sur YouTube.

Scénario 1: Prendre la souris, cliquer sur le bouton pour ouvrir un onglet, cliquer sur la barre d’adresse, aller sur YouTube, cliquer sur la barre de recherche, inscrire “chat”, cliquer sur la loupe.

12 secondes.

Scénario 2: “Ctrl+T” pour ouvrir un nouvel onglet. Pas besoin de sélectionner la barre d’adresse puisqu’on y est déjà. Si on utilise Google Chrome, on peut simplement faire “Y” et, si on est déjà allé sur YouTube, il va nous proposer d’appuyer sur “TAB” pour chercher sur YouTube à partir de la barre d’adresse.

Avec les raccourcis, on peut donc faire: “Ctrl+T”, “Y”, “Tab”, “Chat”, “Enter”.

3 secondes.

Le deuxième scénario te permet de tout accomplir sans que ta main droite touche à ta souris. Le simple fait d’apprendre les raccourcis de base te permet d’être quatre fois plus rapide lors de ton usage général d’un ordinateur (la différence est encore plus grande lorsqu’on utilise des logiciels spécialisés).

Et ça, c’est en supposant que tu utilises une souris d’ordinateur. De plus en plus de gens travaillent exclusivement sur un ordinateur portable en utilisant le pavé tactile. Dans ce cas, c’est encore plus important d’apprendre et de maîtriser les raccourcis clavier.

Mais là, tu vas peut-être m’arrêter et me dire “Wo’ minute le jeune… Ça fait dix ans que je travaille dans X, Y, Z et je n’ai jamais eu besoin d’utiliser les raccourcis pour bien faire mon travail.”

La différence entre une personne qui utilise un ordinateur dans le cadre de son travail et un pro gamer est simple: le pro gamer doit maîtriser ses outils pour avoir un salaire. Pour le reste d’entre nous, maîtriser un ordinateur est loin d’être obligatoire. La raison est également simple: c’est un standard impossible à exiger.

Comment est-ce qu’on peut s’attendre à ce que Nicole, 55 ans, qui avoue ne pas être “une crack en info”, utilise les raccourcis de la même façon qu’un pro gamer? Par conséquent, on vit dans une culture où “ne pas être un pro de l’info” est une justification suffisante pour ne pas apprendre.

Mais si Nicole prenait le temps d’apprendre à être plus efficace… Si elle devenait quatre fois plus rapide à son travail. Qu’arriverait-il?

Cal Newport présente une idée intéressante dans sa conférence “Follow your passion is bad advice”. Selon lui, la passion n’est pas innée, mais bien une conséquence de l’expertise. En d’autres mots, plus on est bon dans quelque chose, plus on aime faire cette chose, plus on est “passionné”.

Lorsqu’on maîtrise ses outils de travail, tout devient plus agréable, plus rapide, plus fluide; exactement comme le musicien qui maîtrise son instrument.

Si, comme 52,3 % des travailleurs, Nicole n’aime pas son emploi, peut-être qu’apprendre à maîtriser ses outils de travail ajouterait un peu de passion dans sa vie?

Comment entraîner sa rapidité?

S’il y a UN raccourci clavier qui a le potentiel de changer notre façon de travailler, c’est bien Ctrl+F — la recherche rapide.

Lorsqu’on veut trouver une information sur Internet, que ce soit dans un article de blogue, une entrée Wikipédia ou encore un document PDF, on peut utiliser Ctrl+F pour faire apparaître une boîte qui va instantanément chercher et trouver ce que tu tapes à travers la page.

Une fois qu’on connaît ce raccourci, c’est difficile d’imaginer que c’est possible de chercher une information SANS utiliser cette fonction. Après tout, la recherche d’informations fait partie du quotidien de pas mal tout le monde (à titre personnel ou professionnel). Ne pas utiliser cette fonction revient à perdre des centaines d’heures chaque année à lire des blocs de texte inutiles…

Et pourtant, la MAJORITÉ des gens n’utilisent pas la recherche rapide. Selon Google, il n’y a que 10 % des utilisateurs qui se servent de cette fonction! (En sachant ça, dépasser tes collègues en productivité vient de devenir une tâche pas mal plus simple!)

De mon point de vue, cette statistique est simplement aberrante. Pourquoi est-ce que les gens ne prennent pas le temps d’apprendre leurs raccourcis? Pourquoi est-ce qu’ils s’entêtent à travailler de façon si peu productive?

On a déjà parlé de la première raison — parce que personne ne s’attend à ce qu’on le fasse —, mais je doute que ce soit la fin de l’histoire.

Non seulement apprendre ses raccourcis n’est pas une exigence, mais la plupart des gens ignorent qu’ils existent, tout simplement! Pas dans le sens qu’ils ignorent quels raccourcis existent, mais plutôt qu’ils ignorent que c’est possible d’utiliser son clavier pour autre chose qu’écrire! Et bien souvent, ceux qui le savent choisissent délibérément d’ignorer cette connaissance, se complaisant dans l’usage paresseux de leur main gauche.

Lorsqu’on commence à utiliser un logiciel, n’importe lequel, il FAUT prendre un petit 30 minutes pour identifier les actions les plus fréquentes et/ou coûteuses en temps pour mémoriser leurs raccourcis.

Pour simplifier ce processus, on peut chercher sur Internet pour trouver ce qu’on appelle des “cheat sheets”, c’est-à-dire des aide-mémoire qu’on peut imprimer et coller bien à la vue pour faciliter l’apprentissage.

On peut également utiliser des sites comme shortcutfoo.com pour pratiquer nos raccourcis. Le site propose des “dojos” d’entraînement pour une foule de logiciels et langues de programmation.

Apprendre les raccourcis est certes une expérience dégrisante: il y en a beaucoup, on se sent incompétent, et ça prend du temps; mais sache que cet investissement de temps va très vite se rentabiliser. Surtout que beaucoup de raccourcis sont universels à toutes les applications (comme copier/couper/coller, la recherche rapide ou “sélectionner tout” par exemple). Il n’y a que les actions spécifiques aux logiciels qui ont leurs propres raccourcis. Et même à ça, plusieurs de ces logiciels se fient aux standards de leur industrie pour faciliter la courbe d’apprentissage de leurs utilisateurs. En apprenant les raccourcis clavier de Première Pro (un logiciel de montage vidéo), on apprend également une partie des raccourcis de Sony Vegas par exemple.

Maximiser l’usage de sa souris

Il n’y a pas que le clavier d’ordinateur qu’on peut juicer aux stéroïdes. C’est aussi possible d’installer des logiciels pour rendre ta souris plus polyvalente. C’est entre autres la fonction du logiciel Strokes Plus sur PC.

Prends un instant pour aller voir cette démo: doubletavaleur.com/stroke-plus-demo

Il s’agit d’une vidéo où un utilisateur fait toutes sortes de choses en utilisant des “gestures” — des actions déclenchées par les mouvements de la souris.

Ces mouvements sont captés par le logiciel lorsqu’on bouge la souris en tenant le bouton droit enfoncé.

Sur la vidéo, l’utilisateur fait un “Y” pour lancer YouTube, un “G” pour aller sur Google, une ligne vers la gauche pour faire précédent, vers la droite pour faire suivant, par en bas pour faire copier et par en haut pour faire coller.

Ce logiciel permet donc de lier des mouvements spécifiques à n’importe quelle action ou macro. Plus sur le sujet dans les prochaines pages!

Trouver une épingle dans une botte de foin

J’ai parlé de Ctrl+F pour une raison bien précise: la recherche d’informations — peu importe sa forme — est une des activités les plus courantes et essentielles de notre quotidien. Pour te donner une idée de l’importance de la recherche dans nos vies, réalise que Google est LE site web le plus populaire et qu’il traite, en moyenne, 40 000 recherches PAR SECONDE.

Mais comme on vient de voir avec Ctrl+F, ce n’est pas parce qu’on utilise un outil quotidiennement qu’on sait comment bien l’utiliser! S’il n’y a que 10 % de la population qui utilise Ctrl+F, c’est une proportion encore bien plus petite qui se sert des opérateurs de recherche.

“Les quoi?”

Lorsqu’on effectue une recherche, c’est possible d’ajouter des paramètres pour améliorer la précision des résultats. Par exemple, on peut utiliser “site:” pour effectuer une recherche à travers un site web particulier.

Exemple: site:lapresse.ca Donald Trump

Dans cet exemple, Google va retourner l’ensemble des articles de lapresse.ca qui mentionnent Donald Trump (51 000 résultats à l’heure où j’écris cette page).

On peut aussi prendre AND/NOT/OR pour modifier ce qu’on veut inclure dans notre recherche.

Exemple: Justin Trudeau AND escaliers

Dans cet exemple, ça va nous donner tous les résultats de Justin Trudeau qui parlent également d’escaliers. Tu risques donc de tomber sur la vidéo embarrassante de lui expliquant comment “bien” débouler les escaliers.

Je vais couper ça court puisqu’il existe plus d’une trentaine d’opérateurs de recherche. Comme avec les raccourcis, ça vaut la peine de prendre un instant pour les étudier. Rends-toi ici (doubletavaleur.com/aide-google) pour une liste assez complète des différents opérateurs que tu peux utiliser autant pour Google, Google Drive et Gmail.

Les applications de productivité

Maîtriser les raccourcis n’est que la première étape. Si tu veux vraiment devenir un Jedi de la productivité, il te reste encore à découvrir les différentes applications qui peuvent t’aider dans ta quête de vitesse!

Ces applications accomplissent toutes une de ces trois fonctions: t’aider à aller plus vite, quantifier ta productivité ou mieux gérer ton temps.

There’s an app for that

J’ai un ami qui travaillait sur un projet dans lequel il devait entretenir un compte Instagram. La stratégie était simple: republier le contenu des autres utilisateurs en leur faisant une mention.

Pour ce faire, il trouvait la publication qu’il voulait partager sur l’application mobile d’Instagram et utilisait ensuite un logiciel pour planifier la republication sur son propre compte. Malheureusement, l’interface de ce logiciel n’était pas optimisée pour chercher une publication bien précise, ce qui rendait l’opération très longue pour rien — jusqu’à trente minutes par photo.

Ce même logiciel propose une autre fonctionnalité: l’importation de masse. Pour moi, la solution était simple: utiliser l’application web (et non mobile) pour trouver les images à republier, en télécharger une vingtaine pour ensuite de les uploader en batch. Il me répond qu’il y avait pensé, mais que c’était impossible de télécharger les photos directement du site d’Instagram!

“Ah oui?”

Voici un principe presque universel: peu importe ce que tu veux accomplir sur Internet, si c’est long, contre-productif ou difficile, il existe une app pour ça.

Après une très courte recherche Google, j’ai trouvé Instag Downloader, une application Chrome qui permet de télécharger les images Instagram en un seul clic. Grâce à cette application, le processus est passé de 30 à 5 minutes par photo (de la recherche à la planification).

Face à ce genre de tâches, la plupart des gens se résignent et acceptent doucement leur sort. À la place, il faut développer le réflexe de chercher pour des scripts/applications/raccourcis ou logiciels qui permettent de simplifier au maximum le processus.

Bill Gates a déjà dit “Je vais toujours choisir une personne lâche pour faire un travail difficile puisqu’elle va trouver une façon facile de l’accomplir”.

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas être travaillant, certaines tâches fastidieuses ne peuvent pas être automatisées. Mais neuf fois sur dix, l’approche paresseuse est définitivement plus productive!

Les raccourcis sur stéroïdes…

Est-ce que ça t’arrive d’avoir à écrire plusieurs fois la même chose dans une journée? Probablement que si tu programmes, réponds à des courriels ou fais du service à la clientèle, la réponse est oui, très souvent!

Tu sais sans doute que c’est possible de créer des réponses préfaites qu’on peut facilement intégrer dans ses courriels. Il s’agit d’une fonctionnalité de base et toute entreprise devrait faire usage de cette stratégie dans son service à la clientèle. Ça permet de standardiser la qualité du support en plus de faire sauver un temps fou aux employés.

Alors que les réponses préfaites sont un bon exemple d’usage de ces applications de productivité, ce n’est que le début.

Phrase Express (disponible sur iOS/Android/Windows/Mac) permet de:

  • Créer des “text expanders”;
  • Utiliser l’autosuggestion;
  • Gérer ton presse-papier;
  • Créer des macros;
  • Créer des réponses préfaites personnalisées à l’aide de formulaires;

Et beaucoup, beaucoup plus…

Text Expander

Si tu dois souvent écrire l’URL du site web de ta compagnie, tu peux utiliser un “text expander” pour faire en sorte que, par exemple, chaque fois que tu écris “site.com”, ton ordinateur remplace immédiatement ton texte par “https://www.nom-de-domaine.com/”. En suivant le même principe, on peut aussi dire au logiciel de remplacer “#datetime” avec l’heure et la date d’aujourd’hui.

On peut également créer des groupes d’expanders pour que, lorsqu’on écrit une abréviation de notre choix (disons #refund), on se fasse présenter un menu (similaire au menu contextuel du clic droit) comprenant plusieurs templates de messages prédéfinis à propos d’un sujet X (les remboursements dans notre cas)!

Autosuggestion

Et ce n’est pas tout! Ce logiciel détecte les phrases et expressions que tu écris souvent pour ensuite te proposer de compléter tes phrases lorsqu’il détecte que c’est ce que tu veux écrire. Exactement comme lorsqu’on commence à écrire une phrase sur Google et qu’il tente de deviner ce qui vient ensuite.

Ces deux fonctionnalités sont excessivement pratiques, mais il y a encore beaucoup plus! Une de mes fonctions préférées est celle de la gestion du presse-papier. Disons que tu as deux documents devant toi et ta tâche est de copier/coller cinq valeurs indépendantes d’une page à l’autre. En temps normal, tu dois aller sur la page A, sélectionner la valeur, la copier (Ctrl+C), changer de page (alt+tab), cliquer au bon endroit et coller la valeur (Ctrl+V). Même si ce processus n’est pas excessivement long, il n’en reste pas moins que c’est loin d’être efficace.

Avec la gestion du presse-papier, on peut aller sur la page A et copier les cinq valeurs d’un coup, pour ensuite aller sur la page B et coller ces 5 mêmes valeurs en les choisissant dans la liste déroulante de notre presse-papier.

Par défaut, le presse-papier Windows (ou mac) ne peut contenir qu’une seule valeur. Ces logiciels enregistrent l’historique de tout ce qu’on copie pour ensuite nous permettre de choisir parmi notre historique lorsqu’on colle une information, nous sauvant un temps fou lorsqu’on a plus d’une information à copier!

Pour un logiciel plus léger qui fait uniquement cette fonction, je te recommande d’utiliser KanaClip!

Macros

Ensuite, on peut créer ce qu’on appelle des “macros”. Il s’agit d’une série d’actions prédéfinies qu’on peut exécuter en un seul clic. Donc, si tu as à faire une action complexe, comme changer la configuration d’un ordinateur, transférer des données d’un logiciel à l’autre ou modifier plusieurs documents en même temps, les macros sont exactement ce qu’il te faut.

Phrase Express peut fonctionner en tandem avec Mouse Recorder pour être attentif à  tout ce que tu fais avec ton ordinateur (mouvement de souris, touches, etc.) et enregistrer ça en tant que macro. C’est-à-dire qu’aussitôt que tu actives ta macro, il va refaire exactement ce que tu as fait (mais plus rapidement).

D’autres logiciels plus puissants (comme AutoHotKey) permettent de programmer des macros en utilisant des boucles ainsi que des conditions. Donc, même si la tâche demande une certaine logique à accomplir (et/ou/si), c’est quand même possible de l’automatiser!

Formulaires et réponses préfaites

Mise en situation: tu travailles dans une agence de voyages et tu dois répondre aux demandes de clients qui veulent partir dans le Sud. Après avoir effectué une recherche pour eux, tu retournes leur répondre par courriel.

À la place de prendre le temps d’écrire un courriel unique à chaque fois, tu utilises le raccourci que tu as attitré à ton formulaire de réponses préremplies.

Une fenêtre apparaît, te demandant le nom de la personne, l’hôtel en question (dans une liste déroulante), le prix, la date de départ et de retour. Tu remplis les informations, cliques sur “Enter” et le courriel s’écrit tout seul.

Bien sûr, ça implique que, pour chaque hôtel, quelqu’un s’est donné la peine d’écrire une belle description de l’endroit. La mise en place de cet outil demande donc une dose considérable de travail. Mais il ne faut pas oublier quelque chose, la loi du 80/20 s’applique également au monde du voyage! 20 % des hôtels accueillent 80 % des voyageurs.

Puisque ces logiciels permettent de partager les raccourcis à travers une équipe de travail, TOUS les conseillers pourraient générer leurs réponses automatiquement pour économiser du temps. Un formulaire de réponses préfaites pour les 20 hôtels les plus populaires pourrait donc sauver des milliers d’heures de travail chaque année (tout dépendant de la taille de l’agence).

Bien sûr, on peut garder ça simple. Ton formulaire pourrait également te rédiger un courriel général, mais adapté à ton formulaire, que tu peux personnaliser à chaque fois au besoin.

Calculer sa productivité

Te souviens-tu lorsqu’on a parlé de la formule mathématique de la productivité?

V = I * M * E * T

Le dernier élément — T —  représente le temps investi à travailler. Ce qui m’amène à te poser une question…

Sais-tu combien de temps tu passes sur Facebook, Pinterest ou Instagram chaque semaine? Combien de temps tu passes à travailler versus le temps que tu passes sur un site de voyages, Netflix ou encore sur YouTube à écouter des vidéos de chats?

Notre perception du temps est relative… C’est-à-dire qu’on a l’impression qu’il passe pas mal plus vite lorsqu’on écoute une télésérie Netflix que lorsqu’on fait des tableaux croisés dynamiques en Excel (à moins d’être en flow!)

Mon point est: on ne le sait pas vraiment. Ça peut être plus, ça peut être moins. Tu es peut-être workaholic ou encore un procrastinateur compulsif… Tout ça, sans le savoir!

La seule façon d’en avoir le coeur net est d’installer RescueTime (disponible sur Windows/Android/Mac).

Ce logiciel fait le suivi de toutes tes activités numériques sans que tu aies à faire quoi que ce soit. Chaque semaine, il t’envoie un rapport pour te dire *Oh, mais quelle surprise!* tu as passé 18 h sur Netflix.

Il peut autant te donner une claque au visage que te faire réaliser que tu travailles trop et que tu devrais prendre un peu plus de temps pour toi!

Elon Musk, le CEO et fondateur de Tesla et SpaceX, est réputé pour être un cas sévère de workaholisme. Dans une entrevue, il apporte une perspective intéressante sur le sujet: si tu es habitué de travailler 30 h/semaine et que tu augmentes à 90, tu vas accomplir en quatre mois ce qui te prenait une année complète.

Et comme n’importe quelle forme d’investissement, ton travail récolte des intérêts composés, c’est-à-dire qu’une petite variation dans le nombre d’heures travaillées quotidiennement apporte des conséquences démesurées à moyen et long terme.

RescueTime t’aide à connaître la vérité sur ton nombre d’heures productives pour t’aider à savoir où couper pour t’améliorer!

Simplifier et accélérer les processus

Qu’est-ce qui est le plus productif selon toi? Passer 3 h par jour à lire sur la productivité, tester des applications et “optimiser” ton poste de travail? Ou passer 3 h de plus par jour à travailler?

J’ai argumenté dans les dernières pages que c’était excessivement important de prendre le temps de simplifier ses processus de travail et d’augmenter sa vitesse d’exécution. Mais ce conseil vient avec une mise en garde. L’optimisation de sa productivité peut facilement devenir une obsession, une autre activité de pseudo-travail qui nous donne l’impression d’être productifs, un refuge qu’on utilise pour se cacher de son réel travail.

Ce processus suit la loi des retours diminutifs sur investissement: investir deux ou trois heures par semaine pour implémenter les concepts de ce chapitre peut quintupler ta productivité, mais chaque heure additionnelle est une heure de productivité perdue.

C’est important de balancer le travail et le méta-travail (le travail à propos du travail) pour ne pas pencher trop d’un côté (travailler de façon inefficace) ou de l’autre (obséder sur l’efficacité à ne plus en travailler).

La solution que j’ai trouvée pour garder l’équilibre est de cultiver le réflexe d’optimiser mes processus pendant que je travaille. Si je me rends compte que j’écris souvent le même courriel, je vais prendre cinq minutes pour en faire une réponse préfaite dans PhraseExpress. Si je fais souvent la même action dans une application (comme “archiver” dans Gmail), je vais faire une recherche rapide sur Google pour trouver le raccourci clavier (c’est “e”, mais il faut activer les raccourcis dans ses paramètres!)

Lorsque je me retrouve en plein milieu d’une tâche qui est beaucoup trop longue pour le retour sur investissement, je mets en question la raison derrière ce processus. Comme avec l’exemple d’Instagram, est-ce qu’on travaille de cette façon parce qu’on ignore une information? (On peut facilement télécharger les images à partir du site web.)

Par exemple, la plupart des logiciels permettent l’importation en format CSV (Comma Separated Values; valeurs séparées par des virgules). N’importe quel processus qui demande d’entrer les mêmes données une à une dans un logiciel (comme les produits d’une boutique en ligne, les  contacts dans un CRM ou les données de ventes dans un logiciel comptable) peut être simplifié par l’usage des fichiers CSV. Mais pour être capable d’utiliser la fonction d’importation, encore faut-il savoir ce qu’est un fichier CSV (et comment travailler avec!)

Dans le même ordre d’idées, tous les processus qui te demandent de retranscrire des informations à partir d’un site web peuvent être automatisés à l’aide de logiciels tels que Import.io.

Si, par exemple, tu as besoin d’extraire la liste des adresses courriel de toutes les entreprises d’un répertoire, tu peux prendre import.io pour retranscrire tous les sites et noms d’entreprise dans un fichier Google Sheets. Ensuite, tu peux utiliser Grabby.io pour créer un robot qui va scanner l’ensemble des sites web et trouver toutes les adresses e-mail présentes sur chacun.

Finalement, tu importes ça en CSV dans ton CRM et le tour est joué!

Ou encore, si tu dois lier manuellement des données entre plusieurs applications (comme les données de vente de ton site web avec ton système comptable ou ton logiciel de prise de rendez-vous avec ton CRM), alors tu peux utiliser Zapier (mon app préférée et de loin) pour automatiser le tout.

Zapier est probablement l’une des applications web les plus puissantes qui existent pour tout ce qui a trait à l’automatisation et à la simplification des processus. Ça vaut la peine de déposer ce livre pour aller t’inscrire!

Manifestement, je ne peux pas énumérer la liste de toutes les applications qu’on peut utiliser pour simplifier nos processus. Il en existe des milliers et la liste ne cesse de s’allonger. Mais, pour t’ouvrir l’esprit sur ce qu’il est possible de faire (presque tout), voici encore quelques exemples:

  • Tu dois retranscrire le contenu de courriels dans une base de données? Mailparser.io
  • Tu dois trouver les adresses courriel attachées à un domaine? Hunter.io
  • Besoin de trouver la liste des comptes sur les médias sociaux liés à une adresse courriel? FullContact.com
  • Besoin de trouver le sexe d’une personne selon son nom? Genderize.io

Certaines plateformes sont simples, d’autres sont plus complexes. Est-ce que ça vaut la peine d’utiliser Genderize.io si on a 15 personnes à identifier (homme/femme)? Absolument pas. Mais si on en a 1 500? Très certainement.

Le message de ce chapitre est simple. Pour être plus productif, tu dois optimiser deux choses: le processus ET la vitesse d’exécution de ce processus.

Les applications que je viens de nommer vont simplifier ton processus alors que les raccourcis clavier, macros et text expanders vont augmenter la vitesse à laquelle tu complètes ces processus.

Est-ce que le sommeil serait la clef du succès?

“Je dormirai quand je serai mort”, “dormir, c’est une perte de temps”, “faire la sieste c’est pour les lâches”…

Tu as sans doute déjà entendu l’une de ces expressions! On vit malheureusement dans une société où assumer son besoin de sommeil est mal perçu.  

On a l’impression que dormir moins nous libère des heures qui nous permettent d’accomplir plus de choses dans une journée. Ce n’est pas tout à fait faux, mais le problème c’est que le sommeil c’est un peu comme l’argent sur une carte de crédit. Il est vrai que, même si on a une “dette” de sommeil, à court terme ça nous permet de bénéficier d’un peu plus de temps. Mais bien vite, cette dette s’accumule et, si on ne la rembourse pas, on se retrouve à en payer les intérêts: fatigue, troubles de concentration et problèmes de mémoire pour ne nommer que ceux-là.  

Selon la National Sleep Foundation, un adulte de 18 à 64 ans a besoin, en moyenne, de sept à neuf heures de sommeil par nuit pour bien fonctionner pendant la journée. Alors chaque nuit passée à dormir 5 ou 6 heures nous laisse avec un déficit de sommeil.

On n’a généralement pas conscience que les contrecoups de nos mauvaises habitudes de sommeil nous suivent jusqu’au travail et affectent nos performances. C’est la conclusion que tire un grand nombre d’études sur le sujet. L’une d’elles, parue dans la revue Occupational & Environmental Medicine, va même jusqu’à affirmer qu’un adulte privé de sommeil pendant 17 à 19 heures voit ses capacités affaiblies à un niveau équivalent ou pire à quelqu’un qui aurait un taux d’alcoolémie de 0,05 %, et ce taux grimpe même à 0,1 % lorsque privé de sommeil pendant 24h.

Le lien entre le sommeil et la productivité

Dormir ce n’est pas une attitude de lâche et ce n’est définitivement pas une perte de temps. Essayer de “faire plus avec moins” n’est pas une bonne idée en ce qui concerne le sommeil. En fait, dormir plus est l’une des meilleures habitudes qu’on peut prendre pour améliorer sa productivité.

En plus de nous servir à faire le plein d’énergie physique, dormir suffisamment nous permet entre autres d’avoir une bonne vivacité d’esprit, de résoudre les problèmes plus facilement, d’avoir une meilleure mémoire, de pouvoir nous concentrer plus facilement, de mieux gérer nos émotions et d’avoir une meilleure humeur en général.

Énergie et motivation

Le lien le plus évident à faire entre le sommeil et la productivité est notre niveau d’énergie. C’est en effet le sommeil et le repos qui permettent à notre corps de récupérer et de “recharger nos batteries”. C’est ce qui fait en sorte que, après une bonne nuit de sommeil, on se réveille en pleine forme et prêts à conquérir le monde.

Le manque de sommeil, par contre, nous rend amorphes et semble empêcher toute forme de motivation de nous habiter. Cela fait également en sorte qu’on s’épuise plus rapidement. C’est bien souvent ce qui fait la différence entre une fin de journée productive où on a assez d’énergie pour travailler à notre plein potentiel jusqu’à la dernière minute et une fin de journée où on passe les deux dernières heures à fixer le curseur à l’écran d’ordinateur avec un regard de mort intellectuelle.

Vivacité d’esprit

Une étude, parue en 2003 dans la revue SLEEP des presses universitaires d’Oxford, a mesuré les effets de la privation de sommeil sur trois groupes d’individus pendant deux semaines. Le premier groupe devait dormir 8 heures par nuit, le second devait dormir 6 heures par nuit et le troisième devait dormir seulement 4 heures par nuit.

Les résultats de cette étude sont impressionnants et ont prouvé que le déficit de sommeil est non seulement nuisible, mais également cumulable. Les individus qui ont dormi 6 heures et moins par nuit présentaient un déclin cognitif constant de jour en jour. Après deux semaines, ils étaient cinq fois moins performants qu’au premier jour de l’étude et obtenaient des résultats similaires à quelqu’un qui aurait été privé de sommeil pendant 24 heures ou aurait eu un taux d’alcoolémie de 0,1%. Aussi bien dire que ce ne serait pas moins productif d’aller travailler avec un petit verre dans le nez chaque jour!

Résolution de problèmes

Le sommeil aurait également un important rôle à jouer dans notre capacité à réfléchir de façon cohérente, analyser les situations, faire du sens de l’information qu’on a en mémoire et amalgamer tout ça avec un brin de créativité pour trouver des solutions aux problèmes auxquels ont fait face.

Alors, quand on se retrouve devant un problème qu’on n’arrive pas à résoudre, le conseil de “dormir là-dessus” est réellement une bonne suggestion.   

Pendant qu’on dort, notre cerveau consolide nos souvenirs récents et les restructure de façon à en tirer davantage de sens, ce qui nous permet d’acquérir une lucidité essentielle à la résolution de problèmes.

Mémoire

Le manque de sommeil a un effet dévastateur sur notre mémoire. Non seulement sur la mémoire à court terme et la mémoire de travail, mais aussi sur la mémoire à long terme. Une étude parue dans la revue Sleep Medicine Clinics démontre que, lorsqu’on dort, notre cerveau réactive et consolide ce que notre mémoire a nouvellement enregistré.

Le sommeil a également un effet bénéfique sur la mémorisation des nouveaux apprentissages dans une multitude de domaines. Il a été démontré que notre cerveau intègre plus facilement de nouvelles informations en mémoire lorsque l’apprentissage est suivi de près par une période de sommeil.

Voir aussi: 3 trucs pour booster sa mémoire et réduire son déficit d’attention

Attention et concentration

On connait tous la sensation et la frustration qu’on ressent quand on a de la difficulté à se concentrer. Comme lorsqu’on doit lire trois fois le même paragraphe d’un texte après avoir réalisé qu’on n’a aucune idée de ce dont il traitait, ou lorsqu’on essaie de se concentrer sur ce que dit le patron pendant un meeting mais qu’on finit immanquablement par réfléchir à quinze autres sujets complètement hors contexte.

L’étude menée par David Dinges met de l’avant l’accumulation du manque de sommeil comme étant l’un des responsables de ce déficit cognitif. Une carence en sommeil, aussi minime qu’une heure de moins par nuit, a des répercussions graduelles qui sont un peu plus perceptibles chaque jour. Des recherches sont en cours afin de savoir si les heures de sommeil qu’on arrive à récupérer pendant le weekend sont suffisantes pour se remettre d’une semaine où on ne dort pas suffisamment chaque nuit.

Humeur

Le manque de sommeil peut grandement influencer nos émotions. Chez certaines personnes, cela se manifeste par une humeur d’ogre, des émotions à fleur de peau ou un état d’esprit dépressif, tandis que d’autres, chez qui c’est tout le contraire, se retrouvent avec l’âge mental d’un enfant de cinq ans et sont victimes de fous rires incontrôlables tout au long de la journée.

Dans un cas comme dans l’autre, ça ne mène pas à des journées très productives. Ces sautes d’humeur peuvent affecter les relations qu’on entretient avec nos collègues de travail et nuire à nos performances dans le domaine du service à la clientèle. Heureusement, une bonne nuit de sommeil suffit généralement à réguler nos émotions et nous ramener à notre état normal.  

Conclusion

Même si on devrait dormir en moyenne entre sept à neuf heures par nuit, on est tous uniques et nos corps réagissent différemment au manque de sommeil. Certaines personnes vont immédiatement ressentir des symptômes s’ils ne dorment pas suffisamment, tandis que d’autres peuvent passer deux ou trois nuits d’affilée à ne dormir que quatre ou cinq heures avant d’être affectés par les contrecoups.  

Quoi qu’il en soit, les recherches sur le sujet sont unanimes: le sommeil affecte directement la productivité.

D’abord, dormir suffisamment nous permet d’avoir assez d’énergie physique pour bien fonctionner tout au long de la journée, ce qui nous aide à rester alertes et motivés.

Ensuite, des études ont démontré que la fatigue pouvait avoir des effets semblables à ceux de l’alcool sur nos facultés et notre vivacité d’esprit. Alors, pour éviter de limiter nos performances à celles de l’employé qui dissimule un peu trop de Bailey’s dans son café, il est primordial de ne pas accumuler de “dette” de sommeil.

De plus, notre cerveau consolide nos souvenirs récents et les restructure pendant notre sommeil, ce qui nous permet de porter inconsciemment un regard nouveau sur les situations problématiques du quotidien et de trouver des solutions plus aisément.

Le sommeil joue également un rôle important dans la mémoire à court terme, la mémoire de travail ainsi que la mémoire à long terme et nos apprentissages sont gardés en mémoire plus aisément lorsqu’ils sont suivis d’une période de sommeil.

Des difficultés de concentration et un déficit d’attention sont aussi des symptômes qui peuvent aussi être causés par un manque de sommeil. Puisque la “dette” de sommeil est cumulable, les effets néfastes sont d’abord subtils, mais se font sentir de plus en plus au fil des jours.

Finalement, le manque de sommeil peut nuire à notre état émotionnel, ce qui influence directement notre motivation, nos relations de travail et notre productivité.

Heureusement, une bonne routine de sommeil est suffisante pour éviter tous les troubles associés à un déficit de sommeil et profiter des bénéfices.

Comment devenir un leader persuasif

Pour être capable d’accomplir quoi que ce soit, il faut prendre les choses en main, sortir de la routine, agir. Et non seulement ça, mais il faut également convaincre les autres de nous suivre dans notre mission de rendre le monde (ou du moins, notre entreprise) un peu meilleur.

Ce n’est pas une mince affaire, les gens sont incroyablement têtus et résistants au changement. Il faut donc (autant que possible) que ça vienne d’eux et qu’ils co-créent le projet avec toi.

Peu importe ta position, seul, tu n’as aucun poids. Même le PDG d’une entreprise ne peut forcer sa compagnie à prendre un virage qu’elle ne veut pas prendre.

Lorsque j’ai parlé de la qualité d’une idée (dans la première partie du livre), je t’ai dit que tu ferais mieux de prendre les idées des autres personnes plus élevées dans la hiérarchie de ton entreprise si tu veux qu’elles finissent par voir le jour. C’est maintenant le temps d’apprendre comment trouver ces idées et impliquer la personne dans leur développement.

Pour ce faire, je vais te proposer une stratégie qui s’inspire des deux modèles qui ont, chacun leur tour, révolutionné la façon de créer et de développer des entreprises rentables.

La première est la méthode SPIN, un framework de vente réalisé par Neil Rackham, le fondateur de la multinationale Huthwaite, une des plus prestigieuses agences de coaching et d’entraînement en vente, négociation et communication. Cette méthode est issue de l’analyse de l’impact de 116 facteurs sur 35 000 transactions récoltées et décortiquées sur plus de 10 ans. Elle a redéfini la façon de vendre et de négocier au sein des plus grosses entreprises à travers le monde.

Ensuite, nous allons utiliser la méthode LEAN telle qu’adaptée par Eric Ries pour mettre sur pied et concrétiser le projet. Cette méthode a complètement transformé Silicon Valley, la capitale mondiale de l’innovation, et est au coeur de l’ADN des entreprises comme Google, Tesla et Amazon.

Ensemble, ces deux stratégies nous offrent un chemin clair pour devenir un intrapreneur (quelqu’un qui développe une entreprise au sein d’une entreprise) ou un entrepreneur, prendre le contrôle de sa destinée et vivre la vie dont on a toujours rêvé.

La méthode SPIN

La méthode SPIN a été développée pour aider les gens à vendre leur produit ou service au sein d’un contexte corporatif (vente B2B). Je te recommande fortement d’aller lire l’ouvrage original qui est rempli d’exemples concrets et d’exercices à compléter pour drastiquement améliorer tes talents de vendeur.

L’angle est également très différent de ce que je vais te proposer puisque j’adapte la stratégie à un autre contexte, soit la persuasion et le leadership au sein d’une entreprise.

SPIN est un acronyme pour décrire les quatre étapes du processus de vente: Situation, Problème, Implications et Need-Payoff (il s’agit d’une méthode anglophone, la dernière lettre se traduit très mal). Chacune de ces étapes te demande de poser certaines questions à la personne que tu souhaites persuader. Ce qui est important n’est pas le type (question ouverte ou fermée), mais bien l’objectif derrière ces questions.

La Situation

La situation représente le point de départ. Tu n’as aucune idée de ce que tu pourrais bien faire, alors tu dois faire tes recherches pour connaître l’état réel des choses. Quel est l’objectif de l’entreprise et comment réussit-elle à l’accomplir? Comment fait-elle son argent? Quels outils, processus ou logiciels sont utilisés dans la création de ce bien/service?

Est-ce que la compagnie possède un organigramme? Qui est responsable de prendre les décisions? Comment sont structurés les départements? Existe-t-il un guide qui détaille les procédures de travail des employés?

Ton objectif est, dans un premier temps, non seulement de comprendre le fonctionnement global de l’entreprise, mais également de bien connaître les rouages qui lui permettent de fonctionner.

Le Problème

Après avoir été attentif et t’être renseigné correctement sur l’entreprise, il faut trouver le temps de t’asseoir avec un gestionnaire, lui poser les bonnes questions et écouter attentivement…

Une business a pour objectif de générer des profits à travers la satisfaction d’un désir par un produit ou service. Entre la création de ce produit/service et sa livraison se cache une multitude d’étapes qui ralentissent le processus et augmentent les coûts.

Voici quelques exemples de questions à poser pour trouver les différentes frustrations et inefficacités:

  • Est-ce que tu es satisfait de la qualité du travail généré par notre département?
  • Quels sont les désavantages causés par la méthode/les outils qu’on utilise?
  • Disons que j’ai une baguette magique et que je peux régler UN problème en lien avec X, ce serait quoi?
  • Est-ce que c’est difficile de faire X, Y, Z?

Ce n’est pas le chialage qui manque dans une compagnie. Que ce soit le département du service à la clientèle, des ventes, des technologies ou du marketing, tout le monde possède son lot d’insatisfactions.

Tu dois faire attention pour ne pas te présenter en disant “la compagnie est brisée”, on n’est pas là pour parler en mal de personne. L’objectif est plutôt de faire l’inventaire de TOUS les problèmes qu’on pourrait potentiellement régler pour une entreprise.

Et ce n’est pas parce que Nicole des ressources humaines a chialé sur quelque chose qu’il s’agit véritablement d’un problème. Chaque point soulevé à cette étape est une hypothèse qu’on doit par la suite valider.

C’est un peu comme lorsqu’on gère un site web. Il va TOUJOURS y avoir des bogues. Dès que le site ou l’application est le moindrement complexe, c’est quasi impossible de tous les régler. C’est pourquoi, une fois qu’on a trouvé un problème, on doit se poser trois questions:

  • Combien ça coûte pour le régler?
  • Quel est le coût associé à l’ignorer?
  • Quel est le bénéfice de le corriger?

Ce n’est que si le coût de la première question est inférieur à la somme des deux dernières qu’on doit considérer déployer des ressources pour le régler. Et lorsqu’on travaille au sein d’une équipe réduite, ce qui est presque toujours le cas, alors il y a également le coût d’opportunité à prendre en compte.

Chaque heure que tu mets à régler un problème mineur est une heure que tu n’investis pas à régler un problème majeur. Même si ton temps est rentable, il pourrait l’être encore plus.

Il faut donc inventorier les problèmes, les classer du plus important au plus insignifiant et prioriser. Mais pour faire ça, encore faut-il qu’on ait les outils pour quantifier et mesurer les problèmes en question! Plus on va vite, plus conduire les yeux fermés devient un problème.

C’est pourquoi tant d’entrepreneurs n’ont jamais porté attention à l’intelligence d’affaires. Ils grossissent tranquillement leur entreprise les yeux fermés pour ensuite se réveiller, sept ans plus tard, avec un énorme navire en haute mer et n’ont aucune idée d’où ils sont.

Le manque de données est souvent un problème à part entière auquel tu peux t’attarder. Quelles sont les métriques de performance clé (KPI, pour Key Performance Indicator dans le lingo de la business!) de l’entreprise et comment peut-on calculer l’influence d’un facteur sur ces métriques?

J’éviterais de m’avancer sur un terrain où c’est difficile d’avoir des statistiques. S’il n’y a aucune façon d’évaluer objectivement l’efficacité d’un projet, tes efforts sont exposés au jugement subjectif des preneurs de décisions. Ça veut dire que si ton supérieur immédiat n’aime pas ce que tu fais (pour n’importe quelle raison niaiseuse), il peut tirer la plug sur ton projet.

Avoir des résultats mesurables te permet de garder le cap (et ton emploi) si jamais (quand) quelqu’un décide d’attaquer ton projet.

Non seulement ça, mais si tu ne peux pas le mesurer, alors tu ne peux pas en parler! Disons que tu veuilles parler de tes accomplissements sur ton profil LinkedIn, laquelle de ces deux phrases est la plus convaincante?

“J’ai entrepris et encadré la mise en place d’un système de gestion d’inventaire pour la compagnie X.”

OU

“J’ai entrepris et encadré la mise en place d’un système de gestion d’inventaire qui a aidé la compagnie X à réduire ses dépenses de 150 000 $ par an sans impact négatif sur la satisfaction client.”

Personne n’engage un titre. Décris-toi plutôt en fonction de ta capacité à réduire les dépenses et augmenter les revenus.

Bref, tout ça pour dire qu’un bon problème est donc un problème que tu peux quantifier.

J’insiste sur ce point parce que ce conseil m’a sauvé les fesses à plusieurs reprises lors de mon passage chez Voyages à Rabais.

Ils m’avaient engagé principalement pour que je m’occupe du SEM et des médias sociaux, donc tout ce qui a trait à Facebook et Google.

En arrivant dans l’entreprise, je me suis rendu compte qu’ils envoyaient leur infolettre à l’aide d’un système maison qui n’offrait aucune possibilité de connaître le retour sur investissement de leur stratégie.

En utilisant la formule SPIN, j’ai convaincu le VP de passer à Mailchimp (une plateforme plus complète) pour avoir accès au pourcentage de personnes qui ouvrent ou cliquent dans les infolettres que l’entreprise envoyait. Ça n’aura pas été simple puisque cette plateforme leur coûte plus de 10 000 $ par année. Le prix élevé provient de la quantité phénoménale d’abonnés à leur infolettre (plus de 500 000).

Une fois sur Mailchimp, j’ai pu faire des tests A/B, c’est-à-dire qu’on change une variable et on regarde son influence sur le taux de clic, tout ça dans l’espoir d’implémenter une stratégie de marketing par courriel que je croyais être plus efficace.

Au lieu d’envoyer une grosse image de plage avec un prix, je voulais envoyer des courriels qui enseignent des choses pratiques aux gens tout en étant amusants à lire. Je croyais aussi qu’un ton personnel était de mise et que les infolettres devaient être signées. Je voulais aussi réduire le nombre d’images dans les infolettres puisque presque toutes les études sur le sujet démontrent qu’elles nuisent à leur efficacité.

C’était à l’époque où les médias sociaux venaient tout juste de commencer à prendre de l’ampleur. Plus personne ne croyait au email marketing. Les courriels, disait mon VP, ça marchait en 2004.

J’ai eu un “OK” pour tester la stratégie sur un échantillon (50 000 personnes). La présidente (Sylvie Myres) n’avait pas approuvé directement et on savait tous qu’elle ne serait pas chaude à l’idée. Le mot d’ordre à l’époque était d’être le plus professionnel et “corporate” possible. “Avec un nom comme Voyages à Rabais, on ne peut pas se permettre de faire des blagues dans notre marketing.”

Les résultats?

La nouvelle infolettre a battu l’ancienne à plate couture avec un taux de clic trois fois plus élevé. Non seulement ça, mais avant, c’était difficile de savoir si l’infolettre avait un impact réel sur les ventes. Aussitôt le courriel envoyé, le téléphone s’est mis à sonner. Les conseillères n’y comprenaient rien… Les gens demandaient à parler à Olivier Lambert!

Un an plus tard, l’entreprise avait fait un virage à 180 degrés sur sa stratégie de marketing par courriel, ce qui aura été l’une de ses manoeuvres les plus profitables.

Le vice-président, David Grégoire, a parlé des stratégies qu’on a mises en place à d’autres dirigeants d’entreprises et lors de plusieurs conférences, toujours en mentionnant mon nom. Lorsque je lui ai demandé, il m’a également fait une recommandation LinkedIn très favorable, ce qui aide énormément pour établir sa crédibilité (plus sur ça dans le prochain chapitre).

Malheureusement, même avec les chiffres à l’appui, ce n’est parfois pas suffisant pour avoir une influence durable sur une entreprise. Peu après mon départ, David est également parti pour fonder sa propre entreprise. Depuis, on a dû voir toutes les innovations qu’on avait mises sur pied ensemble se faire effacer une à une. Je ne m’y attendais pas et ça aura été excessivement difficile de regarder quelque chose qui me rend fier s’effacer sans rien pouvoir faire.

Tout ça m’aura appris quelques leçons importantes, dont celle-ci: la culture d’une entreprise lui provient de la somme des croyances et attitudes de ses employés. Les changements ne sont pas restés parce que je n’ai réussi à influencer qu’un seul individu. Suite à notre départ, plus personne ne croyait à nos stratégies. Les chiffres, sans personne pour les transformer en arguments, ne sont que des taches noires sur un écran.

Une fois que tu as trouvé un problème que tu peux régler et qui va avoir un impact mesurable sur l’augmentation des revenus ou la réduction des dépenses, c’est primordial d’avoir le support de personnes clés. Sans David, même avec les chiffres pour supporter mes stratégies, je me serais sans doute fait congédier. On ne peut agir seul contre une entreprise — même si on a raison. On ne peut pas forcer quelqu’un à changer, il faut que ce soit volontaire, il faut influencer les preneurs de décisions.

Pour être capable de convaincre ces personnes, on commence par leur faire reconnaître le problème, pour ensuite effectuer les deux dernières étapes de la méthode SPIN…

Les Implications

Dès qu’on trouve un problème intéressant, notre premier réflexe est de se pencher immédiatement sur sa solution — c’est une grave erreur. Dès qu’on termine la discussion sur le problème pour débuter celle sur la solution, on va se mettre à rencontrer des obstacles et objections qui expliquent pourquoi on ne peut pas (ou ne devrait pas) faire quelque chose.

Offrir une solution à cette étape tue ton projet dans son berceau. Tu te souviens de nos trois questions?

SI (Coût de la solution < (Coût du problème + Bénéfices de la solution)) ALORS le projet est potentiellement viable.

Le coût de la solution n’a pas encore été déterminé (on va voir comment s’assurer de le minimiser avec la méthode Lean), mais avant d’en parler, il faut s’assurer que le côté droit de l’équation soit aussi lourd que possible pour que la solution paraisse acceptable, voire même désirable. C’est là que les deux dernières questions de la méthode SPIN entrent en jeu. Les questions d’implications visent à faire prendre conscience à l’autre du coût réel du problème et les questions need-payoff visent à rendre les bénéfices de la solution plus tangibles.

Ces questions sont vitales parce que les problèmes importants se cachent souvent en pleine vue de l’entreprise. Les choses ont toujours été faites d’une certaine façon et ça n’a jamais posé de problème… Jusqu’au jour où l’entreprise est devenue trop grosse pour que ça reste viable. Mais puisque ”on a toujours fait ça comme ça”, personne ne prend le temps de trouver une meilleure façon de faire.

À cause de ça, les problèmes importants ne sont souvent même pas considérés comme des problèmes. C’est juste quelque chose qu’on a toujours fait et qui ne semble pas causer de danger imminent.

Voici un exemple:

Très peu d’entreprises utilisent un système de boîte courriel collaborative. Si c’est le cas pour ton entreprise, c’est définitivement un quick win facile à implémenter.

Disons que l’entreprise reçoit un bon volume de messages courriel. Pour y répondre, elle a une boîte générale et chaque employé possède une boîte privée pour les communications internes. À première vue, pas de problème…

Mais qu’arrive-t-il lorsque quelqu’un fait une erreur? Est-ce qu’on peut savoir qui a envoyé le courriel en question? Et est-ce que ça arrive qu’on doive être plusieurs sur la même boîte de courriel en même temps? Comment est-ce que les cas sont distribués? Comment savoir qui doit effectuer le suivi? Est-ce possible d’ajouter des notes à un courriel pour que les autres employés le voient? Est-ce que ça arrive que deux employés répondent à la même personne en même temps?

C’est en posant ce genre de question que le gestionnaire va finir par se dire “Ouain, on a peut-être un petit problème finalement”. Mais ce n’est pas parce qu’il verbalise le problème qu’il réalise à quel point gérer ses courriels de cette façon est stupide. On enchaîne donc avec des questions d’implications…

Quels sont les délais de réponse? Est-ce que ça arrive qu’on perde un prospect parce que ça aura été trop long lui répondre, ou pire, qu’on ne lui ait jamais répondu? Est-ce que ça pourrait avoir un impact sur la crédibilité de l’entreprise? Est-ce qu’on a déjà envoyé un courriel avec de fausses informations à cause d’un manque de communication? Et à l’interne, est-ce que les employés aiment gérer les courriels? Est-ce qu’ils ont l’impression d’être submergés par le nombre de courriels qu’ils reçoivent? Quel impact est-ce que ça a sur leur humeur et leur productivité? Est-ce qu’ils se plaignent parfois? Quelles conséquences est-ce que les imperfections de ce système entraînent?

En d’autres mots, comment est-ce que le problème affecte directement (ou indirectement) les KPI de l’entreprise? Plus on pose ce genre de question, plus la personne est forcée d’admettre que le problème est important.

Ça ne veut pas nécessairement dire que la personne va être convaincue de la nécessité de changer. Même si la solution est simple et gratuite, elle comporte tout de même un coût (l’élément à gauche de notre équation). Par exemple, la solution au problème des courriels ne coûte presque rien. Par contre, la gestion des emails étant une activité au coeur du roulement de l’entreprise, une transition implique que TOUS les employés vont devoir s’y adapter. On parle d’une période de transition importante dans laquelle plusieurs choses peuvent mal se passer.

Pour convaincre quelqu’un d’agir, il faut vraiment prendre le temps de bien définir les implications. Non seulement ça, mais aussi quels seraient les avantages à trouver une solution…

Need-Payoff

Alors que les questions d’implications se concentrent sur le négatif, les questions need-payoff se concentrent sur le positif. On demande des choses comme:

  • Est-ce vraiment important pour vous de régler ce problème?
  • Pourquoi est-ce que cette solution vous paraît utile?
  • Si je trouve une solution à ce problème, quels autres bénéfices est-ce que ça pourrait apporter?

Ce type de question permet d’accomplir deux choses:

  1. Ça focus l’attention de la personne sur la solution au lieu du problème. Ça met les gens dans un mindset positif de résolution de problème.
  2. Ça fait en sorte que l’autre personne se dit elle-même les bénéfices d’une solution (ta solution).

Tu aimerais simplifier la prise de rendez-vous lors de consultations? Pourquoi est-ce que c’est important pour toi? Est-ce que tu aimerais un système qui s’occupe de faire les suivis automatiquement? Quels autres problèmes est-ce que ça règlerait? Crois-tu que ça va réduire les annulations de dernière minute? Quel impact crois-tu que ce système aurait chez ta clientèle? Combien d’argent penses-tu sauver avec un tel système?

Lorsqu’un prospect fait l’inventaire des bénéfices lui-même, alors ses objections (comme le prix ou un défaut dans le service ou produit offert) semblent plus acceptables.

Ce genre de question possède également un deuxième effet important: ça entraîne l’autre personne à vendre la solution. C’est très rare qu’on s’adresse directement au preneur de décision. Habituellement, on passe par un intermédiaire qui doit faire approuver le projet ou la dépense par quelqu’un au-dessus de lui. Même le PDG doit répondre à un conseil d’administration!

Ça veut dire que la personne avec qui tu parles de ce projet va devoir se tourner de bord et parler de ta solution à ses supérieurs. Si tu lui fais dire lui-même les bénéfices et avantages et qu’il “achète” mentalement l’idée, il va vraiment s’impliquer personnellement dans la mise en oeuvre du projet.

Comment trouver et proposer une solution?

Puisque ça s’adresse à des vendeurs, la méthode SPIN requiert que tu possèdes déjà la solution au problème. Je dois donc introduire une nouvelle étape: l’extraction d’idée.

Il s’agit d’un concept développé par Dane Maxwell, un entrepreneur qui se spécialise dans la création de startups en technologie. Son processus, issu du mariage de la méthode SPIN et de l’approche LEAN, le rend complètement original dans sa façon d’aider les entreprises et de régler leurs problèmes.

Il a donné un exemple très concret du processus en publiant un appel de 45 minutes où il discute avec la compagnie qui ouvre sa piscine. Dans cet appel, Dane extrait deux idées d’entreprises qu’il pourrait créer. L’entrepreneur lui dit très clairement qu’il serait prêt à payer 500 $ par mois pour une des deux solutions et lui assure que c’est également quelque chose qui intéresserait tous ses compétiteurs.

Sa façon de faire est tout simplement brillante. Après avoir questionné l’entrepreneur sur la logistique de son entreprise (questions Situationnelles), il réussit à trouver deux frustrations majeures (en utilisant les questions de Problèmes): la logistique de paiement et la prise de rendez-vous sont excessivement complexes et lourdes et certains clients se plaignent que le nombre d’heures facturées est trop élevé.

Après avoir trouvé les deux problèmes, il demande à l’entrepreneur lequel des deux semble le plus important à ses yeux (le deuxième).

Il enchaîne donc avec des questions d’implication et need-payoff pour développer le besoin et les bienfaits:

  • Need-Payoff: Peux-tu me redire plus clairement pourquoi tu voudrais avoir cette solution en premier?
  • Need-Payoff: Si tu avais un système pour faire le suivi de temps de tes employés, combien est-ce que ça ajouterait à tes revenus?
  • Implication: Est-ce que ce problème t’affecte négativement dans ton quotidien?
  • Implication: Qu’est-ce qui se passe lorsqu’un client t’appelle parce qu’il n’est pas satisfait? Qu’est-ce que tu fais?
  • Implication: Si tu fais 10 jobs, sur combien d’entre elles est-ce que ce scénario se produit?
  • Implication: Combien de jobs fais-tu par année?
  • Si je comprends bien, ce scénario te fait perdre 80 jobs par année, ce qui signifie 20 000 $ de revenus. Tu dois prendre ces appels, ce qui te gaspille ton temps et ton énergie… Disons que tu reçois un appel comme ça et que tu possèdes une baguette magique qui règlerait tous tes problèmes, qu’est-ce qui se passerait exactement?
  • Need-Payoff: Et qu’est-ce que cette solution t’apporterait personnellement?
  • Need-Payoff: Et comment te sentirais-tu?
  • À combien évaluerais-tu le prix que tu serais prêt à payer, sachant que tu perds 20 000 $ par année, sachant que tu perds ton temps, sachant que tu pourrais faire plus d’argent, sachant que tu perds ton énergie… Combien serais-tu prêt à payer?

Les questions que je viens d’énumérer sont transcrites et traduites directement à partir de l’appel téléphonique qu’il a eu avec l’entrepreneur. Si tu parles anglais, je te recommande FORTEMENT de prendre le temps de bien écouter et de prendre des notes. Cette conversation est l’exemple parfait de la méthode SPIN que tu vas pouvoir mettre en place pour convaincre une entreprise de financer un projet, que ce soit sous l’angle d’intrapreneur ou d’entrepreneur.

Dans les questions ci-dessus, j’ai mis un segment en italique. Cette question n’est pas dans le modèle SPIN et concerne le “quoi”. Si tu avais une baguette magique, qu’est-ce qui se passerait? Quel serait le scénario idéal?

Lorsqu’on trouve un problème, il faut également trouver une solution. Mais la plupart du temps, les gens la connaissent déjà. Ils peuvent te dire le “quoi”. Ce qui leur manque, c’est le “comment”. C’est que tu entres en jeu.

Si tu es capable de faire dire à la personne exactement ce qu’elle veut et combien ça vaut pour elle, c’est certain que tu vas avoir son support pour le mettre en place une fois que tu vas avoir trouvé le “comment”.

Ça se peut que la personne ne trouve pas elle-même la solution. Dans ce cas, essaie de la guider en lui posant des questions qui mènent vers ta solution (si tu en as une). Autant que possible, il faut que ça vienne d’elle. Tourne ta langue sept fois avant de lui proposer ouvertement une idée. Sois patient, laisse lui prendre le contrôle de la conversation.

Trouver et proposer un MVP

Lorsqu’on est en mode résolution de problème, ce n’est pas rare de rêver en couleurs et de croire qu’on va changer le monde et devenir millionnaire. C’est l’effet de la dopamine qui fait son chemin à travers tes synapses.

Tu connais un entrepreneur qui lance 1 000 projets sans jamais prendre la peine d’en terminer un? Maintenant tu comprends pourquoi.

L’antidote se trouve dans un concept de la méthode Lean: le MVP.

MVP réfère à Minimum Viable Product (produit minimum viable en français). Il s’agit de se poser la question: quelle serait la solution la plus simple, abordable, facile et rapide à mettre en place pour régler ce problème (ou tester une hypothèse d’affaires).

Dans le cas de notre exemple avec les courriels, la solution est déjà simple. Un compte sur ZenDesk Inbox qui est gratuit (qu’on utilise et aime beaucoup) ou un compte sur Intercom.io qui est payant, mais incroyablement complet.

Cependant, c’est possible que la solution soit excessivement complexe, comme changer de système de gestion pour son site web, son système de caisse ou encore son CRM de vente.

Dans l’exemple avec Dane, il fallait créer une application mobile.

Mais même lorsque c’est complexe, il y a souvent moyen de faire simple… Voici un exemple de mon temps chez Voyages à Rabais.

Ça arrivait à l’occasion d’avoir des temps morts à certaines heures de la journée. Une vingtaine de conseillers qui se tournent les pouces, ça coûte cher!

Pour régler la solution, David a proposé qu’on demande aux gens sur le site web de nous dire brièvement le genre de voyage qu’ils veulent pour qu’un agent effectue la recherche pour eux et les recontacte par téléphone avec la meilleure offre.

La solution traditionnelle était longue et coûteuse. Ça impliquait de créer le formulaire sur le site web, mais également un système pour répartir les prospects entre les conseillers ainsi qu’une façon rapide de mettre la fonctionnalité à on ou off.

Traditionnellement, on aurait dû 1) demander au designer de faire le visuel à intégrer sur le site web, 2) faire approuver les maquettes pour ensuite 3) demander à l’intégrateur de transformer la maquette en code HTML et CSS pour finalement 4) passer la puck au programmeur pour qu’il intègre la solution au système et 5) attendre le prochain déploiement du code.

Ce processus peut facilement prendre plusieurs mois, ou pire, ne jamais être complété.

Le coût associé à cette solution est considérable.

Pour contourner le problème, on a décidé d’utiliser Optimizely et Google Sheets. Le premier est un logiciel de test A/B pour site web. Ça permet de modifier un élément sur une page, de montrer la variation à un pourcentage fixe des visiteurs et de regarder l’impact sur les ventes.

C’est super pratique, parce que ça nous a permis de montrer le formulaire à seulement 10 % des visiteurs, évitant ainsi d’en avoir trop en même temps. C’est aussi très simple de mettre un test en marche ou de l’arrêter, ce qui nous permettait de s’en servir uniquement lorsqu’on en avait besoin.

J’ai créé un formulaire à l’aide d’un logiciel en ligne que j’ai ensuite lié à un chiffrier Google à l’aide d’un petit script que j’ai trouvé sur Internet. Les réponses s’enregistraient donc dans un genre de feuille Excel à laquelle tous les conseillers pouvaient accéder en même temps. Lorsqu’un conseiller avait du temps libre, il soulignait la rangée contenant la recherche qu’il allait effectuer et ajoutait son nom à la fin.

L’idée a été lancée lundi midi et mardi matin la solution était opérationnelle.

Ça, c’est l’esprit derrière la méthode Lean: comment tester et implémenter des idées et solutions le plus rapidement possible au coût le plus faible possible.

Si (et seulement si) on se rend compte que ça vaut vraiment la peine d’investir pour une solution plus permanente et mieux faite, au moins on prend cette décision en se basant sur quelque chose de concret et non sur le guts d’un gestionnaire.

Les exemples que j’ai donnés concernent la technologie parce que je travaille dans ce domaine, mais les principes derrière la méthode Lean s’appliquent à toutes les industries.

Récapitulation

Pour créer de la valeur, il faut faire bouger les choses. Et pour faire bouger les choses, on doit pouvoir persuader les gens que le changement est nécessaire.

On ne convainc pas quelqu’un en parlant, mais en l’écoutant. La persuasion est à propos de l’autre. La meilleure façon de développer son leadership est d’apprendre à poser de meilleures questions.

En devenant une personne plus persuasive, ça va te donner le pouvoir de mettre sur pied des projets qui vont apporter des solutions et résultats quantifiables en ayant comme objectif d’augmenter les revenus ou de réduire les dépenses.

En créant ce genre de projet, ça va te permettre de te créer un “portfolio” virtuel dans le but d’établir ta crédibilité, d’augmenter ton influence et de négocier une meilleure compensation.

Fin de l’extrait

Le matin, le moment le plus productif de la journée

On a tous des choses à faire et on ne trouve pas toujours le temps nécessaire pour accomplir nos projets. Le temps est une ressource précieuse, il nous arrive souvent d’en manquer. Pourtant, certaines personnes accomplissent davantage que d’autres, alors que nous avons tous 24 heures par jour. Comment cela est-il possible ? Que font ces personnes ? Tout simplement, il y a l’effort que l’on implique dans une tâche, mais aussi, et surtout, la productivité qui en découle. En d’autres termes, comment accomplir davantage en faisant moins.

Mon rapport au matin

Dans un précédent article, je donnais 10 conseils pour augmenter sa productivité, dans celui-ci je vais vous parler du matin. Le matin, ce moment si particulier qui annonce le début d’un nouveau jour. Le matin est signe d’enthousiasme pour certains et pour d’autres c’est un moment désagréable que l’on associe (déjà) au manque de temps. Personnellement, j’ai pris goût à être matinal et je vais vous dire pourquoi le matin est le moment le plus productif de la journée selon moi.

Avant je n’aimais pas le matin

Il n’y a pas si longtemps que cela, je n’aimais pas le matin. Pour moi le matin était ce moment pénible où il fallait se lever et se dépêcher pour être à l’heure au travail. Je ressentais de la fatigue fréquemment et je craignais le moment où il fallait sortir du lit. Appuyer sur le bouton « snooze » du réveil était monnaie courante. Je commençais la journée de mauvaise humeur. Le soir, je me couchais tard et le rythme que j’entretenais n’était pas propice à une bonne gestion du temps.

Dans les transports, pour me rendre à mon lieu de travail, je côtoyais la foule et cela m’agaçait d’autant plus.

Depuis, les choses ont changé

Je n’appréhende plus le matin comme auparavant, au contraire. En effet, le matin est pour moi un moment privilégié durant lequel je suis productif. Pour cela, j’ai pris l’habitude de me lever plus tôt, progressivement et au lieu d’être en retard sur ma journée, je suis en avance. On ne s’en rend pas compte comme cela, mais au fil des jours, des semaines et des mois, on voit une différence nette. On a l’impression de reprendre le contrôle sur le temps. On y voit plus clair dans nos tâches et on est moins stressé. Également, je suis moins fatigué qu’auparavant, alors que je ne dors pas plus pour autant. J’aime travailler sur mes projets perso le matin et prendre du temps pour me recueillir spirituellement ainsi que pour lire. Quand il est 9h, j’ai déjà la sensation d’avoir accompli beaucoup de choses alors qu’auparavant j’étais en train de courir après le temps…

Pourquoi le matin est le moment où l’on est le plus productif ?

Les batteries sont rechargées

Le matin, on sort de notre sommeil, or le sommeil se veut réparateur et régénérateur. Après une nuit de sommeil, notre esprit, comme notre corps, est rétabli et frais pour démarrer une nouvelle journée. Les premières heures de la journée sont celles où nos capacités sont les meilleures et pour cela, les tâches et les activités que l’on effectue sont d’autant plus efficaces.

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt

Tout le monde connait cet adage qui dit que « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », je n’ai compris que tardivement le sens de cette phrase. En fait, je me suis inspiré des personnes à succès qui accomplissent beaucoup de choses. Je pense que le succès et le passage à l’action, à comprendre le fait d’agir et d’accomplir des choses, sont intimement liés. Et en observant les personnes qui accomplissent beaucoup et côtoient la réussite, la majorité sont matinales. Le matin est un moment privilégié qu’il faut apprendre à apprécier. Si l’on est productif et efficace le matin, on a tout le reste de la journée pour disposer de notre temps. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.

La tranquillité du devoir accompli

Je l’ai brièvement évoqué dans le paragraphe précédent, une matinée productive est une journée productive. J’entends par là que si l’on accomplit ce que l’on doit faire et que l’on avance sur nos divers projets et travaux le matin, le reste de la journée peut être abordé en toute sérénité. L’effort et le résultat produit ne sont pas proportionnels, or entre travailler et réfléchir en fin de journée alors que l’on est fatigué et faire la même tâche le matin, il y a une grande différence. Dans un cas, vous allez passer beaucoup de temps alors que vous êtes fatigué et « en bout de course », si je puis dire, et dans l’autre cas, vous êtes au maximum de vos capacités. Dans un cas, l’effort sera grand et le résultat petit, dans l’autre l’effort sera petit et le résultat grand.

La différence de productivité est énorme. Les tâches les plus importantes sont à réaliser le matin. Imaginez que vous effectuiez ne serait-ce que 2 h ultra-productives chaque matin, pensez-vous que cela aura un impact positif sur vos résultats ? La réponse est oui. De plus, vous pouvez disposer ensuite de votre temps en toute tranquillité.

Routine matinale

Un célèbre livre de développement personnel traite d’ailleurs ce sujet. Il s’agit du livre Miracle Morning, d’Hal Elrod. Ce livre a connu un franc succès, et dedans l’auteur explique les bénéfices d’établir une routine matinale. Cela a de nombreux bienfaits, et pas uniquement en matière de productivité. Imaginez que chaque jour de votre vie, vous gagnez 1 à 2 h en début de journée. Ce moment pourrait vous servir pour méditer, travailler sur vos objectifs, faire du sport, lire, faire preuve de gratitude… Bien entendu, à vous de moduler tout cela. Quoi qu’il en soit, une routine, et matinale qui plus est, vous aidera et vous apportera beaucoup dans votre vie et dans votre développement personnel.

Quelques conseils pour devenir matinal

Pour vous accompagner à devenir matinal et à profiter pleinement de ce moment riche en productivité, voici quelques recommandations qui sont inspirées de mon style de vie.

1-Couchez-vous plus tôt

La première de ces recommandations et de vous coucher plus tôt, tout simplement. Je ne sais pas à quelle heure vous vous couchez et quel est votre rythme de vie actuel, mais en ce qui me concerne je trainais souvent devant l’ordi (je n’ai pas de télé :p ) et je me couchais tard. Après minuit, je considérais cela comme tard. Maintenant, pour tout vous dire, 23h je trouve cela tard… C’est marrant comment nous évoluons.  Couchez-vous plus tôt, à une heure fixe, et prenez un nouveau rythme. Évitez les écrans avant de dormir, les stimulants comme le café, et évitez le sport en fin de journée. Vous vous endormirez plus facilement ainsi.

2-Ne dormez pas dans le noir complet

C’est un conseil qui m’a permis de mieux dormir et rendre mon réveil moins brutal. L’être humain n’a pas été créé sur terre avec un réveil et des volets. Non, naturellement nous sommes réglés en fonction du lever et coucher du soleil. Être réveillé progressivement par le soleil levant est devenu un plaisir. Je vous conseille donc de ne pas dormir dans le noir complet.

3-Programmer son réveil plus tôt

Prendre un nouveau rythme n’est pas toujours quelque chose de simple. Je vous conseille donc d’y aller progressivement et de programmer votre réveil un peu plus tôt chaque nouvelle semaine par exemple. Si vous gagnez une demi-heure par semaine, au bout de trois semaines vous aurez déjà gagné 1 h 30. De plus, il paraît qu’il faut entre 20 et 30 jours pour ancrer une habitude! Fixez-vous des objectifs en matière de réveil et suivez-les.

4-Au réveil: étirements

Une technique que je recommande pour bien démarrer la journée, de manière détendue et en pleine forme, est de vous étirer. Alors que vous êtes encore dans le lit, étirez-vous en étant allongé. Puis, toujours dans le lit, redressez-vous et étirez-vous. Enfin, après vous être levé, étirez-vous à nouveau. Des étirements au matin vous permettent de vous réveiller en douceur et de commencer la journée en étant détendu ! Essayez, c’est vraiment simple à mettre en place et cela contribue à votre bien-être pour très peu d’efforts.

5-Pensez à vos objectifs du jour

Avoir des objectifs est important et vous aide à progresser, à avancer et à être plus heureux. Je vous recommande vivement d’avoir des objectifs. Qu’ils s’agissent de vos objectifs à long, moyen, ou court terme, prenez le temps pour y penser. Réfléchissez également aux actions que vous souhaitez accomplir aujourd’hui. Privilégiez les quelques actions qui auront le plus d’impact.

6-Pour aller plus loin

Pour aller plus loin, vous pouvez établir une vraie routine matinale complète. À vous de voir ce qu’il est bon pour vous de mettre dedans. Voici quelques idées pour vous inspirer : méditation, prière, visualisation, affirmation positive, écriture, lecture, faire preuve de gratitude, rangement, sport, etc.

J’espère que cet article vous a plu et que vous pourrez renouer avec le matin comme ce fut mon cas. Avant, je courrais dans tous les sens et je faisais moins. Maintenant, j’avance tranquillement et sereinement et j’accomplis davantage. Essayez et vous verrez par vous-même !

À bientôt ! ☺